Argentine - Grèce, retour sur expérience
Les affrontements de ces dernières semaines en Grèce ressemblent aux manifestations de désespoir dans les rues de Buenos Aires fin 2001, quand l’Argentine, acculée au défaut, a explosé, abandonnée de tous. Dix ans après, le pays, qui se prépare à réélire le 23 octobre sa présidente Cristina Kirchner, s’est redressé, seul.
- La présidente Cristina Fernandez de Kirchner, ici à Buenos Aires en mars 2011, sera sans doute réélue le 23 octobre. REUTERS/Enrique Marcarian -
C’était il y a dix ans. En décembre 2001, le Fonds Monétaire International (FMI) refuse à l’Argentine un prêt d’1,26 milliard de dollars. Etranglé par ses dettes, ce pays industrialisé de 40 millions d’habitants, qui fut l’un des douze plus riches du monde dans les années 50, ne peut plus assumer ses obligations.
Pour tenter d’enrayer la fuite des capitaux, le gouvernement instaure le «corralito», autrement dit le gel des avoirs bancaires, officiellement pour 90 jours (il durera jusqu’en décembre 2002). Cette décision jette dans les rues de Buenos Aires des dizaines de milliers de personnes, petits épargnants et, plus globalement, toute une classe moyenne exaspérée et appauvrie par 4 années de récession et d’austérité. L’agitation culmine les 18 et 19 décembre avec la multiplication des barrages de «piqueteros» (des groupes de chômeurs bloquant les routes), des émeutes et une répression policière très dure qui fait plus de 20 morts.
Le 20 décembre, le président Fernando De La Rua démissionne, remplacé par Adolfo Rodriguez de Saa. Ce dernier sidère le monde entier en annonçant un moratoire de l’Argentine sur ses 132 milliards de dollars de dette. Ce sera d’ailleurs sa seule décision de Président puisqu’il est débarqué à son tour 7 jours plus tard et remplacé par le sénateur péroniste Eduardo Duhalde. Le peso, qui était arrimé au dollar depuis 10 ans, est dévalué de 70%.
Durant les 6 premiers mois de 2002, le pays s’enfonce dans le chaos, au rythme des grèves, des manifestations, des saccages de commerces, mais aussi de l’essor des «assemblées de quartier». Les gens conspuent leur classe politique en criant le célèbre «Que se vayan todos!» (qu’ils s’en aillent tous), maudissent les banques, les Etats-Unis et, par-dessus tout le FMI, dont l’Argentine fut une élève si zélée. Les usines sont arrêtées ou tournent au ralenti, les rues de Buenos Aires se vident de leurs voitures…
Quand Nestor Kirchner, alors obscur gouverneur de la province Santa Cruz en Patagonie, est élu à la présidence en 2003, le pays est exsangue : la moitié des Argentins vit dans la pauvreté et le quart est au chômage.
La Grèce face au scénario argentin
La comparaison avec la Grèce d’aujourd’hui, dont «le sauvetage» est toujours en suspens au sein de l’Union européenne, est assez nette pour que plusieurs économistes se soient déjà livrés à l’exercice. Les deux pays ont un PIB comparable, même si le déficit budgétaire grec (10% du PIB en 2010) est bien plus lourd que celui de l’Argentine d’alors (autour de 3%). Les créanciers argentins n’ont récupéré qu’un tiers de leur mise et de même, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker envisage désormais une décote de 60% de la dette grecque.
Surtout, souligne une étude de Natixis, les deux pays ont tous les deux été écrasés par un taux de change fixe. En Grèce, il s’agit de son entrée dans la zone euro en 2001 (sur la base de comptes maquillés) et en Argentine, de l’instauration en 1991 de la parité peso-dollar par son président Carlos Menem. Cette mesure va certes permettre de juguler l’hyperinflation qui minait le pays mais se révèle vite un piège lorsque le dollar se met à monter en 1998 et que le Brésil, son principal partenaire dévalue sa propre monnaie, le réal.
La compétitivité de l’industrie argentine est laminée, les exportations s’effondrent, les déficits s’emballent, l’accès aux capitaux internationaux se ferme et le FMI entre en scène. Sous son égide, Menem a déjà privatisé une bonne partie des services publics. L‘organisation internationale conditionne la poursuite de son aide à des mesures d’austérité toujours plus drastiques (dont une baisse sévère des salaires et des pensions des fonctionnaires) qui entrainent dès 1998 le pays dans une récession dont il ne sortira qu’en 2002. Une fuite en avant qui ressemble beaucoup au scénario grec.

Manifestation hostile au président de la Rua, en novembre 2001. REUTERS/Enrique Marcarian
Mais la comparaison a ses limites, ne serait-ce que parce que la Grèce peut encore compter sur la solidarité européenne et que la crise systémique qu’entrainerait sa chute la protège, non d’un défaut, mais au moins d’une débâcle à l’argentine. Au contraire, quand ils évoquent la fin 2001, les Argentins parlent d’un sentiment vertigineux d’abandon, et d’une fureur dirigée contre la planète entière.
L’aubaine des matières premières
Cette colère d’un pays lâché par le reste du monde explique en partie la façon délibérément hétérodoxe et souvent jugée intransigeante avec laquelle Nestor Kirchner a conduit son spectaculaire redressement du pays, avec l’aide cruciale de son ministre de l’Economie Roberto Lavagna (jusqu’en 2006). Dès 2002, la croissance a rebondi fortement pour atteindre 7,8% en 2003 (un ordre de grandeur qui se maintiendra — 2009 excepté — jusqu’à aujourd’hui).
Le pays a bénéficié évidemment à plein du coup de fouet que la dévaluation de 70% du peso donne à sa compétitivité, assez pour relancer l’appareil économique. Mais il profite surtout d’une nouvelle donne: la flambée des prix des matières premières. La puissante agroindustrie du pays (le «campo»), soja en tête, voit ses recettes d’exportation s’envoler et le tandem Kirchner-Lavagna invente alors l’impôt super efficace qui va remplir les caisses de l’Etat: les taxes à l’exportation.
Les exportateurs protestent contre ces «rétenciones» qui peuvent atteindre 20%, voire 40% mais Lavagna est inflexible: « la dévaluation du peso leur a offert des bénéfices extraordinaires; il est naturel que l’Etat en prélève une partie», expliquait-il aux Echos en 2005, non sans ajouter que ces taxes permettaient aussi de lutter contre l’inflation.
Aujourd’hui, les cours sont toujours hauts et le campo continue de s’enrichir avec ses excédents tout en payant la rage au ventre de fortes retenciones (1). Quant au peso, la banque centrale le surveille comme le lait sur le feu, soucieux de maintenir la parité autour d’1 dollar contre 4 pesos.
Fort de la reconstitution de ses réserves dès 2002, Buenos Aires a négocié sans états d’âme la restructuration de la dette, au tiers de sa valeur. En 2006, elle a ainsi remboursé crânement par anticipation sa dette de 10 milliards de dollars au FMI, pour se libérer d’une tutelle honnie et affirmer son indépendance.
Un an avant, les trois quarts des créanciers privés (très diversifiés) avait accepté le deal. L’Argentine a attendu juillet dernier pour proposer aux autres (20 milliards de dollars de créances) un nouvel accord un peu plus favorable — une moins-value de 50% — qu’ils ont été de nouveau 70% à accepter. Quant aux négociations sur la créance du Club de Paris (7,5 milliards de dollars) bloquées depuis plusieurs années en raison du refus de l’Argentine de laisser le FMI auditer ses comptes, elles devraient démarrer enfin, le Club de Paris ayant, semble-t-il, fini par accepter de se passer de l’avis du Fonds. Une bonne nouvelle pour l’Argentine, qui, ayant restructuré plus de 90% de sa dette, devrait bientôt pouvoir se financer de nouveau sur les marchés internationaux.
Avec les entreprises étrangères aussi, Nestor Kirchner s’est montré inflexible. De grandes entreprises françaises comme Suez, EDF ou France Telecom, qui s’étaient jetées sur les concessions de service public lors des privatisations de Carlos Menem, se sont retrouvées dans l’impasse après la dévaluation, leurs dettes restant libellées en dollars et leurs recettes en pesos, d’autant plus réduites que toute hausse de tarifs a été exclue d’emblée par Buenos Aires. Elles n’obtiendront rien et partiront plus ou moins piteusement.
Le bras de fer entre Suez, qui gérait la distribution d’eau de Buenos Aires, durera même jusqu’en 2005. Les plaintes déposées au Cirdi, l’instance d’arbitrage international de la Banque Mondiale, se multiplient, et le gouvernement Kirchner les ignore superbement. Cette brutalité n’a néanmoins pas longtemps refroidi les investisseurs, attirés par les taux de croissance du pays et la reconstitution du marché intérieur.
Le système «K»
Parallèlement, les «K» (Nestor et son épouse Cristina, qui lui a succédé en 2007) ont multiplié les initiatives de relance de la consommation, entre programmes sociaux et soutien de l’emploi, souvent à coups de décrets. Parmi les mesures sociales les plus populaires, la renationalisation des retraites, une allocation universelle pour enfant créée en 2009 qui a bénéficié à 4 millions d'enfants pauvres selon Buenos Aires — enrichie cette année d’une allocation pour les femmes enceintes en difficulté — ou la réforme de la loi sur les faillites.
Dernière mesure en date: l’obligation pour les entreprises
implantées en Argentine d’équilibrer leurs importations avec des exportations
ou, à défaut, des investissements dans le pays. Objectif: défendre, en ces
temps troublés, l’industrie nationale et, surtout, l’excédent commercial,
source vitale de devises pour le pays. «Les Kirchner incarnent l’essence
même du péronisme, estime un bon connaisseur du pays : un mélange
de nationalisme antiaméricain, de caudillisme, d’interventionnisme d’Etat et de
populisme, fortement teinté de protectionnisme».
C’est tout ce que les économistes de banques ou de l’OCDE détestent, qui prédisent périodiquement la rechute de l’Argentine.
A tort jusqu’à présent. A quelques jours des élections générales du 23 octobre prochain, le système «K» parait plus fort que jamais. La présidente sortante Cristina Kirchner, 58 ans, est créditée par tous les sondages de plus de 50% des voix, score qui lui permettrait même de se passer de second tour. La plupart des analystes expliquent cette popularité, certes par la division de l’opposition et par son réel charisme (accru depuis la mort brutale de son mari il y a un an) mais avant tout par son bilan économique et social.
Le pays a, il est vrai, très vite récupéré après la crise mondiale de 2008, affichant dès l’an dernier une croissance de 9,1%, un taux de chômage maitrisé autour de 7%, un budget quasi équilibré, un taux d’endettement de l’ordre de 45% du PIB et des perspectives à l’international portées par des cours du soja toujours très hauts. La classe moyenne, particularité historique de l’Argentine dans la région, s’est «refaite» et consomme de nouveau à l’américaine.
Inflation, évasion fiscale
Et pourtant, l’économie est en surchauffe permanente depuis 2006. Les dépenses publiques augmentent bon mal an de 35% (plus que jamais en cette année électorale) et l’inflation atteint au moins 25%, selon tous les experts indépendants, 10% selon l’institut de statistiques argentin, l’Indec. La crédibilité internationale de l’Argentine est écornée mais « l’inflation réelle est quasi stabilisée et l’ensemble de l’économie, y compris informelle, s’est peu ou prou indexée sur elle, relativise, sous couvert d’anonymat, un analyste étranger qui juge que «l’Argentine peut vivre avec».
Autre gros point noir, la pauvreté, qui touche entre 4 millions (9,9% de la population) selon l’Institut national et de 10 millions de personnes (25,6 à 29,6%) selon l’UCA qui relativise tout de même la portée du miracle argentin.
On pourrait citer d’autres ombres au tableau, tel le niveau de corruption encore élevé au sein des partis politiques et, surtout, l’évasion fiscale, véritablement inscrite dans les gènes d’une Argentine toujours profondément inégalitaire. On retrouve là deux points de comparaison avec la Grèce. A chaque alerte ou avant chaque élection, les Argentins les plus aisés «se dollarisent». «On sort les drapeaux tout en plaçant son argent à Miami ou en Europe», ironise un observateur. Il y aurait aujourd’hui 200 milliards de dollars de capitaux à l’étranger. C’est toute l’ambivalence du patriotisme des Argentins dont, selon le sociologue Anibal Jozami, 25% possèderaient toujours un passeport étranger, en général de leur pays «d’origine»...
Anne Denis
(1) Le campo a cependant fait subir, en 2008, un interminable conflit à la présidente Cristina Kirchner, quand celle-ci a voulu rendre ces taxes mobiles, réforme à laquelle elle a dû finalement renoncer.
Mis à jour le 14/10/2011 à 10h07
















































Nous voilà donc rassurés. L’Argentine nous montre comment faire. Bientôt il sera le tour de la Zimbabwe !
Le coût serait modéré – émeutes, chaos, répression policière (20 morts seulement) – « la moitié des Argentins dans la pauvreté et le quart au chômage… », « compétitivité de l’industrie argentine laminée, les exportations s’effondrent, les déficits s’emballent, l’accès aux capitaux internationaux se ferme »… », « baisse sévère des salaires et des pensions des fonctionnaires »
Mais l’horizon s’éclaircit vite : « Le pays a bénéficié évidemment à plein du coup de fouet que la dévaluation de 70%.... » (soit pour la France un FF à 0.95$) « assez pour relancer l’appareil économique ». Alors Mme FN a-t-elle raison finalement ? Car « l’Argentine, ayant restructuré plus de 90% de sa dette, devrait bientôt pouvoir se financer de nouveau sur les marchés internationaux…. »
Qu’attend-t-on donc pour copier ce pays de 40M d’habitants? Hélas il y a des « ombres au tableau ». Selon les sources, 10 à 30% de la population sont pauvres. L’inflation touche 25% par an et les dépenses publiques augmentent de +35% par an. L’OCDE prédit fréquemment la rechute du pays.
Les riches, eux, le savent : les Argentins les plus aisés «se dollarisent». «On sort les drapeaux tout en plaçant son argent à Miami ou en Europe». 25% des Argentins auraient la double nationalité….(voilà un dilemme pour la fille de Le Pen !)
En clair on devrait remercier les Argentins de nous avoir fournit un exemple de ce qui ne faut pas faire : tout d’abord éviter l’endettement massif et chronique et puis éviter l’isolement sur la scène internationale. Un isolement inévitable quand on emprunte en refusant de rembourser.
L’UE et l’Euro nous protègent contre un tel isolement.
Ne soyons pas trop dur avec les Argentins. C’est un pays qui, comme la Grèce, n’a connu que des dictateurs ou des politiciens véreux.
Ce n’est pas un modèle pour la France.
il est vraiment irresponsable d'écrire un tel article, la réponse de Peter Wright est encore trop light.
où sont nos matières premières?
la Grèce n'est pas un pas un pays isolé mais fait parti d'une union monétaire de 17 pays.
...
Ayant été en Argentine après ce super plan, j'ai pu constaté le résultat - misère - augmentation des inégalités - quasi "famine" dans un pays qui produit énormément de céréale et de viande.
de la pure folie.
Vous avez raison de dire que ce chaos était le résultat d’une politique basée sur l’étalon $US qui n’avait plus raison d’être. Mais est-ce le cas de l’Euro aujourd’hui en ce qui concerne la France, la Hollande, l’Allemagne évidemment et les autres pays de « l’Euro fort » ?
Et pourtant on entend déjà des appels du FN & Co pour une sortie de l’Euro (et donc d’une dévaluation forte). Ce qui est inacceptable est que ces appels sont fondés sur une philosophie nationaliste aveugle plutôt que sur des raisonnements économiques.
Vu la leçon de l’Argentine, il n’est pas ‘déshonnête’ de le signaler.
En ce qui concerne les pays du « club méditerrané » ou j’habite, la question se pose à savoir s’ils ont leurs places dans l’Eurozone et si le chaos provoqué par une sortie rapide et peu organisée n’éviterait pas le chaos connu en Argentine. Ici en Grèce cela menace fort.
Des décisions politiques visant une solidarité économiques entre les nations de l’EU ne sont-elles pas préférables ?
Bien sûr si certains pays comme la GB préféré faire un chemin isolationniste avec une monnaie unique et fortement dévaluée (-30% pour la £ sterling) qu’ils le fassent. Ils le regretteront un jour comme la France regretterait une sortie de l’Euro.
Ni l’Argentine et encore moins la GB (quoique dise Mme la fille de Le Pen) offrent des modèles séduisantes pour la France.
Cordialement
Il me semble qu'une dévaluation massive suivie d'une inflation incontrôlable en Allemagne a donné lieu à la 2e Guerre Mondiale. En tant que "cas générale" pour les conséquences de l'inflation, c'est déjà pas mal.
C'est qui explique, même aujourd'hui,comme vous savez, l'horreur qu'ont les Allemands pour la dévaluation et l'inflation.
Je vais souvent en Allemagne et ce qui me frappe c'est qu'ils n'ont besoin de rien matériellement. Ce qui explique peut-être leur penchant pour les Verts - trop de richesse = trop de polution etc. Leur modération en termes de masse salariale a été intelligente, facile à comprendre et efficace.
Par ailleurs, l'idée qu'on entend souvent que les Allemands ont en quelque sorte 'manufacturé'l'Euro pour rendre nous autres ses prisonniers économiques est une trompérie de plus. Ils travaillent mieux, c'est tout.
Les Allemands croient eux, au contraire, que l'Euro leur coûte trop cher en subventions pour le "Club Méditerrané"
Il est vrai que les dévaluations graduelles comme celle de la Suède n'impliquent pas automatiquement le chaos (d'ailleurs qu'est-ce qui pourrait pousser les Suédois au chaos!).
Mais notons en passant que la Suède, pays de 10M d'habitants, a des atouts considérables dans les mineraux et dans le bois qu'aucun pays en dehors de pays pétroliers n'ont. Tout comme l'Argentine avec le soja. Elle ne pourrait être un modèle pour la France.
Je partage votre point de vue que certains pays moins performants n'auraient pas dû se trouver dans l'Eurozone. Mais comme de mauvais emprunteurs d'une banque ils sont là et de deux choses une : ou l'on annule certains emprunts ou ces emprunteurs sont aidées par des conditions de remboursement assouplies. Probalement un peu des deux.
Tant mieux pour eux. Il font partie d'un club riche ce qui n'était pas le cas de l'Argentine.
Ce qui revient à mon point de départ : l'exemple de l'Argentine n'est pas un modèle à suivre en Europe. Et encore moins un argument en faveur des thèses europhobes du FN & Co.
Cordialement
Quant à dire que les Allemands de nos jours ont réduit leur consommation parce qu'ils n'ont besoin de rien, cela m'inspire plusieurs réactions : 1- Je ne suis pas sûr que les Allemands à qui on a imposé les "mini-jobs" à 1 euro soient d'accord avec cela. 2- Je ne crois pas que les lois Hartz qui ont sabré dans la protection sociale soient vraiment l'effet d'une demande de la population. De même pour la hausse de TVA qui équivaut à une quasi-dévaluation interne (tiens tiens !) 3- Si vraiment, ce dont je doute, les Allemands ne ressentent pas le besoin de consommer plus, alors qu'ils produisent moins en réduisant le temps de travail ! On ne peut pas refuser de consommer et rester productiviste en vendant ses produits à la Terre entière, maintenir des excédents commerciaux colossaux et reprocher aux autres d'être en déficit !
Pour terminer, il me semble que vous ne voyez qu'une partie des problèmes de la Grèce : elle ne souffre pas seulement d'un endettement excessif, mais d'une incapacité à produire de manière compétitive pour répondre à sa consommation ; son déficit public est une chose, et on peut certes annuler sa dette pour le résoudre provisoirement, mais cela ne changera rien à son déficit commercial massif. Et là où l'on rejoint le cas de la France c'est qu'il ne s'agit pas de savoir si ces pays ont du soja comme l'Argentine (en l'occurrence la France a aussi des produits agricoles, et même un appareil industriel pas encore complètement cassé) ou du bois comme la Suède, mais qu'un taux de change adéquat est une condition nécessaire impérative d'existence d'un appareil productif !
Les Kirchner ont mené une très bonne politique économique et sociale pour leur pays,car ils portent leur pays en eux et non des intérêts particuliers comme d'autres en Europe
Les bases étant restaurées pour l'Argentine,sa croissance est collée au développements de la Chine pour les matières premières,le Brésil pour la sous-traitance manufacturière automobile et demain,le tourisme des papys européens qui viendront passer leur retraite en Argentine afin de pouvoir manger de la viande tous les jours et vivre avec leur retraite de plus en plus faible pour le cout de la vie en Europe (Italiens,Espagnols,Français..)
Si Me Kirchner lance quelques lignes de TGV ,soyez certains que ce pays aura de l'or à ramasser ,car le TGV apporte un fantastique développement économique pour les villes qui disposent d'une gare et avec cela une manne de tourisme fantastique en devices
http://www.tvargentine.com
C’est comme si l’on prétendait que la guerre d’Algérie n’avait rien à voir avec l’arrivée au pouvoir de De Gaulle et le 5e République !
Vous avez raison de dire que le gouvernement de Stresemann a mis en place une politique de rigueur au début des années ’30 qui, elle, a facilité encore davantage la montée d’Hitler. Mais pourquoi l’a-t-il fait?
Il ne s’agissait pas de simples caprices de la part de son ministre Schacht. C’était pour tenter de corriger les mouvements fous de la décennie précédente. Un cycle infernal.
Le recours à la dévaluation et de la l’inflation sont des solutions court terme et artificielles. Des solutions de facilité. Tout comme l’endettement d’ailleurs.
Le cycle est bien connu : récession -> endettement -> dévaluation -> inflation – rigueur ->déflation -> récession etc. Aujourd’hui la France évite de suivre ce cycle fatale et c'est tant mieux. Il est faux de prétendre que la France, 5e puissance économique au monde, ne peut survivre sans une dévaluation de sa monnaie. D’autant plus qu’elle fait 60% de ses échanges dans l’Eurozone !
Il est peut-être vrai que l’Euro devrait se trouver 10-15% plus bas par rapport au $US Mais sans réagir comme la Chine (ou dernièrement la Suisse), on ne fixe pas soi-même son taux d’échange.
Grâce à l’Euro, nous avons été épargnés les folles années de dévaluations successives, nourries par des spéculateurs des années ’50-60, que vous seriez certainement le premier à condamner. Il est vrai que la politique au niveau européen n’a pas suivi l’avancement monétaire que représente l’Euro. Enfin, tardivement ceci est en train d’être corrigé. Mais il est immorale à mon sens de jeter de l’huile sur le feu comme font certains, même dans ces colonnes, pour des raisons qui ont plus à voir avec le nationalisme débridé, et dépassé, qu’avec du bon sens économique.
Ceci dit, je ne vous compte pas personnellement parmi ceux dont l’horizon vol ainsi encore plus bas que leur vision politique.
PS Il est vrai qu'il y a des pauvres en Allemagne surtout dans l'est. Mais ce ne sont pas la majorité. Allez voir.
Cordialement,
Mais de là à en faire un modèle pour l'Europe en crise c'est un peu limite. Sans besoin de faire des analyses pointus, il suffit de dire tout simplement que ce qui marche pour l'un ne marche pas forcement pour l'autre. Un point c'est tout.