La France du déclin tranquille
Jean Peyrelevade, ancien conseiller du gouvernement de Pierre Mauroy et ancien président du Crédit Lyonnais, livre un constat sans appel: «Nous sommes en train de consommer les derniers restes d'une prospérité passée.»
- REUTERS/Regis Duvignau -
Comment se dessine l'avenir du pays? Une longue décennie de croissance anémique, de chômage persistant, d'horizon bouché pour les jeunes. Une «japonisation». Les élections verront, à Paris comme à Tokyo, les gouvernements valser les uns après les autres, sans que cela ne change jamais rien au lent délitement. Le déclin, dans un climat débilitant de débats dérisoires sur la TVA du parc Astérix ou sur l'heure à laquelle DSK est arrivé chez lui place des Vosges.
Aux yeux d'une majorité de Français et de la classe politique, rien ne paraît encore si grave. La richesse acquise, immense, permet de subsister encore une bonne décennie en ne changeant qu'à la marge. La classe politique croit faire son devoir, elle s'estime même courageuse de faire ce qu'elle peut «vu l'état angoissé de l'opinion». Tout s'abîme, mais tout survit.
D'où l'idée entendue qu'il faut souhaiter une franche récession. Le réveil salutaire viendrait d'un recul du PIB, d'une flambée du chômage, d'une dégringolade du pouvoir d'achat. Enfin les yeux des hommes et des femmes politiques s'ouvriraient sur la réalité. La France au fond du trou, l'heure serait enfin venue de mettre en oeuvre les politiques de redressement.
Le mensonge des délocalisations
Espérons que nous l'éviterons. Il n'y a rien de pire que les politiques du pire. Le populisme qui rôde verrait ses rangs se garnir. C'est aux partis de gouvernement, PS et UMP, de voir la vérité.
Jean Peyrelevade, ancien conseiller du gouvernement de Pierre Mauroy et ancien président du Crédit Lyonnais, la résume dans son dernier livre:
«La France se berce d'illusions [...] son déclin économique n'est malheureusement pas une vue de l'esprit. C'est la réalité brute, dure, incontestable, des faits et des chiffres [...] nous sommes en train de consommer les derniers restes d'une prospérité passée.»
Le mal a trois racines: la dette, la perte de compétitivité et l'Europe.
Des trois, c'est la compétitivité qu'il
place en tête, c'est inédit et c'est salutaire. Le principal motif d'inquiétude
est là, en effet: que produirons-nous dans vingt ans? La France s'est
désindustrialisée plus vite que les autres pays européens, son commerce
extérieur est sur une pente alarmante.
Dans une plaidoirie pour l'industrie, Jean Peyrelevade tord le cou à pas mal d'idées fausses (venues de l'extrême gauche) dont celle des «délocalisations». Des 500.000 emplois directs perdus par l'industrie depuis dix ans, une part «infime» a été déplacée en Chine ou ailleurs. L'essentiel a purement et simplement disparu. Des secteurs entiers sont morts sous les coups de la concurrence internationale et la France a été incapable d'en reconstruire dans les filières nouvelles. Pourquoi?
Parce que la recherche-développement est insuffisante et trop concentrée dans les grands groupes. Parce que l'entreprise reste mal aimée, en particulier l'industrielle. A cause du coût du travail, gonflé depuis les 35 heures. D'impôts et de charges trop lourds: 17% du PIB en France, «soit 6 points de plus que la moyenne européenne». Et, «last but not least», à cause de marges trop faibles qui briment la capacité d'investissement et interdisent d'aller investir à l'exportation.
Réinventer la protection sociale
L'inquiétant dans ce chapitre est de voir combien les idées toutes faites sur l'économie vont à contresens de ce qu'il faudrait. Les entreprises gagneraient trop d'argent? C'est le contraire qui est vrai. Le capital capte trop de valeur ajoutée aux dépens du travail? Faux. Le coût du travail n'est pour rien dans la compétitivité? Bien sûr que si.
Les deux autres volets du livre, dette et Europe, sont moins originaux. On regrettera en particulier que Jean Peyrelevade, qui fait de la dette un «parasite», ne dise mot de la radicale remise en cause de l'Etat providence qu'il faut mettre en place. Il faut réduire les dépenses, mais cela ne suffit pas: il faut réinventer la protection sociale, en fonction des maux d'aujourd'hui (la précarité des emplois) et à destination des nouveaux plus démunis (les femmes seules avec des enfants et les jeunes, par exemple).
Entre la réduction de la dette et le besoin de réarmer l'industrie, il faut déplacer 10 points de PIB en cinq ans vers l'Etat (dette) et vers l'entreprise (par une TVA sociale). Jean Peyrelevade énonce sans fard la conséquence:
«Cela signifie, inutile de la cacher [...], une faible progression de pouvoir d'achat des Français.»
Le prochain président de la République sera celui ou celle de la baisse du pouvoir d'achat.
Eric Le Boucher
Chronique également parue dans Les Echos
Mis à jour le 11/09/2011 à 8h50













































Bonjour
Je ferai juste ce commentaire.
Tous ces donneurs de leçon d'aujourd'hui sont les mêmes qui dirigent les entreprises et les pouvoirs politiques depuis 40 ans; avec les résultats que l'on voit et que l'on subit.
Je crois au contraire que ces "élites" doivent se résoudre à prendre leur retraite et à laisser les nouvelles générations qui ont des idées nouvelles assumer les responsabilités.
C'est la meilleure décision qu'ils devraient prendre immédiatement.
Oui, ces élites sont au pouvoir depuis 40 ans, mais.... Elles n'ont pas fait la politique qu'elles souhaitaient en raison d'une opinion publique qui réclamait toujours plus d'argent, d'allocations avec toujours moins d'efforts à faire .
Vous voulez un exemple ? Sarko avait dit qu'il "casserait" les régimes spéciaux de retraite ( et il en avait réellement envie) .. Et bien, il s'est couché devant des syndicats corporatistes su détriment du plus grand nombre .
Il est certain que si l'on se place dans l'optique du libre échange, il est difficile de lutter sans niveler tout par le bas. Le moins disant social gagnera toujours et le mieux disant financier également.
Avec le libre échange la production se déplace ou les coûts sont les plus bas et les capitaux vont la ou la rentabilité est la plus forte (et l'impôt le plus faible).
Et la France n'est pas la seule concernée. Tous les pays occidentaux sont dans cette situation, USA compris.
Eux même se font prendre au jeu du libre échange qu'ils ont imposé au monde.
Et d'ailleurs ce jeu ne ruine pas tout le monde. Une infime minorité s'est (très) bien enrichie. Peut être devrait elle mettre au pot?
Reste à savoir ensuite quel monde nous voulons. Celui de la concurrence sans limites qui profite à une minorité ou un commerce régulé et équilibré.
Il est temps de changer les règles du jeu.
Ce n'est pas un président de la république qui saura modifier l'état d'esprit des Français. C'est pas une classe politique élitiste qui flingue l'argent public qui saura redonner confiance aux Français. L'autre réalité brute, à part celle, abrutissante, de la "crise de la dette", c'est que les Français sont totalement désabusés par un système en lequel ils ne font plus confiance. A force d'individualités, les leaders ont disparu, et les Français sont laissés à eux-mêmes, spectateurs impuissants de querelles infantiles aux plus hautes sphères d'un état oligarchique soumis, soudoyé, dominé, humilié par des multinationales aux capacités financières titanesques. A moins que les deux parties soient de connivence, ce dont je ne doute quasiment pas.
Alors c'est tout un tas de valeurs qu'il va falloir réapprendre, telles que le partage, la solidarité et l'altruisme. Apprendre à mieux consommer, arrêter d'acheter le dernier truc débile à la mode, enlever nos gosses de la télé, réduire les espaces publicitaires, moins jeter. Alors si quand vous dites "le président sera le président de la baisse du pouvoir d'achat", vous vouliez dire "le président sera celui qui saura redonner sa véritable valeur à l'argent", là je serais d'accord. Mais je doute que cela soit votre avis, et que vous soyez prêt à réduire votre salaire.
Le modèle capitaliste a tout créé. Mais il se sera auto détruit aussi vite qu'une allumette.
Peyrelevade? l'ex-PDG de LCL (le credit lyonnais) relève la tête après avoir ruiné sa banque plus encore qu'on ne l'imagine. Cet homme devrait se cacher et vivre chichement au lieu de se réafficher sans aucune honte! Quant à donner son opinion c'est encore pire: qu'il la garde pour lui. Vous lui faites trop d'honneur Monsieur Le Boucher à lui consacrer ne serait-ce qu'une minute, vous valez bien mieux !
Il me semble que vous êtes fort mal informé au sujet de Peyrelevade.
Je vous invite à lire le livre "Seul face à la justice américaine"
http://www.amazon.fr/Seul-face-justice-am%C3%A9ricaine-Executive/dp/2259204325/ref=sr_1_7?ie=UTF8&qid=1325181947&sr=8-7
et ce bref article de l'Express:
http://www.lexpress.fr/culture/livre/seul-face-a-la-justice-americaine_821576.html
cela remettra vos pendules à l'heure.
Et sur l'affaire du Crédit Lyonnais, vous devriez vous informer également
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Cr%C3%A9dit_lyonnais
La banque était en quasi-faillite en 1993 quand Peyrelevade a accepté d'en reprendre la direction.
Ne racontez pas n'importe quoi...
Votre article est probablement intéressant, mais comme beaucoup de français, de journalistes ou de critiques, vous ne pouvez pas vous empêcher d'utiliser une expression anglaise. Ce n'est pas qu'un détail, c'est aussi le manque de créativité dont font preuve beaucoup d'entre nous. De Gaulle avait un mot pour les français: "Les français sont des veaux". Cet usage immodéré de l'anglais aujourd'hui dans les conversations quotidiennes, à la télé et aux infos donne raison à De Gaulle. Plutôt qu'être créatif avec la langue française, vous préférez, comme beaucoup utiliser l'anglais. Je n'ai rien contre l'anglais, j'ai vécu à Londres, mais je trouve que cette invasion de mots anglais dans notre quotidien en devient ridicule, et montre à quel point les français agissent avec la langue comme ils agissent avec le pays, sans ambition, sans créativité ni esprit de nouveauté. Être juste comme les autres, montrer qu'on parle un peu anglais et être dans le coup. Les anglais eux-mêmes nous trouvent ridicule et trouve absurde cette invasion. Beaucoup me l'ont fait remarquer, et j'étais souvent désolé de leur dire, que beaucoup de ces mêmes français ont beaucoup d'arrogance et de prétention, mais elles ne les poussent pas bien loin, et qu'ils sont souvent là pour se donner un genre, faire le beau mais sans grand projet concret. Panurge se plairait à vivre aujourd'hui en France.
D'abord ce sont toujours les mêmes qui nous ont mis dans ce marasme qui donnent maintenant des leçons de gouvernance et bien entendu en remettant en cause la protection sociale qu'ils ont eux même mis en difficulté à force de protéger des industriels du médicament mais ça ELB oublie totalement volontairement d'en parler. Comme il omet de parler de la remise en cause de la manière dont on travail et en particulier du statut de cdd mais ça ça arrange trop ces industriels gavés d'avantages et de primes indécentes.Repenser le travail et la manière dont on le fait respecter les travailleur voilà une remise en cause de ces privilégiés mais là c'est encore plus difficile. Et bien entendu on ne parle pas des PME de peur de froisser le MEDEF. Pauvre ELB complètement à coté de la plaque.
J'abonde en votre sens.
On parle souvent des grands groupes dirigés par la grande finance, peu des TPE-PME, qui pèsent 80% de l'emploi et dont les contraintes sont très concrètes : un "board" très réduit, une proximité de "management" évidente (clin d'oeil à Elois).
Repenser le travail, la place du travail, les relations sociales, la place de l'humain dans le projet industriel. Mettre fin à cette distance management-terrain. cela n'ira pas sans une refonte totale du cursus de formation et d'enseignement : que faire de 85% de bacheliers si ce n'est des chômeurs à court terme? Ne devrait on pas jeter un coup d'oeil en Allemagne qui sait gérér sa filière apprentissage et qui autorise ainsi aux talents de s'exprimer tout au long des carrières professionnelles?
Pour terminer repenser la répartition de la valeur créée semble pour le moins nécessaire, et éthique - un gros mot sans doute- sans pour autant augmenter le poste salaire des entreprises.
Pendant que le pays cherche désespérément les moyens de sortir de cette crise, vous nous ramenez à l'essentiel - l'utilisation des mots anglais par les Français.
Ce qu'il vous faut sans doute est un "coup d'état" - expression que les anglophones utilisent pour désigner ….coup d'état(!)
Tout comme « hors d'œuvre », « esprit de corps », et « cul de sac » etc.
Peu étonnant donc que les choses vont si mal là-bas.
Cher Peter vous oubliez "rendez-vous" pour Rendes Vous galant.....
@Yann : En effet - mais ça fait tellement longtemps...
Il y a aussi 'force majeure','chef','biscuit', 'chauffeur'. Bref, tout fout le camp chez nous!
Un ancien directeur de banque et un chroniqueur économique associés pour gloser sur le déclin économique de la France.
Déclin économique qui n'a pas empêché la France de contribuer à sauver le système bancaire qui allait droit à la faillite, mais qui, une fois redressé se permet de nouveau d'emprunter à 1% et de prêter aux états à des taux prohibitifs.
Déclin économique qui ne va pas empêcher la France de voter une aide supplémentaire de 15 milliards d'euros à la Grèce. Car ce que cet article oublie de dire c'est que la France n'est plus maîtresse de sa politique économique. Elle est soumise à cette Europe qui ne sait toujours pas si elle croit en elle-même.
Déjà Libération nous apprend que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, se prépare à la faillite de la Grèce, pendant que le ministre néerlandais des Finances, lui, a déclaré : "Si un pays ne souhaite pas satisfaire aux exigences (de la zone euro) alors il n'a pas d'autre option que de la quitter."
Le quotidien Allemand Bild, quant à lui, publie un entretien avec le Commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger qui propose la mise en berne des drapeaux des pays trop endettés au fronton des bâtiments de l'UE et préconise que ces pays abandonnent leur souveraineté budgétaire au profit de l'Union européenne.
C'est dans ce contexte de débandade générale où seule l'Allemagne et ses satellites tirent leur épingle du jeu, que prend place cet article, comme si notre avenir économique n'était pas lié à ceux des autres pays d'Europe et parmi ceux-ci, tous ceux chez qui les choses vont encore plus mal que chez nous.
Seulement, les nouvelles générations on les voit quasiment chaque année durant des jours et des jours sur le pavé pour refuser toute évolution. Elles ne me donnent pas confiance, trop habituées au confort, au moindre effort (RTT sacrées !).
il va boire jusqu'au calice les fautes d'haberer, dans l'esprit des gens c'est bonnet blanc... c'est injuste. Peyrelevade , me semble t il a sauvé le CL d'une faillite qui en son temps n'avait rien d'anecdotique.
Sur le fond de l'article d'Eric leboucher je suis d'accord sur toute la ligne,sauf à considèrer que nos élites sont bien frileuses et qu'il nous faudrait une bonne cinquantaine de Peyrelevade pour que les choses commencent à bouger.
Alors Messieurs,montrez que vous n'avez pas fait l'X pour faire plaisir à votre belle mère, réagissez !
Il faut se rendre compte qu'aujourd'hui nous sommes face à une crise de modèle économique , l' ensemble de notre système d'échange ne produit pas assez de richesses pour employer tous et chacun de manière équitable . Il faut être clair , la grande distribution française est la principale source de destruction d'emplois que ce soit dans l'agriculture , dans le commerce où encore l'industrie , ses méthode de management à la pression ne permettent pas ou peu l'absorption du coût de l'innovation. J' en veux pour exemple une étude récente des marges opérationnelles nettes de certains fournisseurs du groupe pour lequel je travaille et qui systématiquement lui vendent soit en marge nulle soit à perte de par les frais connexes des opérations (transports , validations en laboratoire non prise en compte dans le CMUP) . Il est donc patent que la grande partie des distributeurs actuels opèrent de manière concertée on non à l'étranglement par le moins disant social et le moins disant qualitatif , on veut faire croire que la Grande Distribution à la Française est créatrice d'emplois ,c'est faux ! Pour dix emplois industriels détruit la GD crée un emploi.
Certains parlent de remise en cause du système de libre échange , soit mais à part la mise en place d'un protectionnisme de grande ampleur les résultats sont plus qu'incertains. Par contre la mise en place de droits anti-dumping , l'interdiction effective de la vente nette à perte , l'interdiction des pénalités en place , et l'interdiction des surfaces commerciales de plus de 1000 Mètres carrés accueillant le public sont autant de moyen de couper court à la surexploitation et la mise en concurrence déloyale de l' agriculture française , d'une grande partie de l'industrie et des services.
L'ensemble de ses mesures pourrait à terme détricoter une bonne partie des situations de pertes d'emplois net que nous connaissons depuis plus de 10 ans . L'optique est créer une plateforme permettant de :
1) Recréer une partie des emplois dans la distribution amont.
2) De rétablir une fenêtre de création industrielle. De revivifier les centres villes , les marchés , certes on pourra s' attendre à une modification des prix et une réduction du pouvoir d' achat mais moindre que celle que la GD à généré en final ces dernières années.
3) De créer un nouveau point de recettes fiscales et sociales.
Il faut concevoir un modèle plus long pour faire face à une crise d'un système malheureusement à la vue courte , cette nécessaire revitalisation ne passera pas sans douleur mais permettra de faire face aux mutations des modèles économiques . Quand on regarde le déficit commercial US , on doit comprendre que la France vit actuellement dans un système à la "Walmart" sans toutefois avoir mis en place des relais de croissance forts , les relais US s'étant eux même externalisés les USA ont été en perte nettes d' emplois qualifiés et en perte nette sur leurs échanges commerciaux hors produits financiers.
Sortons du Modèle WallMart et cherchons une quincaillerie locale vous serez surpris de l'ampleur de la désertification commerciale qui à eu lieu ces dernières années , cherchons un simple droguiste et vous verrez là aussi le vide créé par une concurrence en faveur du moins disant qualitatif.
La France en terme de fiscalité n'est certes pas un paradis et encore moins en terme social (paperasserie , système centralisé pour le plus grand bien de Paris), une grande partie du système fiscal en place doit malheureusement rester tel quel pour réduire les déficits acquis , puis une fois l' ardoise réglée il sera grand temps d' opérer une mutation du système fiscale mais seulement après que la dette du pays soit maîtrisée .
Par contre une révision complète du système de niches fiscales ne serait pas superflue dans le sens où l'impôt , tel qu'il existe aujourd'hui n'est plus ni juste ni égalitaire. Encore une fois le pouvoir politique en place reste muet de peur des élections , de la perte de son siège etc... mais il faut se rendre compte que le système actuel n'est pas tenable .
Pour ce qui est du MEDEF et compagnie ne comptez pas que cette tendance soit majoritaire dans l'ensemble du patronnât (loin de là) , les primes dont certains parlent ne sont pas si importantes que vous le pensez et sont souvent le fait des régions et des départements qui se livrent une concurrence sans merci pour séduire les investisseurs éventuels.
Mais à moins d'une crise politique majeure on ne pourra envisager de mettre en application tout ce que je vient de mentionner ci dessus , car ce sera seulement à cette condition que notre classe politique daignera prendre les mesures qui s'imposent. Il n'est pas nécessaire de sortir de l'Euro pour que tout ce qui est mentionné ci dessus puisse à terme recréer des emplois et une véritable mobilité sociale.
On peut crier haro sur Mr Peyrelevade, ce n'est pas parce qu'il a des tords dans la gestion du Credit Lyonnais que tout ce qu'il dit est faux.
Le déclin de la France est un marronnier. Malheureusement, notre pays a vécu sur ses acquis depuis fort longtemps, ratant trains sur trains de la mondialisation, des réformes nécessaires et nous glorifiant sans cesse de notre grandeur passée.
Il ne s'agit pas de se poser la question du pourquoi (quoique ... ) mais plutôt celle du comment. Cette question que nos politiques dirigeants (Ps - Ump) occultent parce qu'elle remet en cause les acquis et leurs avantages, l'ordre établi ou tout simplement permet de gérer dans une relative facilité en s'assurant les réelections.
Des élites poussent avec des idées neuves mais sont étouffées, des chefs d'entreprise jeunes ou moins jeunes développent leurs affaires avec talent mais ne sont pas accompagnés, des fonctionnaires tentent de faire évoluer le machin mais sont bloqués par la machine.
Trop d'immobilisme, trop d'élites institutionnalisées, trop d'avantages pour les très grosses entreprises qui étouffent les petites, trop, trop trop. En d'autres temps, on riait d'un gars qui voulait dégraisser un mammouth ou de François de Closet qui criait "toujours plus".
Alors qu'un vrai changement de société s'impose, nos dirigeants font par petites touches des reformes qui prennent une éternité pour ne pas brusquer, ne pas déranger, faire que ça ne se voit pas pour ne pas réveiller le gaulois qui pourrait râler.
Personne ne se demande si le gaulois, il n'a pas envie d'être secoué, d'être mis en face des vraies réalités et qu'on lui demande de participer à un vrai projet, honnête mais ambitieux qui changerait durablement notre belle société en la ressoudant et en l'adaptant au monde actuel.
Discours sans doute un brin naif ou tout simplement, rêve d'ambition.
Nos élites sont devenues hallucinantes, elles reconnaissent enfin leur incompétence et nous demandent gentiment d'en accepter les conséquences, c'est-à-dire la pauvreté. La propagande européiste change très légèrement de nature, nous passons d'une utopie à rien moins que l'asservissement. Des gens normaux devraient rejeter ces élites délirantes. Nous saurons bientôt si nous ne sommes plus qu'un troupeau de moutons passifs attendant l'abattoir ou encore des êtres humains. Dans ce dernier cas, l'alliance de Marine Le Pen et de la droite souverainiste, si celle-ci parvient à exister, devrait faire d'excellents scores en 2012. Nous devrions assister à une démolition en règle de l'UMP avant même les législatives et une nouvelle droite anti-européenne devrait s'opposer frontalement au PS, premier responsable du désastre actuel, avec des chances de succés.
Manque de réalisme, laxisme, naïveté ont remplacé la devise de la République. Cela fait maintenant plus de trente ans que la France s'enlise malgré les changements de gouvernemements qu'ils furent de droite ou de gauche.
... ce n'est pas forcément convaincant ! Qu'a t-il fait dans ce sens "en son temps" ??? J'ai plus le souvenir de "sales histoires" ...
Bravo pour votre article. Ce qui m'étonne toujours, c'est de voir certaines réactions. Ceux qui s'y opposent le font par credo idéologique (en gros les patrons sont des salauds à taxer), ou pour des raisons de personne (vous n'êtes pas crédible, Peyrelevade non plus).
Juste pour info, Peyrelevade n'est pas à l'origine des problèmes du Crédit Lyonnais.
Bref les français ne veulent pas croire à cette triple évidence :
- perte de compétitivité
- dépenses publiques trop lourdes
- dette insupportable.
Toutes les démonstrations économiques n'y changeront rien pour beaucoup, et je crains que ce ne soit la majorité.
Une remarque, on ne pourra pas rester en stagnation 10 ans comme le Japon avec des dettes qui s'accroissent. En effet, la dette du Japon est interne, et surtout, le pays reste très compétitif, avec un fort excédent commercial, et peu de chômage.
Je suis donc de ceux qui croient que c'est le FMI qui forcera un gouvernement futur à prendre les mesures de survie, comme en Grèce.
On vit sur les acquis des trente glorieuses en effet.
Mais par contre, cette période n'a rien avoir avec les préconisations néolibérales de ce texte de Peyrelevade.
Les trente glorieuses furent une periode ou la finance était solidement régulée.
Une periode ou les salaires étaient indexés sur l'inflation.
(Donc non Mr Peyrelevade. Le salaire n'est pas l'ennemi de la croissance. Quand les gens comme vous auront compris que pour vendre il faut bien que des gens puissent acheter on aura fait du chemin).
Ou le commerce international était modéré.
Ou l'Etat français ne s'endettait pas auprès des banques privées.
Ceci est très important il faut le preciser sinon on ne comprends pas la crise économique actuelle.
J'aurais tendance à penser la même chose que iindie: on ne peut qu'établir un parallèle entre l'influence grandissante de la grande distribution et la hausse des importations chinoises. Mais j'aurais tendance à penser que la vente à distance a aussi contribué au phénomène sur les secteurs non alimentaires.
Il y a un autre point cependant que l'article ignore : sous prétexte que ce furent les valeurs revendiquées par Vichy, on a considéré le travail, la famille ou la patrie comme des tabous. C'est une erreur majeure. Le travail, la famille et la patrie étaient, en quelque sorte, un fin en soi, sous Vichy. Il était possible de redonner à ces valeurs leur vrai sens en rappelant qu'elles ne sont pas une fin, elle sont un socle sur lequel une civilisation peut s'appuyer pour bâtir des ambitions, construire son avenir. Ces valeurs ne sont pas l'horizon, elles sont le point de départ. Elles sont la terre sur laquelle est l'home qui regarde à l'horizon.
De ce point de vue, la gauche à fait fausse-route et la droite a été incapable de montrer à quel point la gauche se fourvoyait, se trompait de cible. Comment donner aux jeunes un avenir si les seuls valeurs se réduisent à une seule : consommer. Avoir au lieu d'être... 30 ans de politique et de vision pathétique et totale perte de sens de ce que signifie spiritualité... terme abusivement confondu avec celui de religion, autrement dit, de dogme, en clair, de diktat. Les ravages de la pensée unique...
Pauvre France...
Sans compter la politique immobilière qui a toujours privilégié les déjà propriétaires, les personnes déjà avantagées au détriment de ceux qui ne peuvent qu'être locataires... A rajouter aux niches fiscales...Cela fait beaucoup... Trop...
Marine pose de bonnes questions, mais personne n'apporte, jusqu'à présent, les bonnes réponses... De gauche ou de droite, on a droit qu'à un conservatisme frileux. Aucun parti n'est progressiste, aucun parti n'innove... vieux réflexes, d'un vieux pays... de papy boom... Avoir pour seul horizon un immigrationisme béat guidé par un droit-de-l'hommisme raide, quelle pauvreté...
Les notions de "respect", de "solidarité", de "coopération" ont été bâillonnés au profit de la "tolérance" (notion bien plus creuse que le respect ou la solidarité), des "loisirs", de la "consommation" (il suffit de voir l'utilisation de ces termes). Quant à la générosité... elle semble avoir été oubliée au profit de la "bonne conscience", autrement dit d'une simulation, d'une hypocrisie...
Ne jouons pas sur les mots :
"Des 500.000 emplois directs perdus par l'industrie depuis dix ans, une part «infime» a été déplacée en Chine ou ailleurs. L'essentiel a purement et simplement disparu. Des secteurs entiers sont morts sous les coups de la concurrence internationale"
Si ces secteurs sont morts sous les coups de la concurrence internationale, alors peu importe que la délocalisation des emplois soit ou non enregistrée comme telle dans les livres de compte : il s'agit bien du même phénomène économique.
"A cause du coût du travail, gonflé depuis les 35 heures" Parce que le déclin de notre industrie était moins rapide avant les 35 heures peut-être ?
"D'impôts et de charges trop lourds: 17% du PIB en France, «soit 6 points de plus que la moyenne européenne» Comment se fait-il alors que la vitesse de notre déclin reste dans la moyenne européenne ?
"Le coût du travail n'est pour rien dans la compétitivité? Bien sûr que si" Si la compétitivité consiste à baisser encore et encore les salaires, je ne vois pas l'intérêt d'être compétitif : il vaudrait cent fois mieux ériger des barrières protectionnistes, sacrifier la compétitivité et sauver le peuple français.
"«Cela signifie, inutile de la cacher [...], une faible progression de pouvoir d'achat des Français.»
Une progression, même faible, ce serait déjà mieux que la baisse continuelle du pouvoir d'achat que doivent encaisser les français depuis des années.
Mais comment se fait il que je n'y crois pas ?
Oui @recap59
C’est un tour de passe passe auquel se livre le journaliste. L’activité perdue n’a pas disparu, elle s’est bien recréée ailleurs et notamment en Asie. Il y a donc bien eu relocalisation des emplois industriels donc délocalisations de France. Le capital lui a fui l’industrie d’où l’absence d’investissement dans des filières nouvelles.
Ce ne sont pas les ouvriers qui n’aiment pas l’industrie c’est l’élite et les financiers. Les ouvriers ne demanderaient qu’à avoir du travail. C’est eux qui subissent en premier lieu les délocalisations.
Bonjour
Les RTT n'ont pas été inventes par la génération actuelle. C'est DSK et Martine Aubry qui en sont les créateurs via les 35 heures. Des politiques au pouvoir depuis des années!
Ne faites pas de procès d'intention aux nouvelles générations. Mais il faut aussi se mettre a leur place: de cdd en cdd, de stages en stages, elles ne voit pas d'horizon clair.
Je maintien qu'il faut que tous ces donneurs de leçons comme Peyrlevade doivent passer la main et cela vaut aussi pour la droite actuelle.
Il nous faut un nouveau modèle économique que seule la nouvelle génération pourra determinet.
Par ailleurs, depuis 30/40 ans les apôtres du libéralisme pousse a l'extreme nous ont explique que le marche pouvait s'auto réguler. La preuve est faite que c'est une ineptie.
Les multinationales supranationales ont crée elles mêmes le déclin des pays occidentaux. Pourquoi? Tout simplement parce que leur seul et unique objectif consiste a faire de plus en plus de profit au détriment de tout et de tous. Aujourd'hui elles sont même prêtes a vendre leurs brevets aux Chinois pour avoir un accès a ce marche.
Que tous ceux qui imaginent dans les pays occidentaux que les Chinois se préoccupent du bien être du monde ouvrent un peu les yeux. Avec la complicité des multinationales ils organisent notre déclin.
Que Peyrelavde atterrisse !
Souvenons des discours qui disaient : " aux occidentaux les productions a haute valeur ajoutée et aux pays émergents la production des T shifts". comme si les émergents étaient moins intelligents que les occidentaux!
Ces discours étaient tenus par l'élite dont fait partie Peyrelade.
Croyez moi ces donneurs de leçons doivent partir.
mais quel est le pouvoir des politiques a l'heure actuelle ?
pourquoi toujours tout attendre du "papa" et ne pas se prendre en main ...... les politiques sont coincés entre administration react et le monde financier omnipotent ....
Les enfants peuvent parfois être très déstabilisants, en nous posant des questions fondamentales, du genre "Comment fait-on les bébés ?"
Je me situerai donc à ce niveau : "Pourquoi faudrait-il baisser drastiquement le niveau de vie de la population d'un pays, dont le PIB n'a jamais évolué négativement, de façon prolongée, depuis des décennies ?"
Cet article ne ferait-il partie que de la longue campagne d'accroissement des inégalités, voulue par Reagan-Thatcher, elle aussi, depuis des décennies ?
Eric le Boucher signe ici la fin de l'Union européenne. 99 pour cent des Français attachent infiniment plus d'importance à l'argent qu'à la construction européenne. Celle-ci n'est qu'un conformisme dont on sort essentiellement par la pauvreté. L'argent et non l'Europe est le critère essentiel du vote. L'émergence de Marine Le Pen, l'augmentation de la pauvreté de 2007 à 2012 et la certitude de son aggravation vont provoquer un bouleversement politique l'année prochaine puisque le gros bloc qui proposera la lutte contre le chômage et la misère est anti-européen.
La gauche républicaine devrait disparaître dans la tourmente parce que les classes moyennes ont complètement abandonné les classes populaires. Les ingénieurs, les chercheurs, les cadres du privé ont aujourd'hui un intérêt commun avec les ouvriers et les employés et peuvent assez facilement faire un bout de chemin politique ensemble. La gauche, c'est-à-dire les fonctionnaires de catégorie B, en est presque incapable. Elle pourrait promettre un service public de qualité mais sans la réindustrialisation, elle n'en aura pas les moyens.
Si l'Europe veut poursuivre son chemin dans l'indifférence ou la passivité des Français, elle doit fournir l'essentiel, l'argent.
Les 35 heures ont 13 ans! Si erreur il devrait y avoir aujourd’hui, c'est de ne pas y avoir mis un terme. Certes c'était une mauvaise loi, mais la droite a eu 10 ans pour l'abroger. Aujourd’hui c’est l’état qui en paie le coût pour les entreprises.Celles-ci ne veulent pas de leurs suppressions . Qui croire? Pourquoi Sarkozy n’y a t-il pas mis fin?