Vers la guerre des cookies

Giuseppe de Martino, mis à jour le 26.04.2009 à 9 h 14

La chronique de Giuseppe de Martino.

Dimanche 19: les premiers servis seront les plus interactifs
Je reçois des centaines de CV par semaine, y compris par vidéo qu’on a vite oubliée, mais celle-là on ne me l’avait pas encore faite : le clip musical en guise de lettre de motivation/cv. Un coup de cœur! A vous de l’embaucher…

Lundi 20: quand le cookie se transforme en pâtisserie française écoeurante
Vous savez tous ce que ce sont les cookies (je ne parle pas des petits gâteaux américains). Si non, Wikipedia nous aide: les cookies sont de petits fichiers textes stockés par le navigateur web sur le disque dur du visiteur d'un site web et qui servent (entre autres) à enregistrer des informations sur le visiteur ou encore sur son parcours dans le site. Le webmaster peut ainsi reconnaître les habitudes d'un visiteur et personnaliser la présentation de son site pour chaque visiteur. Or dans le cadre des discussions sur la directive européenne «e-privacy» (données personnelles électroniques), les autorités françaises (l’exception pâtissière française?) ont introduit une proposition imposant pour l'utilisation de cookies une obligation d’«opt-in» (opt-in = devoir de demander l’autorisation avant d’en mettre en place). Cette proposition me semble inquiétante.

En premier lieu, il n'y a aucun élément justifiant un renversement aussi radical de l'approche «opt-out» (opt out = droit de refuser un cookie) qui a prévalu jusqu'à présent. Cette approche n'a pas été identifiée par le Contrôleur européen de la protection des données (si, si ça existe) comme une problématique nécessitant une initiative aussi radicale, à l'issue de sept ans d’observation et de recueil des pratiques en matière d'utilisation des cookies.

Dans le cadre réglementaire européen actuel, les utilisateurs doivent être informés de l'utilisation des cookies et doivent avoir le droit de «refuser» ces cookies (opt-out). Cette approche a fonctionné et a permis le développement de l'économie numérique que l'on sait. Je n'ai pas connaissance d'étude justifiant une modification de la réglementation actuelle aussi radicale: un revirement à 180° pour imposer un consentement préalable à l’utilisation de cookies.

Un renversement vers une approche basée sur l'«opt-in» constituerait une rupture dans le fonctionnement de l'Internet et nécessiterait de reconcevoir et redéployer une multitude d'applications aujourd'hui largement utilisées et appréciées par les internautes. L’approche «opt-in» avait été soigneusement considérée et débattue en 2002 lors de l'adoption de la directive qui régit cette question, et au final avait été rejetée car irréaliste à mettre en œuvre. Sept ans plus tard, cela paraît encore moins réaliste. Un tel revirement aurait des conséquences considérables.

Aujourd'hui les cookies sont une composante essentielle dans le fonctionnement fluide du Net. Si les cookies ne peuvent être déployés facilement, cela posera un sérieux défi aux sites pour fournir des services rapides et fiables tels qu'attendus par les internautes. Requérir un consentement préalable ou, comme le fait la proposition française, une notification spécifique - pour parler clairement: un pop-up, ces fenêtres intrusives qui vous explosent à la figure ! - et un mécanisme de choix à l'utilisation des cookies pour chaque service et/ou page web perturberait gravement le fonctionnement fluide du Net en nécessitant des actions multiples de l'utilisateur et ralentirait l'accès aux services et contenus en ligne. Tout ceci sans justification.

Les cookies ne doivent pas être confondus avec les «spywares» (logiciels espions) ou les «virus» qui sont illégaux dans la mesure où ils peuvent endommager l’ordinateur de l'utilisateur. La proposition envisagée ne serait naturellement d'aucun effet pour les utilisateurs face à des usages malveillants et illégaux tels que virus et spywares qui n'ont guère le souci de respecter le cadre réglementaire...

La proposition française revient donc concrètement à afficher une sorte de message pop-up pour informer l'utilisateur qu'un cookie a été placé, que ce cookie collecte des données à telle ou telle fin et que l'utilisateur peut refuser ce cookie. Un site web standard aujourd'hui peut utiliser jusqu'à une douzaine de cookies, en particulier s'il intègre des contenus tiers provenant d'autres sites comme c'est de plus en plus le cas avec le web 2.0.

Dans ce scénario tout à fait commun, l'écran de l'utilisateur pourrait être entièrement couvert de messages relatifs à l'utilisation d'un cookie, et l'expérience utilisateur pourrait s'en trouver gravement atteinte. Cette obligation de message intrusif auprès des utilisateurs divergerait nettement des pratiques actuelles où l'information relative aux cookies est fournie dans la charte de protection des données personnelles du responsable de traitement.

Plusieurs méthodes et solutions technologiques innovantes ont vu le jour ces derniers mois en matière de transparence et d’information des utilisateurs — par exemple utilisation de la vidéo — ou en matière de contrôle — par exemple, la facilité d'opt-out. La proposition française n'a fait l'objet d'aucune consultation du secteur. Une manie française ? Mais on ne va pas se laisser faire.

Mardi 21: les agités du bocage 2.0


Je l’ai déjà dit ici: le Parlementaire le plus au fait des enjeux des nouvelles technologies est un Sénateur villiériste. Ça en bouche toujours un coin. Du côté de la Vendée, on considère par ailleurs que le combat de Cadoudal le héros chouan n’a rien à envier à celui de Luke Skywalker. De là à utiliser Star Wars pour flinguer l’Europe, c’est moyen mais ça montre la veine techno-moderniste des villiéristes…

Mercredi 22: mal du siècle
J’aime bien TéléSorbonne, ça donne une image bien positive des étudiants par rapport à celle que l’on a généralement. Bien sûr, ils ne foutent rien à la fac, bien sûr qu’ils ne sont jamais contents mais au moins ils ont l’air de rigoler et ils le font en plus en vidéo…


Jeudi 23: idée du siècle
Précision, les étudiants n’étudient peut être pas mais ils créent et remarquablement bien. Toujours via TéléSorbonne.

Vendredi 25: tragédie du siècle

Encore des étudiants qui réalisent une fausse publicité sur Facebook, le site communautaire désormais incontournable. C’est un peu vrai.

Samedi 25: florilège de blagues

Cette vidéo (bravo 20minutes.fr !) est désormais un must: les bons mots de Frédéric Lefebvre sur Internet mais pas seulement... Mais pourquoi à l’UMP ne laissent ils pas parler leurs députés (pro ou anti Hadopi d’ailleurs) qui maitrisent le sujet ? Ça doit être de la provoc (ou pire ?) mais ça détend le week-end car on se dit qu’on n’est pas prêt de s’ennuyer pendant la semaine…

Giuseppe de Martino
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