Les études, un bon moyen de trouver un job
Les jeunes diplômés ont de plus grandes chances de trouver un emploi, notamment en contrat à durée indéterminée, que les autres.
- Des lycéens passent le bac à Nantes en 2011. REUTERS/Stephane Mahe -
C’est un leitmotiv: les jeunes ont du mal à trouver du travail et à intégrer la vie active. Et bien souvent ils n’obtiennent que des emplois précaires. L’Insee estime à 23% le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans à la recherche d’un emploi en France, contre environ 9% pour l’ensemble de la population. Seules l’Espagne et l’Italie, en Europe, font moins bien. Plus de 640.000 personnes de cette classe d’âge sont inscrites à Pôle Emploi.
Ce constat n’est pas limité à la France: c’est le cas dans bien d’autres pays européens. Dans la zone OCDE, les jeunes chômeurs représentent 17,4% de la population active. Et l’on ne compte pas dans ce chiffre les «ni-ni»: les jeunes qui ne sont ni au travail, ni au chômage, ni étudiants. Au point que l’Organisation internationale du travail (OIT) s’inquiète d’une «génération perdue».
Il existe pourtant un moyen de remédier en partie à ce phénomène: les études. Ce n’est pas nouveau, bien sûr, mais un bon diplôme est encore plus utile en temps de crise. Le bon vieux «passe ton bac d’abord» répété par des générations de parents à leur progéniture a encore de beaux jours devant lui. Les jeunes diplômés ont de plus grandes chances de trouver un emploi, notamment en contrat à durée indéterminée, que les autres.
Retard rattrapé
Dans sa revue Regards sur l’éducation 2011, l’OCDE constate que la France a bien rattrapé son retard antérieur en matière de formation secondaire (bac, CAP ou BEP) puisque 84% des 25-34 ans ont désormais un diplôme de sortie du secondaire. Pour situer l’enjeu, la moyenne OCDE ne s’élève qu’à 81%. Mais inversement, un certain nombre d’autres pays atteignent 90%: la Russie, le Canada, la Pologne, la Corée notamment.
Quant à l’enseignement supérieur, il a également progressé: 43% des 25-34 ans ont un diplôme universitaire ou équivalent, contre 37% dans l’OCDE. Une nouvelle fois, en Russie, en Corée, au Canada et au Japon, plus de 50% des jeunes adultes ont terminé une formation supérieure.
Voilà des chiffres satisfaisants, mais l’OCDE constate aussi que, depuis 1995, le système connaît des craquements. Ainsi, le taux d’accès au baccalauréat n’a pas évolué depuis cette date. Surtout, la scolarisation des 15-19 ans recule: il est passé de 89% à 84% entre 1995 et 2009. Quant à celle des 20-29 ans, elle marque le pas. Elle se situe à 19% en France, à comparer à 26% en moyenne dans l’OCDE.
Résultat: 120.000 à 150.000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans diplôme, et il est très difficile de les rattraper et de les doter d’un cursus scolaire. Ce sont ces jeunes qui restent durablement au chômage, et qui, lorsqu’ils en sortent, enchaînent les travaux précaires. Un cursus qui, en se prolongeant dans le temps, pérennise leurs difficultés d’intégration.
«Micro-lycées»
Face au problème du décrochage scolaire, le gouvernement a expérimenté des «micro-lycées». Ces structures prennent en charge des élèves qui, après un décrochage, veulent reprendre des études. Classes très réduites, professeurs très disponibles, enseignement sur mesure: les micro-lycées marchent plutôt bien. Il devrait en être créé, à terme, un par académie. Mais la prévention du phénomène serait une stratégie encore meilleure.
Dans cette perspective, malgré l’impératif de rigueur budgétaire, l’OCDE préconise de consacrer plus de moyens à l’éducation, alors qu’en France, son poids dans la dépense publique a diminué depuis 1995. L’une des solutions serait de rééquilibrer les dépenses entre le secondaire, où, note l’Organisation, les dépenses par élève sont 12% plus élevées que dans la moyenne de l’OCDE, alors qu’elles sont de 14% inférieures dans le primaire.
Priorité au primaire
Car c’est dès le cycle primaire, certains spécialistes disent même dès la maternelle, qu’on doit lutter contre l’échec scolaire et le décrochage. Un effort en termes de compréhension de l’écrit, qui s’acquiert en primaire, est nécessaire, estime l’OCDE.
Au moment où l’on évoque le poids de la dette pour diminuer les dépenses budgétaires, faut-il faire un effort pour l’enseignement? C’est un pari payant. Jacques Attali (1), lorsqu’il présidait la Commission pour la libération de la croissance l’a souligné dans son deuxième rapport: le niveau d’éducation primaire recule et «ce recul constitue un obstacle à la croissance, dans l’économie de la connaissance et la mondialisation. L’école primaire doit être largement réformée. C’est notre premier grand chantier de long terme».
En fait, tous les experts, de l’Institut Montaigne à la Cour des comptes et au Conseil économique, social et environnemental, sont d’accord avec ce diagnostic: la bataille pour la compétitivité se gagne dans les petites classes.
Marie-Laure Cittanova
Chronique également parue sur Emploiparlonsnet
Mis à jour le 30/09/2011 à 6h41















































je me demande si en dehors d'une réforme nécessaire de l'école primaire pour continuer à fournir le minimum vital (lecture et écriture), il ne faudrait pas remettre en question toute notre approche de la formation.
Alors que l'école Française est supposée apporter un savoir général devant servir à s'intégrer dans la société et avoir des connaissances (ce dont je doute au vue du succès de toutes les émissions de télé réalité poubelle et autres programmes qui abrutissent le spectateurs), certains de nos voisins sans abandonner cette approche, semblent privilégier un rapport plus pratique.
les Allemands n'ont pas de remords à privilégier l'apprentissage et les filières technique (les évolutions en entreprises sont aussi moins conditionnées par le diplôme initial, on a pu le voir les incidences chez EADS).
la formation continue en France est souvent réservée à une "élite" dite "high poential" au détriment du plus grand nombre.
la conception d'un emploi quasiment à vie où le salarié ne serait pas capable de changer d'activité est un autre frein plus mental.
Mais si justement, ils sont au chômage !
Ce sont des chômeurs qui ne pointent pas à Pôle Emploi parce qu'ils n'ont droit à aucune indemnisation, et parce que la plupart des emplois proposés par l'agence sont réservés aux chômeurs indemnisés, c'est à dire aux vieux.
En effet la politique dite d'activation des dépenses passives d'indemnisation du chômage, qui consiste à subventionner l'embauche des chômeurs indemnisés ("certes, toutes les études montrent que cela ne produit qu'un effet de substitution, mais c'est pas grave car il vaut mieux payer quelqu'un à travailler qu'à ne rien faire, c'est une question de bon sens !") ne laisse aucune chance aux chômeurs non indemnisés (l'autre terme de la fameuse substitution) c'est à dire aux jeunes, de trouver du travail.
Certains n'ont jamais pointé, les autres ont cessé quand ils se sont aperçus que cela ne servait à rien, ou n'ont pas entrepris les démarches pour se faire réinscrire après une énième radiation, d'ailleurs souvent abusive.
Ces fameux "ni-ni" sont la principale raison pour laquelle toutes les comparaisons entre les taux de chômage en France (et peut-être dans d'autres pays d'Europe du Sud) et ceux des pays d'Europe du Nord sont bonnes pour la poubelle : il n'y a pas de "ni-ni" dans les pays (Suède, Danemark, Hollande...) où tous les chômeurs, quel que soit leur âge ou leur ancienneté, ont droit à une indemnisation.
"Il existe pourtant un moyen de remédier en partie à ce phénomène: les études."
Erreur classique.
Souvenons nous du cas de l'Argentine, qui avait pendant la plus grande partie du XXème siècle le record du monde du taux de diplômés de l'enseignement supérieur, ce qui ne l'a jamais empêché de rester quasiment un pays du tiers-monde, affligé d'un chômage massif avant même la crise qui a commencé à sévir dans les années 1970 en Europe et aux USA.
Regardons en ex-URSS et dans d'autres pays de l'Europe de l'Est tous ces diplômés hautement qualifiés de l'enseignement supérieur qui croupissent au chômage ou disputent les emplois les moins qualifiés au reste de la population.
Ce n'est pas parce que les diplômés ont statistiquement moins de chance de se retrouver au chômage qu'il suffira d'amener toute la population au même niveau d'étude pour faire baisser le chômage.
En effet, si les diplômés ont statistiquement moins de chance de se retrouver au chômage, c'est uniquement parce qu'ils se retrouvent en concurrence avec des jeunes moins bien armés qu'eux.
Il suffit de mettre tous les jeunes à égalité en matière de diplôme (ou de formation) pour que l'avantage conféré par le diplôme (ou la formation)disparaisse : ni les études ni les diplômes ne peuvent remplacer la création d'emplois, si bien qu'au fur et à mesure que le nombre de diplômés augmente, le taux de chômage des diplômés augmente aussi.
Parce que tout cela ne fait pas un emploi en plus ni un chômeur en moins.
J'irai même plus loin : dés qu'un certain chômage, même minime, apparaît chez les diplômés, il faut admettre que le marché est saturé, et qu'il ne pourra plus absorber aucun nouvel afflux éventuel de diplômés.
C'est le cas en France au moins depuis les années 1980.
Les nouveaux diplômés ne peuvent plus que faire augmenter le taux de chômage des diplômés jusqu'à ce qu'il rejoigne celui des autres, et que la génération suivante se détourne des études.
Regardons les choses en face : si nous voulons faire baisser le chômage tout en continuant à détruire des emplois (comme l'État, par exemple) il n'y a pas d'autre moyen que de réduire drastiquement la durée du travail.
Et surtout, ne pas bloquer les départs en retraite.
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=60296
Ce n'est pourtant pas difficile à comprendre.
Les pays qui dépensent le plus d'argent pour les études supérieures ont forcément moins de chômage des jeunes, puisque les étudiants ne sont pas comptés dans les statistiques du chômage !
Si tous les 18-25 ans étaient à l'université, le taux de chômage (officiel) de cette tranche d'âge tomberait à 0 %
Certes un étudiant peut en même temps travailler, puis perdre son emploi et s'inscrire à Pôle Emploi, mais c'est extrêmement difficile car l'agence essaye par tous les moyens, et en toute illégalité, d'empêcher les étudiants de pointer.
De même, il est normal que l'éducation primaire et secondaire n'ait aucun effet sur le chômage, puisque les enfants d'âge scolaire, même quand ils font l'école buissonnière, ne peuvent pas pointer à Pôle Emploi.
Il n'y avait vraiment pas besoin de faire une longue étude payée par un établissement financier prestigieux pour arriver à cette conclusion.
D'autant plus que l'idée selon laquelle les dépenses de formation ou d'éducation pourraient aider à faire baisser le chômage repose sur un contresens absolu : on raisonne comme si il y avait des emplois vacants qui ne trouvent pas preneur faute de candidat suffisamment qualifié.
Or une telle situation s'appelle le plein emploi, et c'est exactement l'inverse de celle que nous subissons depuis bientôt 40 ans : il y a toujours plusieurs candidats pour chaque poste.
Ceux qui pensent que l'éducation pourrait régler le problème raisonnent comme si on manquait de candidats (plein emploi) alors qu'on manque de postes (chômage massif) : des candidats, on en a déjà beaucoup trop.
En augmentant le nombre de jeunes qui peuvent postuler sur chaque emploi qualifié on ne créé pas un poste en plus, et donc on ne récolte pas un chômeur en moins non plus.
Nous souffrons d'hypertension, et on nous prescrit un remède contre l'hypotension : au lieu d'augmenter l'offre d'emplois, on cherche à renforcer la demande !