Complot anti-euro? Non, divergence de regard
La vision anglosaxonne, purement financière, parie sur un éclatement de la zone euro et celle européenne sur une victoire, comme toujours, de la volonté politique sur les obstacles économiques.
- Les acteurs du film Expendables (Expendables: Unité spéciale) en représentation sur le parquet de la Bourse de New York Brendan McDermid / Reuters -
Les banques européennes vont-elles bien ou vont-elles mal? Christine Lagarde tire la sonnet d’alarme au nom du FMI. Bruxelles répond que tout va bien. Qui a raison? Pourquoi cette divergence radicale de point de vue?
Pour le Fonds monétaire international et les marchés financiers américains, les banques européennes sont au bord du gouffre, il faut d’urgence les recapitaliser. Christine Lagarde a même recommandé d’utiliser l’argent public du Fonds de stabilité financière, autrement dit de nationaliser partiellement nos banques. Bruxelles immédiatement a écarté le sujet de la table: les stress tests effectués au printemps montraient qu’à l’exception de quelques banques, le gros de la troupe européenne n’avait rien à craindre.
Cette différence d’appréciation provient de la vision que l’on a de l’euro et de l’Union européenne des deux côtés de l’Atlantique.
Les Européens croient dur comme fer à leur destin commun. D’accord, l’histoire est tortueuse, compliquée, les plans de sauvetage des pays surendettés arrivent toujours en retard et sont toujours un peu insuffisants. Mais l’Europe est ainsi faite qu’un compromis se signe à la dernière minute. Ce destin est un enjeu politique avant d’être, ou plus exactement au dessus d’être, un enjeu économique.
C’est le contraire pour les Américains. En tout cas pour les milieux financiers américains. Contrairement à wall street, les gens de Washington ont compris l’intérêt de l’euro et d’une stabilité monétaire en Europe. C’est pourquoi je ne crois personnelement pas que Laurence Parisot ait raison de parler de complot, ça ne se passe pas comme ça. Les attaques contre les banques européennes, la Grèce ou l’Italie, sont tout simplement le résultat d’une analyse économique: pour les marchés financiers, la construction européenne est trop bancale, les mésententes entre Européens sont trop grandes. Entre le nord fourmis et le sud cigales, ça ne tiendra pas. Les marchés en tirent la conclusion qui s’impose à eux: ils spéculent sur un éclatement.
Cet éclatement conduirait à un effondrement des banques européennes, il est logique de craindre pour elles. Les stress test dont M.Barroso fait grand cas, n’ont pas prévu que l’Italie saute! Si l’Italie faire défaut, alors effectivement beaucoup de banques européennes dont les françaises très investies outre-Alpes sautent. Pour les Européens, que l’Italie fasse défaut sur sa dette est tout simplement inimaginable.
La divergence est donc là: l’euro va éclater, vision américaine économique. Au contraire, ils survivra, vision européenne politique. Le drame est que les deux analyses sont justes. L’euro survivra, c’est une certitude. Mais les gouvernements européens ne font pas ce qu’il faut face à la brutalité des attaques des marchés. Les marchés américains sous-estiment la volonté politique des Européens. Les Européens surestiment leur force face aux marchés
Eric Le Boucher
Mis à jour le 31/08/2011 à 7h17

















































C'est la preuve que l'Euro est une monnaie trop forte pour la France alors qu'il n'est pas trop fort pour des pays comme l'Allemagne, les Pays Bas...et les choses ne s'ameliorent pas puisque l'endettement de la France augmente a grande vitesse et que l'Etat nous endette maintenant avec un taux plus eleve de 0.6-0.7% a celui de l'Allemagne (ca compte sur tous ces milliers de milliards...) quand il s'endette directement et beaucoup beaucoup plus quand l'Etat choisit des contrats PPP pour truquer les comptes de la Nation (le hors bilan) et suivre l'exemple Britannique (cette remarque n'est pas partisane puisque les PPP sont aussi utilises par les municipalites de l'autre bord, helas)
Alors l'Allemagne et la France peuvent communiquer comme elles le font, se convaincre de leur propre propagande mais il est clair que nos amis Allemands ne vont pas commencer a nous faire un cheque de 7.5 milliards d'euros chaque mois pour sauver l'union monetaire.
Il est donc clair qu'il convient de se preparer a gerer la sortie de l'Euro afin que la France puisse se remettre au travail.
Quelques Grosses Tetes nous disent que la dette Francaise exploserait en cas de sortie de l'euro. 2 remarques: - La France n'est pas le plus mauvais eleve et si l'euro cesse d'exister, les dettes ne seront pas remplacees par des dettes libellees en D Mark mais en un panier de monnaies divergentes donc augmentation peut etre (ou pas) mais pas extreme - Il conviendrait d'explorer les possibilites de convertir les dettes existantes d'euros en Nouveau Franc. - Une restructuration de la dette pourrait bien etre inevitable
Bien sur, cela se fera au travers d'une crise couteuse, mais pouvez vous me proposer une alternative credible? Certainement pas de continuer a creuser le trou afin que la sortie soit encore plus penible!
C'est terrible à dire mais je crois que la solution tient en des recettes simples mais coordonnées, à savoir que tous les pays en surcharge pondérale se mettent au régime (pas ducan tout de même), mais le fasse sérieusement et dans la durée.Et ça en démocratie, c'est une vraie gageure, car personne n'aime souffrir.