Economie

Comment compléter sa retraite

Gilles Bridier, mis à jour le 22.09.2011 à 15 h 09

Les négociations salariales dans les entreprises prennent peu à peu en compte la rémunération globale, qui, au-delà du salaire de base, intègre épargne salariale, participation, intéressement…

Piggy bank with Euro Note / Images_of_Money via FlickrCC License by

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Les Français s’inquiètent pour leur retraite. Les multiples débats et la réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2011 pour repousser progressivement l’âge de départ à 62 ans ont avivé leurs craintes. L’avis rendu début juillet par le Conseil d’orientation des retraites en faveur d’un allongement de deux trimestres de la durée d’activité nécessaire (166 trimestres) pour que la génération née en 1955 obtienne une retraite à taux plein ne peut qu’accroître l’attention portée au sujet.

Selon une enquête CSA réalisée fin 2010 pour le Club de l’épargne salariale, plus de huit salariés sur dix ont des craintes pour leur retraite. Mais plus de quatre sur dix ne se constituent pas pour autant un bas de laine afin de compléter leur pension. Les actifs n’épargnent en moyennent que 7% de leur salaire. Avec les incertitudes qui pèsent sur le montant des retraites, les salariés peuvent être sensibles aux formules de rémunération qui leur permettent de se constituer une épargne.

Epargne salariale

Ainsi, les employeurs sont de plus en plus nombreux à proposer des plans d’épargne salariale. Rien qu’en 2010, le nombre des entreprises qui se sont équipées de ce dispositif a augmenté de 6%, et on en comptait 243.000 à la fin de l’année dernière. Les sommes placées sur des plans d’épargne salariale  augmentent elles aussi: 13 milliards d’euros ont été déposés en 2010,  en hausse de 4,5%. Le montant total des sommes déposées approche 90 milliards d’euros, selon les statistiques de l’Association française de la gestion financière (AFG).

Cette épargne est alimentée notamment par la participation, une formule vieille d’un demi-siècle, qui a représenté 4,1 milliards d’euros en 2010, presqu’autant que les versements volontaires des salariés (4,2 milliards). L’intéressement, dispositif plus individuel que la participation à caractère collectif, intervient pour 3,9 milliards d’euros. L’intérêt pour les salariés provient de l’abondement opéré par les entreprises –c'est-à-dire les sommes versées par les entreprises pour accompagner les placements des salariés– qui a représenté 2,1 milliards d’euros. L’incitation n’est pas négligeable.

D’autant que la participation n’implique plus les contraintes d’antan.

Initialement, les sommes versées étaient bloquées pendant cinq ans. Pour relancer la consommation, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie et des Finances, décida en 2004 d’autoriser le déblocage anticipé des sommes pour relancer la consommation. La mesure fut un succès, si bien que parvenu à l’Elysée et confronté à la crise, il réitéra la mesure sans la limiter dans le temps.

Depuis 2009, les salariés peuvent décider de disposer immédiatement des sommes versées au titre de la participation. Ils doivent toutefois en faire la demande, et perdent le bénéfice de l’exonération d’impôt. Mais s’ils décident d’épargner cette participation, elle peut ensuite être versée sur un Perco, plan d’épargne retraite collectif  qui, du fait de l’abondement, est en partie financé par l’employeur. Ce qui en fait un outil de motivation pour le salarié.

Ouverture syndicale

 Dans ces conditions, les outils qui permettent de se constituer une épargne salariale ou toute autre forme de complément de retraite peuvent entrer dans une négociation entre employeurs et salariés dans le cadre d’un package de rémunération globale ouvert à tous les collaborateurs de l’entreprise. Des sociétés sont spécialisées dans la construction de ces rémunérations globales. Et des syndicats comme la CFDT  sont aujourd’hui ouverts à cette approche, même si le salaire de base reste l’élément déterminant de la négociation salariale.

Un salarié sur quatre en France est concerné par l’épargne salariale. Seules les entreprises de plus de 50 salariés sont tenues d’ouvrir un plan d’épargne entreprise; les plus petites PME, les mutuelles, les associations, les services administratifs n’y sont pas obligés. Toutefois, la démarche peut être volontaire. Par exemple, le mouvement mutualiste y réfléchit, alors qu’il était jusqu’à présent hostile à toute forme d’individualisation de la rémunération. Certaines mutuelles ont déjà franchi le pas.  Et l’Association pour une gestion participative de l'épargne dans l’entreprise et de l'actionnariat salarié a proposé au gouvernement de moderniser la participation pour à la fois la simplifier et l’étendre à de nouveaux bénéficiaires.

Gilles Bridier

Chronique également parue sur Emploiparlonsnet

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