Ségolène Royal, la naufragée aveuglée
L'ex-candidate et ses soutiens n'ont pas vu venir l'échec de dimanche. Ils n'ont pas compris que Ségolène Royal représentait la défaite de 2007 et que gérer Poitou-Charentes, ce n'est pas gérer la France.
- Ségolène Royal en août 2011. REUTERS/Regis Duvignau -
L'ampleur du naufrage a surpris et a profondément blessé Ségolène Royal dont les larmes, dimanche soir, traduisaient, dans une grande dignité, son profond désarroi.
Primaire PS : Ségolène Royal en larmes par LePostfr
Les échecs cuisants comme les victoires éclatantes font disparaître tous les artifices de la politique et fondre tous les vernis de la communication. Les raisons de l'échec pourtant étaient prévisibles et souvent annoncés.
La ligne politique de Ségolène Royal n'était plus claire. Avec ou contre le PS? Plus à droite ou plus à gauche que le centre de gravité de son parti? Impossible à déterminer.
La constante référence à son expérience de Poitou-Charentes donnait à penser qu'elle n'avait pas pris la mesure de la tâche qui attend le futur président de la République. Heuliez, n'est pas l'industrie automobile française et la bonne gestion d'une région ne dit rien de la capacité à bien gouverner un pays (rappelons que les régions ont des budgets inférieurs à ceux des départements).
L'erreur majeure qu'a commise Ségolène Royal fut aussi de considérer que sa campagne de 2007 la rendait légitime pour conduire celle de 2012. Tout est dans cette phrase hallucinante (au sens propre du terme): «Je vous conduirai vers d'autres victoires», lancée du balcon de la rue de Solferino au soir de l'élection de Nicolas Sarkozy.
2007, après deux mandats d'un Jacques Chirac usé jusqu'à la corde est, en réalité un échec cinglant pour le PS.
«J'ai l'expérience des campagnes présidentielles», disait-elle ces dernières semaines, se raccrochant au cas Mitterrand qui échoua 2 fois avant de se faire élire. Mauvais argument, là encore, François Mitterrand avait mis en ballotage le général de Gaulle et avait échoué en 1974 de quelque 200.000 voix dans un contexte beaucoup plus difficile pour la gauche.
Le déni
Finalement Ségolène Royal n'a pas pu se débarrasser de l'image de cette défaite d'il y a quatre ans. Bien qu'elle ait répété qu'elle avait changé et appris, elle est restée attachée, dans l'opinion, à l'idée de l'échec.
En 2006, son succès à la primaire tenait à la soif de renouvellement et au besoin du PS d'être bousculé dans ses certitudes. Ségolène Royal brisait des «tabous» socialistes et aimait à le souligner. Comme Nicolas Sarkozy, elle procédait par occupation du terrain médiatique en lançant des sujets et des thèmes atypiques ou dérangeant, même pour son propre camp.
Mais en ces temps de crises et d'incertitudes, cette façon de faire de la politique ne passe plus. Une certaine forme de volontarisme, et surtout d'affichage de ce volontarisme, est condamnée par l'impopularité de Nicolas Sarkozy et l'échec de Ségolène Royal dimanche dernier.
Contrairement à ce que disent ses partisans, Ségolène Royal n'a pas subi de vote utile. Sinon Arnaud Montebourg n'aurait pas fait 17% et François Hollande aurait distancé Martine Aubry plus largement.
Le plus étonnant dans ce naufrage politique c'était la foi, les certitudes affichées par ses soutiens et ses proches. Ils accusaient les sceptiques d'être influencés par les sondages forcément manipulés. Ils se raccrochaient à la ferveur des salles de militants à travers la France. Ils ne pouvaient pas concevoir que l'on peut remplir des salles et vider des urnes à la fois.
C'est le syndrome Frank Michael. Vous connaissez peut-être ce chanteur? Il remplit tous les palais des sports et les Zenith de France... beaucoup plus que bien des vedettes que l'on entend sur toutes les radios. Mais son nom et ses chansons sont inconnues du plus grand nombre.
Le dernier cercle des proches de Ségolène Royal ne s'est tout simplement pas aperçu de la «Frankmichaelisation» de leur candidate.
Thomas Legrand
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Mis à jour le 16/10/2011 à 18h22
















































UN DE VOS ADMIRATEUR.
Tout y est dans ces réactions : rancœur, aveuglement, certitude et une bonne dose de mauvaise foi. Les Ségolennistes ont décidément tout faux.
Je cite : "Mais Ségolène a un immense défaut dans cette société de macho, c'est d'être une femme....qui plus est, combattive, visionnaire, belle de surcroit, intelligente avec un charisme exceptionnel, un courage, une détermination , de l'expérience...."
Parce que Martine Aubry n'est pas une femme courageuse, intelligente, déterminée, expérimentée (elle n'en serait pas là sans ces qualités) ? Soyons sérieux, le problème de Ségolène Royal va bien au delà d'une simple considération de genre, vu le résultat du scrutin. A 7% des voix auprès des sympathisants de gauche, il faut peut-être enlever se œillères et se remettre en question.
Le problème de Mme Royal et de ses supporters, c'est qu'ils ont cru que leur ferveur était contagieuse. Sauf que dans la vrai vie, pour être élu quelque part, il faut convaincre bien au delà de ses propres fans. C'est peut-être le soucis de quelqu'un qui aura été un aimant aussi puissant pour beaucoup qu'elle aura été un repoussoir pour les autres. Ne me demandez pas le pourquoi de la chose, mais c'est un fait, elle génère des sentiments violents, positifs comme négatifs.
"Car en 2012 Sarkozy sera réélu face au candidat socialiste ou face à Marine Le Pen. "
Je ne comprends pas comment quelqu'un qui a récolté 7% au premier tour des primaires pourrait à vos yeux avoir plus de chances de succès que ce que vous pronostiquez là...
Elle a adopté par la suite un comportement de franc-tireur qui a bloqué le PS (élection du Secrétaire Général) et qui s'est atténué de façon toute relative durant la dernière année (je rappelle qu'elle est à l'origine du plus grands nombres de petites phrases assassines de la primaire). Ce comportement ne pouvait plus plaire.
Maintenant, il n'est jamais agréable de voir une si grande déception s'exprimer ainsi et je n'en suis pas moins désolé pour elle.
Je voudrai aussi féliciter la vanne sur la "franckmichaelisation" ... très drôle, et belle insulte aux militants (ne fussent-ils que 7%) de la part du bobo parisien (puisqu'on est dans les clichés).
Orland (qui a voté Royale ce weekend)
Segolene avait 2 legetimites qui avaient l'inconvenient d'etre des defaites (mais Mitterrand aussi) mais etaient tres honorables (2007 et Reims). En passant son tour, elle se posait en recours en cas d'echec de son camp en 2012. En cas de succes 2012 du candidat socialiste, elle avait un poids considerable.
Compte tenu de l'affaire DSK et de la fragilite de son ex mari, l'hypothese d'une nouvelle defaite en 2012 n'est pas une hypothese ridicule malgre le rejet du President actuel.
Segolene savait sans doute que le moment etait mal choisi. Elle a peut etre ete tentee de compter ses soutiens afin de peser, mais les electeurs l'ont sans doute percu et ont vote pour un vrai candidat.
Je pense que dimanche dernier, il n'y a pas eu abandon de S Royal, il y a eu retour à une juste place ; devant ou derrière Montebourg est accessoire. Elle a eu 7% de suffrages parce qu'il y avait 6 candidats et donc que l'offre était plus diversifiée, c'est tout.
Quand à son ralliement à son ex, il est du même tonneau que celui de Montebourg : F Hollande a commencé à promettre les postes... si ce n'est pas vrai alors qu'il nous promettent que ni Valls, ni Montebourg, ni Royal ne seront dans son gouvernement !!!