Se préparer au pire, pour l’éviter
Il faut regarder la réalité en face. La crise bancaire et des finances publiques pourrait nous mener à l’effondrement du système financier, à une grande dépression et à un chômage généralisé.
- Une fissure au Tate Modern, à Londres, en 2007. REUTERS/Luke MacGregor -
Il serait temps, en France, de se préparer au double choc à venir de la crise bancaire et de la crise des finances publiques. Il vient. Il sera là bientôt. Et personne ne réfléchit assez au scénario du pire; comme s’il suffisait, pour le conjurer, de ne pas y penser.
Voici ce que serait son déroulement, en dix étapes:
1. La Grèce, n'ayant plus les moyens de financer ses déficits, arrête de rembourser ses créanciers, de servir une partie de ses retraites, de payer une partie de ses fonctionnaires. Toutes les banques lui ayant prêtées et toutes les entreprises qui lui vendent des armes et autres produits de première nécessité subissent des pertes . La Grèce ne sort pas alors pour autant de la zone euro : aucun traité ne l’y contraint, ni même ne le rend possible ; de plus, nul ne peut forcer les Grecs à convertir les euros qu’ils détiennent en une drachme de moindre valeur.
2. Pour renflouer ce pays, l’eurozone refuse alors d’utiliser les maigres ressources du Fonds de stabilisation Européen, et de créer des eurobonds, ( qui n'ont de sens qu'avec une fiscalité européenne, pour les rembourser, et un contrôle européen des déficits des budgets nationaux , pour éviter d’en faire un mauvais usage) .
3. Faute d’instruments financiers européens suffisants, les autres pays de l’Union abandonnent la Grèce à son sort.
4. Les marchés, c'est-à-dire pour l’essentiel les prêteurs d’Asie et du Moyen-Orient, s’inquiètent de cet abandon et font payer de plus en plus cher leurs capitaux au Portugal, à l’Espagne, à l'Italie .
5. La crise s’étend à la France, quand on réalise que sa situation financière n’est même pas aussi bonne que celle de l’Italie, (dont le budget, hors service de la dette, est en excédent, à la différence de celui de la France), et quand on mesure que ses banques et compagnies d’assurances portent une large part de la dette publique des pays périphériques et détiennent encore massivement des actifs toxiques, sans valeur aujourd’hui.
6. Pour éviter l’effondrement de ces banques, on cherche des actionnaires, privés ou publics. En vain: il faut trouver, pour les seules banques françaises, l’équivalent de 7% du PIB.
7. En panique, la Banque Centrale Européenne consent alors un financement massif à ces banques, réglant une nouvelle fois un problème de solvabilité en fournissant de la liquidité.
8. Horrifiée de ce laxisme, l 'Allemagne sort alors de l'euro et crée un «euro+», selon un plan déjà bien préparé qui, selon une banque suisse, coûte à chaque citoyen allemand entre 6 et 8000 euros la 1ère année, puis 3500 à 4500 annuels.
9. L’explosion de l’Euro révèle alors aux marchés que les banques anglo-saxonnes ne vont pas mieux , parce qu’elles ne se sont pas débarrassées, elles non plus, de leurs produits toxiques et parce que la bulle immobilière n’est plus là pour faire illusion.
10. C’est alors l’effondrement du système financier occidental, une grande dépression, un chômage généralisé, et à terme, la remise en cause, même, de la démocratie.
On n'exorcise pas une telle tragédie en refusant d’y réfléchir. Et puisque les gouvernements ne semblent pas prêts à agir sérieusement pour l’éviter, pourquoi ne pas demander au Parlement européen de se réunir en session extraordinaire, de se déclarer «Assemblée constituante», votant la mise en place d’un véritable fédéralisme budgétaire, dont dépend la survie de tout ce que nous avons construit, depuis que l’Europe a renoncé à la barbarie. Il n’y a pas si longtemps.
Jacques Attali
Cet article a également été publié par L'Express
Mis à jour le 12/09/2011 à 7h35



















































C'est atterrant de voir que les politiques (de droite comme de gauche) sont sourd au signaux d'alarmes. C'est à ce demander si ce n'est pas délibéré.
Après tout, notre actuel gouvernement(français) est bien passé outre un référendum pour mettre en place les actuel règles de fonctionnement européennes (celle-ci qui nous laisse si démuni face à la crise)
D'autre gouvernement européen n'ont pas fait beaucoup mieux...
http://www.enquete-debat.fr/archives/roland-hureaux-lunion-europeenne-vit-aujourdhui-ses-derniers-jours
Dernière chose : il affirme qu’il va nous falloir des hommes/femmes d’Etat pour les mois qui viennent : 100% d’accord, il n'y a rien d'inéluctable VOLONTE POLITIQUE.
"Pour rembourser ses dettes et sortir de la crise, l’Amérique (USA) inonde la planète de ses dollars. Résultat : l'inflation explose partout. La prochaine victime: L'Europe"
"Incapable d'épargner et d'équilibrer ses budgets publiques comme privés, elle ne remboursera jamais ses dettes. Ou plutôt, elle le ferait en monnaie de singe, exportant dans le monde entier sa crise, ses dollars dévalués et une inflation à la mesure de ses déséquilibres. »
« L’Amérique en 2011 a perdu la maitrise de sa finance, de sa monnaie et d’une certain façon d’elle même …. Elle rejette dans l’économie mondiale de milliers e milliards de dollars, qui n’ont plus aucune signification économique »
« Le dollar est notre monnaie et votre problème » comme le rappelé cyniquement John Connally, secrétaire du Trésor sous Nixon en 1971 au moment où les USA reniait ses engagements pris à Bretton Woods en 1944 d’arrimer le dollar à l’or.
« Le dollar est littéralement en train de faire sauter la planète, en créant une inflation à la mesure de l’ardoise qui doit être effacé : 20.000 milliards de dollars ( le tiers de PIB mondial) »
« Un flou inouï de dollars provenant des robinets percés de la FED, des fonds spéculatives de Wall Street et des déficits du Trésor américain, est en effet à mettre nos économies à feu et sang……à ce jours des émeutes de la faim qui on provoqué les révolutions en Tunisie et Egypte, les soulèvements dans le monde arabe, … et demain des troubles encore plus graves en Inde et Chine .. »
« Explosion des prix de matières premières, agricoles et énergétiques, … dans des marchés internationaux où le dollar règne en maitre absolu, les excès de création de monétaire débridée de la FED sont venus se loger. Et grace aux fonds spéculatives de Wall Street , l’effet de levier à joué à plein, catapultant les prix de ces denrées vitales à des niveaux prohibitifs , pour la population mondiale, en particulier pour les 2,5 milliards d’habitants vivant avec moins de 2 dollars par jour. Une aubaine pour Wall Street . Un drame sans nom pour le reste du monde »
« L’objectif de ce livre est d’abord de montrer comment les dollars de la Fed et du Trésor USA , tel un virus, sont venus s’infiltrer dans nos économies , occidentales et émergentes, pour les mettre à genoux et aider l’économie USA à repartir »
QUAND LE DOLLAR NOUS TUE un livre d’ Edouard TETREAU en Ed Grasset 2011 pp 125 9€
Données inflation derniers 12 mois
Inflation Chine (6.6%), Brésil (7.5%) .....
Europe (?? % données pas fiables, certainement pas de l'ordre de 2 % comme dit l’UE et la France)
M. Attali peut bien hurler avec les loups, les moutons ont la rage ... et les subterfuges ont fait long feu.
Les Chinois, les Indiens, les Bréziliens (et les Américains?)ne demanderaient pas mieux de voir la re-fragmentation de l'Europe. On avale mieux les petits morceaux!
Il faut peut être passer par le pire pour avancer ...
Mais la gauche de la gauche, qui prône les nationalisations bancaires afin de ne plus permettre la spéculation et les rémunérations excessives se garde bien de dire qu'elles feraient à nouveau payer le contribuable :
1- pour racheter les parts de capital, même si le cours a fortement baissé. A moins que ce soit à l'euro symbolique si la banque fait faillite (au point que Frédéric Lordon souhaite la faillite des banques, ce qui est vraiment irresponsable), mais alors ceci signifierait que l'Etat va subir les pertes attendues pour cette banque ;
2- faire prendre au contribuable les risques de pertes futures. On a vu ce que cela a donné avec le Crédit Lyonnais (100 milliards de Francs, soit 15 milliards d'euros de perte ;
3- la gestion nationalisée n'est pas meilleure au vu de l'expérience. Le gouvernement Bérégovoy avait incité et même forcé le Crédit Lyonnais à des investissements de soutien, dans les collectivités locales pour faire plaisir aux élus, dans l'acierie pour préserver des emplois qui en fin de compte a été en faillite, dans les affaires de Bernard Tapie avec la SDBO,...
4- une entrée au capital par l'état ne signifie pas être majoritaire. Une part de 20% permet de faire entrer un actionnaire au CA mais pas de peser assez pour les décisions.
Quant à la "mise sous tutelle" des banques par Arnaud Montebourg, sans nationalisation, qu'il nous explique comment il fait au vu de la loi des sociétés. La seule façon de peser est d'avoir une part au capital, majoritaire même pour l'emporter.
Il y a d'autres façon de limiter la spéculation pour compte propre (comme l'a fait Obama avec la loi Dodd Franck), la séparation des banques d'affaires et de dépôts, soustraire la dette souveraine du diktat des marchés et des agences de notation en internalisant son investissement comme au Japon avec le placement des compte d'épargne postaux en bons du trésor, la taxation des rémunérations des bonus, l'interdiction des paradis fiscaux ...
Conclusion en forme d'humour : D'où le paradoxe de la liquidité bancaire : "Moins les banques sont liquides, moins elles sont solides" !
Et pourquoi donc les rembourser ? Presque toute la masse monétaire actuelle vient de la création monétaire faite par les banques au profit des banques. Si l'ensemble des créanciers actuels voulaient rembourser leurs dettes il n'y aurait plus de monnaie en circulation.
Il ne faut donc pas rembourser les eurobonds mais au contraire permettre à la banque européenne de créer de la monnaie qui soit utilisée pour rembourser les dettes, ce qui devraient même pouvoir se faire sans inflations si les banques ne trouvent pas de nouveaux emprunteurs et détruisent donc de la monnaie.
Evidemment un tel scénario serait dans l'intérêt des citoyens mais contre l'intérêt des banques. Je suppose que vous savez tout ça mais que vos intérêts personnels coïncident avec celui des banquiers, n'est-ce pas ?
Bref l'économie ce n'est pas la finance. L'économie ce sont les chose réelles, c'est ce qu'on produit. La finance n'est que l'élément facilitateur des échanges. Ou plutôt la finance devrait être cet élément facilitateur si elle était entre de bonnes mains. Mais elle est détournée pour créer des richesses artificielles qui finissent par s'effondrer en perturbant ce que la finance était censée faciliter.
Il faut que l'Europe, ou à défaut les états qui la composent, reprennent leur droit régalien de battre monnaie et siffle la fin de cette époque de folie !
Il y a une solution simple qui n'est pas indolore mais qui permet de gagner du temps et évite de bloquer le système. Devant la crise, la BCE décide de racheter la dette Grecque, et une grande partie des dettes Europénne en créant massivement du papier qui n'a pas de valeur autre que celui utilisé pour l'imprimer. L'inflation galope, l'euro se casse la figure devant les autres devises et la machine repart pour un tour pourvu que dans le même temps une législation se mette en place pour former un gouvernement économique Européen qui décide non à l'unanimité mais à la majorité +1 du gdp.
On peut donc aussi voir le verre à moitié plein et se dire que l'on a jamais été aussi proche d'une Europe fédérale qui est de toute manière plébiscitée par les 30 ans et moins qui feront l'Europe de demain dans les urnes.
1) Vous confondez valeur et coût. Créer de la monnaie papier ne coûte pas grand chose mais ces billets peuvent avoir une grande valeur. La valeur c'est un élément psychologique.
2) Il n'est pas nécessaire d'imprimer de la monnaie dite fiduciaire pour faire ce que vous proposez. De la monnaie scripturale suffit. En d'autre terme un avis de virement informatique venant de la banque centrale et le tour est joué.
3) Cette opération n'aurait pas d'effet inflationniste. Vous confondez avec une émission de monnaie pour abonder un budget national et déclencher des dépenses supérieures à ce que l’économie réelle pourrait produire. Dans ce que vous proposer, la banque centrale rembourse les banques qui disent merci et rayent de leur compte le fait que la Grèce leur devait de l'argent. La masse monétaire n'augmente donc pas (puisque la rentrée d'argent est compensée par l'annulation de la dette) sauf si la Grèce ou d'autres en profitent pour réemprunter. Il faut donc non seulement rembourser les banques mais aussi leur interdire de prêter indistinctement. Evidemment elles ne vont pas aimer puisque les intérêts vont cesser de rentrer. Mais leur comptes seront en équilibre.
4) Pour créer de l'inflation et donc faire baisser la valeur de l'Euro, il faudrait que la banque centrale crée de la monnaie en faveur des états européens ou de l'Europe elle même. Pourquoi pas. Il y a des avantages et des inconvénients et choisir entre les avantages et les inconvénients est assez subtil. Je m'étonne toujours de ne voir évoquer que les uns ou les autres, mais l'économie consiste d'abord à manipuler les foules, c'est évident.
5) Pour le moment, ce qui s'approche de nous, c'est le renforcement des pouvoirs d'une Europe technocratique sans contrôle démocratique. Pour qu'il y ait démocratie, il faut qu'il y ait dialogue et pour ça il nous manque probablement une langue commune ou au moins des organes d'information de niveau européen.
Un voyageur venu de … Mars, en comparant le portrait à la parole d’Obama ci-dessous: http://www.liberation.fr/economie/01012359556-crise-de-l-euro-sans-solution-obama-estime-que-l-economie-mondiale-restera-affaiblie puis celui de JA avec ses écrits dans slate.fr, doit se demander lequel est plus crédible, lequel dit la vérité, lequel est vraiment intelligent … Nautilus nous dira-t-il son verdict?
C’est sans doute un peu simpliste mais si on considère comme majeur pour une entreprise de présenter des résultats annuel en constant progrès, ce type de fins peut largement justifier ce genre de moyens !