Société

Paroles de jeunes face à l'emploi

Temps de lecture : 2 min

Les économistes les appellent «les nouveaux entrants». Ils sont jeunes diplômés et arrivent sur le marché du travail, démunis. Le Monde a interrogé certains d'entre eux: échantillon d'une génération en difficulté. En un an, le chômage des jeunes a augmenté de 32%, une progression deux fois plus rapide que le reste de la population.

Laetitia 28 ans, a suivi une formation à l'école supérieure de commerce de Saint-Etienne. Elle rappelle: «on nous disait qu'avec notre formation, on aurait pas de problèmes. Ils nous donnaient même des fourchettes de rémunération». Bilan, faute de mieux, Laetitia est retournée vivre chez ses parents pour travailler dans l'hôtel-restaurant de son père.

Martial a 22 ans, depuis le mois de février, il est au chômage. Il est inscrit dans toutes les boîtes intérim de la région, sans succès. Sa recherche est d'autant plus compliquée, qu'il a arrêté l'école en classe de seconde et enchaîné les petits boulots.

Raphaëlle a 24 ans, «mon diplôme était un master professionnalisant, avec un stage à la fin, donc censé être positif. Mais pour les employeurs, j'ai réalisé que ce n'était pas considéré comme de l'expérience». Les agences d'intérim ont refusé de prendre son CV, «en disant, explique-t-elle, qu'on était surdiplômées, qu'ils avaient déjà trop de monde et pas assez d'offres». Aujourd'hui, elle prépare le concours de journalisme de l'école de Lille.

Oui, la crise touche même les hauts diplômés. Alain-Richard est sorti de Sciences Po en novembre 2008 et pour lui c'est la même galère: «Aujourd'hui, la plupart des entreprises ont gelé les recrutements des jeunes diplômés, et quand il y a une annonce, au lieu d'être 50 à postuler, on est 300.»

Des jeunes aux formations différentes qui se retrouvent solidaires face à une dure réalité; un marché de l'emploi saturé, quel que soit son niveau d'études. Nicolas Sarkozy présente vendredi 24 avril, un plan d'urgence pour les jeunes.

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