Culture

Le dialogue social selon Audiard

Charlotte Duperray, mis à jour le 01.05.2009 à 14 h 57

«Des chômeurs en puissance, le chômage, le chômage et son cortège de misère...»

Au départ, une vidéo passée de boîte mail en boîte mail, comme beaucoup. Mis en ligne en 2007, soit quarante ans après la sortie du film Un idiot à Paris de Serge Korber, dialogue de Michel Audiard, dont elle est tirée, cet extrait montre monsieur Dessertine (Bernard Blier), mandataire en viande, devant  ses employés prêts à faire la grève. Le cultissime scénariste dialoguiste français, Michel Audiard a donné dans de nombreux films, devenus plus ou moins célèbres, sa vision assez particulière du dialogue social et de la politique. Vous serez surpris par certains dialogues, qui ont subi — sans dommage? — l'épreuve du temps depuis les années 1950/1960.

Notre sélection:

Thème: l'Europe et la politique. Le Président d'Henri Verneuil, d'après le roman de Georges Simenon,1961.

«On est gouverné par des lascars, qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis».

Audiard/Gabin, un duo qui fonctionne bien. Gabin, dans le rôle de président du Conseil prononce un discours au sujet de l'Europe du capital. Cette scène mémorable est une des plus longues répliques de l'acteur et une des tirades les plus enflammées du dialoguiste. Extraits:

«Cette Europe qui a l'étrange particularité de vouloir se situer au-delà des mers, c'est-à-dire partout sauf en Europe, car je les connais moi, ces Européens à têtes d'explorateurs». (3mn48)

«Je vous reproche simplement de vous être fait élire sur une liste de gauche et de ne soutenir à l'assemblée que des projets d'inspirations patronales». (5mn25)

Thème: patron et salariés. Un idiot à Paris de Serge Korber,1967.

Monsieur Dessertine, mandataire en viande, s'adresse à ses employés prêts à faire la grève. Le patron s'avère plutôt...dissuasif.

Faire la greve ?

envoyé par misstoukette

Dans ce même film, l'acteur Yves Robert évoque dans une autre scène la situation des HLM. Retour sur les banlieues des années 60. Cinquante ans plus tard, rien ou presque n'a changé...

Thème: position patronale. Les grandes familles de Denys de la Pattelière, 1958.

Face à face entre Gabin et Brasseur. (à partir de 10mn30), qui tentent à leur manière de définir les travailleurs:

«Nous avons d'l'argent tous les deux. Toi, tu représentes le patronat, moi le capitalisme... Nous votons à droite. Toi, c'est pour préserver la famille, moi, c'est pour écraser l'ouvrier... Dix couples chez toi, c'est une réception... chez moi, c'est une partouze!... Et l'lendemain, si nous avons des boutons, toi, c'est le homard, moi, c'est la vérole! (...)»

«Travailler le maître mot, l'explication de tout, voilà 40 ans que tu travailles et que je ne fais rien, que tu gagnes de l'argent et que j'en  dépense, que tu collectionnes les présidences et moi les aventures, vous me haïssez parce que je m'amuse, vous me haïssez et moi je vous emmerde (...)»

 

GRAFAM2

envoyé par Too-buyspeedoo

Le Corps de mon ennemi réalisé par Henri Verneuil, 1976: «On donnait dans le social...On faisait semblant de faire de la charité... Nous ne donnions jamais d'argent car on nous avait prévenu: quand on donne de l'argent aux pauvres, ils le boivent

Comment réussir...quand on est con et pleurnichard? réalisé par Michel Audiard, 1974: «Si t'avais connu les samedis d'autrefois! Quand la paye tombait directement de l'usine au comptoir... Maintenant, elle passe par les pompes à essence, la paye

Thème: la société

Les Tontons flingueurs réalisé par Georges Lautner, 1963:

«J'dis pas que Louis était toujours très social, non, il avait l'esprit de droite. Quand tu parlais augmentation ou vacances, il sortait son flingue avant que t'aies fini, mais il nous a tout de même apporté à tous la sécurité.» Qui ose encore parler aujourd'hui d'augmentation???

«Il y a des grosses sociétés auxquelles on ne s'attaque pas! Ca foutrait des gens au chômage

Thème: la retraite

Les barbouzes de Georges Lautner, 1964:

«La retraite faut la prendre jeune. Faut surtout la prendre vivant. C'est pas dans les moyens de tout le monde

Charlotte Duperray

Crédit photo: site officiel de Michel Audiard

Charlotte Duperray
Charlotte Duperray (13 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte