La crise de la dette et le discours politique
Pourquoi le discours politique a perdu toute crédibilité aux yeux des investisseurs, des marchés financiers et des citoyens.
- Nicolas Sarkozy et Angela Merkel Tobias Schwarz / Reuters -
«Nous, Etats-Unis d’Amérique, nous sommes triple A». Yes we can. On peut le dire, on doit le dire: nous ne craignons rien des agences de notation en particulier de Standard and Poor’s (sic) qui a dégradé la note américaine de AAA à AA+. Dans la période actuelle de turbulence, les gouvernements doivent au moins donner l’apparence de la maîtrise des évènements, à défaut de donner celle de la sérénité. Car la crise actuelle des marchés n’est qu’une expression de la désaffection à l’égard du politique qui ne semble plus écouté ni même entendu. Tant son discours a été décrédibilisé.
Retour sur dix mois de loupés de communication.
Il y a d’abord les mots hypocrites qui sont ceux des Européens à l’occasion de la crise grecque. La Grèce nous trompait, elle dissimulait ses comptes... Quelle surprise, vraiment, alors que cette situation était dénoncée depuis dix ans de façon parfaitement claire par la Cour des comptes européenne. Tout était écrit noir sur blanc. Mais la Grèce était un petit Etat périphérique loin des grandes ambitions européennes de l’époque et l’on n’y prêta pas attention. Dans le même registre des mots hypocrites, on peut aussi citer le mot de solidarité. L’Europe se montre solidaire de la Grèce. Alors que, en vérité, l’Europe se sauve aussi elle-même, pour éviter l’enchaînement tragique qui entraînerait toutes les banques et les Etats. Peut-on parler de solidarité quand on n’a pas d’autre choix? Les plans d’aide ne sont pas des bouées de sauvetage lancées à un noyé, mais le colmatage d’une brèche dans un bateau commun.
Il y a aussi les mots blessants qui accusent. Dans ce registre, les Français sont très bons. Quelle imp(r)udence d’opposer les Français solidaires et les Allemands égoïstes comme on l’entend parfois. Depuis le début de la construction européenne, les Allemands ont été les principaux financeurs du budget communautaire. Ils ont été des colosses budgétaires imposants mais discrets, acceptant des contributions nettes extravagantes que pas un pays n’aurait accepté. Dans les années 90, quand la France recevait 10 milliards au titre de la politique agricole commune, l’Allemagne contribuait – en net, c'est-à-dire déduction faite des retours communautaires- à hauteur de 10 milliards. Certes, son discours s’est durci depuis quelques années. L’Allemagne intendante, puis banquier de l’Europe, ne veut pas être sa vache à lait. L’Allemagne, égoïste vis-à-vis de la Grèce? Par le jeu des circuits budgétaires, elle a versé près de 50 milliards à la Grèce depuis la création de l’euro! L’Allemagne veut simplement que l’action commune ne se traduise pas seulement par des transferts financiers dont elle serait une fois de plus le principal bailleur.
Il y a encore les mots creux et vains. «L’inflation verbale est aussi pernicieuse que celle des prix» relève M. Alain Lamassoure. Car elle use la confiance. Celle des citoyens, depuis longtemps, celle des marchés financiers depuis peu. On ne compte plus les engagements solennels sur la reprise, la maîtrise des déficits, «les objectifs grandioses et illusoires» comme le furent ceux définis par la stratégie de Lisbonne destinée à «faire de l’Europe l’économie la plus compétitive du monde» (sic) ou, aujourd’hui, la déjà fameuse règle d’or sur le retour à l’équilibre budgétaire ou bien encore le plan d’austérité italien (1900 milliards de dette soit 120% du PIB) de juillet dernier tablant sur un quasi équilibre budgétaire en 2014... Plus c’est gros, plus ça passe. Jusqu’au moment où ça lasse. Parce qu’aucun des problèmes de l’Europe (dette, retraites...) ne sera réglé sans un retour à la croissance de 2,5%. Avec une croissance anémique mais prévisible de 1 ou 1,5%, l’Europe n’ira jamais très loin. Alors, Coué ou couard? La répétition de messages vides n’est plus qu’un bruit de fond inaudible.
Il y a aussi les mots tristes. L’austérité n’est pas une perspective. Il faut, bien sûr, faire le ménage dans ce qui ne va pas. La fraude fiscale en Grèce qui atteint 15 milliards par an, les «cadeaux fiscaux» qu’on n’a plus les moyens d’offrir, les délocalisations fiscales, les dépenses qu’on doit pouvoir alléger si l’on cherche bien, les guerres perdues, etc...Dans l’Union, il faut imposer un minimum rigueur quand elle n’y est pas (les demandes de la Grèce sur les fonds structurels et la PAC sont sidérantes dans la période actuelle!). Il faut tenir un discours responsable, y compris en période électorale. Mais il faut aussi convaincre que tout ceci ne sera pas vain. Il ne peut y avoir d’issue sans un objectif porteur, mobilisateur. L’Europe n’est pas condamnée par la mondialisation. Elle a elle aussi ses atouts et même ses points d’excellence dans l’innovation et dans ses traditions, trop vite reniées. Comme tout un chacun, l’Europe doit aller vers ses points forts.
Il est temps de trouver des mots justes. De la famille de ceux qui montrent une volonté d’agir, d’innover plutôt que plâtrer, de garantir notre cohésion sociale et européenne, toutes deux mises à mal. Cela passera inévitablement par un saut communautaire. Tant pis, tant mieux.
Nicolas- Jean Brehon
Mis à jour le 12/08/2011 à 11h30
















































Il faut constater :
qu'aucune dette souveraine n'est remboursable.
Que le marché, les financiers, n'agissent pas pour le bien de l'humanité mais juste pour leur propre bien (et encore...),
qu'il est ridicule que du jour au lendemain, voire heure par heure! ce que vous possédez perde le quart de sa valeur.
Qu'il est absurde de réclamer des remboursements plus importants en affamant la population d'un pays.
Il faut empêcher que Trichet puisse dire il y a moins d'un an que la BCE a bien noté qu'il y avait de l'inflation, donc de l'augmentation des prix des biens de consommation courante, et donc que son action va maintenant être orientée pour que cette inflation ne se répercute pas sur les salaires.
Le monde de la finance doit être remis au service du bien commun, sinon, il n'a pas lieu d'être, leurs ferraris ont été volées à ceux qui en chient en s'entassant dans le RER.
Le masque de la mort rouge d'Edgar Alan Poe, voilà ce qui les attend, ils ne seront pas épargnés.
On n'a pas besoin d'une guerre mondiale pour faire ce nouveau bretton woods. Il faut redéfinir l'argent. Ce que l'on nous a jamais enseigné, c'est que l'argent a changé de définition plusieurs fois, lors de cette conférence de bretton woods après la seconde guerre mondiale bien sûr, mais aussi en 1971 lorsque l'or a été découplé du dollar lors de la conférence des Açores (Giscard d'Estaing ministre des finances...), sous la pression des dettes financières accumulées à l'époque de façon illégale vis à vis justement des règles de Bretton Woods. Au lieu de faire respecter la loi de la finance d'alors, on a changé la loi. Pourquoi ne pas le faire maintenant? Pourquoi augmenter nos impôts de salariés à 1800€ net de moyenne? Pour payer les salaires de 7000€ mensuels et les bonus de 100 000€ des traders lorsqu'il limitent les pertes en fermant des usines en France pour les déménager en Chine?
Ah!Ça ira, ça ira, ça ira.....
Bientôt, enfin et malheureusement, mais il est temps que cela cesse...
(Emprunté à Maximilien http://max-la-terreur.blogspot.com/)
Maintenant que leur économie est robuste (au prix il est vrai de nombreux efforts), ils osent qualifier les autres pays de dépensiers (au mieux...).
Vivre dans une communauté, c'est accepter les retours de balancier.
http://www.youtube.com/watch?v=MtUT7jQzYw8&feature=player_embedded
Célébrer quoi? Pourquoi? Et pour faire quoi à la place?
C'est comme si on célébrait la fin de la Renaissance!
Bien à vous deux.
Intelligence Economique Enquêtes privées.
Je veux bien, comme c'est le cas de Marianne, qu'on s'obstine pour des raisons romantiques à coller au système des états nations du 19e siècle. Mais ne cherchez pas des arguments 'rationaux' pour justifier un provincialisme dépassé et du passé.
Tout d'abord le parlement européen est voté démocratiquement. Le Conseil est composé de ministres nommés par leurs gouvernements respectifs qui sont eux (c'est une obligation pour tous les pays membres) votés démocratiquement.
Seule la Commission, dans l'absence (voulue par les pays membres hélas) d'organes représentatifs, pourrait être taxée de non représentativité. Il suffirait que les pays membres le veuillent autrement pour que cela change.
Car dans votre analyse vous jouez avec les mots. Vous parlez de dictature (si présente dans votre esprit que par comparaison une dictature fasciste serait un moindre mal). Une dictature impose sa volonté contre le gré de son peuple. L'UE n'a pas ce pouvoir. L'UE aujourd'hui est le reflet des hésitations des peuples européens, regrettable à mon avis, mais exprimées démocratiquement (et quotidiennement ici sur slate.fr par exemple).
Cette opposition ne me gêne pas. Nous sommes en démocratie. Mais réfléchissez bien avant de la jeter au poubelle en faveur d'un mouvement fasciste.
Quant à l'enrichissement apporté par l'UE, je vous rappelle que la plupart de ses membres étaient même récemment antidémocratiques et inhumains (peine de mort, prisonniers politiques, polices secrètes). C'est cela que vous préfériez voir revenir?
L'Espagne, le Portugal, l'ensemble des anciens pays de l'est, ils ont tous abandonné leur dictatures pour devenir membres de l'UE. Aujourd'hui même la Turquie se démocratise pour améliorer ses chances de devenir membre. La Croatie, hier en guerre contre ses voisins, devient membre. La Serbie, dans l'espoir de pouvoir rentrer chez nous, livre ses criminels de guerre.
Tout cela pour l'argent comme vous semblez dire? Non, c'est parce qu'ils croient en quelque chose de plus grand et plus noble, que seul l'appartenance à l'Europe, démocratique et terre de tous les humanismes, permet de fournir.
Ne crachez donc pas sur la démocratie européenne.