Économie

Scandale à la Société Générale?

Temps de lecture : 2 min

«Libération» l'affirme, la banque dément.

Edit 15h: sur son blog, Nicolas Cori répond au démenti de la Société Générale et donne la copie des questions envoyées à la banque et les réponses de celle-ci.

Le journaliste de Libération Nicolas Cori l'annonçait déjà dimanche sur son blog: la Société Générale pourrait être confrontée à une nouvelle affaire Kerviel. La banque aurait déjà perdu «1,2 milliard d'euros de pertes», mais « la facture finale pourrait atteindre les 10 milliards ».

Ce n'est pas un trader isolé qui est mis en cause par le quotidien cette fois mais le département tout entier d'une filiale qui possédait une grande indépendance de fonctionnement, la Société Générale Asset Management (Sgam).

L'article précise bien que «à ce jour, personne n'est accusé d'un quelconque délit. Mais l'histoire de ce désastre financier est jugée comme hautement sensible par les patrons de la Société Générale».

Un département au sein de la filiale de la Sgam, la Sgam Alternative Investments, Sgam AI, aurait à partir de 2005 tout misait sur les fonds monétaires dynamiques, des «actifs toxiques» pour la plupart, jusqu'à 50 milliards d'euros.

Et, pour se couvrir, Sgam AI a créé la Sgam Banque, seulement capitalisée à hauteur de quelques dizaines de millions d'euros. Donc, explique le journaliste, «la filiale de gestions d'actifs garde le risque.» Avant 2007, ce n'est pas la seule société à agir ainsi.

Sauf qu'en août 2007, quand la crise des subprimes éclate, au lieu d'évacuer ses fonds dynamiques, les dirigeants de la Sgam ont pensé qu'elle ne serait que passagère et ont renforcé leur position.

L'effondrement du marché s'aggravant, pour «ne pas se fâcher avec ses gros clients», «l'état-major de la SocGen décide de fermer les fonds, de rembourser les clients et de transférer les actifs à sa banque d'investissement».

Bilan: «Début 2008, la Société Générale devient officiellement propriétaire» d'un paquet de titres pourris évalués à 10,4 milliards d'euros dans les comptes.

Aujourd'hui, le portefeuille ne vaudrait que 5,3 milliards d'euros. «5,1 milliars d'euros sont purement et simplement effacés» mais à l'arrivée avec «une perte seulement de 1,2 milliars d'euros». Un écart que ni la banque ni le journaliste n'arrive à expliquer.

«Au final, selon un analyste cité par le journal, le bilan sera catastrophique. Tout le monde sait bien que les 5,3 milliars d'euros ne valent rien ».

Depuis la Sgam AI va fusionner avec Lyxor, une filiale dépendante de la banque d'investissement. La partie saine de la Sgam Banque, bénéficiaire, va se marier avec le Crédit Agricole Asset Management (Caam), la filiale de gestions d'actifs de la banque verte. Rien que pour la France, « 200 emplois pourraient être supprimés ».

Sur son site Internet, la Société Générale dément. Selon la banque, «Libération fait la confusion entre des pertes et le montant d'actifs transférés en 2008 des OPCVMs de SGAM vers Société Générale. Le montant des actifs transférés, pour assurer la liquidité des fonds dans le respect des porteurs de part, s'est élevé à 11,2 milliards d'euros et a fait par la suite l'objet d'une gestion active visant à réduire cette exposition. Les pertes de SGAM au titre de l'exercice 2008 se sont élevées à 258 millions d'euros après impôt, et sans aucun rapport avec ce que prétend le journaliste».

Lire l'article complet sur Libération.fr et le démenti de la Société Générale

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