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- Par Christopher Hitchens
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Christopher Hitchens est chroniqueur à Vanity Fair et journaliste associé à la Hoover Institution de Stanford, Californie.
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Christopher Hitchens
Christopher Hitchens est chroniqueur à Vanity Fair et journaliste associé à la Hoover Institution de Stanford, Californie.
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Ankara n'a pas sa place en Europe
Les turpitudes turques lors du sommet de l'OTAN démontrent que ce pays n'a pas sa place dans l'Union Européenne.
La nouvelle la plus mésestimée du mois est certainement l'annonce faite par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qu'il n'était plus partisan de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Ses raisons, simples et parfaitement compréhensibles, devraient amener Obama à réfléchir sur la diplomatie conciliante qu'il entend exercer.
Au sommet de l'OTAN qui s'est déroulé à Strasbourg au début du mois d'avril, l'approbation d'Anders Fogh Rasmussen, premier ministre du Danemark, comme nouveau secrétaire général de l'Alliance, ne devait être qu'une formalité. Jusqu'à ce que la délégation turque menace soudainement d'y opposer son veto.
Cette opposition était fort révélatrice. Tout d'abord, elle renvoyait à la publication, dans des journaux danois, de caricatures controversées de Mahomet, en 2005. Malgré l'appel à la violence et au boycott lancé contre son pays, et l'intercession d'une délégation d'ambassadeurs de pays dits «islamiques», Rasmussen n'avait pas cédé: la loi danoise ne l'autorisait pas à intervenir dans les affaires de la presse. Des années plus tard, poussée par la rancœur, la Turquie, qui selon sa constitution, n'est pas un État «islamique», a profité de cette réunion pour s'immiscer de nouveau dans les affaires intérieures d'un pays membre de l'OTAN.
La Turquie justifiait son opposition à cette nomination par un autre motif, tout aussi éloquent: depuis le Danemark est émise une chaîne de télévision en langue kurde destinée aux Kurdes de Turquie et d'autres pays. Le gouvernement d'Ankara, qui pense visiblement que tous les pays européens sont aussi décomplexés que lui, insiste pour que le Danemark fasse ce qu'il ferait, à savoir interdire cette chaîne. Si, comme le soutient Ankara, celle-ci offre une tribune au terrorisme, il existe des procédures à suivre dans ces cas-là . Mais, toujours aussi flottantes sur les notions de société ouverte et de prévalence des lois, les autorités turques exigent tout simplement qu'on se plie à leur volonté.
Comme Kouchner l'a fait remarquer dans une interview, ce manège entraîne de sérieuses conséquences : «J'ai été très choqué par cette forme de pression exercée sur nous. (...) L'évolution de la Turquie dans le sens, disons, d'une religion plus renforcée, d'une laïcité moins affirmée, m'inquiète.» Et le vocabulaire du ministre restait pour le moins diplomatique. Le problème ne se limite pas à un parti politique turc qui tenterait de saper la laïcité historique de son pays. Le problème est que la Turquie cherche à imposer sa politique islamiste et nationaliste à un État européen et, en l'espèce, à toute l'Alliance atlantique. Si telle est sa façon d'agir alors qu'elle ne fait pas partie de l'Union Européenne (UE), on imagine ce que cela donnerait si elle y détenait un droit de veto.
À titre de comparaison, il suffit d'observer l'attitude de l'Allemagne fédérale, aujourd'hui moteur économique le plus puissant d'Europe. Après la réunification et une mise à niveau douloureuse, qui est passée par l'abandon du deutsche mark et l'adoption de l'euro, le pays a tourné le dos à l'idée d'une Europe germanisée pour embrasser celle d'une Allemagne européanisée. Avec la Turquie, il semble que ce soit l'inverse. Non contente d'occuper le tiers du territoire d'un pays membre de l'UE (Chypre), elle se sert maintenant de l'OTAN pour tyranniser l'un de ses plus petits membres, avec lequel elle est censée assurer la défense commune de l'Alliance. Pour faire cependant bonne figure, elle cultive l'ambiguïté quant à la reconnaissance du peuple kurde à l'intérieur de ses frontières.
Obama a su faire jouer ses vertus apaisantes lors de ce sommet, puisqu'il a finalement convaincu les Turcs de renoncer à bloquer la nomination de Rasmussen. Si l'on ignore la teneur exacte du marché passé, plusieurs postes clés ont été accordés à des Turcs au sein de l'Alliance. Mais le plus important reste le revirement du ministre français des Affaires étrangères : «Ce n'est pas aux Américains de décider qui entre en Europe ou pas. Nous sommes patrons chez nous.» Autrement dit, la «diplomatie conciliante» d'Obama est parvenue à assagir temporairement les Turcs, mais en s'aliénant, peut-être pour longtemps, la bonne volonté française, et en desservant l'objectif américain de voir la Turquie adhérer un jour à l'Union européenne. Voilà ce qu'a obtenu l'administration qui a tant misé sur la restauration de la légitimité américaine de l'autre côté de l'Atlantique. Apparemment, douceur et conciliation n'y suffiront pas.
Jusqu'à présent, j'étais partagé sur la question de l'adhésion turque. D'un côté, l'entrée dans l'Union européenne pourrait encourager la modernisation du pays, tandis que l'exclusion risquerait d'alimenter ressentiment et animosité, voire de favoriser la résurgence d'un régime militaire nostalgique d'Atatürk. De l'autre côté, l'adhésion placerait l'Europe aux frontières de l'Iran, de l'Irak et du bouillonnant Caucase, et la Turquie, de fameux «pont» entre l'Orient et l'Occident, en deviendrait le tunnel.
Ce qui s'est passé à Strasbourg lève tous les doutes et a le grand mérite de nous avoir prévenus à temps. La Turquie veut tous les privilèges de l'appartenance à l'OTAN et à l'Union européenne, sans renoncer à occuper Chypre, à bafouer les droits des Kurdes et à mentir sur le génocide arménien. Elle voudrait en prime se faire le héraut de l'islamisation en Occident, et elle ose faire perdre son temps à une alliance militaire en cherchant à censurer les médias d'un État membre !
Kouchner a eu parfaitement raison de se prononcer comme il l'a fait. Les autorités turques pourront à présent imputer l'échec de leur candidature non plus aux incessants complots ourdis par leurs ennemis, mais au réveil tardif de leurs anciens amis.
Christopher Hitchens
Article traduit par Chloé Leleu
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Comments
Le réveil des Américains
Enfin la presse américaine, à moins qu'il ne s'agisse que de Slate.com, puisqu'on ne nous précise pas l'origine de cet article, semble comprendre qu'il ne va pas de soi que la Turquie adhère à l'U.E.
Pour ce qui concerne les élections européennes en France, le premier qui se dit pour cette adhésion est mort. Tous les partis ont payé cher cette velléité dans le passé.
Mais pourquoi écrire : "...l'entrée dans l'Union européenne pourrait encourager la modernisation du pays, tandis que l'exclusion risquerait d'alimenter ressentiment et animosité..." ?
Pour qu'il y ait exclusion, il faudrait d'abord qu'il y ait eu adhésion. Est-ce que vous insinuez que l'adhésion de la Turquie à l'U.E. a déjà été entérinée d'une manière ou d'une autre, à l'insu des peuples européens ?
Ou bien doit-on en conclure que vous pensez que tous les pays qui ne font pas partie de l'U.E., Ã commencer par les Etats-Unis, sont des exclus ?
Marianne Arnaud
La Turquie et l'EU - un test pour l'occident
Est-ce un hasard que tous les pays membres de l'UE soient de culture chrétienne? On entend tous les arguments contre l'entrée de la Turquie dans l'EU - trop pauvre, trop grand, pas assez démocratique, géographiquement en dehors pour la plupart de l'Europe. Tous ces arguments ne manquent pas de fondement. Mais soyons honnête, la vraie raison est que la Turquie est musulmane. Personne n'a soulevé la moindre critique contre l'entrée de pays aussi peu méritants que la Bulgarie ou la Roumanie sans parler du Chypre qui n'ont respecté aucuns de leurs engagements par la suite. Il vaudrait mieux confronter la réalité de cette opposition 'religieuse' de face et trouver les solutions qui s'imposent. Voulons-nous un Europe limité aux seuls 'chrétiens', quelque soient leurs mérites ou démérites? Si oui il faut accepter les conséquences : une animosité justifiée des pays mulsulmans, sans parler des fortes minorités non - chrétiens dans certain pays de l'EU, et le risque d'un terrorisme accrue, l'incompréhension de grands pays non-chrétiens come l'Inde et la Chine et surtout la volée en éclats de l'image de justice sociale et de l'humanism que jusqu'à maintenant, malgré tous ses inconvènients l'Europe a su préserver. La Turquie moderne veut être en Europe. Quelle chance pour tout le monde! Attaturk doit sourir quelque part! Mais pour l'Europe, face à l'opinion mondiale, c'est un test à ne pas râter.
Peter Wright
La Turquie n'est plus un enjeu européen
Il est temps de cesser les anathèmes et de considérer que ceux qui sont opposés à l'entrée de la Turquie dans l'Europe sont des xénophobes, des islamophobes, des extrémistes. Regardons les choses en face: la Turquie actuelle ne défend pas les idées communes aux européens sur les droits de l'homme, sur l'équilibre des pouvoirs dans un pays, sur les rapports internationaux. Dans ces conditions, on voit mal ce qui peut justifier une demande d'adhésion à l'U.E. Les États-Unis ont intérêt à soutenir un allié essentiel pour eux dans le Proche-Orient, mais ne peuvent en aucune façon dicter leur politique à l'Europe et il est fondamental que Kouchner l'ait rappelé. Il devient de plus en plus évident que l'Europe ne sera solide que si elle met en avant des convictions fortes et sans compromissions.
Cordiales salutations,
jHenry44
un test pour l'occident?
le jugement précédent, un peu primaire, qui conteste le choix des racines chrétiennes de l'Europe, oublie aussi que l'Europe est un continent et que la Turquie est essentiellement un pays d'Asie Mineure; quand à l'argument qui assimile ce rejet"religieux" de l'adhésuion de la Turquie à une forme d'arrogance anti-humaniste et un appel au terrorisme, il est tout simplement inacceptable!!
dest
Mais oui. Un test pour l'occident!
Obama, lui, l'a compris. Le cas de la Turquie est un test pour l'EU et pour l'occident - et une opportunité. Suggèrer que le president US ne fait que défendre 'un allié essentiel pour eux' est naif est paroissien. Ne serions-nous donc pas concernés, nous aussi, par la tension occident-moyen orient (lire 'chrétien-mulsulman')? Et est-ce 'primaire' de suggèrer qu'un pays qui a un pied géographique en Europe, et surtout une volonté affichée depuis Attaturk de faire partie de notre communauté mérite au moins autant de considération que, par exemple, les îls de Chypre ou de Malte? Serions-nous aussi émus par la candidature d'un Iceland par exemple? Le colère qui semble provoquer la question de l'entrée de la Turquie dans l'EU dit long sur les motivations cachées de certains.
Peter Wright
Motivations cachees
On peut avoir des motivations cachees qu'on soit pour ou contre l'adhesion de la Turquie.
Votre condamnation des nouveaux opposants (Kouchner) a l'adhesion de la Turquie est irrationnelle (est ce que Mr Kouchner est devenu soudain un opposant de la religion musulmane?...) car elle ne s'adresse pas aux raisons qui ont motive son changement de position (trouvez vous legitime que la Turquie s'oppose a la nomination de Mr Rasmussen pour cause de non censure de caricatures de Mohammed?...). Votre position genere donc une suspicion legitime de motivations cachees de votre position (faire echouer l'Europe?).
Pour ma part, je pense que les questions posees sont importantes pour l'adhesion de la Turquie a l'Europe. Et, qu'en consequence, la reponse qu' apporte/apportera la Turquie aura son importance sur son admission dans le futur.
Antoine S London
Faites ce que l'on vous dit et tout ira bien !
C'est un peu ce qui ressort de cet article où, une fois encore, c'est l'argument le plus "faible" qui est utilisé pour se déclarer contre l'adhésion de la Turquie à l'UE. Alors même que tous - y compris les dirigeants français - en Europe s'accordent sur la valeur ajoutée économique d'une telle adhésion. Ce combat d'arrière garde qui consiste à faire peur aux foules en pointant du doigt un membre de l'Alliance atlantique sur un caractère précis : la religion de 98% de sa population cache en réalité une volonté bien plus large et un agenda bien plus ambitieux d'opposition et de rejet de tout qui "ne pense pas comme nous". Curieusement l'auteur de cet article ne pousse pas le raisonnement jusqu'au bout : face aux "agissements" des Turcs pourquoi maintenir dès lors ce pays dans l'Alliance atlantique ? Quoi ? Ce serait oui à la Turquie dans l'Alliance atlantique parce que nous nous en servons comme bouclier contre ceux que nous présentons comme l'ennemi : les musulmans; mais non à la Turquie dans l'UE parce que nous risquerions de perdre notre ame européenne dans cette aventure ? C'est ridicule.
Lahcen
Ridicule?
Il n'y a rien de ridicule à tout cela. Si l'OTAN n'était qu'une copie de UE cela se saurait. L'OTAN est une alliance militaire entre des états indépendants. L'UE est une Union intégratrice qui n'a pas qu'une dimension économique. Bien sur que ce n'est pas un hasard si les membres de l'UE ont une origine culturelle chrétienne. Les leaders turcs n'oublient pas de rappeler leur culture musulmane. Le dernier épisode à l'OTAN est symptomatique. Personnellement je ne souhaiterais pas qu'un tel chantage soit exercé dans l'UE.
Reconnaitre que l'on a une culture différente n'est pas raciste mais je pense qu'au sein du monde musulman la distinction entre temporel et spirituel est insuffisante. Il faudra du temps avant que le monde musulman avance sur ce sujet.
La Turquie est contre les caricatures de Mahomet en Occident mais proteste t-elle contre la lapidation des femmes dans le monde musulman. Tout cela doit évoluer et cela prendra du temps. Il y a t-il des manifestions sur ce sujet alors que l'offense est plus importante.
De toute façon, Chypre est membre de la communauté la Turquie ne l'est pas. La Turquie est en conflit avec Chypre et la Grêce. Je n'imagine pas ces 2 pays accepter la Turquie au sein de l'UE avant que ce conflit soit réglé. C'est heureux.
Allons nous porter le conflit de la Turquie avec les Kurdes au sein de l'UE se serait pure folie. Dans l'éventualité d'une indépendance du Kurdistan Irakien, la Turquie a indiqué qu'elle envahirait cette région. Devons nous être mêlé à ce Problème?
Pour le moment l'entrée de la Turquie se ferait contre les peuples et discréditerait le projet européen.
Quand au Problème que cela poserait avec l'Inde ou la Chine de ne pas intégrer la Turquie, je ne comprend pas mr Wright. Je rappellerais que ces 2 pays ont des difficultés avec leurs minorités musulmanes respectives. On le voit aujourd'hui dans la manière dont la Turquie essaie de forcer les portes de l'UE nous aurions beaucoup plus de problèmes si ces mêmes problèmes se posaient au sein de l'Europe. Il faut arrêter les négociations et être honnête en proposant un partenariat.
iconoclaste
Pour ou contre l'Europe?
Je suis heureux d'avoir pu contribuer, et parfois provoquer, des réactions concernant l'entrée ou non de la Turquie dans l'EU. Pour ceux qui semblent vouloir le savoir, je précise ce qui suit : j'ai été depuis ma jeunesse un très fervent supporteur de l'EU et de son élargissement. Je ne suis ni chrétien ni musulman - d'ailleurs j'accuse toutes les religions de faire obstacle, volontairement ou non, au progrès de l'humanité. Je n'ai aucun respect pour ceux - comme mon pays d'origine la GB, et les 'nonistes' français - qui pour diverses raisons permettent leurs intérêts immédiats où leurs préjugés profondes de faire obstacle à ce merveilleux mouvement qui est la marche - paisible et sans pressions extérieures- vers l'Europe Unie. J'habite en Grèce à quelques milles de la Turquie. Je connais bien ce pays et j'apprécie les efforts de son gouvernement d'avancer vers l'EU tout en tenant compte des forces intérieures qui sont les militaires d'une part et les intégristes d'autre part. Il mérite plus de soutien de notre part quelque soit le résultat final des négotiations. Concernant l'aspect religieux, je constate que les négotiations de la Croatie - accusée de massacres des Serbes il y a peu et avec un passé fasciste - n'a soulevé aucune tollé similaire à celle que provoque la question de la Turquie. Pourquoi? Parcequ'elle est chrétienne. J'accepte que l'argument de la géographie milite en sa faveur. Mais il sera intéressant bientôt de voir les réactions de certains quand la Bosnie et l'Albanie, pays principalement musulmans, présentent leurs demandes respectives d'admission. Dois-je ajouter que pour moi ils seront tous les bienvenus car je crois très sincèrement dans la force humanisante de notre continent. Comme j'y crois pour la Turquie!
Peter Wright
Préjuges profonds
Mr Erdogan n'a t-il pas critiqué la France au moment de la controverse du foulard ?
Vous mêmes vous offusquez de la position de la turquie à l'OTAN.
Quel chantage la Turquie aurait elle fait pour interdire la caricature du Prophète si elle avait été dans l'Europe?
Comment voulez vous considérer que ce pays est apaisé en rappelant le poids de l'armée et des intégristes dans la vie politique turque.
Niez vous que la distinction du temporel et du spirituel ne soit pas assez claire dans les pays musulmans?
Ne trouvez vous pas anormal que l'opinion publique turque se manifeste pour les caricatures sur Mahomet et aussi peu sur les atteintes aux droits de l'homme chez les talibans et autres?
Enfin la Turquie est en conflit ou en froid avec plusieurs de ses voisins n'est il pas nécessaire d'attendre qu'elle est résolue ses conflits internes et externes?
Voilà les questions que je pose clairement. Je ne sais pas si la Turquie a vocation à intégrer l'UE mais je considère qu'elle n'est pas prête.
J'ai une conception laïque du pouvoir, les pays européens ont tous fait un travail de séparation entre leurs églises et l'état qui permet à chacun de pratiquer sa religion et aux athées de garder leur conviction.
Mais sur les récents élargissements de l'UE je pense qu'ils ont été réalisé à tord avant la modification des institutions(J'ai voté pour en 2005).
Avec l'entrée de la Bosnie et l'Albanie on est pas sur les mêmes modifications des équilibres démographiques. La France a bien en son sein des citoyens musulmans et c'est tant mieux. Tariq Ramadam explique que la pratique de la religion musulmane ne saurait être identique dans un pays non musulman que dans un pays musulman. L'entrée de la Turquie modifierait la structure démographique de l'UE elle ne peut se faire dans un délai très court.
iconoclaste
Rasmussen est-il l'homme qui convient à ce poste?
Fallait-il vraiment traduire un texte dont strictement tous les arguments ont été débattus cent fois, par des Français sur des sites français ? Et surtout un texte qui commence par une contre-vérité qui en fonde la logique ?
Lors de la réunion de l’OTAN, Erdogan est intervenu pour souligner que le candidat n’avait pas toutes les qualités requises, dont le sens de la diplomatie et la culture, pour diriger une organisation qui compte tant de pays et de cultures différentes.
Si le Premier ministre danois avait eu l’élémentaire courtoisie et le sens diplomatique que sa fonction du moment imposait, il aurait au moins donné audience aux ambassadeurs et ambassadrices qui lui demandaient audience.
Il aurait ainsi appris que les musulmans savent rire et se moquer d’eux-mêmes, mais que, par tradition plus encore que par culture religieuse, la moquerie ne peut pas tourner à la dérision blessante et doit être sans méchanceté. L’humour « bête et méchant » qui a ses lettres de noblesse en France est, à leur yeux, une grossièreté, une vulgarité, une provocation qu’il serait coupable de laisser sans réponse.
D’autres cultures estiment que la scatologie ou le sexe n’ont pas leur place dans l’humour. En général, les musulmans, eux, bannissent la méchanceté blessante estimant, non sans raison, que de telles provocations ne peuvent que susciter des violences.
Quand en outre, la méchanceté blessante met en cause celui qui est considéré comme le représentant personnel de leur dieu, le problème était largement prévisible.
Dans cette affaire, Rasmussen n’a fait preuve ni de bon sens ni de culture ni de courtoisie ni de sens diplomatique. Erdogan a eu profondément raison de s’en inquiéter publiquement et à un moment décisif.
Que Bernard Kouchner n’ait rien compris -ou rien voulu savoir-, pour tourner sa veste et complaire à Sarkozy à la veille des Elections européennes n’a rien de surprenant. S’il veut une place à la tribune des meetings UMP, c’était urgent, en effet.
Keloglan
Kouchner et les strapontins
Pensez vous vraiment que Bernard Kouchner soit à la recherche d'une place à la tribune des meetings UMP alors qu'il a sa place à la tribune des grands meetings internationaux avec les grands de ce monde. On parlerait d'un notable de province vous pourriez avoir raison mais là ! Concernant mr Rasmusen que les turcs pensent cela ne me gène pas si leur règles ne s'appliquent que chez eux. Mais compte tenu que l'UE traite des sujets de la liberté de la presse du droit à l'humour "bête et méchant" dans toute l'union il y a bien un risque d'atteinte à la liberté en France. Ils m'arrivent de lire les journaux des pays musulmans en langue française et croyez moi on y trouve souvent des propos méchants et blessants. Que la réaction aux caricatures soit prévisible en effet qu'elle soit légitime j'en suis moins sur. Avoir de l'humour ce n'est pas uniquement être capable de se moquer de soit même mais c'est aussi accepter que les autres se moquent de vous.
iconoclaste
La Turquie n'est pas prète - mais dans 10-20 ans?
Je suis d'accord avec iconoclast que la Turquie n'est pas prête pour entrer dans l'EU aujourd'hui - comme la Grèce ne l'était pas (certains disent ne l'est toujours pas...!), comme la Bulgarie, la Roumanie et le Chypre ne le sont toujours pas tout en y étant, et comme la Croatie, la Serbie et les autres ne le seront pas demain. Le problème n'est pas là . Où je diffère de iconoclast est que moi je souhaite qu'un jour la Turquie le sera un jour alors que lui, apparemment, comme Mr. Sarkozy a déjà décidé qu'elle ne le sera jamais et ne souhaite pas qu'elle le soit. Un monde nous sépare!
Peter Wright
Respect
Personne ne peut dire aujourd'hui si la Turquie sera prête dans 20 ans. Cela fait plus de 40 ans qu'elle s'est portée candidate à intégrer l'UE. Est ce bien respectueux pour ce grand pays de continuer à laisser croire que l'entrée dans l'UE est proche alors que beaucoup considère qu'elle n'est pas réalisable à court terme. Il me semble plus réaliste de rechercher à tisser des liens privilégiés avec des pays voisins de l'UE, au niveau culturel et économique. L'UE n'est pas l'unique horizon d'un pays de plus de 100 millions d'habitants.
Quant à savoir si je souhaite ou pas que la Turquie rentre dans l'UE, je n'en sais rien, puisque la question, à mon sens, ne se pose pas actuellement.
iconoclaste