France

Sénat: la gauche monte au «plateau»

Slate.fr, mis à jour le 02.10.2011 à 18 h 34

Jean-Pierre Bel a été élu président du Sénat samedi en fin d'après-midi. Pour la première fois, la gauche accède à ce poste en comptant sur une majorité absolue.

Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat, vote pour élire le président le 1er octobre 2011. REUTERS/Gonzalo Fuentes.

Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat, vote pour élire le président le 1er octobre 2011. REUTERS/Gonzalo Fuentes.

Le Sénat a élu, samedi 1er octobre, son président, une semaine après des élections qui ont donné, pour la première fois sous la Ve République, la majorité à la gauche. Le «plateau», comme on appelle la présidence du côté du palais du Luxembourg, est revenu sans surprise au sénateur de l'Ariège Jean-Pierre Bel, président du groupe PS au Sénat depuis 2004.

Si le Sénat a déjà eu un président radical de gauche, Gaston Monnerville, de 1947 à 1968, c'est la première fois que la gauche voit élire un président issu de ses rangs en comptant uniquement sur ses propres forces, car elle n'avait pas la majorité après-guerre. Cette élection place Jean-Pierre Bel en position de président par intérim en cas de décès, démission ou destitution du président de la République, et lui donne un pouvoir de nomination au Conseil constitutionnel, au Conseil supérieur de la magistrature, au CSA...

Il a recueilli 179 voix dès le premier tour, soit sept de plus que la majorité des suffrages exprimés et deux de plus que les 177 auxquelles il pouvait s'attendre au vu des résultats de dimanche dernier. Le président sortant Gérard Larcher, candidat au nom de l'UMP, a recueilli 134 voix, et l'ancienne ministre Valérie Létard 29 voix pour les centristes. Les autres composantes de la gauche, dont les Verts, qui avaient laissé planer l'hypothèse d'une candidature, ont soutenu dès le premier tour Jean-Pierre Bel.

Le Sénat a connu par le passé des élections à la présidence beaucoup plus mouvementées: en 1989, il avait fallu à Alain Poher (deux fois président de la République par intérim) trois tours et une étroite majorité de seize voix pour être réélu face à l'hostilité d'une partie de sa propre majorité; en 1998, René Monory avait été évincé au profit de Christian Poncelet après avoir subi des défections au sein de sa majorité. Dimanche dernier, des élus UMP caressaient encore l'espoir de telles défections au sein de la gauche pour garder la présidence, mais ce scénario avait perdu en consistance au fil des jours: mardi dernier, au cours du petit-déjeuner hebdomadaire des ténors de la majorité, Nicolas Sarkozy aurait déclaré, selon l'AFP, que la majorité perdrait «dans la dignité» la présidence du Sénat.

En attendant de savoir comment va se passer la «cohabitation» entre une Assemblée de droite et un Sénat de gauche, vous pouvez vous replonger dans nos articles sur le Sénat:

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