Monde

Dépêches de Gaza

Sharon Weinberger, mis à jour le 28.07.2011 à 8 h 13

De l'hôtel Hamastan aux roquettes «guidées» par Google Earth.

Hotel Hamas-tan, un luxe sans touriste

De loin, avec sa façade ensoleillée qui se dresse sur la côte, le premier hôtel cinq-étoiles de Gaza ressemble à l’unique survivant d’un raz-de-marée. L’invasion israélienne de 2008-2009 a détruit ou endommagé des milliers de bâtiments et les sanctions économiques, qui incluent le rationnement du béton, font de la reconstruction une entreprise horriblement lente. Mais l’hôtel Al-Mashtal est bel et bien là, avec ses quelque 270 chambres modernes réparties sur une dizaine d’étages, sa piscine de type lagon et ses marbres dans le hall.

À y regarder de plus près, toutefois, le premier cinq-étoiles de Gaza tient un peu du mirage économique. Une pancarte à l’entrée avertit les visiteurs qu’une consommation minimum est requise pour pouvoir s’asseoir au bar ou au restaurant, mais le hall est presque désert.

«Nous ne sommes pas exactement ouverts», me dit Shadi Agha, le chef-réceptionniste, en me guidant à travers des couloirs aux carrelages élaborés. «C’est un peu une période d’essai.»

Depuis quatre ans que le blocus a été imposé à Gaza, tout signe de développement est récupéré par les propagandistes des deux bords. Les opposants à Israël mentionnent l’effondrement économique de Gaza comme une preuve du désastre humain que représente le blocus, tandis que les pro-Israël sautent sur tout signe apparent d’abondance pour leur répondre. Et comme nombre des nouveaux développements économiques à Gaza, l’hôtel constitue une métaphore séduisante. Tout dépend de quel côté on regarde: depuis le balcon de l’une des suites au sommet de l’hôtel, vous pouvez voir d’un côté la piscine vide de l’hôtel et, de l’autre, un tas d’ordures assez peu gracieux.

Suite royale

À l’intérieur, au moins, l’hôtel est à la hauteur de ses cinq-étoiles: le dernier étage est occupé par une «suite royale», qui dispose de sa propre réception et de multiples salles sécurisées (des pièces fermées près de l’entrée, où les gardes peuvent contrôler quiconque entre dans la suite) et, au sous-sol, des ouvriers sont en train de finir un hammam et un sauna aux décorations somptueuses.

Dans le patio, des serveurs élégants en uniforme préparent des milkshakes colorés dans des verres emplis de glaçons, tandis qu’un groupe de femmes en jeans moulant tendance et talons aiguilles fument la chicha (preuve que la tentative faite par le Hamas d’interdire aux femmes de fumer en public n’a pas duré plus de quelques mois).

Le bâtiment dans lequel est installé l’hôtel Al-Mashtal possède, comme Gaza, une histoire mouvementée. Commencée en 1996 pour abriter des bureaux, la construction du bâtiment fut interrompue au début de la seconde intifada, en 2000. Les investisseurs décidèrent en fin de compte d’en faire un hôtel et la construction reprit, pour être stoppée à nouveau en 2006, lorsque le Hamas prit le pouvoir et qu’Israël imposa son blocus économique sur Gaza.

Ces dernières années, cependant, la construction a pu reprendre, grâce notamment au réseau élaboré de tunnels creusés entre Gaza et l’Égypte, qui ont permis l’acheminement de matériaux de construction dans la bande. Agha insiste toutefois sur le fait que les marchandises qui arrivent aujourd’hui à l’hôtel passent par la «coordination officielle», c'est-à-dire qu’elles arrivent légalement et non pas par les tunnels.

Les Israéliens autant que les Palestiniens sont bien conscients des effets que peuvent avoir ce type de projets commerciaux apparemment grandioses sur l’opinion publique: le centre commercial qui s’est ouvert à Gaza en 2010 a été qualifié dans de nombreux médias de «centre commercial de luxe» prouvant que les Palestiniens ne souffraient pas du blocus. Ce centre, je l’ai visité en mai dernier. Il n’était ni luxueux, ni animé: c’est une structure de taille modeste, où se répartissent sur deux étages une poignée de boutiques sans rien de chic, où de rares clients viennent acheter des vêtements made in Israël et des articles ménagers de base.

Vêtements made in Israël

Par certains côtés, la bande de Gaza contrôlée par le Hamas ressemble à un vaste chantier à ciel ouvert et il faut admettre que le front de mer de la ville de Gaza est longé de nouveaux restaurants. Ces dernières années, Israël a relâché un peu son blocus, permettant à certains matériaux de construction de passer. Le reste passe par les tunnels, mais au compte-gouttes. Gaza –ou du moins la ville de Gaza– commence à montrer les signes d’une amélioration économique de base.

Les produits de consommation courante arrivent et l’on trouve toutes sortes d’articles, des sous-vêtements féminins aux ustensiles de cuisine, dans les équivalents palestiniens des «Tout à 1 euro» (2,5 shekels, soit 50 centimes d’euro environ). Quoi qu’il en soit, l’hôtel Al-Mashtal n’est que l’un des signes du lent redressement de Gaza. Dans la ville de Gaza, les rues jadis criblées de trous sont aujourd’hui reconstruites avec de beaux trottoirs de briques. Ancien ministre de l’économie du Hamas, Ziad al-Za Za m’a dressé une liste interminable des projets actuellement en cours, allant de la réfection des routes à la reconstruction de zones résidentielles.

Lorsque j’étais sur place, Gaza était en plein milieu d’une campagne pour un «Gaza vert» impliquant, entre autres mesures, la plantation d’arbres le long des rues (selon Ziad al-Za Za, le but serait de planter 1 million d’arbres). Une campagne de sécurité routière avait également cours; les étudiants en art locaux avaient été embauchés pour peindre des fresques colorées représentant des accidents de la route et incitant les habitants à conduire prudemment.

Les représentants du Hamas que j’ai rencontrés à Gaza étaient optimistes quant aux perspectives économiques, du moins pour leur propre compte. Après avoir signé un accord de réconciliation avec le Fatah, qui contrôle la Cisjordanie, Mahmoud al-Zahar, l’un des dirigeants du Hamas, a fait un tour éclair du monde musulman à la recherche de fonds. «Après l’accord, j’ai rencontré de nombreuses personnes des ambassades arabes et du monde islamique, m’a-t-il confié. Ils sont prêts à nous financer, pour les salaires et la reconstruction.»

Les pays arabes ont déjà donné quelque 30 millions de dollars pour la reconstruction des rues de Gaza et des fonds supplémentaires sont attendus. «L’argent, sourit al-Zahar, est le cadet de nos soucis.»

Blocus relâché mais toujours en place

Toutefois, une grande partie des investissements réalisés par le Hamas à Gaza est, au mieux, superficielle, et malgré l’amélioration des rues et des bâtiments, les perspectives d’emploi sont encore désespérantes et le blocus, même s’il s’est relâché, reste en place. À vrai dire, l’hôtel Al-Mashtal illustre bien l’un des dilemmes fondamentaux de l’économie de Gaza: La bande de Gaza est aujourd’hui assez ouverte pour obtenir les matériaux nécessaires à la construction de projets comme un hôtel cinq-étoiles, mais elle n’a pas l’économie nécessaire pour assurer la viabilité de tels projets.

Faut-il y voir un mauvais signe? L’hôtel a déjà changé deux fois de chaîne. À l’origine, il devait faire partie du groupe Marriott, mais en 2004, il a été rattaché à la chaîne hôtelière suisse Mövenpick. Plus récemment, toutefois, il a cessé d’être un hôtel Mövenpick pour devenir un hôtel «ArcMed».

Agha m’a expliqué que l’hôtel était récemment passé sous le contrôle du groupe ArcMed, qu’il a décrit comme «une chaîne hôtelière basée en Espagne» (je ne suis pas parvenu à identifier les autres hôtels de la chaîne, dont le nom de domaine Internet n’a été enregistré qu’en mars de cette année. «Nous possédons des hôtels en Espagne et au Moyen-Orient», indique le site Internet du groupe, qui affirme aussi «défendre les principes de défense des différentes cultures, la solidarité entre les peuples, la lutte contre les discriminations et la coexistence pacifique»).

Maintenant que l’hôtel est fini, une question demeure : qui va y venir? En dehors des visites de quelques soutiens politiques, le tourisme est quasiment inexistant à Gaza. Et l’établissement ne peut compter sur une clientèle locale car, même à prix réduits, la plupart des Palestiniens ne pourraient jamais se permettre une chambre dans ce type d’établissement. Agha affirme que le projet est de se concentrer sur les étrangers.

Pendant que nous arpentions l’hôtel vide, Agha me montrait les équipements du palace. Cela allait des simples détecteurs de fumée à des portes en bois sculpté importées d’Égypte, d’une valeur de 30.000$. Certains détails particulièrement élégants, comme le bar plein de verres à martini d’allure très onéreuse, semblent être des investissements bien étranges compte-tenu de l’interdiction de l’alcool imposée par le Hamas. «Il y a tout ce qu’il faut», disait Agha.

Tout sauf les touristes.

Sharon Weinberger

Traduit par Yann Champion

Quand Google Earth sert à attaquer Israël

Abou Saïf fabrique des roquettes pour les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa. Et il adore Google Earth. Un soir, il y a peu de temps, je me suis assis à côté de lui pour qu’il me montre de quelle manière il utilisait le célèbre logiciel de cartographie par satellite afin de localiser ses cibles en Israël.

«La technologie ne cesse de s’améliorer, m’a-t-il dit. Au début de la lutte, nous n’avions que des Kalachnikov. Nous sommes ensuite passés aux attentats suicides, puis aux roquettes de fabrication locale et maintenant nous avons des roquettes Grad».

C’est là que Google Earth entre en jeu. Créé avec l'aide du fonds d'investissement de la CIA, le logiciel de cartographie par satellite est aujourd’hui devenu l’outil de prédilection des fabricants de roquettes, qui s’en servent pour localiser leurs cibles. Les cartes classiques deviennent très vite obsolètes et, à l’inverse de Google Earth, elles ne renseignent pas sur la situation exacte des bâtiments, des routes et autres cibles potentielles.

Toutefois, si j’étais venu voir Abou Saïf, ce n’était pas tant pour Google Earth que pour les rumeurs indiquant que les tireurs de roquettes de Gaza étaient en train d’importer de nouvelles technologies, y compris des missiles guidés, pour viser Israël.

Les fabricants de roquettes sont entourés d’une aura de mystère. Pour rencontrer Abou Saïf (un «nom de guerre» signifiant «père de Saïf»), on m’a demandé de descendre en voiture une rue bien précise du centre de la ville de Gaza, où un jeune homme a sauté dans notre véhicule pour nous indiquer le point de rendez-vous. L’électricité n’étant disponible que quelques heures par jour dans certaines parties de la ville, nous sommes même tombés dans un escalier sombre que nous éclairions uniquement avec nos téléphones portables.


En 2008, alors que les roquettes pleuvaient sur le sud d’Israël, les journalistes visitaient fréquemment ces «ateliers», où des activistes élaboraient des missiles sommaires baptisés «Qassams», du nom de l’aile militaire du Hamas. Plus tard, cependant, la fabrication des roquettes a ralenti (les activistes respectaient à l’époque un cessez-le-feu difficile, conclu entre les deux groupes palestiniens notoirement opposés). Ma rencontre avec Abou Saïf a eu lieu dans une petite pièce d’appartement, décorée d’un poster floral orange et d’un bouquet en plastique assorti. On entendait un bébé pleurer à l’arrière.

C’était un cadre somme toute assez familial pour une rencontre avec un fabricant de roquettes, d’autant qu’ils sont devenus de véritables rock-stars à Gaza ces dernières années, ou du moins des stars tout court. D’une certaine manière, la fabrication de roquettes est presque devenue une sorte de tv-réalité de l’extrême, car les combattants ont compris qu’il est tout aussi important (si ce n’est plus) de jouer avec les caméras que de véritablement tirer des roquettes. Les groupes tels que les Brigades des martyrs d’al-Aqsa tournent régulièrement des vidéos maisons, semi-écrites à l’avance, avec effets spectaculaires et décors cheaps à l’appui.

25 minutes pour préparer une roquette

Pour tout dire, durant toute l’interview, Abou Saïf était entouré d’une petite bande de jeunes qui, à l’instar des personnes qui gravitent autour des célébrités, semblait n’avoir d’autre fonction que de renforcer l’importance de la star.

Aucune fabrication de roquette n’étant prévue le soir de ma visite, Abou Saïf m’a proposé de regarder une vidéo que son groupe avait tournée pour Al Jazeera une semaine auparavant (il insista également pour que notre entrevue soit filmée). Assis tranquillement, nous avons donc regardé durant une demi-heure environ une vidéo montrant les activistes préparer le combustible, puis l’intégrer au corps rempli de shrapnel (il faut compter environ 25 minutes de fabrication par roquette). Abou Saïf n’a pas voulu parler des ingrédients.

«C’est du sucre?», ai-je demandé en voyant Abou Saïf et ses collègues masqués verser une substance cristallisée dans un saladier.

«Non, pas du sucre», a répondu Abou Saïf en souriant.

Cela ressemblait toutefois beaucoup à du sucre. En dépit de ce qu’a pu dire Abou Saïf, le sucre et les engrais servent souvent à la fabrication des roquettes Qassam.

Les tirs de roquettes ont ralenti, mais les militants de Gaza ne cessent d’essayer d’améliorer leurs créations, en tentant notamment d’en améliorer la portée. Ils ont également commencé à tirer des roquettes Grad, une arme de l’ère soviétique, aujourd’hui dépassée, mais dont la portée dépasse celle des roquettes artisanales Qassam.

Abou Saïf au premier plan

«Les Qassams sont des roquettes de base. Elles ne sont pas de bonne qualité, s’est plaint Abou Saïf. À vrai dire, même les Grads ne sont pas très bonnes. Elles sont trop vieilles.»

Durant longtemps, les Grads étaient difficiles à trouver, mais dernièrement, d’après Abou Saïf, elles sont de plus en plus nombreuses à arriver par les tunnels et toutes les factions activistes en possèdent. Elles restent toutefois onéreuses –elles sont plus chères que les roquettes de fabrication locale— et les activistes les utilisent donc avec parcimonie. Abou Saïf nous a affirmé que le dernier tir de roquettes réalisé par son groupe, un mois auparavant, comprenait une Grad, expressément destinée à «envoyer un message» aux Israéliens.

Une guerre de l'argent

Pour comprendre qu’une Grad adresse un message plus parlant qu’une roquette pleine de sucre, il faut être dans la logique bizarre de guerre psychologique qui s’est installée entre Gaza et Israël. Bien que les roquettes non guidées puissent tuer (d'après the Israel Project, une organisation basée aux États-Unis, 21 personnes en Israël ont été tuées par des tirs de roquettes ou de mortier), la grande majorité atterrissent sur des terrains déserts.

Toutefois, il suffit que quelques-unes touchent leur cible pour semer la panique chez les Israéliens qui vivent près de la frontière. Les militants sont bien conscients que leur véritable rôle –comme avec les attentats suicides– est d’effrayer l’opposant.

Israël a trouvé une réponse au problème psychologique que représentent les roquettes: un dispositif de 200 millions de dollars baptisé «Dôme d'acier», destiné à abattre les roquettes avant qu’elles ne touchent Israël. Des critiques se sont élevées pour demander si ce système de défense aérienne très sophistiqué, qui coûte des dizaines de milliers de dollars, était vraiment le moyen le plus pertinent de lutter contre des roquettes qui ne coûtent que quelques centaines de dollars à tirer.

La réponse m’a été apportée par un général israélien à la retraite: le «Dôme de fer» décourage les tirs de missiles parce qu’il les rend moins efficaces: «Cela coûte désormais très cher aux Palestiniens. Si le Hezbollah et le Hamas sont un peu sensés, ils comprendront que ce n’est pas la peine de continuer.». Ilon Bitton, ancien commandant de la défense aérienne, m’a expliqué que même les roquettes bon marché nécessitent des moyens –aussi bien en termes financiers qu’humains (beaucoup de combattants palestiniens sont tués par des drones israéliens lorsqu’ils tirent des roquettes).

Toutefois, le principe de la dissuasion implique que l’autre côté croie que votre système de défense fonctionne. Et ce n’est visiblement pas le cas, tant les activistes de Gaza donnent de raisons (parfois alambiquées) de croire que le Dôme d’acier ne sera pas capable d’abattre leurs roquettes.

Abou Saïf, par exemple, affirme que le Dôme d’acier ne peut déceler que les missiles embarquant de l’électronique et qu’il est donc incapable d’intercepter les roquettes artisanales de Gaza (c’est faux: le Dôme d’acier utilise un radar qui traque la trajectoire des roquettes; il a été conçu spécifiquement pour les menaces à courte portée, comme les roquettes Qassam et Grad.)

Mais même si les militants de Gaza n’ont pas toujours bien compris le principe électronique du Dôme d’acier, ils ont bien noté ce que beaucoup estiment être un inconvénient majeur: c’est un système onéreux qui ne peut vraisemblablement pas intercepter toutes les roquettes tirées. «Les Israéliens dépensent beaucoup d’argent pour ce système de défense, mais lors de la dernière attaque, nos roquettes sont passées», m’a déclaré Abou Hamza, l’un des leaders de Saraya Al-Quds, l’aile armée du Jihad islamique.

Pour tout dire, si Israël a amélioré son système défensif, les activistes de Gaza ont aussi amélioré leurs roquettes. Au fil des ans, ils sont devenus plus adeptes de la précision, avec l’aide de Google Earth. Depuis le retrait unilatéral des colonies israéliennes de Gaza en 2005, notamment, les tirs de roquettes, pour être efficaces, doivent gagner en portée.

Était-il plus difficile de viser les positions israéliennes avant l’apparition de Google Earth, en 2005? J’ai posé la question à Abou Saïf. «Non, c’était plus facile, m’a-t-il répondu en souriant. Parce que les colonies se trouvaient alors à Gaza-même.» 

Mais dernièrement, la situation pourrait encore avoir évoluée. En avril dernier, des terroristes ont tiré sur Israël ce qui s'avéra être un missile à guidage laser, qui toucha un bus scolaire. Lorsque je lui ai demandé si les groupes n’étaient pas sur le point d’utiliser une technologie, Abou Saïf a répondu de manière évasive qu’ils feraient une annonce lorsque l’heure serait venue.

«Un jour ou l’autre, m’a-t-il dit, le Grad appartiendra au passé».

Sharon Weinberger

Traduit par Yann Champion

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