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- Par Bruno Askenazi
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Journaliste, spécialiste de la consommation et de la distribution.
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Bruno Askenazi
Journaliste, spécialiste de la consommation et de la distribution.
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L'injuste prix
Les Français trouvent les prix des produits alimentaires injustes. Une vision faussée par la valse permanente des étiquettes, à la hausse comme à la baisse.
C'est un sentiment partagé par sept français sur dix: les prix des produits alimentaires sont «injustes». Tel est du moins le résultat d'une enquête dévoilée ce mois-ci par le Crédoc. Déjà échaudés par le passage à l'euro, jugé responsable d'une hausse des prix généralisée, les consommateurs ont très mal encaissé l'inflation des étiquettes, constatée l'an passé dans les supermarchés. La flambée des matières? Pour la majorité des personnes interrogées, elle ne peut justifier à elle seule les hausses. Aucun doute pour eux: industriels et distributeurs ont profité de la situation pour doper leurs marges. Pas de surprise, les produits de grandes marques, très «marketés», sont les plus contestées. Une bouteille de Coca-Cola vendue généralement autour de 1,40 euro le litre? Injuste pour 62% du panel. D'une façon générale, les consommateurs estiment que le surcoût de ces marques mondiales ne se justifie pas par rapport à des marques de distributeurs d'aussi bonne qualité.
Avec le reflux des cours de certaines matières premières, comme le blé ou le pétrole, le scepticisme envers les prix dans les supermarchés ne faiblit pas pour autant. Le Credoc ne l'a pas encore mesuré mais selon cet organisme, il y de fortes chances pour qu'industriels et distributeurs soient très largement soupçonnés de ne pas répercuter pleinement l'allégement de leurs coûts d'approvisionnement.
Pourtant, les derniers chiffres officiels montrent une stabilisation des prix, voire une baisse sur certains produits. D'après une récente étude de l'Observatoire des prix et des marges, les marques nationales ont même fléchi de 0,38% en mars 2009 par rapport à mars 2008. Une baisse qu'on n'avait pas vu depuis longtemps.
Et si les consommateurs avaient une vision faussée de la réalité? C'est probable mais pas vraiment surprenant. Il faut dire que depuis quelques années, le système des prix est devenu illisible sur le marché de la grande consommation. Dans les hypermarchés, les promotions sont devenues quasi permanentes. Toutes les grandes enseignes se livrent à une surenchère à coup de produits gratuits, de bons d'achat ou de lots promotionnels. En trois ans, la part des produits en promotion est passée de 2 à 5% dans les magasins. A ces opérations agressives, se sont ajoutés les dispositifs de cartes de fidélité qui offrent des réductions à toucher en caisse. De quoi semer le trouble dans l'esprit des ménages. Sur Internet, c'est pire, les tarifs jouent au yoyo. Un même produit de consommation courante peut diviser son prix par deux, d'une semaine à l'autre, s'il faut écouler les stocks.
Sans parler du «Low Cost» qui a envahi les rayons après s'être imposé dans l'aérien. Avec la percée des magasins de «hard discount», les prix cassés se sont banalisés. Quand ce n'est pas la gratuité qui est devenu la norme dans certains domaines comme les jeux ou les logiciels en ligne. Déstabilisés par cette avalanche d'innovations commerciales, les consommateurs ne s'y retrouvent plus. Dans le passé, un prix devait refléter la valeur d'une chose. Une routine confortable. Maintenant, tous les repères ont volé en éclat. Le passage à l'euro n'a rien arrangé. La confusion est à son comble, les prix affichés n'ont plus de sens. Par réaction, pas étonnant que les clients regardent leur ticket de caisse à la loupe. Résultat, ils se révoltent contre des prix qu'ils jugent forcément incohérents.
Le sentiment du prix injuste est profond. Même si les étiquettes repartent à la baisse, la crise économique devrait attiser cette défiance, surtout vis-à -vis des grandes marques. Quand on a l'impression de s'appauvrir, on trouve toujours que les produits sont trop chers et que les grands acteurs de l'économie, industriels ou distributeurs, cherchent à vous rouler dans la farine.
Bruno Askenazi
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Comments
Injustes prix ? non, prix ajustés...
Nous pouvons nous plaindre de la valse des étiquettes et des hausses de prix incompréhensibles, encore faudrait-il que soit porté à la connaissance de tous le système des budgets pub, tête de gondole, mise en avant catalogue, pénalités pour retard de livraison, % de détention en linéaire, position favorable en linéaire, bonus carte de fidélité, etc, etc,.. bref, le système des marges arrières qui contribue à ajuster le prix des produits aux exigeaces des distributeurs et des fabricants.
Interdisons les marges arrières dont s'accomodent bien la grande distribution et les industriels, et vous verrez les prix baisser de manière stupéfiante !
- 50% sur le prix des piles, des ampoules, du jambon et de la charcuterie sous vide,
- 30% sur la quasi totalité du rayon non-alimentaire,
- 20 à 25% sur la quasi totalité de l'alimentaire,
- 10% sur l'électro-ménager,
- 15% sur les cosmétiques et autres produits d'hygiène,
Juste quelques petits exemples pris au hasard de la carrière d'un acteur pendant dix ans du système de la hausse artificielle des prix...
Cordialement,
http://corto74.unblog.fr
Si ce n'était qu'un fantasme...
Si l’injustice du prix n’était qu’un sentiment cela ne vaudrait même pas la peine de s’y attarder, mais le prix est fondamentalement injuste.
La notion de juste prix est une dérive positiviste et dogmatique de la conception d’un marché.
Car un prix n’est pas bon ou juste, puisqu’un prix n’est pas moral. Il est le résultat plus ou moins biaisé (pour ne pas dire manipulé) d’un équilibre entre offre et demande.
Donc l’honnêteté plus ou moins rêvée par le consommateur, n’est pas une chimère et concernerait la moralité et la connaissance des processus commerciaux et économiques qui amènent à la fixation des prix.
Le consommateur demande je crois de la transparence et de réduire l’asymétrie d’information concernant le produit qu’il s’apprête à acheter. Notons que c’est un comportement économiquement rationnel (précision qui s’oppose à la présentation habituellement désobligeante du consommateur par les analystes économiques).
Il veut savoir combien gagnent les acteurs de la chaîne économique qui rend disponible le produit qu’il achète.
Il veut connaître les offres alternatives et concurrentiels.
Il veut connaître les coûts cachés, la durée de vie… pour évaluer la pérennité de son investissement
Etc..
Force est de constater que les acteurs économiques les plus puissants utilisent tous les moyens pour faire obstacle à l’information du consommateur.
C’est le délit dont ils se rendent coupables et dont ils sont donc légitimement soupçonnés.
Vitalys
Illusion d'inflation
Resident en Grande Bretagne, je profite de mes retours au pays pour satisfaire mes envies culinaires:
A Lyon, croix rousse Noel 2007:
- Tete de veau 11€/kg
- Poulet de Bresse 10€/kg
A Lyon, croix rousse Noel 2008:
- Tete de veau 15€/kg
- Poulet de Bresse 12€/kg
Hausse 20 a 40% sur 1 an
Inflation a long terme:
TV cathodique haut de gamme en 1995: 5000F/750€
TV ecran plat 40 pouces 2008: 1500€
Impact sur indice inflation: tres negatif car le prix des ecrans plats a baisse entre prix introduction et prix production de masse ainsi que le prix des cathodiques qu'on ne trouve plus d'ailleurs...mais comme disent les statisticiens, ya "amelioration de la qualite" donc on peut arranger l'indice comme pour les ordinateurs. Pour le consommateur + 100%.
Produits frais: dans mes conversations avec des responsables d'hypermarches, tous reconnaissent que les produits frais sont de loin les produits les plus profitables.
Concernant les marges pratiquees par les grandes surfaces, les marges des Leclerc sont passees de 13% max (sous Edouard) a plus de 20% (soit une hausse de plus de 50% en plus de l'inflation, des gains de productivite,...) avec pour consequence une explosion des prix de vente des grandes surfaces (plus profitables donc plus grande valeur). Les consommateurs paient evidemment ces augmentations enormes des profits sans amelioration du service fourni (les acheteurs des magasins justifient ensuite une augmentation des marges par le cout d'acquisition eleve de la grande surface!...). Ah, les consequences des oligo/quasimono poles.
C'est bien de reproduire les inepties au sujet des consommateurs qui pensent (a tort?) qu'ils se font rouler, vous pourriez aussi nous informer au sujet des indices qui montrent que les consommateurs se font effectivement bien rouler..helas, pas politiquement correct, il convient d'apaiser en expliquant aux gens qu'ils sont imbeciles!...
Donc, on est d'accord, il faut lutter contre la deflation en faisant marcher la planche a billet
Antoine S London