La licence globale, une utopie?
Le point de vue d'un internaute de Slate sur la loi Hadopi.
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Dans un article sur Slate, Jean-François Copé, dans la lignée de l'ensemble des instigateurs de la loi Création et Internet, fait passer à la trappe la simple possibilité d'une étude sérieuse des inconvénients et avantages d'un système de licence globale. Afin d'éviter que le sujet puisse revenir à la discussion lors des prochains débats parlementaires, le gouvernement, François Fillon en tête, a décidé que la discussion ne devrait pas s'engager sur le fond. Bel exemple d'ouverture d'esprit!
Les raisons de cette position rigide me semblent des plus évidentes :
• Totalement sous la coupe du discours des majors et des marchands de disques le gouvernement ne peut envisager de priver ceux-ci de leur avenir.
• La mise en place de la licence globale aurait également pour effet de faire disparaître à terme les offres d'autres acteurs, telles les sociétés de téléphonie mobile qui essaient actuellement de se développer dans ce secteur.
• Mais l'élément le plus déterminant me semble être la volonté du contrôle du net sans aucune entrave.
Je n'en veux pour preuve que le rejet de la possibilité de l'amende sous prétexte d'injustice (il faudrait donc, pour suivre monsieur Copé, supprimer toutes les peines d'amende du Code Pénal car aucune n'est basée sur les revenus du contrevenant) mais en réalité parce qu'infliger une amende oblige à passer devant le juge avec toutes les lourdeurs et incertitudes pour un Etat qui veut fliquer sans limite.
Il est pourtant nécessaire de trouver des solutions d'avenir non seulement pour l'ensemble des créateurs de musique et d'image mais également, et sans doute par d'autres voies, pour la presse qui se lance dans quantité d'expériences innovantes et à terme pour l'édition littéraire qui ne tardera pas à se trouver également devant une problématique internet.
Curieusement la Sacem, dans son rapport 2007, considère le déclin de l'industrie du disque comme un phénomène déstabilisant et pourtant ne fait rien pour trouver de nouveaux modes de rémunération et défend bec et ongles la proposition répressive: la Sacem se positionne au carrefour de la nouvelle économie numérique, en se battant pour le maintien de systèmes de rémunération efficaces, justes et durables. Elle milite, aux côtés d'autres sociétés d'auteurs, mais aussi avec les créateurs, producteurs et éditeurs, pour définir un cadre juridique européen de la gestion collective, permettant le développement de nouvelles formes de diffusion de la musique, tout en assurant la pérennité de la création. (Rapport 2007)
Là encore, malgré les déclarations d'intention, le lobbying des majors a dû frapper fort!
Etudions quelques chiffres (tirés du rapport de la Sacem 2007, le 2008 n'étant pas encore sorti) et l'incidence d'un système de licence globale: le chiffre d'affaires de la Sacem en 2007 a été de 759 millions d'euros et elle en a redistribué aux artistes 643 (Soit dit en passant quand certains critiquent la gestion de l'Assurance maladie avec ses 3 à 4% de frais de gestion, on peut dire que la SACEM est une vrai catastrophe avec plus de 15% pour ce poste). Dans ces totaux, la rémunération pour droit de copie privée (droit qui est maintenant dénoncé par certains magistrats) entre pour 50 millions d'euros et la participation de l'industrie du disque et vidéodisques pourcentage 119 millions d'euros seulement!
Maintenant essayons d'estimer quelles pourraient être les recettes tirées de la licence globale. Il va de soi que cette dernière (comme son nom l'indique d'ailleurs) devra être appliquée à l'ensemble des titulaires d'une ligne haut débit. On peut penser qu'il est injuste de faire payer le montant de la licence globale à tous, y compris aux personnes qui ne téléchargent jamais. Cependant une application ciblée ne ferait que relancer le problème, certains refusant de payer et continuant de télécharger clandestinement. Ceci étant, la légalisation du téléchargement devrait entraîner davantage de consommation comme les offres tri-play ont entraîné de la consommation télévisuelle pour des chaines que de nombreuses personnes n'utilisaient auparavant en raison du coût demandé par les diffuseurs par systèmes codés ou par satellites. Nous voyons là que la licence globale est une incitation à l'accès à la culture, Madame la Ministre!
Il y a actuellement quasiment 19 millions de lignes haut débit en France. Un montant de 3 euros (correspondant à 10% d'une offre triple play ou à l'achat d'un CD tous les cinq mois) générerait donc 57 millions par mois et 684 millions par an permettant de doubler les distributions annuelles de la Sacem. Cette somme correspondrait également à près de 6 fois les versements de l'industrie du disque et du vidéodisque à la Sacem. Il serait bien sûr possible d'avoir un montant plus élevé en fonction des besoins de financement de la création artistique.
Enfin, il nous faut examiner l'évolution du marché après la mise en place de la licence globale:
Les majors et les vendeurs de disques disparaissent progressivement. C'est la loi naturelle pour tous les organismes qui ne savent pas s'adapter à de nouvelles conditions. Dans la nature, ce sont les modifications écologiques qui demandent une adaptation aux organismes vivants. Dans le monde économique ce sont les attentes des clients. Certains osent même appeler cela la qualité!
Les sociétés d'artistes ou les artistes eux-mêmes créent leur site internet pour la diffusion des œuvres. Il est facile contrairement à ce qu'affirment certains de comptabiliser les demandes de téléchargements sans flicage et donc de répartir les recettes de la redevance globale. Innovation de taille: il ne sera plus nécessaire à un artiste débutant de se faire reconnaître par un éditeur de disques pour exister. Il pourra simplement déposer ses œuvres sur un site et connaître succès ou échec selon la réaction du public. Les possibilités infinies du Net permettront de présenter les œuvres de mille façons différentes, incitant encore davantage à la découverte et à la consommation culturelle. Le coût de ces sites pour les artistes sera évidement bien plus bas que le pourcentage retenu actuellement par les majors sur les recettes.
Enfin les programmes P2P disparaîtront d'eux mêmes car n'offrant pas le même confort que les sites officiels tant en terme de qualité de reproduction et de présentation que de rapidité de transfert.
Mais ce n'est qu'une utopie.
Michel Reynaud
A lire également du même auteur sur le sujet, Hadopi: lettre ouverte à un représentant de la nation.
New Chemical Brothers Joe Mad / Creative Commons / FLICKRMis à jour le 28/04/2009 à 14h41










![[Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible» [Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/peillon_4.jpg)





























Une utopie est une societe parfaite. Je ne vois pas ce qu'il y aurait de parfait a mettre en place cette "license globale", surtout globalement injuste. Au nom de quoi faudrait-il que tout le monde paie la meme chose, qu'il ecoute un peu, beaucoup, enormement voire pas de musique du tout ? L'auteur souligne d'ailleurs cette injustice, mais il passe outre ! Il est pret a aller contre la volonte de millions de francais pour favoriser "une incitation à l'accès à la culture". Mais du coup, cette license, ce n'est rien d'autre que du communisme applique a la culture !
L'auteur suggere de financer cette license globale par une taxe supplementaire de 3 euros par mois, pour avoir le droit d'ecouter tout ce qu'on veut. En clair, apres la redevance tele, creation de la redevance musicale. Ou s'arretera-t-on ? Que faut-il pour que l'auteur comprenne que le "toujours plus de taxes", pour des choses qui sont loin d'etre vitales, n'est pas une solution viable ? Et demain, reclamera-t-il l'instauration d'une license globale (= taxe forcee) sur les voitures, chaque Francais payant 100 euros par mois pour qu'une voiture soit mise a sa disposition (bien sur tout le monde paierait la meme chose, que ce soit pour une 2CV ou une Ferrari) ?
Au fait, 19 millions de lignes internet haut-debit, ca laisserait quand meme quelques millions de francais sur le carreau non ? Alors quoi, tant pis pour eux, il ne fallait pas vivre a la campagne ou le haut-debit n'est pas encore disponible ? Jolie mentalite.
Par ailleurs je m'amuse de voir que les obstacles techniques relatifs a la mise en place de la loi Hadopi, dont nous parlent constamment ses detracteurs, sont balayes d'un revers de main quand il s'agit de la license globale: "Il est facile contrairement à ce qu'affirment certains de comptabiliser les demandes de téléchargements sans flicage et donc de répartir les recettes de la redevance globale."
Autre remarque: il est regrettable que quand Slate donne la parole a ses internautes concernant la loi Hadopi, il ne choisisse que des personnes qui s'y opposent. En plus de "Plume", c'est la 3eme fois que Michel Reynaud s'exprime sur le sujet, je pense qu'on a compris son point de vue maintenant. Encore que, certains de ses arguments restent assez etranges, par exemple: "La mise en place de la licence globale aurait également pour effet de faire disparaître à terme les offres d'autres acteurs, telles les sociétés de téléphonie mobile qui essaient actuellement de se développer dans ce secteur" C'est donc mal d'avoir plus d'offres ? La concurrence n'est-elle pas souhaitable, sachant qu'elle permet de faire baisser les prix ? Je parie que la meme personne se plaint de son pouvoir d'achat, tout en souhaitant que perdurent des monopoles qui lui coutent les yeux de la tete.
Les quelques arguments restants sont des classiques de l'extreme-gauche, voire de la mouvance anarchiste: "le pouvoir est a la botte du grand capital, il veut nous fliquer", etc. Tellement caricatural que ca fait de la peine a lire.
Cet article ne nous propose pas une utopie mais sons contraire: une dystopie.
Bonjour Ola,
Vous trouvez regrettable que Slate ne publie que des articles d'internautes qui sont contre Hadopi.
Il ne s'agit pas d'une politique volontaire, nous publions les bons articles qui nous parviennent. Ainsi, nous vous invitons vivement à nous envoyer votre point de vue si vous voulez le partager sous forme d'article. Si le texte est argumenté et de bonne qualité, nous le publierons avec plaisir.
Cordialement,
Grégoire Fleurot pour Slate.Fr.
Oui il en fallait bien un qui nous ressorte la comparaison à la noix avec le communisme, merci de vous être dévoué... Sérieusement si cette licence globale est du communisme déguisé, votre mutuelle complémentaire santé est sans doute une secte crypto-marxiste ? Evidemment personne ne va sauter de joie à l'idée de payer une nouvelle contribution mais celle-ci serait modeste, par exemple moins élevée que la redevance TV que vous citez (qui est de 10 euros par mois soit plus du triple) vous n'auriez que 3 ou 4 baguettes de pain pour ce prix ce n'est pas la mort tout de même... D'autres systèmes plus injustes existent déjà, on paye bien une redevance pour copie privée sur chaque DVD vierge (et même sur les disques durs) alors que la loi interdit de copier les DVD videos...
Au fait, 19 millions de lignes internet haut-debit, ca laisserait quand meme quelques millions de francais sur le carreau non ? Alors quoi, tant pis pour eux, il ne fallait pas vivre a la campagne ou le haut-debit n'est pas encore disponible ? Jolie mentalite.
Vous raisonnez à l'envers: vis-à-vis de la culture et du divertissement les gens des campagnes sont déjà "sur le carreau" comme vous dites, l'internet à haut débit est justement une excellente opportunité de 'désenclavement' culturel, la couverture progresse et finira bien par être complète, habitant moi-même en pleine "cambrousse" il faut que je fasse un bon paquet de kilomètres avant de trouver une médiathèque, un disquaire ou un cinéma. Vous qui n'aimez pas les taxes et les dépenses forcées parlons-donc de carburants: la ville la plus proche ou je pourrais trouver ce genre de choses, en étant optimiste et pas trop regardant, se trouve à 25 km, donc 50 km aller-retour soit environ 3 litres d'essence, tiens ça fait autant que les 3 euros proposés pour la licence globale, pourquoi pas les donner aux artistes plutôt qu'à TOTAL ou autre ? Si je commande des oeuvres physiques sur le net je paierais également des frais de port au moins aussi élevés donc pourquoi pas les donner aux artistes plutôt qu'à La Poste ?
Si c'est une comparaison a la noix, merci de faire plus que de l'affirmer : prouvez-le en argumentant.
Quand je lis des phrases du genre "Il va de soi que cette dernière (comme son nom l'indique d'ailleurs) devra être appliquée à l'ensemble des titulaires d'une ligne haut débit", j'ai l'impression de lire un rapport de l'Office central de planification sovietique.
La securite sociale est une question de solidarite nationale. Je n'ai aucun probleme avec ca : la sante est primordiale et tot ou tard on profite tous de ce systeme que l'on finance par nos cotisations. Par contre la musique, n'en deplaise a certains, n'a rien de vital au sens premier du terme. Je refuse categoriquement qu'on me colle sur le dos une redevance supplementaire. Deja que la redevance tele est un scandale ! Payer 120 euros par an pour que des animateurs incompetents disent des betises dans des emissions que je ne regarde pas, c'est dur a avaler. S'il faut maintenant que je contribue malgre moi a l'enrichissement de chanteurs que je n'ecoute pas, alors oui, etant depossede de ma liberte et de mon argent, je pense que c'est du communisme.
4 euros par mois, c'est probablement plus que mon budget musique, donc j'y perdrais. J'ecoute surtout de vieux albums que je possede deja et qui ne me coutent plus rien.
Tout d'abord notez que j'avais pris comme exemple la mutuelle complémentaire et non comme vous le dites la sécurité sociale...
Payer 120 euros par an pour que des animateurs incompetents disent des betises dans des emissions que je ne regarde pas, c'est dur a avaler.
Une bonne partie retourne par exemple dans le financement de la production cinématographique, on peut dire que la redevance est trop élevée ou mal répartie mais pas qu'elle ne sert qu'à des bêtises... D'autre part la plupart des pays européens ont aussi un système de redevance et par exemple en Allemagne son montant est bien plus élevé (plus de 200 euros) et le simple fait de posséder un ordinateur capable de se connecter au net vous oblige à payer 5 euros par mois au titre de cette redevance, en quelque sorte ils ont déjà la licence globale, l'Allemagne n'est pas un pays communiste que je saches ?...
etant depossede de ma liberte et de mon argent, je pense que c'est du communismeDonc tous les impôts sont du communisme aussi pour vous puisque vous ne décidez pas de l'utilisation qui en est faite ? Prenons l'exemple des routes, les collectivités financent actuellement des routes avec vos impôts, même des routes sur lesquelles vous ne roulerez jamais, il faudrait j'imagines pour vous satisfaire mettre des péages sur toutes les routes de France et de Navarre pour que seuls ceux qui les utilisent vraiment payent ?...
4 euros par mois, c'est probablement plus que mon budget musique, donc j'y perdrais. J'ecoute surtout de vieux albums que je possede deja et qui ne me coutent plus rien.C'est une illustration de ce qui risque d'arriver avec Hadopi, à vouloir combattre les téléchargeurs les artistes risquent de se les mettre à dos et de réduire leur clientèle à ceux qui ne téléchargent pas, mais beaucoup de ceux là n'achètent pas ou peu (mes parents par exemple sont comme vous...)
Les cotisations pour la securite sociale, la complementaire (je n'en ai pas donc je ne me sens pas concerne), les impots pour financer les routes, l'education, etc, ok. Ce sont des choses utiles a notre societe. On peut mettre ces depenses en commun, cela n'a rien d'injuste car chaque citoyen en a pour son argent d'une facon ou d'une autre. Si c'est du communisme, alors celui-ci ne me derange pas car il est reduit au strict minimum et tout a fait justifiable.
Par contre, un impot pour la musique, NON, cela n'a rien a voir ! Comment pouvez-vous ne pas voir la difference ? L'absence de "musique payee par la collectivite" n'empechant en rien notre societe de fonctionner, il n'y a aucune raison de mettre en commun nos depenses dans ce domaine. Si tout le monde ne peut pas s'acheter son hopital ou sa route privee, ce n'est pas le cas des CD !! Et laissons a ceux qui n'ecoutent pas ou tres peu de musique le choix de ne rien payer de plus dans ce domaine. On paie deja trop d'impots en France.
Vous dites que 4 euros ce n'est pas beaucoup, mais c'est autant d'argent en moins pour une personne qui aurait voulu les depenser dans autre chose. Si on met cette license globale en place, cela se fera forcement au detriment d'autres industries ou services, car les francais ont une somme d'argent finie a depenser tous les mois. Si mon budget est tellement serre que je depense 100% de ce que je gagne (et il me semble que c'est le cas de beaucoup de Francais malheureusement), alors il va falloir que je supprime une autre depense pour compenser. C'est ce qui me gene le plus dans le license globale: elle est liberticide. Je ne comprends pas que certains soient par exemple contre les cameras de surveillance, mais pour de nouveaux impots tels la license globale. Ne voient-ils pas que c'est le meme probleme sous deux formes differentes ? C'est l'etat qui s'immisce dans nos vies toujours un peu plus malgre nous.
On paie deja trop d'impots en France
Je comprends votre peu d'entrain à payer pour une chose dont vous estimez ne pas avoir besoin, néanmoins il ne faut pas perdre de vue que de toute façon la mise en place puis le fonctionnement de l'hadopi seront loin d'être gratuits...
La mise en place d'hadopi sera en théorie à la charge des FAI mais rien ne dit qu'ils ne le répercuteront pas sous la forme de hausse d'abonnement tôt ou tard, il se pourrait également très bien qu'ils dénoncent les accords signés dans le passé dans des conditions contestables, bien avant que le projet hadopi ne soit connu, et que finalement ce soit l'état qui paye (jusqu'à 100 millions sur trois ans quand même...) Quant aux frais de fonctionnement, qui sont estimés autour de 7 millions d'euros par an (et on sait qu'il est bien rare qu'il n'y ait pas dépassement des prévisions...), ils seront également supportés par les contribuables, or c'est de l'argent qui n'ira pas à la création ou aux artistes il sera absorbé par cette nouvelle entité parasite, dont par ailleurs on ne pourra même pas évaluer l'efficacité... Evidemment ça revient moins cher à chacun que la licence globale mais c'est encore plus "communiste" puisque ce ne sont pas seulement les internautes qui payent mais tous les français (étant donné que l'essentiel du budget de l'état c'est de la TVA que tout le monde paye...) et surtout le contribuable n'obtient rien du tout en échange...
C'est l'etat qui s'immisce dans nos vies toujours un peu plus malgre nous.
Je dirais que c'est plutôt un argument contre Hadopi ça... donc vous seriez à la fois contre Hadopi et contre la licence globale, mais quelle serait votre solution ?
Je ne suis pas fou de Hadopi et j'admets qu'il n'y a pas de solution ideale. D'une facon ou d'une autre il faudra fliquer les gens, soit pour leur envoyer un avertissement, soit pour determiner les droits d'auteur de chaque artiste.
Mais la licence globale, ce serait surtout un renoncement a attraper les voleurs : rendons le crime legal, puisqu'on ne peut s'en debarrasser ! Quel raisonnement tordu ! Je prefere encore Hadopi. L'application de cette loi va couter de l'argent, comme toutes les autres lois, mais c'est le cout de la democratie et je l'accepte, tout comme j'accepte les depenses de securite sociale (plus de 10 milliards d'euros de deficit prevus pour 2009, soit toujours plus d'une dette publique que je devrai rembourser tot ou tard en tant que contribuable francais, alors meme que je ne suis pas tombe malade une seule fois cette annee) ou de construction de routes (meme celles que je ne prends jamais)...
Apres la license globale, ou s'arretera-t-on une fois commence ce raisonnement absurde ? Va-t-on fermer les postes de police et faire payer une license aux assassins pour qu'ils puissent tuer legalement ? Moins de depenses, plus de recettes, voila qui serait bon pour les comptes publics. Tant qu'a faire : si crime il y a, autant qu'il soit organise. Ca coute moins cher et ca permet de dresser des statistiques precises.
C'est nouveau mais j'en suis désormais affublé. Pour communiste, je pense que mes amis qui parcourent Slate vont franchement me mettre en boîte, mais pour ce qui est anarchiste je veux bien accepter ce qualificatif. En effet j'estime que lorsqu'on respecte scrupuleusement la loi, toute forme de flicage, comme celle qu'Hadopi installera sur le net est intolérable. Intolérable également les abus de pouvoir ou l'usage détourné des textes. Un exemple dans le domaine des loisirs culturels : au début de pratiquement chaque séance de cinéma est désormais projeté un message avertissant que le fait d'enregistrer ce qui passe à l'écran sera considéré comme de la contrefaçon. L'auteur du message (adepte sans doute de notre sémillant et chevelu "monseigneur" Lefebvre) incite également à la délation les spectateurs. Désolé mais le droit à la copie privé existe encore et est payé par chaque acheteur de support magnétique. Si quelqu'un copie le film dont il a payé l'entrée, je ne vois pas la différence avec le ripage d'un CD que l'on a régulièrement acheté pour le placer dans son lecteur MP3 . Il ne pourra y avoir contrefaçon qu'au niveau de l'usage si ultérieurement la copie sert hors du cadre prévu par la loi.
Quand au fait que j'en sois à ma troisième publication sur le sujet, j'espère ne pas avoir été répétitif, ayant tenté d'aborder chaque fois un aspect différent du problème. Il vous faut d'ailleurs, cher Ola, prendre votre mal en patience car je compte bien proposer à la rédaction de Slate, après le passage du texte au Conseil Constitutionnel, un article sur la façon d'aborder les recours devant la Cour Européenne des Droits de L'Homme.
Vous dites :"au début de pratiquement chaque séance de cinéma est désormais projeté un message avertissant que le fait d'enregistrer ce qui passe à l'écran sera considéré comme de la contrefaçon... Désolé mais le droit à la copie privé existe encore et est payé par chaque acheteur de support magnétique. Si quelqu'un copie le film dont il a payé l'entrée, je ne vois pas la différence avec le ripage d'un CD que l'on a régulièrement acheté pour le placer dans son lecteur MP3 ."
-Vous ne parlez pas sérieusement ? si ? Le billet d'entrée pour le film vous donne le droit d'assister à la représentation du film, pas de le filmer et de le distribuer sur internet. La copie privée ne s'applique pas à ce cas. Et même sans avoir à parler de loi, l'idée même d'aller au cinéma pour me retrouver assis parmi une horde de gens brandissant leur caméscopes vers l'écran, au lieu de regarder le film, me sidère.
Vous dites (ou nous menacez :-)) : "je compte bien proposer à la rédaction de Slate, après le passage du texte au Conseil Constitutionnel, un article sur la façon d'aborder les recours devant la Cour Européenne des Droits de L'Homme."
-Moi j'attends surtout un article où vous nous expliquerez comment on pourra financer la production musicale et le cinéma après avoir fait disparaitre tout les vendeurs, distributeurs, maisons de disques, maisons de production de films , comme vous le préconisez.
Je ne préconise pas, la sélection naturelle et les attentes des clients feront leur boulot avec les immobiles...
Il est également fort intéressant de constater que vous considérez le fait de recourir à un tribunal indépendant comme une menace.
Désolé mais le droit à la copie privé existe encore et est payé par chaque acheteur de support magnétique. Si quelqu'un copie le film dont il a payé l'entrée, je ne vois pas la différence avec le ripage d'un CD que l'on a régulièrement acheté pour le placer dans son lecteur MP3 .
Ca n'a pourtant rien a voir ! Quand vous achetez un ticket de cinema, vous payez pour le droit de regarder un film une seule fois. D'ou l'interdiction de le filmer dans la salle, que ce soit pour votre usage personnel ou pour le mettre sur internet. Seul l'achat d'un DVD ou autre support vous donne la license pour regarder un film autant de fois que vous le souhaitez.
Je ne vous reproche pas d'etre contre le "flicage", mais admettez que la license globale entrainerait autant de flicage que Hadopi. Il faudra determiner qui a telecharge quoi dans les deux cas, que ce soit pour redistribuer les droits d'auteur ou envoyer des lettres d'avertissement. Ca n'est donc pas un argument valable.
Le flicage dans le cas de la licence global n'est pas qui a téléchargé quoi mais plutôt combien de fois a été visité telle ou telle ouvre.
Hadopi a vocation a regarder partout et à trouver parmi les données échangé par quelqu'un des contenus illégaux. On vous surveille et si vous faites un pas de travers on vous tape sur les doigts.
Dans le cadre de la licence global on surveille l'œuvre, savoir si elle est beaucoup sollicité, beaucoup écouté ou autre pour redistribuer les droits d'auteurs. sans ce flicage des utilisateur, ce qui représente une énorme différence.
La selection naturelle comme vous dites, ce sera donc que seul les artistes ayant une importante fortune personelle pourront produire un disque ou un film ... Là ce n'est plus de " l'anarcho-communisme ", c'est de l'élitisme (et pas par le talent, mais par l"argent)
Vous dites: "Il est également fort intéressant de constater que vous considérez le fait de recourir à un tribunal indépendant comme une menace."
Ah bon, vous avez lu ça dans ce que j'ai écrit ?
PS: @ Slate : Pourquoi le texte est coupé à la fin des phrases ?
Enfin les programmes P2P disparaîtront d'eux mêmes car n'offrant pas le même confort que les sites officiels tant en terme de qualité de reproduction et de présentation que de rapidité de transfert.
Le dernier paragraphe me paraît tout à fait faux, d'abord je ne sais pas quels systèmes vous utilisez mais BitTorrent par exemple permet une présentation totalement libre des torrents sur un site web donc il n'ya aucune raison de penser que ce serait moins pratique qu'une plateforme non P2P, d'autre part le P2P offre déjà actuellement une vitesse et une qualité supérieure aux offres non P2P (cas d'école: la VOD classique, moche, lente et chère...) Et surtout c'est la seule façon de diffuser des oeuvres à grande échelle à faible coût pour les artistes, une plateforme centralisée type client/serveur coutera toujours plus cher qu'un système P2P c'est mathématique !... Les systèmes P2P légaux (Jamendo par exemple) existent depuis des années et fonctionnent toujours justement parceque leur coût de fonctionnement est bas...
il y a un gros souci avec ce billet. Vous ne mentionnez nul part comment seront financés toutes ces oeuvres. Faire disparaitre tout les vendeurs et toutes les maisons de disques, c'est bien beau, mais qui va financer en amont tous ces disques et tout ces films ? Les artistes eux-mêmes ? Il faudra naitre millionaire désormais pour faire un film ou produire un disque ?
Peut être certains artistes seront-ils amenés à découvrir les concerts....
Vous semblez oublier que le disque n'est pas le seul revenu d'un artiste et heureusement. Gari Greu, membre du groupe Massilia Sound System déclarait par exemple dans le quotidien La Provence : "Nous on se fait baiser, on a dû trouver d’autres choses pour vivre que les ventes de disque. Nous on fait des concerts."
source : http://www.laprovence.com/articles/2009/03/30/772758-Region-Telechargement-illegal-acheter-un-CD-c-est-devenu-comme-aller-a-la-messe.php
Une tournée , ça peut couter cher, très cher à monter. Il faut payer à l'avance, les techniciens, les hotels , les billets d'avion, la location de matériel, l'achat ou la location d'effets visuels sur scène (éclairage, écrans , etc..), le transport du matériel par camion, et j'en passe.
Quel artiste peut payer ça de sa poche, surtout quand il débute ? Ou alors il faudrait qu'il commence par vendre beaucoup de disques, puis utiliser une partie de ces fonds pour financer la tournée (qui de toute façons, ne lui guarantit pas des revenus).Mais pour cela, il faut justement qu'il puisse en vendre, des disques...
Le cas de Massilia est juste un cas parmi d'autres. D'ailleurs, on voit bien que ça ne les enchante pas vraiment de ne pas percevoir les revenus qu'ils auraient souhaités à travers leurs disques.
Quel artiste peut payer ça de sa poche, surtout quand il débute ? Ou alors il faudrait qu'il commence par vendre beaucoup de disques, puis utiliser une partie de ces fonds pour financer la tournée (qui de toute façons, ne lui guarantit pas des revenus).Mais pour cela, il faut justement qu'il puisse en vendre, des disques...
Ce que vous décrivez c'est bien le système actuel dans lequel un artiste débutant ne peut pas faire grand chose tant qu'il n'a pas eu la chance de rencontrer la bonne personne au bon moment et "d'être signé" par une maison de disque, vous semblez déplorer cette situation et vous voudriez en même temps qu'elle perdure ? ! Au contraire si on mutualise grâce à la licence globale ou à la contribution créative de grosses sommes d'argent on peut en utiliser une partie pour financer les débutants, que ce soit sous la forme de sortes de bourses ou bien de près à taux zéro etc... Le problème à mon avis c'est que ces idées de mutualisation sont systèmatiquement écartées par les politiques pro-hadopi, en général en les marquant au passage du seau d'infâmie du communisme, pas plus tard qu'hier soir lors des débats à l'assemblée Albanel a parlé de "collectivisation" du droit d'auteur ! Or c'est stupide puisqu'il n'est pas question par exemple de partager les recettes en part égales entre tous les intervenants, chacun pourrait être rétribué en fonction de la popularité des oeuvres, exactement comme cela se passe avec la vente de disque.
Je regrette que l'on ne fasse pas d'avantage de sondages dans le grand public demandant aux internautes s'ils seraient d'accord de payer un supplément chaque mois pour d'une part participer au financement de la création et d'autre part pouvoir télécharger librement... sur un site comme PCInpact, qui est je vous le concède un peu "orienté", seuls 12% des votants (plus de 6000) y sont opposés, un sondage BVA de 2006 donnait d'ailleurs les Français favorables à 56%, j'en connais qui sont devenus président avec seulement 53%...
Commandé par BFM, les Echos et Akerys à l' Institut de sondages BVA, l'étude rend compte que 56 % des sondés sont pour la licence globale contre 35 % qui y sont opposés. Le plébiscite est encore plus marqué chez les jeunes avec 72 % des 15-24 ans qui y sont favorables
"Au contraire si on mutualise grâce à la licence globale ou à la contribution créative de grosses sommes d'argent on peut en utiliser une partie pour financer les débutants, que ce soit sous la forme de sortes de bourses ou bien de près à taux zéro etc...
--Et qui décidera à quel artiste attribuer cette bourse, et combien ? Un jury étatique ? C'est l'état donc qui décidera ce qui est bon à écouter, bon à regarder ou pas, si on pourra faire une tournée ou pas ?
"Ce que vous décrivez c'est bien le système actuel dans lequel un artiste débutant ne peut pas faire grand chose tant qu'il n'a pas eu la chance de rencontrer la bonne personne au bon moment et "d'être signé" par une maison de disque, vous semblez déplorer cette situation et vous voudriez en même temps qu'elle perdure ? !"
--Je la déplore en partie seulement, car cette situation est en fait bien plus flexible que vous ne décrivez. L'interet c'est qu'aujourdhui , l'artiste à une multitude de possibilités de se produire. S'il a déja des moyens personnels , il peut s'autoproduire et s'autodiffuser lui-même. S'il a besoin de plus de moyen, il peut faire appel à une multitude de maisons de disque dans le monde (à ne pas confondre avec Major, qui ne désigne que les 4 plus grosses maisons de disque). Un artiste Taiwannais peut travailler avec une maison de disque indépendante italienne, un italien peut-etre signé avec un label anglais, etc.. Tout est négociable, tout est flexible, surtout avec les maisons de disques indépendantes (ce que tout le monde semble oublier, en se focalisant sur les rigides Majors, qui ne réprésentent que 30% de la production mondiale)
Et qui décidera à quel artiste attribuer cette bourse, et combien ? Un jury étatique ? C'est l'état donc qui décidera ce qui est bon à écouter, bon à regarder ou pas, si on pourra faire une tournée ou pas ?Non pas forcément, regardez ce qui se passe au niveau des chaînes de TV, l'investissement de France Télévision (donc l'argent de la redevance) dans la création audiovisuelle et cinématographique dépasse le million d'euros par jour, ce qui en fait le premier investisseur français or ce n'est pas le ministère de la culture qui décide de ce qui est (co)produit ou non... Je ne vois pas pourquoi certains considèrent que dès qu'il y'a un système mutualisé ce serait forcément un truc communiste ou étatique rigide, regardez l'exemple de la sécurité sociale: quand vous êtes malade c'est bien un médecin que décide comment il faut vous soigner et pas le ministre de la santé ni le directeur de la cpam...
Un cas parmi d'autres, surement pas ! la plupart des artistes passent par la scène (aussi modeste soit-elle) avant de faire un disque.
La scène rapporte heureusement et pour rebondir sur votre réponse, Internet est bien plus puissant que le disque pour se faire connaïtre et remplir une salle !
Mon commentaire sera un peu flou, et j'en suis désolé.
Le calcul pour le montant de la licence globale est fort intéressant, mais fort incomplet, et je n'en blame pas l'auteur. Je crois que ceux qui pronent les avantages de la licence globale auraient tout intéret à montrer et démontrer le plus précisemment possible son principe.
Il me semble que si elle doit s'appliquer pour le secteur de la musique (le sujet le plus abordé), elle devrait couvrir aussi les oeuvres audiovisuelles et cinématographiques (ça on en parle encore assez souvent), mais aussi tout le secteur de l'édition (livre, [on trouve de plus en plus d'e-book sur les réseaux de peer-to-peer] presse [et aussi des éditions en pdf de quotidien] , etc), l'industrie des jeux électroniques, des programmes informatiques, de la connaissance (encyclopédies en ligne, base de données, savoir-faire, etc), de l'enseignement et de la formation (cours d'université (privé, public) qui s'échangent sous forme de "prise de notes" mais aussi de "capture vidéo"). Ceci est juste un petit inventaire peu rigoureux, mais pour montrer que y'a déjà bien d'autres qui s'échangent, de manière plus ou moins illégale, de manière gratuite, sans rémunérer comme le ferait classiquement "hors net" les auteurs, producteurs, techniciens de tout cette "connaissance-information-savoir".
Bref, il serait bien beau d'appliquer la licence globale, mais avant que tout ces secteurs économiques réalisent ce qu'il est en train de se passer, se réunissent et se mettent d'accord pour opter pour une licence globale (qui n'aura rien de global, parce que s'il faut mettre autour de la même table un créateur de programme, un danseur, et un écrivain, c'est pas gagné), le gouvernement pare au plus pressé, à savoir tenter en vain de limiter tout ces échanges non directement rémunérateurs à l'heure actuelle, quitte à devoir faire peur : la loi HADOPI n'oublie au moins aucun acteur (c'est sans doute son seul mérite) en intérrogeant les pratiques de chacun pour savoir si c'est normal d'accéder gratuitemnet à un livre, un film, un album de musique, un cours de telle université, et tout cela en trois clics de souris ; et cela même si cette loi ne régle effectivement rien, et ne sera sans doute jamais appliqué : à l'heure de la crise je vois mal un gouvernement couper l'accés à internet à 10% (au pif) des internautes, internautes qui sont aussi des cyber-consommateurs qui réalisent des achats sur le net, et ceux-ci bien réels pour notre économie.
Et en plus ,rien n'empéche pendant que cette loi existe d'aller vers un systéme de licences "sectorielles" où une clé de répartition sera trouvé pour rémunérer aussi bien l'acteur de telle série que le contributeur à Wikipedia (je pousse un peu loin...quoique...) !
Voili voila, désolé de pas être plus clair.
Dont je vous prie de bien vouloir m'excuser, il est quelquefois difficile de se connecter en voyage...
Merci de relire votre dernière intervention vous verrez que vous utilisez les mots ''Vous dites (ou vous nous menacez)''. Si vous analysez aussi bien le texte de loi que vos propres écrits, tout s'explique...