Twitter: l'attaque des robots hollandistes
Reprenant une idée des Jeunes Populaires, l'équipe de campagne de François Hollande a mis au point un système de tweets automatiques qui transforment les militants en robots.
- Gundam / Dr Colossus via FlickrCC License by -
Mercredi 28 septembre, 20h50. Quelques minutes après la fin du deuxième débat entre les candidats de la primaires citoyenne, le mot-clé «fhollande» s'emballe sur Twitter. Plusieurs centaines de tweets similaires sont postés quasiment en même temps.

Mais que se passe-t-il? François Hollande, l'humoriste du PS, aurait-il soudain fait un «top-tweet», une de ces fulgurances que retweetent en masse les utilisateurs du réseau social? À lire la phrase en question, sommet de banalité et de langue de bois, on est en droit d'en douter: «Au lendemain des primaires, il faudra rassembler les socialistes, rassembler la gauche, et rassembler les Français.»
En fait, l'équipe de campagne de François Hollande vient d'appuyer sur un bouton et a ainsi activé son armée de robots humains. Une fonctionnalité, jusqu'ici passée inaperçue, du site de mobilisation numérique toushollande.fr permet à l'équipe de Hollande de prendre la main sur le compte Twitter de cobayes consentants. «@FHollande fait dans l'efficacité :-)», en rigole le responsable du site, Romain Pigenel.

François Hollande reprend là une idée des Jeunes Populaires de l'UMP qui ont mis en place un service un peu similaire, Twitpop, une légion de «moutons 2.0» comme l'écrivait Diego San sur le site du Nouvel Observateur.
Comme un vulgaire marchand de viagra, François Hollande se lance donc dans le spam. Le porte-à-porte numérique, travail artisanal que pourrait encourager Twitter devient un travail d'usine, dans lequel le militant est censé endosser toutes les prises de parole de son candidat préféré sans pouvoir les valider au préalable. Tout au long du débat, l'équipe de campagne aura envoyé 3 tweets sur les comptes Twitter de ses affidés.

Pour rajouter au côté baroque de l'entreprise, toushollande.fr demande aux internautes de cocher la case «J'accepte les conditions d'utilisation Twitter de toushollande.fr» avant même de pouvoir les lire, sans quoi l'inscription est impossible. Sauf que les conditions d'utilisation ne sont visibles nulle part.

Il faut en fait valider à l'aveugle la case pour pouvoir ensuite les découvrir.

En somme, l'équipe de François Hollande peut tout faire sur le compte Twitter du militant, sauf lire ses messages privés et voir son code confidentiel. Deux précautions qui rassureront sans doute la Cnil. Il n'est pas possible de se désinscrire du service depuis le site toushollande.fr. Il faut passer par une option complexe de Twitter que peu de gens connaissent.
On peut se poser la question: que va-t-il advenir de ces zombies Twitter après la campagne? Si Hollande parvient à l'Elysée, deviendront-ils la voie officielle du pouvoir, retweetant cette fois le compte @elysee? Et si Hollande venait à perdre, les robots insulteront-ils Martine Aubry un soir de beuverie du webmaster?
De quoi méditer l'analyse de Vincent Feltesse, le responsable de la campagne numérique de... François Hollande:
«[Twitter], c'est un phénomène à la mode mais je ne sais pas quel est son impact sur le grand public. Est-ce qu'à un moment il n'y a pas un côté gadget, un risque de déprésidentialisation? La frontière est étroite entre l'intimité partagée et le franc ridicule…»
Vincent Glad
Retrouvez ceux qui feront 2012 sur Wikipol.
Mis à jour le 28/10/2011 à 15h29






































Décidément, de droite ou de gauche, nos hommes politiques (et leurs "communicants" nous prennent pour des c***, sans doute parce que nous le valons bien !
Encore une bonne raison de voter pour Joly ?
Si encore il s'agissait d'un message intéressant , mais là, archétype de la langue de bois, F Hollande s'enfonce une fois de plus dans l'habit du notable se souciant plus de son "plan com" que d'énoncer un programme clair.
Encore un mec à la DSK bardé de communicants. Déjà qu'il était triste de non engagement durant le débat si en plus il se prend pour une opération marketing, bravo la politique !
Jusqu'à maintenant, et preuve du contraire,
c'est une petite personne qui sort de chez elle,
un dimanche matin, et met son petit bulletin dans l'urne,
après passage dans l'isoloir. Ce n'est ni l'institut de sondage
ni la cellule de trucages qui change l'image de son produit,
ou essaye de le faire, à chaque rotation du vent.
Ce ne devrait pas non plus être le matraquage publicitaire
et propagandiste du nom d'un candidat par la grosse caisse
de résonance du cirque médiatique...
Gare à ce que n'importe quelle affirmation assez répétée
ne devienne pas une vérité comme le nom du candidat
vainqueur en 2007 !
Peut-être qu'en automobile soulever le capot est en passe
de s'effacer devant la marque commerciale et la garantie
pièces et main d'oeuvre ; le choix d'un chef d'Etat
ne mérite-t-il pas un peu plus de soin ?
Quelles sont vos références, Mesdames et Messieurs ?
Recrutablement.
Pendant ce temps aux US, les chercheurs créent des outils pour détecter ce genre de pratique, et le département de la défense s'inquiète d'une telle manipulation de l'opinion...qui mine la confiance dans le système politique :
http://online.wsj.com/article/SB10001424052970204138204576598942105167646.html