Economie

Chômage, les jeunes mais aussi les femmes

Gilles Bridier, mis à jour le 29.08.2011 à 9 h 07

Le chômage de longue durée progresse en France. Il s'aggrave dans de nombreuses régions en PACA, dans le Nord Pas de Calais, le Languedoc Roussillon et le Limousin. Les jeunes mais aussi les femmes de plus de 50 ans sont les plus touchés.

Devant une foire aux emplois aux Etats-Unis Shannon Stapleton / Reuters

Devant une foire aux emplois aux Etats-Unis Shannon Stapleton / Reuters

Pour travailler en France, mieux vaut ne pas vivre en Champagne-Ardenne ni dans le Limousin, ni même en Corse, en Languedoc-Rousillon ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans ces cinq régions, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail a augmenté de plus de 6% en un an d’après les statistiques du Ministère du Travail et de Pôle emploi  alors que, au niveau national, les chiffres officiels font état d’une progression de 2,8% sur douze mois à la fin juillet. Une progression du chômage plus de deux fois supérieure à la moyenne nationale dans ces régions: elles sont loin, les anticipations qui annonçaient un reprise sur le marché du travail pour… 2010.  C’est l’inverse qui se produit.

Si, par ailleurs, on ne considère plus les variations du chômage mais le nombre de chômeurs en valeur absolue, exception faite de l’Ile de France compte tenu de la différence d’échelle du bassin d’emplois avec les autres régions, Rhône-Alpes, PACA et le Nord-Pas de Calais sont alors les plus touchées avec, dans chaque cas, plus de 200.000 personnes inscrites à Pôle emploi. Et entre autres caractéristiques, le Nord-Pas de Calais est la région qui compte le plus grand nombre de moins de 25 ans (près de 19%) parmi les demandeurs d’emplois.

Le chômage de longue durée progresse

Jamais, depuis le début de la crise financière, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail n’aura été si élevé: autour de 2 millions en France au cours de l’année 2008;  2,5 millions en juillet 2009, autour de 2,7 millions avec une tendance à la hausse pendant l’année 2010, une petite décrue au premier trimestre 2011… et, depuis trois mois, nouvelle hausse et 50.000 demandeurs de plus qu’à la fin 2010. Ce renversement de tendance par rapport aux anticipations va obligatoirement marquer le débat politique qui ne peut plus, comme l’avait espéré le gouvernement, s’inscrire dans une tendance positive pour l’emploi .

Et lorsqu’on s’intéresse aux nombre de personnes inscrites depuis plus d’un an à Pôle emploi, chômeurs sans emploi ou précaires en emploi à temps partiel, on constate que pas moins de neuf régions affichent des progressions supérieures à 10% sur un an pour le nombre de d’inscriptions sur longue durée (avec en tête la Corse: 18%, et PACA: 14%).

Le sud comme le nord, et inversement

Le sud de la France est décidément mal servi par le marché de l’emploi: quel que soit l’angle par lequel on approche les statistiques du chômage, Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur font partie des régions les plus touchées. A la fin du premier trimestre 2011, la première affichait un taux de chômage de 12,9% selon l’Insee, la seconde de 11,1%. Mais le nord n’est guère mieux loti, avec par exemple le Nord-Pas de Calais à 12,9% et la Picardie à 11%. Beaucoup plus, que le taux de chômage de 9,2% enregistré à la fin du premier trimestre au niveau national.

Les femmes de plus de 50 ans sont les plus touchées

Il ne fait pas bon être une femme, lorsqu’on cherche un emploi. Surtout si on est senior. Quand le nombre d’hommes au chômage au niveau national n’a progressé «que» de 0,5% sur un an (grâce à la baisse de 2,5% du nombre des moins de 25 ans), le nombre des femmes a augmenté de 5,5%. Et alors que la population des seniors sans emploi continue de grandir (+14% en juillet 2011 par rapport à juillet 2010), celle des femmes de 50 ans a crû de 16% sur un an. Pour espérer trouver un emploi aujourd’hui, mieux vaut ne pas être une femme de plus de 50 ans de PACA ou du Nord-Pas de Calais, du Limousin ou du Languedoc-Roussillon. Pas simple de viser juste.

On ne découvre rien. Le problème est que ce débat sur l’emploi comporte bien des spécificités françaises. La stratégie consistait à miser sur un retour de la croissance… qui n’est pas au rendez-vous. La remontée du chômage était prévisible dès l’instant où le niveau de croissance ne permet pas de créer de l’emploi. Et on pouvait s’attendre à ce que les populations les plus fragiles en soient les premières victimes. Les femmes seniors en font partie, tant pour des raisons sociologiques que d’adaptation à l’évolution des emplois, notamment lorsqu’elles ont eu des carrières interrompues pour des raisons familiales et n’ont pu se former . Elles ne sont d’ailleurs pas les seules, les jeunes issus de l'immigration éprouvent les mêmes difficultés.

 Gilles Bridier

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Journaliste
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