Steve Jobs, 1955-2011

Steve Jobs présente l'iPad 2, le 2 mars 2011. REUTERS/Beck Diefenbach.

Steve Jobs présente l'iPad 2, le 2 mars 2011. REUTERS/Beck Diefenbach.

Le cofondateur d’Apple est mort, mercredi 5 octobre, à l’âge de 56 ans. Florilège des réactions, analyses et hommages les plus intéressants repérés en ligne.

A lire également sur Slate:

  • L'iMovie de Steve Jobs. Discours, publicités, parodies... Retour en vidéos sur la carrière du cofondateur d'Apple.
  • Apple survivra à Steve Jobs. La disparition de son patron légendaire et cofondateur ne signe pas l'arrêt de mort d'Apple. Parce que Steve Jobs justement a construit la société à son image avec des gens de grand talent et des méthodes redoutables. 
  • Le monde selon Steve Jobs. Ce sont les innovations qui tout au long de l'histoire ont fait et défait les empires. 
  • Steve Jobs, au coeur de la culture Apple. Autrefois leader de la contre-culture informatique, il s'était inscrit depuis l'iPhone dans l'esprit monopolistique des autres empereurs de la communication.

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Une pluie de réactions. Les réactions au décès de Jobs sont bien entendu innombrables, de Barack Obama («Un des plus grands inventeurs américains») à Rupert Murdoch («Un des plus grands PDG de sa génération»), de ses confrères du secteur high-tech Mark Zuckerberg, Larry Page, Steve Yang et Bill Gates à son avocat de longue date Larry Sonsini en passant évidemment par son vieux complice Steve Wozniak. Bits, le blog high-tech du New York Times, a d’ailleurs lancé un suivi en direct très intéressant des réactions et le Los Angeles Times un déroulé des réactions sur Twitter.

A voir également, la page d’accueil très élégante de Wired, entièrement faite de réactions, la belle création du site Fast Company, qui a élaboré une nécrologie en collant bout à bout une série de tweets, et la nécrologie publiée par le site Ars Technica sous une photo des premiers employés d’Apple. A noter par ailleurs, parmi les rares voix dissonantes, celle du cinéaste Michael Moore qui, sans mentionner Steve Jobs, fait allusion sur Twitter aux sweatshops, les ateliers où l’on fabrique des produits à destination des pays occidentaux pour un salaire de misère.

La page d’accueil de Google, et autres hommages graphiques. Le moteur a ajouté une petite ligne sous son champ de recherche: «Steve Jobs, 1955-2011». «Une initiative intéressante», relève le los Angeles Times, «car Apple et Google sont de grands rivaux et des partenaires de business occasionnels». A une époque, l’ancien PDG de Google Eric Schmidt siégeait d’ailleurs au conseil d’administration de la marque à la pomme.

A signaler, parmi les autres hommages graphiques, Boing Boing qui a redesigné sa page avec le design Mac OS, le blogueur hong-kongais Jonathan Mak, qui a redessiné le logo Apple «mordu» par une ombre représentant le visage de Jobs ou le célèbre mème Steve Jobs/Bill Gates qui porte le deuil, de même que la fonction autocorrection de l'iPhone.

Le meilleur patron du monde mathématiquement? La Harvard Business Review ressort de ses archives un classement publié en 2010 des patrons les plus performants du monde, calculé notamment à partir de la capitalisation des entreprises et du sort des actionnaires. Steve Jobs ressortait en numéro un, devant les patrons de Samsung et Gazprom.

317 brevets et une façon différente de penser. Le New York Times propose en détail et en images la liste des 317 brevets d’Apple sur lesquels Steve Jobs apparaît comme inventeur. Une liste qui permet de prendre la mesure de l’implication légendaire du co-fondateur dans les détails des produits de l’entreprise, des boîtiers des ordinateurs Macintosh aux escaliers en verre présent dans de nombreux Apple Stores. Le site Smart Planet, quant à lui, revient sur son génie innovateur en énumérant les sept manières dont il nous a appris à penser différemment depuis le lancement d’Apple: parmi les grandes leçons à retenir de la carrière de Jobs, voir en grand, suivre ses instincts, ne pas avoir peur de l’échec, bousculer le statu quo ou encore être optimiste pour le futur.

Steve Jobs par lui-même. Le site AllThingsD et le Guardian ont élaboré un best of des phrases de Steve Jobs sur son propre travail, dont quelques-unes où il évoquait sa future disparition:

«Etre le gars le plus riche du cimetière ne m’intéresse pas.»

«Me rappeler que je serai bientôt mort est la chose la plus importante qui me soit arrivée pour m’aider à faire des choix essentiels dans la vie.»

«Quand j’avais 17 ans, j’ai lu une citation qui disait quelque chose comme: "Si tu vis chaque jour comme si c’était ton dernier, un jour tu auras certainement raison".»

Edison, Ford… ou Charlie Schulz? Les personnes auxquelles Steve Jobs est le plus volontiers comparé sont Thomas Edison et Henry Ford. Sous le titre «iHeaven», le journaliste et essayiste Jeff Jarvis écrit lui: «Nous avons perdu notre Gutenberg, Edison, Picasso, Carnegie…». Le site Overthinking It fait quant à lui une comparaison originale entre Steve Jobs et Charles Schulz, le créateur de la mythique bande dessinée Peanuts:

«Comme Jobs, c’était un accro du boulot. […] Comme Jobs, c’était un obsédé du détail. […] Et Schulz est mort le 12 février 2000, la veille de la publication de son dernier Peanuts. Steve a vécu juste assez longtemps pour voir son successeur effectuer sa première présentation.»

Une note d’humour pour la fin. Le site satirique The Onion, connu pour ses titres et ses faux articles décalés, a rendu hommage à Jobs à sa façon, sous le titre «Paniqué, le conseil d’administration d’Apple tente de rebooter Steve Jobs».