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Que se passera-t-il si on abandonne la Station spatiale internationale?

Brian Palmer, mis à jour le 05.09.2011 à 16 h 13

La structure pourrait survivre plusieurs années sans astronautes à son bord.

La Station spatiale internationale, le 12 juillet 2011. REUTERS/Nasa.

La Station spatiale internationale, le 12 juillet 2011. REUTERS/Nasa.

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La Nasa pourrait être contrainte à abandonner temporairement la Station spatiale internationale en novembre, le récent crash d'une fusée russe ayant remis en cause la sécurité des transferts des astronautes vers et depuis la station. Si les astronautes devaient fermer boutique et abandonner le laboratoire orbital, combien de temps pourrait-il subsister sans maintenance?

Plusieurs années. Si la Nasa décidait d’abandonner complètement la station spatiale et renonçait à tout effort de maintenance quel qu’il soit, les moteurs finiraient par se trouver à court de carburant ou par souffrir d’une défaillance mécanique quelconque. S’ensuivrait une décroissance orbitale —une façon de dire en jargon spatial que la station se rapprocherait de plus en plus de la Terre, jusqu’à s’y écraser (la Nasa a prévu de diriger ses débris carbonisés vers l'océan Indien au cas où un atterrissage d’urgence se révélait nécessaire).

En 1974, lorsque la Nasa avait abandonné Skylab, sa station en orbite terrestre basse, elle s’attendait à la voir rester en l’air jusqu’en 1983 (son dernier équipage avait laissé à bord des vêtements et de la nourriture au cas où l’agence spatiale changerait d’avis). Du fait d’une activité solaire intense à la fin des années soixante-dix, l’expansion des couches supérieures de l’atmosphère avait entraîné un surcroît d’usure sur Skylab, provoquant sa chute en 1979.

Interruption des expériences en cours

Dans les faits, les problèmes actuels de transport des astronautes sont peu susceptibles de provoquer la destruction de la station spatiale. Même en l’absence d’équipage à bord, le contrôle de mission est en mesure de diriger la station autour des débris spatiaux et de lui donner les petits coups d’accélérateur nécessaires à son maintien en orbite. Des fusées sans équipages pourront ravitailler les moteurs, et avant que le dernier équipage ne quitte la station —si on en arrive là—, il installerait des pièces en redondance afin d’assurer que les critiques systèmes de refroidissement et d’alimentation soient à même de survivre à plusieurs pannes imprévues (les moteurs ne peuvent fonctionner sans refroidissement, la température dépassant les 200 degrés Celsius plusieurs fois par jour, selon que la station est exposée au soleil ou non).

En supposant que la station ne déraille pas de son orbite, son espace intérieur pourrait rester longtemps en assez bon état. La rouille pose parfois problème là-haut — un problème de corrosion dans le câblage a entraîné une panne du système d'orientation en 2007— mais elle provient exclusivement de l’humidité qui se dégage des humains et des animaux résidant à bord. La Nasa pourrait facilement déshumidifier la station avant de la quitter, évitant ainsi les gros soucis de corrosion.

Les autres facteurs qui, sur Terre, entraînent la destruction des objets, microbes ou insectes, ne posent pas problèmes là-haut. Moisissures et spores bactériennes sont capables de survivre des années durant dans l’espace, mais elles ne sont pas susceptibles de proliférer ou d’endommager le matériel. Hormis la fragilité due aux changements de température et au manque de lubrification des pièces mécaniques, les astronautes pourraient revenir d’ici plusieurs années et trouver les installations intérieures de la station en bon état de fonctionnement pour leur plus grande partie.

Le principal problème que poserait l’abandon temporaire de la station, c’est l’interruption de nombre d’expériences en cours. La biologie spatiale est un important champ d’étude, mais certaines des expériences qu’on y mène ne pourront subsister sans personne sur place pour arroser les plantes et nourrir les souris.

Brian Palmer

Traduit par David Korn

L’Explication remercie Stephanie Schierholz de la Nasa.

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