Hadopi: Ce que nous vivons, Monsieur Copé, s'appelle une révolution culturelle
La réponse d'une jeune fille de 17 ans fan de jazz
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Nolwenn Tavarson, de son pseudo Plume, est une lectrice de Slate.fr. «J'ai 17 ans et je suis en terminale S, en Bretagne», nous a-t-elle écrit quand nous lui avons proposé de republier ce texte qui se trouvait au départ en commentaire sous la tribune de Jean-François Copé sur Hadopi. Nolwenn Tavarson a proposé de retravailler ce texte avant de le publier.
Hadopi tue les artistes, oui oui, vous avez bien entendu, elle les tue. Ce que nous vivons Monsieur Copé s'appelle une révolution culturelle: comme celle de l'écriture (adieu mémoire infaillible des orateurs), celle de l'imprimerie (adieu moines copistes) ou celle — dans une moindre mesure — de la mondialisation avec l'apparition des multinationales pour la distribution de la musique (adieu petits disquaires de quartier). Cette révolution est un accès à la culture musicale inégalé avec une richesse infinie promettant la pérennisation d'une diversité culturelle sans égal et de manière égalitaire. Ne vous offusquez pas et finissez de me lire... vous apprendrez peut-être quelque chose d'une gamine de 17 ans sur l'innovation.
Les incohérences de la loi
Je ne m'attarderai pas là dessus, car ce n'est pas mon argumentaire, je ne fais que reprendre certains arguments logiques présentés maintes fois, d'ailleurs ces arguments vous pouvez les retrouver sur internet: de nombreux esprits avisés, des internautes citoyens, ont à travers le web réfléchi consciencieusement à tous les mécanismes de cette loi.
VPN privé, P2P encrypté, direct download, le réseau freenet, le logiciel Tor, cryptage systématique des données ou encore le bon vieux système de prêt de disques durs et bien d'autres, sont des moyens sûrs de s'approprier une œuvre et ils vont tendre à se développer. Les hackers (non pas les méchants, plutôt ceux embauchés par les gouvernements, ces gens passionnés adeptes de défis) vont rapidement développer des moyens pour contourner ces mesures (ils le font pour les régimes autoritaires bridant tout le réseau comme l'Arabie Saoudite ou la Chine). Ils seront ainsi démocratisés et adaptés pour être installés facilement sur de nombreux ordinateurs. Entraînant parfois peut-être des effets indésirables et problématiques: la prolifération à grande échelle des moyens de cryptage du réseau français rendra la tâche impossible aux policiers pour traquer les pédophiles, contenus antisémites, etc.
Un des aspects de cette loi met en place un délit de non surveillance de son accès Internet. En effet, il a été dit que les internautes devraient sécuriser leur réseau wifi. Pas si facile quand on sait que même dans les bâtiments du gouvernement les réseaux wifi sont interdits car impossibles à sécuriser! Si même l'Etat français ne peut sécuriser un réseau wifi, monsieur tout-le-monde le pourrait-il?
Apparemment oui, il faudrait ainsi donc payer pour pouvoir faire preuve de sa bonne foi, payer ce logiciel «pare-feu» pour ne pas être suspendu de connection internet. D'ailleurs, on ne sait même pas quel est ce logiciel (non-interopérable avec tous les systèmes d'exploitations de surcroit). Un pare-feu qui bloquera donc les téléchargements ou un journal des connexions entrantes dans l'ordinateur ou autre encore, le doute règne.
Les ayant droits devront ainsi payer des société privés afin qu'elles trouvent les contrevenants. Mais pensons-nous aux inégalités des moyens financiers de ces ayant droits? Entre le petit indépendant qui veut survivre et la grande major qui n'hésite pas à donner beaucoup pour que personne ne télécharge sa musique, il y a un gouffre financier. Pas sûr que ces deux exemples auront les mêmes chances face aux pirates.
De plus, de nos jours, il est de moins en moins rare qu'un seul modem donc une seule adresse IP ne déserve qu'un seul appareil informatique: ordinateurs de bureau ou ordinateurs portables pour des utilisations différentes ou selon les membres de la famille. De fait en installant ce «pare-feu» sur un seul ordinateur par exemple, on peut télécharger en toute impunité via un autre ordinateur sur la même IP et en même temps montrer patte blanche à l'HADOPI.
Le coût de cette loi: énorme. Et c'est le contribuable qui va payer: plutôt que de réprimer à tout prix, ne pourrions nous pas réinvestir cette somme d'argent dans le spectacle vivant ou tout autres projets culturels? Car c'est tout le monde qui payera pour l'application de cette loi: au travers des impôts, puis ceux qui voudraient se protéger via ce «pare-feu» et ceux qui payeront leur abonnement sans avoir accès à Internet car étant suspendu alors qu'ils n'ont pas piraté, nous avons ici trois sources de dépenses différentes pour les citoyens innocents si cette loi est mise en place.
Cette petite liste non-exhaustive des arguments contre la forme permet d'offrir un aperçu des incohérences de la loi Hadopi. Face à cette loi inadaptée à la réalité, il est temps de faire le pari de l'innovation.
Du téléchargement à la rémunération des artistes : innovons
Je vais ainsi parler un peu de moi. J'ai 17 ans, même pas fini mes études secondaires et j'ai découvert le jazz. Une passion qui est née grâce au streaming. Je me retrouve ainsi avec des goûts musicaux un peu différent de la majorité des jeunes de mon âge. Allumez la radio, allumez la télé, et vous pourrez entendre les mêmes genres musicaux, les mêmes artistes, les mêmes musiques qui reviennent souvent, produites par ces fameuses grosses Majors.
Les artistes donnent à travers leur contrat une énorme partie de leur chiffre d'affaire, presque toujours au-dessus de 50%, pour se voir éditer leur CD et être largement diffusé ou simplement pour se retrouver sur des plateformes de téléchargement légales.
Ce que les industries culturelles ont mis longtemps à comprendre, c'est qu'il n'y aura bientôt plus de CD et plus besoin des mass médias pour se faire entendre. Aujourd'hui, n'importe quel artiste peut se diffuser par le web et s'il est bon, il y trouvera son public (Par exemple les initiatives de Radiohead ou de Nine Inch Neils sont les plus connus).
L'Internet est une fabuleuse chance de richesse culturelle et d'accès pour tous à la culture musicale. Une chance pour les artistes qui peuvent ne plus dépendre de ceux qui prennent une partie non négligeable de leur revenu et peuvent se passer de maison de disque, réunir des techniciens, enregistrer en studio et se trouver diffuser sur le web. Internet bouleverse les enjeux de la culture musicale, et nous devons nous adapter plutôt que de résister au progrès.
En innovant, nous nous offririons le luxe d'être légal et de couper l'herbe sous le pied du téléchargement. C'est un pari audacieux que de miser des promesses, ainsi vais-je apporter une solution en m'inspirant du modèle économique d'un logiciel: Spotify.
Ce logiciel est du streaming combiné à du partage en peer-to-peer, ainsi le débit est fluide et les hébergeurs de Spotify n'ont pas à supporter les énormes frais de la bande passante nécessaire. Soit vous acceptez la publicité sur le logiciel et l'écoute est gratuite soit vous payez 10euros/mois et vous n'avez pas de pub. Dans les deux cas vous rémunérez d'une manière où d'une autre les artistes que vous écoutez. J'ai envie de dire: regardez, la licence globale ou contribution créative ou quelque soit son nom, existe déjà!
Tous, vraiment tous les témoignages que j'ai pu lire attestent qu'avec une utilisation de sites ou logiciels de musique streaming, les gens ont arrêté de télécharger: pourquoi continuer à télécharger ce que l'on à portée de main et de manière plus rapide et en meilleur qualité?
Avec l'extension de la couverture des réseaux tels que EDGE ou la 3G, la multiplication des spots wifi gratuits ou ouverts par les particuliers, entreprises et écoles, le développement de la Wimax ainsi que la large adoption des plateformes mobiles (PC portables,netbook, smartphones), toute l'évolution des réseaux de communications et les moyens d'y accéder vont permettre à long terme d'avoir un accès global, décentralisé et dématérialisé de la culture musicale à travers le streaming.
Libérer la représentation d'une œuvre à travers du streaming en illimité permettrait aux artistes d'être plus facilement connus. On pourrait alors passer d'une économie de la gratuité à une économie de rareté sur des produits physiques à forte valeur ajoutée tels que les dvds de luxe, des places des concerts, des articles dérivés, etc. Quand on aime, on ne compte pas et c'est bien une histoire d'amour qui existe entre les artistes et leurs publics.
Personne ne veut la mort des artistes mais aujourd'hui, pouvoir accéder rapidement et sans payer à la culture musicale est entré dans les mœurs. Pourquoi ne pas simplement répondre à la demande du marché en permettant la représentation illimitée des œuvres de l'esprit que produisent les artistes tout en développant une économie de rareté sur des produits physiques et rares que les fans réclament?
A 17 ans, c'est mon idéal: l'accès à la culture musicale pour tous, que chaque artiste ait sa chance et son public tout en étant rémunéré. Cet idéal ne peut se réaliser sans l'adhésion du gouvernement qui pourrait alors veiller à cet accès à Internet pour tous tel que le prévoit le plan Besson numérique 2012.
Au lieu de réprimer, innovons et devançons l'illégalité en refondant une économie de la culture dépassée par les innovations technologiques. C'est un espoir formidable pour la culture, pour tous les citoyens et vous avez raison monsieur Copé, qui mérite que l'on s'y attarde!
Mis à jour le 06/10/2010 à 17h20











![[Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible» [Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/peillon_4.jpg)































Encore bravo Plumes ! Continuez !
Je me contenterais d'ajouter que pour envisager l'avenir vous êtes sûrement plus compétente qu'une personne qui (avec brio) a passé une bonne partie de sa vie professionnelle à conserver le passé.
Chapeau bas !
Bravo, pour votre enthousiasme. Je ne défendrais pas, bien entendu, le projet Hadopi, qui est une mauvaise réponse à une mauvaise question et pour de mauvaises raisons. L'Universalité est un magnifique concept pour lequel je milite depuis de nombreuses années et je ne puis que louer votre adhésion à celui-ci, constatant ainsi, que la relève est assurée et que l'amour du Jazz y contribue largement.
Néanmoins, je ne suis pas persuadé que la grande majorité des téléchargements "sauvages", relèvent des motivations que vous nous exposez. En outre la "gratuité" absolue est une utopie et dans le cas improbable où une brèche s'ouvrirait, elle serait aussitôt exploitée, l'imagination de l'homme dans un but lucratif étant sans limite.
Enfin, concernant le "streaming", dont la gratuité est illusoire, ne serait-ce que par la nécessité d'établir une connexion, via un opérateur; je ne suis pas persuadé que ce soit la liberté recherchée à travers la culture, en tous cas pas la mienne, j'aime écouter MA musique OU je veux et QUAND je veux et dans ce cas je ne puis éviter la notion de "propriété".
Plume nous dit « Hadopi tue les artistes », et quelques lignes plus tard, elle nous dit avec réjouissance « adieu petits disquaires de quartier ». Donc si je comprends bien, on peut tuer Farid, le disquaire sympa en bas de chez moi, mais pas touche à Olivia Ruiz ? Dans un cas c'est super, c'est une "révolution culturelle", et dans l'autre, ça serait intolérable ? Quand je ne pourrais plus acheter mes disques chez lui, j'irai où ? Sur fnacmusic.com ? Super, le facteur humain passe complètement à la poubelle, comme d'habitude. C'est comme les hypermarchés, c'est la logique du plus grand choix, de la plus grande facilité, soit l'industrialisation de la vie humaine. D'ailleurs même les hypermarchés se retrouvent sur Internet, ah là là qu'est-ce que ça sera bien quand tout sera enfin sur Internet, qu'on pourra vivre toutes ces heures chaque jour derrière une couche d'abstraction en forme d'écran...
« Entraînant parfois peut-être des effets indésirables et problématiques; la prolifération à grande échelle des moyens de cryptage du réseau français rendra la tâche impossible aux policiers pour traquer les pédophiles, contenus antisémites, etc. »
N'importe quoi, comme si Hadopi allait engendrer l'anonymat sur Internet. S'il doit y avoir une "prolifération" de l'anonymat, ça sera plutôt les criminels, les terroristes, les activistes dissidents qui vont s'en donner les moyens plutôt que le type qui veut écouter le dernier album de Moby. Ça paraît pas évident ? [D'ailleurs, petite parenthèse hors-sujet, si vous visitez les sites web de projets tels que TOR ou Freenet, vous verrez que selon les créateurs de ces réseaux, l'anonymat doit exister pour tout le monde ou pour personne, et eux ont choisi tout le monde, criminels inclus. On sent que vous regardez trop la télé quand on constate que les deux crimes qui vous viennent tout de suite à l'esprit sont la pédophilie et l'antisémitisme (pas le racisme bien sûr qui englobe tout le monde, mais l'antisémitisme). Puisque vous êtes en Terminale, parlez plutôt de la liberté d'expression à votre prof de philosophie. Ça m'étonnerait beaucoup qu'il vous dise « la liberté d'expression c'est laisser les gens dire ce qu'ils veulent sauf quand ça choque mes idées, sauf quand ça choque l'opinion du plus grand nombre ». Sur ce point, je suis persuadé que vous êtes parfaitement d'accord avec les idées de monsieur Copé, qui lui aussi pense qu'il faut contrôler les idées diffusées sur Internet. Les projets Freenet et autres sont conçus pour lutter contre les gens qui pensent que la loi peut définir la Vérité et priver de parole ceux qui sont contre la Vérité Officialisée. À ce moment là, il ne nous resterait plus qu'à créer un Ministère de la Vérité.]
Mais le plus grave dans tout ça, c'est votre mépris inconscient de l'artiste pour votre profit. Vous voulez la commodité, la gratuité, le choix, l'instantanéité. Bref vous voulez les avantages habituels de l'attitude consumériste que vous vantent toutes les publicités dont vous vous abreuvez. Mais supposons que je crée une chanson. C'est mon droit, non ? Supposons ensuite que je décide de vendre cette chanson pour le prix de 50 euros. C'est un prix ridiculement élevé, mais là encore pourquoi pas, c'est interdit d'être ridicule maintenant ? Supposons encore que je refuse que ma chanson soit téléchargée, pour une raison ou une autre qui m'appartient. C'est le cas de très nombreux artistes en France et dans le monde. De quel droit allez-vous bafouer ma volonté ? Parce que c'est plus pratique pour vous, vous allez obtenir ma chanson comme bon vous semble au détriment de la volonté de l'artiste ? Dans ce cas, je ne comprends pas comment vous pouvez apprécier la chanson alors que vous piétinez la volonté du chanteur. Que cette volonté soit idiote ou non n'est pas le problème. Dans un tel cas, vous volez la liberté de l'artiste de proposer sa chanson aux gens comme il l'entend. C'est lui qui a créé cette chanson, alors ça serait peut-être bien que ce soit lui qu'on respecte. C'est sans doute plus grave que les euros qui n'iront pas dans sa poche à cause du téléchargement.
Passons outre le jugement hâtif et très certainement erroné que vous faites par rapport à l'utilisation du terme d'antisémitisme et de l'hyperinformation dont ma génération fait l'objet. J'ai 17 ans.
Il y a une phrase qui a retenu mon attention :
"N'importe quoi, comme si Hadopi allait engendrer l'anonymat sur Internet. "
Je suis passionné d'informatique, mon entourage, passionné lui aussi, met en oeuvre des solutions pour contrer cette loi, sur le plan technique, les solutions existent, je m'explique : passons par un serveur hébergé en allemagne (à l'heure de l'union européenne, quoi de plus facile ?), sur ce serveur, en cherchant quelques informations, j'installe un programme utilisant BitTorrent, permettant d'échanger des fichiers en p2p, après, il suffit d'installer un cryptage TLS sur le serveur FTP installé sur cette fameuse machine hébergée en Allemagne par une grande entreprise de télécoms qui vient de se lancer dans l'hébergement de serveurs dédiés.
Combien de temps est-ce que cela me prendra ? Peut-être 20 minutes, 30 si je prends le temps d'aller me faire un café.
Mis à part cet argument, je suis plutôt d'accord avec votre point de vue sur les échanges par pixels interposés.
Cordialement,
Dr. Feel Good
Ce que je voulais dire, c'est que Hadopi ne va pas ouvrir la voie de l'anonymat aux criminels (terroristes, voleurs de numéros de carte de crédit, pédophiles, etc.) car ceux-là ont déjà les compétences pour être anonymes, bien plus que monsieur tout-le-monde qui veut télécharger le dernier morceau de Calogero. À la DGSE, il y a une unité de décryptage des communications terroristes depuis longtemps, où des mathématiciens de haut niveau s'échinent à décoder les messages interceptés. Ce n'est pas Hadopi qui va compliquer la tâche de ce genre de service, contrairement à ce que dit Plume dans cet article.
Sérieusement, si le piratage se résumait aux gens qui ont la motivation et les moyens de piloter à distance une machine située dans un pays étranger, l'industrie du disque n'en aurait rien à faire. Et par ailleurs, quand l'Europe aura englouti les nations, ce n'est plus en Allemagne qu'il faudra aller mais en Amérique, en Afrique ou en Asie (en attendant le gouvernement mondial que nos hommes politiques essaient de nous vendre, ce qui finira bien par arriver).
Comment feront ceux qui n'ont pas les connaissances techniques, soit sans doute plus de 95% de la population mondiale ? La plupart des gens ne peuvent pas utiliser le mail si ce n'est pas par un webmail (je le sais puisqu'on me demande souvent de configurer des clients mail), alors piloter une machine distante, crypter les connexions, etc., n'en parlons pas. Ça restera un truc de geek et l'industrie du disque s'en fiche bien car ça représente peu de monde.
Cher Raco, vous faites erreur quand vous dites que Hadopi ne va pas compliquer la tâche de la DGSE (dont vous surestimez les ressources à mon avis) ou autre organisme, elle va de fait la compliquer puisque la quantité de données cryptées, qui est déjà très importante, va encore augmenter, donc au mieux ça va de toute façon les obliger à investir dans d'avantage de matériel et de personnel ou du matériel plus performant, sans compter qu'il y'a des limites techniques insurmontables qui font qu'ils ne pourront jamais tout "sniffer", ils ne le peuvent déjà pas mais actuellement ils peuvent cibler leur action, ce qui deviendra également plus difficile...
Par ailleurs quand vous dites qu'il est compliqué d'utiliser le cryptage ou de passer par des proxys ou tout autre méthode, c'est certes compliqué dans le détail, mais se connecter sur internet est déjà très compliqué , il y'a quelques années pour se connecter il fallait taper des scripts de connexion et d'authentification (pap, chap...) et peu de gens savaient le faire, or il se trouve toujours des gens pour simplifier les outils informatiques, aujourd'hui vous ne faites rien de spécial pour vous connecter votre box le fait toute seule... Pour le peer-to-peer les premiers outils ne brillaient pas par leur convivialité on voit bien les progrès qui ont eu lieu depuis, le cryptage par exemple est déjà actif par défaut dans les clients BitTorrent les plus populaires et ce depuis longtemps, utiliser un proxy n'est pas compliqué non plus car il y'a des outils simples pour gérer cela (plugins Firefox tels que Switchproxy) je pourrais également citer l'exemple les newsgroups, télécharger une video depuis usenet avec un simple client newsgroup est très compliqué mais il existe des logiciels qui simplifient cette tâche, bref tout ceci pour dire que la créativité ne fait pas défaut sur internet et contourner l'Hadopi peut très bien se résumer pour l'utilisateur à cliquer sur un bouton rouge ou sur un bouton vert, cela ne restera pas forcément un "truc de geek"...
"Donc si je comprends bien, on peut tuer Farid, le disquaire sympa en bas de chez moi, mais pas touche à Olivia Ruiz ?"
Cette phrase m'a refait penser à un article que j'ai lu il y'a peut-être 15 ans si ce n'est pas 20 dans SVM ou Science&Vie 'tout court' je ne sais plus, dans lequel on expliquait qu'avec l'apparation des premiers graveurs de CD et les frémissements de l'internet certains métiers seraient amenés à changer, tel que celui de... disquaire ! il y'avait même un descriptif intéressant: le disquaire téléchargeait les chansons et les gravait à la demande ce qui lui évitait d'avoir tout le catalogue dispo sans stock et permettait d'acheter les chansons à l'unité et non un album entier, etc... On voit bien à quel point les industriels de ce secteur sont complètement passé à côté d'une évolution qui était pourtant prévue de très longue date...
ce n'est pas parce que c'est originellement un commentaire de lecteur qu'il faut laisser toutes les fautes d'orthographe, qui par ailleurs enlèvent beaucoup de crédibilité à l'article et à son auteur
J'aime cet enthousiasme, cette créativité dans la réflexion. Mettons-là à l'épreuve de la contradiction.
"Ce que nous vivons Monsieur Copé s'appelle une révolution culturelle: (...) Cette révolution est un accès à la culture musicale inégalé avec une richesse infinie promettant la pérennisation d'une diversité culturelle sans égal et de manière égalitaire".
J'ai un peu de mal à saisir l'importance capitale de pouvoir s'offrir à bon compte une si large "culture musicale". Vous en parlez comme s'il s'agissait de pain et d'eau, de santé et de survie. Remettons les choses à leur place : il ne s'agit là que de connaissances ludiques et communautaristes qui ne deviennent importantes qu'en cas de professionnalisation avérée. Pour l'immense majorité des amateurs de musique, cette ouverture culturelle n'est qu'un loisir comme un autre. Pour les autres, un investissement nécessaire en temps et en argent. Est-il raisonnable de demander le démantèlement de tout un équilibre économique pour si peu ?
Rien n'empêche de laisser perdurer un modèle gratuit, via Internet, à côté d'un modèle commercial permettant aux meilleurs d'en tirer rémunération. Le gouvernement tente simplement de protéger l'équilibre de la partie qui ne désire PAS être partagée sans rémunération (comme l'a dit un intervenant précédent). La liberté pour les adeptes du libre et gratuit (voire du shareware, giftware, ou sponsorisé par la publicité) ne devrait pas limiter la liberté des adeptes de la création rémunérée à proportion des ventes (donc de la décision volontaire de ceux, artistes et acheteurs, qui acceptent cette règle du jeu). L'un et l'autre ne sont pas contradictoires. Vouloir s'approprier les oeuvres des artistes non-adeptes du "libre" reste du vol.
Peut-être devrions-nous imaginer une loi qui spécifierait lesquels, parmi les artistes, désirent ou non que telle ou telle oeuvre soit diffusée selon les principes du "libre" et quels sont ceux qui le refusent, demandant par là protection et intervention de la justice (via leurs éditeurs) ? Peut-être serait-il possible de créer une "association des artistes désirant fonctionner selon une licence globale privée" (avec redevance à payer par ses membres) ? Mais lancer simplement une OPA, une privatisation (ou plutôt "dé privatisation"), une confiscation de la propriété d'un artiste pour le simple plaisir de quelques révolutionnaires virtuels me semble pour le moins manquer du plus élémentaire respect.
"De toute façon, le téléchargement illégal est devenue la règle" : là aussi, s'appuyer sur l'anonymat de la foule et le "fait acquis" pour imposer une dépossession arbitraire me fait l'effet d'un "putsch", d'un coup d'état, bien peu démocratique…
Le mot "majors", dans votre bouche, ressemble à une insulte. Qu'est-ce qu'une "major" ? Simplement un intermédiaire chargé d'organiser des avances sur droits, des campagnes publicitaires, des concerts et des ventes de CD. C'est l'AUTEUR lui-même qui décide d'y avoir recours. Rien ne l'empêche de s'en passer et de se débrouiller seul, voire de payer des gens pour organiser tout ça (André RIEU ?). Et si certains y arrivent grâce à Internet, c'est magnifique : encouragez ce principe, mais PAS au détriment des autres. Car quoi que vous disiez, derrière les majors, il y a avant tout des AUTEURS. Etes-vous réellement CONTRE les artistes ?
Enfin, j'aimerais entendre votre point de vue du côté "artistes". On a bien compris l'importance, pour vous, de la culture musicale pour les amateurs. Mais de l'autre côté, si vous étiez une grande musicienne de Jazz, comment procèderiez-vous ? Et comment jugeriez-vous vos camarades musiciens qui auraient choisi de travailler derrière un Label et de faire payer chacun de ses CD ?
Je ne suis pas un fervent supporter de Hadopi dans son ensemble, car il me semble que les problemes techniques pour la mettre en place vont etre nombreux. Pourtant, sur le fond c'est une loi qui va dans le bon sens. Il faut bien prendre le probleme du piratage a bras-le-corps car il est en train de detruire toute une industrie. Non Mademoiselle, Hadopi ne tue pas les artistes, c'est avant tout le piratage qui les tue !
La solution proposee par Nolwenn est une utopie. Elle denigre le systeme actuel de maisons de disques et veut nous vendre cette trouvaille qu'est "l'économie de la gratuité". Voici 3 points sur lesquels je ne suis pas d'accord :
* Les artistes donnent à travers leur contrat une énorme partie de leur chiffre d'affaire presque toujours au-dessus de 50% pour se voir éditer leur CD et être largement diffusé [...]. Aujourd'hui, n'importe quel artiste peut se diffuser par le web et s'il est bon, il y trouvera son public.
Certes, mais les maisons de disques font un travail que l'internet ne fera jamais: lancer un artiste grace a la publicite. Qu'on soit pour ou contre, il ne faut pas se mentir: meme si un artiste est bon, il ne lui suffira jamais d'avoir son blog internet pour que le grand public le decouvre. Tout le monde ne peut passer ses journees a ecumer le net a la recherche d'artistes prometteurs. J'attends que Nolwenn me donne le nom d'un seul artiste devenu celebre de lui-meme grace a internet, sans que sa musique ait jamais ete ralayee par un grand media. Radiohead et Nine Inch Neils ne font certainement pas partie de cette categorie. Seuls les groupes a la notoriete deja bien assise peuvent se permettre de remercier leur maison de disque.
* En tant que consommateur je ne pense pas que le streaming soit la solution miracle. Je n'ai pas envie de dependre d'un reseau pas toujours fiable. Avant de nous parler d'un acces libre et egal pour tous a la culture, Nolwenn devrait se rendre compte que l'acces aux fichiers en streaming est loin de l'etre, egalitaire: combien de francais n'ont pas les moyens de se payer un telephone portable 3G, un ordinateur portable avec acces wifi ou wimax, etc ?! De plus la couverture des reseaux est loin d'etre egale d'une region a l'autre. Le streaming dans les zones rurales ou on ne peut toujours pas avoir l'ADSL, ce n'est pas pour demain. Nolwenn vit certainement en ville. De plus le streaming sur telephone portable n'est pas une solution envisageable pour un veritable melomane : ecouter du Mozart en 32kbps sur son telephone portable avec un casque audio de qualite inferieure, non merci. Rien a voir avec la qualite CD associee a de bonnes enceintes.
* On pourrait alors passer d'une économie de la gratuité à une économie de rareté sur des produits physiques à forte valeur ajoutée tels que les dvds de luxe, des places des concerts, des articles dérivés, etc.
Encore faudra-t-il convaincre TOUS les artistes de donner le fruit de leur travail. Je doute qu'on y arrive, et vous ne pourrez pas les forcer car ils sont encore proprietaires de leurs oeuvres. Pour 1 personne qui acheterait finalement un CD ou DVD collector, combien n'acheteraient rien ? Le risque pour eux est trop grand. De plus cette "economie de la gratuite" signifierait aussi une baisse des revenus de la TVA pour le pays, ce qui ferait autant d'argent en moins pour financer les services publics les plus essentiels. Ce ne serait donc pas gratuit au final, car une hausse des impots serait necessaire pour compenser le manque a gagner. Il est normal que ce qui est vital soit gratuit: l'acces a la sante (secu), la protection (police, justice, armee, etc), l'education. Mais le dernier single de Britney Spears alors la non, je ne vois pas pour quelle raison il devrait etre gratuit.
L'esprit de cette loi est d'assurer la rémunération des artistes. Seulement, le texte se concentre uniquement sur le téléchargement illégal à bannir et le renforcement des offres payantes existantes. Mais je pense que ce n'est pas la bonne stratégie; en effet les pirates du net ont déjà une longueur d'avance sur cette loi et en auront probablement une autre pour contrer la remplaçante d'HADOPI.
Que faire alors ? Révolutionner le marché en imposant la licence globale, comme on a pu le lire ça et là ?
Non, le gouvernement, les artistes ou même les Français n'y sont pas prêts. Cependant, il eût été intéressant pour le gouvernement de se pencher sur les avis des internautes au cours de l'élaboration de cette loi, car dire que la licence globale a été étudiée et ainsi forcément rejetée est un mensonge.
Alors la licence globale, ce n'est sûrement pas pour aujourd'hui, mais certainement pour demain. Et je rejoins Plume sur le constat du tout numérique, tout haut débit qui arrive partout. Lorsqu'on pourra accéder de n'importe quel lieu au contenu numérique (Internet en particulier), le streaming aura changé de dimension, j'imagine très bien que l'on puisse écouter en streaming le catalogue mondial de musique, moyennant un coût qui irait directement (avec une certaine taxe pour le logiciel et les infrastructures, ou cette taxe est incluse dans les abonnements ADSL, mobiles...) dans la poche des artistes, en proportion des écoutes. Je pense également qu'on ne peut forcer un artiste à mettre dans cette base donnée sa musique, cela doit être fait totalement librement et il doit rester un marché physique de la musique car n'importe qui n'est pas prêt à investir 5 ou 10 € par mois pour accéder à de la culture.
Quel rôle alors pour l'industrie de la musique actuelle ? Pour les maisons de disques, pour les distributeurs, pour les labels, les tourneurs ?
Forcément, le marché physique perdrait des parts et leur rôle devrait -au moins partiellement- changer, renforcer leur activité du côté des prestations scéniques de l'artiste, de son contact avec le public, de la production de "beaux objets" et plus d'album avec seulement un CD à l'intérieur et le titre de l'album. Reste ensuite l'énorme problème de la publicité culturelle et de accessibilité à des artistes plus "underground" qu'il faudrait évidemment aider.
Alors la licence globale, une proposition à évincer ? Étudions donc la d'abord, je ne prétends pas avoir raison car je n'ai pas toutes les clés en main pour répondre à ce problème. Mais ce n'est sûrement pas en réfléchissant chacun de notre côté puis en mettant en conflit nos résultats qu'on avancera. Il faut se concerter, débattre et pas entre internautes mais entre Français.
M. Copé vient à l'instant sur Canal+ de déclarer qu'il fallait cesser de se cacher derrière des hautes autorités. Mouais.
Merci à Cinquo, Ben et PEAMS pour vos encouragements. jb210 >> Je m'excuse des fautes, j'ai essayé d'en éliminer le plus possible mais apparement elles résistent, je n'ai malheureusement pas la possibilité de modifier l'article maintenant qu'il est en ligne.
PEAMS
Oui bien sûr la gratuité est illusoire pour le streaming, d'ailleurs quoi qu'il arrive on doit payer pour la culture (musés, etc), ce qui fait vivre les artistes mais dans le cadre de l'informatique, le coût pour accéder à Internet baisse drastiquement (300 euros pour un ordinateur d'appoint) et il est possible de trouver des wifis ouverts et gratuits, pas très confortable en effet mais l'équipement en matière d'informatique progresse. De plus en plus d'endroit offrent la possibilité d'accéder à Internet, patiente.
Les motivations des personnes qui téléchargent est un sacré problème ! Impossible de ne pas offrir une offre de musique qui n'égal pas au moins les avantages du téléchargement illégal. Le problème est avant tout là pour moi : trouver une manière de rémunérer les artistes alors même que l'habitude est au "service sauvage gratuit". Je le reconnais, il y a bien là dessous d'une part de la consommation pur de la musique mais aussi d'autre part une réelle conscience de la valeur de la musique en elle-même. Dans tous les cas, les artistes doivent être rémunérés. Si on prend modèle sur les logiciels, il n'y a que la pub pour financer une apparence gratuité puis d'y ajouter à cela une "offre premium" avec plus de possibilités ou encore la mise en vente d'artefacts à l'image du logiciel. Ce sont en effet des manières détournées de rémunérer l'auteur mais avons-nous le choix face à la masse critique de personne qui téléchargent illégalement. Aujourd'hui l'offre légalle est trop restreinte, trop fermée, trop pauvre, les fans sont allés cherché ailleurs... à nous de les faire revenir sur un autre mode d'écoute de la musique (et non plus une appropriation en effet), afin de rémunérer d'une manière ou d'une autre les artistes.
Raco
"Donc si je comprends bien, on peut tuer Farid, le disquaire sympa en bas de chez moi, mais pas touche à Olivia Ruiz ?"
>> Et bien non, vous comprenez mal. j'ai voulu d'une certaine manière, provoquer dans mon introduction, montrer que oui les choses changent en bien (diffusion de la culture avec l'imprimerie), ou en mal avec la disparition des disquaires au profit des gros distributeurs : et l'histoire nous montre que résister n'est pas forcément une bonne chose, mais innover peut, peut-être change la donne !
"Super, le facteur humain passe complètement à la poubelle, comme d'habitude."
>> Et oui comme d'habitude, il n'y a certainement pas plus de contact humain ou du moins très peu et de pas très bonne qualité dans un supermarché. Vous n'aimeriez pas vous, que vos artistes préférés se branchent sur Internet, se lancent dans l'aventure et rentrent en dialogue direct avec vous ? Ou qu'ils multiplient les concerts ? Ça, ça en fait du contact humain. =)
"N'importe quoi, comme si Hadopi allait engendrer l'anonymat sur Internet."
>> Vous sautez des étapes ! Les gens, en réaction à la loi Hadopi vont possiblement de plus en plus avoir des moyens de communications cryptés (P2p, etc, ce que vous voulez), car la réaction contre hadopi est forte sur le web et beaucoup de personnes n'hésiterons pas à mettre en valeur leurs "kit anti-hadopi" (en gros des logiciels cryptés), nous ferions face à une démocratisation du web crypté au niveau français du moins. Je ne dis pas que ça va arriver mais que ça peut arriver et être une conséquence dérrangante que l'on avait pas prévu...
"On sent que vous regardez trop la télé"
>> Vous faites erreur, je ne regarde plus la télé depuis un certain temps, à part des reportages venant de france 5 ou d'arte le plus souvent. Les exemples de pédophiles et antisémites sont des exemples comme des autres, j'aurai pu dire homophobie, racisme ou terroriste, qu'importe... D'ailleurs à l'origine j'énumérais ces contenus répréhensible de manière différente, mais la publication de cet article à imposé de raccourcir globalement mon commentaire initial.
"Les projets Freenet et autres sont conçus pour lutter contre les gens qui pensent que la loi peut définir la Vérité"
>> Là, je ne vous suis pas du tout... Le projet Freenet a pour philosophie d'offrir à toute personne un autre moyen de diffuser ce qu'il souhaite (et nous connaissons les laissés allés qu'engendre un projet comme Freenet) mais là encore, ce n'était que des exemples ! Ne prenez pas tout au pied de la lettre, je voulais juste montrer qu'il existe des alternatives qui permettent de télécharger illégalement sans être inquiété par la loi, ces moyens, qui ne manqueront pas d'être utilisés je pense.
"Mais le plus grave dans tout ça, c'est votre mépris inconscient de l'artiste pour votre profit. Vous voulez la commodité, la gratuité, le choix, l'instantanéité. Bref vous voulez les avantages habituels de l'attitude consumériste que vous vantent toutes les publicités dont vous vous abreuvez."
>> Je ne _veux_ pas, je ne fais que décrire ce qui existe actuellement : les sites et logiciels de streaming. Réveillez-vous un peu ! Nous parlons de culture, et si nous utilisons des adjectif comme "commodité, gratuité, choix, instantanéité" dans le cadre de la culture, cela revient à dire que la culture est accessible pour tous. Une chose plutôt bonne non ? Vous assimilez vous même la culture à un produit de consommation en vous eructant contre gratuité (toujours apparent cette gratuité), choix, commodité et instantanéité. Mais non, ce n'est pas ça, la gratuité apparente, le choix et accesoirement la commodité et instantanéité qui sont en fait des motivations pour les internautes à quitter le téléchargement encore une fois sont bénéfiques pour la culture. Peut-on reprocher à la culture d'être diversifié comme vous le faites ? (L'argument du choix). Les trois autes (gratuité apparente, commodité et instantanéité) sont en fait déjà là à travers le téléchargement, ce sont devenu des besoins à satisfaire : avoir un accès rapide, apparement gratuit et commode à leur musique. L'article ci-dessus propose justement de satisfaire ces besoins que l'on ne pourra pas à mon avis annhilier, alors autant les satisfaire et en même temps faire vivre les artistes ! C'est la thèse que je soutien dans mon article.
"Supposons encore que je refuse que ma chanson soit téléchargée, pour une raison ou une autre qui m'appartient. C'est le cas de très nombreux artistes en France et dans le monde. De quel droit allez-vous bafouer ma volonté ? Parce que c'est plus pratique pour vous, vous allez obtenir ma chanson comme bon vous semble au détriment de la volonté de l'artiste ?"
Justement, je propose aux artistes, le choix à travers mon idée de modèle économique : ne plus dépendre des majors, être libre de faire ce qu'ils veulent sans avoir un constrat au dessus de leurs têtes, s'offrir le luxe de ne plus être téléchargé illégalement, etc. De plus vous semblez avoir occulté un des points important que j'aborde : le streaming n'est pas l'aquisition d'une musique mais le droit à une représentation illimité ! Demandez à chaque artistes : leur plus grand bonheur est d'être écouté par un grand nombre de personne qui apprécient leur musique et en plus de vivre de leur passion. Et bien voilà : le streaming permet donc une écoute (certe illimité mais pas une appropriation de la musique, on ne possède pas cette musique) pour tous, ainsi chaque artiste peut être écouté librement. C'est l'objet de l'argumentaire que je soutien plus haut et en plus je propose à ces artistes qui "libéreraient" leur musique (et ça serait leur choix bien sûr), d'être rémunéré et en plus d'être largement écouté.
Non Monsieur, je ne vois pas le mal dans ce que j'avance mais plutôt une chance pour les artistes si il le souhaite, de gagner leur vie en utilisant une philosophie et un modèle économique différent : celui de l'ouverture, où l'amour avec son public et inversement à plus de valeur que le nombre de cd vendu, en gros : "Écoutez ma musique tant que vous voulez, si vous aimez, venez à mes concerts et achetez mes dvd, je pourrai alors vivre de ma passion et vous donnez encore plus d'amour". Ça fait un peu pays des bisounours dis comme ça mais chacun a à y gagner selon moi, les artistes seront toujours libre de leurs choix : laissez leur public se faire réprimer ou alors innover, faire diffuser plus largement leur musique et trouver de nouvelles manières d'être rémunéré.
Je répondrai au reste des commentaires prochainement, patiente...
Je ne crois pas avoir mal compris le début de votre article. Vous dîtes « Ce que nous vivons Monsieur Copé s'appelle une révolution culturelle: comme celle de l'écriture (adieu mémoire infaillible des orateurs), celle de l'imprimerie (adieu moines copistes) ou celle — dans une moindre mesure — de la mondialisation avec l'apparition des multinationales pour la distribution de la musique (adieu petits disquaires de quartier) ». Il me semble que cette énumération est présentée comme étant une liste de choses positives. Mais ce n'est peut-être pas ce que vous vouliez dire. Je ressens dans l'expression "révolution culturelle" quelque chose de positif. Vouliez-vous dire que la disparition des disquaires est une révolution culturelle regrettable ? Si c'est regrettable, alors nous avons fait fausse route, puisque c'est ce qui est en train de se passer. Faut-il faire demi-tour ou bien faire le deuil de ces disquaires ?
- « Vous n'aimeriez pas vous, que vos artistes préférés se branchent sur Internet, se lancent dans l'aventure et rentrent en dialogue direct avec vous ? »
Si, j'adore Michael Jackson mais je crois qu'il n'a pas le temps de discuter via Internet avec ses 50 millions de fans. Mais s'il tape très vite et qu'il y passe 15 heures par jour, il aura peut-être le temps de dire "salut" à chacun d'eux avant de mourir. Plus sérieusement, même s'il n'était pas aussi célèbre et qu'il avait le temps de me parler, en aurait-il l'envie ? Qu'est-ce qu'on se dirait ? « Bonjour Michael, j'adore vos chansons ! », « Merci c'est très gentil. C'est toujours agréable d'avoir un retour positif du public. » et bla bla bla. Ce n'est pas ce que j'appelle une rencontre. J'aime sa musique mais je ne vois pas pourquoi il aurait envie de discuter avec un type à l'autre bout de la Terre, qu'il n'aime pas forcément, qu'il ne rencontrera jamais, dont il ne sait rien et ne parle pas forcément sa langue.
- « nous ferions face à une démocratisation du web crypté au niveau français du moins. Je ne dis pas que ça va arriver mais que ça peut arriver et être une conséquence dérrangante que l'on avait pas prévu... »
Pour ma part ça serait plutôt une conséquence arrangeante. Je ne suis pas Voltaire mais j'aime l'idée que les gens soient libres de dire ce qu'ils veulent sans subir la censure de lois liberticides. Même si je ne suis pas d'accord avec eux, bien entendu. Quant aux problèmes qui ne concernent pas la liberté d'expression (comme par exemple voler des numéros de carte bancaire, pirater des ordinateurs, etc.), les criminels qui font ça n'ont pas besoin de Hadopi, ils ont déjà les moyens et la motivation pour être anonymes. L'anonymat pour le grand public n'est pas simple, on le voit avec le réseau TOR qui est souvent mal employé par des gens qui invalident l'anonymat par un mauvaise utilisation du réseau, du fait d'un manque de connaissances techniques.
- « Là, je ne vous suis pas du tout... Le projet Freenet a pour philosophie d'offrir à toute personne un autre moyen de diffuser ce qu'il souhaite »
Tout le monde peut diffuser ce qu'il souhaite. Le problème c'est que certaines lois liberticides engendrent la saisie des ordinateurs qui diffusent les messages jugés mauvais (comme par exemple une critique du gouvernement dans certains pays). Freenet est donc un moyen de passer au-dessus des lois limitant la liberté d'expression. Sur le site web de Freenet, on peut lire ceci : « On ne croit vraiment en la liberté d'expression que lorsque l'on tolère les idées contraires aux siennes, même les idées dégoutantes ». C'est sur cette page : http://freenetproject.org/faq.html C'est ce que dit Chomsky (sans doute un des plus grands intellectuels vivants se battant pour la liberté d'expression) et c'est ce que disait Voltaire. Si jamais Hadopi nous rapprochait de ça, j'y verrais donc un point positif. Quand on voit que même en France, on a des lois liberticides (se référer à Amnesty International, qui les dénonce), je me dis qu'on en a bien besoin.
- « Peut-on reprocher à la culture d'être diversifié comme vous le faites ? »
En général, plus la quantité augmente, plus la qualité baisse. Plus quelque chose est accessible et bon marché, plus la qualité baisse. C'est pourquoi on trouve nombre de skyblog avec des gens qui montrent leurs fesses ou se photographient en train de vomir (si si, je peux prouver ce que j'avance). Si faire des photos coutait de l'argent comme c'était encore le cas y'a 15 ans, ces bloggeurs se diraient sans doute "je ne vais pas acheter une pellicule et payer un développement pour prendre des photos de mes fesses". Est-ce qu'on aurait vraiment un manque sans ces photos ? En tout cas je n'ai pas l'impression de m'être enrichi de leur existence. Pour la chanson, la diversité ultime serait que chaque humain produise des chansons. 6 milliards de chanteurs pour 6 milliards d'auditeurs. Quelle diversité, mais aussi quel gâchis, car il ne faut pas se voiler la face : plus le talent est grand, plus il est rare. Tout le monde ne peut pas être Maria Callas, Zidane ou Paul Bocuse. Puisqu'on parle de cuisine, vous pouvez diversifier les fast-food autant que vous voulez, pour ma part je ne vais pas me réjouir d'avoir le choix entre Mac Do, Quick, Burger King, KFC, Subway, etc. Au contraire, je vais m'attrister que des gens mangent ça. Et pour ma part, ce n'est pas de la cuisine car il n'y a pas d'art là-dedans. Pour la culture, c'est pareil. Si j'écris un ouvrage de philosophie, j'augmente le nombre d'ouvrages disponibles. Mais je vais aussi gaspiller du papier pour rien et faire perdre du temps aux éventuels lecteurs, car mon talent dans ce domaine est invisible à l'oeil nu. Alors je ne me réjouis pas à l'idée que toutes ces casseroles qu'on voit à la Star Ac et qui sont persuadées d'être des artistes au talent monumental puissent ajouter du nombre et diminuer la qualité.
- « Justement, je propose aux artistes, le choix à travers mon idée de modèle économique : ne plus dépendre des majors, être libre de faire ce qu'ils veulent sans avoir un constrat au dessus de leurs têtes, s'offrir le luxe de ne plus être téléchargé illégalement, etc. »
Les artistes ont déjà ce choix. Ils ne font pas appel à une maison de disque pour le seul plaisir de devoir partager leurs bénéfices avec elle et d'être limités par un contrat. S'ils font ça, c'est qu'ils estiment que c'est mieux.
- « De plus vous semblez avoir occulté un des points important que j'aborde : le streaming n'est pas l'aquisition d'une musique mais le droit à une représentation illimité ! »
N'oublions pas que 77% de l'humanité n'a pas accès à Internet (source: http://www.internetworldstats.com/stats.htm ).
- « "Écoutez ma musique tant que vous voulez, si vous aimez, venez à mes concerts et achetez mes dvd, je pourrai alors vivre de ma passion et vous donnez encore plus d'amour" »
Je crois que les artistes qui soutiennent Hadopi ne veulent pas plus d'amour. Ils veulent plus de bénéfices. C'est leur métier, leur business, ne l'oublions pas. Idem pour les auditeurs, ils veulent une chanson qui leur plaît, pas une deuxième maman. C'est pas de l'amour que je demande à Mozart, c'est du talent. L'amour il n'a qu'à le donner à sa famille car je n'ai pas envie de donner de l'argent contre de l'amour, or il faut bien que les artistes aient une rémunération pour vivre.
- « Vous faites erreur, je ne regarde plus la télé depuis un certain temps, à part des reportages venant de france 5 ou d'arte le plus souvent. »
Mais alors d'où a bien pu vous venir la précédente citation ? Visiblement vous donnez dans le cliché « je regarde si ça vient de France 5 ou Arte ». Juste pour information, certains théoriciens des médias comme Marshall McLuhan affirment que quelque soit le contenu d'un média, il lobotomise de la même façon. C'est ce que pensent aussi des sociologues et des philosophes comme Debord ou Baudrillard. Cette comparaison Arte versus Le Reste revient très souvent, rien qu'en 2009 on me l'a sortie au moins 3 fois en incluant la votre, car elle est médiatisée, que ce soit par la télé ou d'autres médias. Cette médiatisation a amené à un langage commun implicitement connu de tous qui fige une représentation de ce qui est bien ou mal et sert de signe "je fais partie du bien" prévalent sur la réalité de cette assertion. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperréalité (en des termes simples : c'est bidon).
Mes 17 ans sont loin, très loin, mais je vous donne entièrement raison car c'est la vision que je soutiens depuis DADVSI, la grande soeur de HADOPI, voilà près de trois ans.
Il faut considérer que l'Internet est un lien qui permet à des millions de cerveaux d'échanger de l'information globalisée. Et dans cette masse d'information, qu'elle soit bonne ou mauvaise, il y a l'ART... Tous les arts, et donc la Création Culturelle comprenant la Musique mais pas seulement la musique. Le Cinéma aussi bien sûr, et les arts graphiques, la littérature, le journalisme, etc., et jusqu'aux sciences.
Certains sites Internet sont devenus des références en matière de vulgarisation scientifique ou historique qui pourraient faire pâlir d'envie certaines universités ou encyclopédies. En fait, toute la créativité intellectuelle appartient désormais à l'Humanité.
Il n'en reste pas moins que certains cerveaux sont plus aptes à cette tâche et qu'il est nécessaire de récompenser l'énergie qu'ils mettent en oeuvre.
Mais les vieux systèmes de protection des brevets et de la Propriété intellectuelle sont obsolètes, il faut les remettre à plat en tenant compte de ce nouveau partage immédiat du Savoir et de la Culture.
Imagine-t-on un immense cerveau dont les synapses seraient déconnectés pour cause "d'octroi" façon moyen-âge ?
Avec le flicage que nous concoctent des lois comme HADOPI ou son ancêtre, la défunte DADVSI, nous sommes en train de passer à côté de la plus grande occasion qui fut jamais offerte à l'Humanité de PENSER ENSEMBLE.
Et ça ne veut pas dire Pensée Unique, c'est tout le contraire !
Penser Collectivement revient à créer une synergie où chacun finit par devenir gagnant, par s'enrichir au sens propre comme au figuré, sans pour autant retirer quoi que ce soit à "l'autre", excepté sans doute aux trusts et à une "nomenklatura" d'une autre époque qui ont tout fait pour avoir la maitrise les canaux de diffusion et font tout pour la conserver.
Ceux-là sont inéluctablement dépassés, débordés par le Tsunami Internet, et font depuis trois ans la preuve de leur incapacité à endiguer le phénomène.
C'est bien regrettable pour eux, je compatis à l'appauvrissement programmé de Monsieur Pascal Nègre et consorts, mais c'est ainsi, c'est la vie... c'est même la dure loi du Capitalisme dont ils se sont fait gloire d'être les fleurons durant ces dernières décennies. Amusant retournement de situation ! Effectivement, vous avez là encore raison d'appeler ça une "Révolution culturelle".
Voilà pourquoi depuis trois ans je défends avec acharnement la Licence Globale. Parce que la Création intellectuelle DOIT être rémunérée par la collectivité à qui elle fait profiter de son imaginaire et de ses talents.
Il n'y a aucune raison valable de ne rémunérer que les tuyaux sans rémunérer les contenus. Sans contenus, les tuyaux ne sont rien de plus que des services postaux. Et les contenus, ce sont les créatifs qui les fabriquent.
Et vous avez encore raison de souligner que, même si la Gouvernement ne veut pas, la Licence Globale existe déjà.
Il suffirait juste de l'étendre par la voie associative aux milliers de créatifs indépendants des majors. En somme refonder la SACEM des débuts.
Chère Plumes, je vous remercie de votre réponse et vous engage à rester vigilante sur l'orthographe, ce qui vous permettrait de faire passer votre message de façon plus efficace vis à vis de certains irascibles.
Dans celle-ci, vous avez évoqué un point qui a retenu plus particulièrement mon attention: la pauvreté des catalogues officiellement proposés !?
Adepte d'Itunes et bénéficiant d'une bonne culture musicale, il faut bien que l'âge offre quelques avantages, je suis agréablement surpris du catalogue proposé, en effet, outre l'impossibilité pour des raisons logistiques, d'accéder aux catalogues étrangers,hors zone € et l'absence de certains artistes tels que les Beatles et autres incontournables, à qui la faute!? la palette est généreuse et particulièrement au niveau du Jazz. De plus, je ne suis pas persuadé que l'outil informatique soit le média musical le plus usité, d'une part pour des raisons économiques et d'autre part, les utilisateurs, moi le premier, n'ont pas forcément vos compétences techniques, en tous cas dans un cadre domestique.
Là où la carence se situe et depuis de trop nombreuses années, c'est la diffusion musicale par les canaux les plus répandus et les plus utilisés: la télévision et la radio !!
La télévision: depuis 20 ans les émissions de variétés ont disparues des chaînes généralistes, que nous reste t-il? Taratata et des ersatz, tels que La Nouvelle Star et Star Académie. Que dire des chaînes musicales!? mise à part les efforts de Trace TV, les programmations, outre leur monolithisme musical, varient à peine d'une semaine sur l'autre !?
Les radios: depuis qu'elles sont libres, elles restent prisonnières de l'audience et de cette obligation absurde des quotas de chanson française, qui contribue largement à l'appauvrissement de la création, puisque les artistes sont sûrs d'être diffusés. Alors que nous sommes à l'ère européenne et qu'une multitude d'artistes émergent: Tuomo, Wouter Hamel, Tiziano Ferro et j'en oublie, nous restons enfermés dans les styles anglo-saxons.
Bien entendu, cette analyse imparfaite n'est pas exhaustive et ne soyons pas naïfs, ne fera pas avancer les choses, tant que les intérêts financiers resteront en "toile de fond" .
Ah! quel bonheur de constater que la nouvelle génération sera moins stupide que ses aînés!!!! :-)
J'avais quatorze ans en 1960... C'est loin, mais c'était à la fois l'arrivée des YéYés, mais aussi celle des enregistreurs presque à la portée du grand public...
Nous n'avions pas la FM et nos "sources sonores" étaient limitées aux vinyles qu'on écoutait sur des électrophones qui étaient loin de donner une qualité HiFi, et les radios sur les "grandes ondes" dont l'écoute, en particulier dans le sud-est de la France, demandaient un héroïsme total pour faire le tri entre les parasites et la musique....
Et nous nous enregistrions des bandes magnétiques, sans que le législateur ne mette son grain de sel!!!
Puis il y a eu les K7, la qualité devenait meilleure bien qu'elle nous semble aujourd'hui d'un autre âge...
Que n'avons nous entendu!!!
Les mêmes arguments stupides qu'aujourd'hui! "C'est la mort annoncée du disque"... "C'en est fini des artistes", etc., etc.
Par bonheur, il n'y avait pas encore de déferlement médiatiques, les journalistes faisaient des enquêtes, et on constate avec le recul, que les artistes ont continué leur existence...
Et puis arriva l'enregistrement numérique...
Une fois de plus, c'était la fin des arts sonores....
Les majors ne pouvaient s'en prendre qu'à elles-mêmes, une fois de plus, elles avaient manqué le train...
Sony qui était plus intéressé par la vente de ses supports que par les revenus liés à l'édition des disques, s'est mis à racheter de grands labels.. (entre Sony et Sony, on ne va pas se faire de procès.... Non?...)
Je ne veux pas citer de noms, mais quand j'entends certaines personne que je pensais censées et qui ont fait découvrir beaucoup d'artistes, venir pleurer dans les médias en annonçant que leur manque à gagner du au piratage est de X milliards ou autre chiffre sidéral dont on ne connait pas la source, je rentre dans une colère noire!!!
Ah j'allais oublier... je suis compositeur et ingénieur du son, ayant eu l'outrecuidance de faire des enregistrements primés par l'académie Charles Cros, Diapason, télé-rama, etc., sans adhérer aux sociétés censées défendre les artistes et autres droits d'auteurs...
Et puis, l'arrivée des CDs et de l'ordinateur....
A nouveau les lamentations sur la fin des artistes....
Aujourd'hui, je trouve incroyable que personne ne parle des taxes qui ont été ou qui sont envisagées pour la rémunération de nos artistes...
J'ai écris un certain nombre de musiques de film (oh! pas de très grands films... court métrages, documentaires...), de théâtre, de spectacle, et n'ai pas voulu adhérer à la société censée percevoir et redistribuer les droits...
J'ai utilisé beaucoup de CDrom pour diffuser MES musiques, et comme chaque personne achetant des CDroms pour sa production personnelle, ou pour ses sauvegardes de données, de photos, bref pour des usages ne tombant pas sous le coup du piratage, j'ai payé une taxe (inclue dans le prix de vente du CDrom) pour le droit de copie (sic) destinée à rémunérer les interprètes au travers, là encore d'une société spécialisée...
Et il faut savoir que, au moins pour ces deux sociétés, l'opacité de la répartition n'a d'égal que la transparence du bitume de nos routes...!!!!
Il est bien dit que l'on peut se faire rembourser cette taxe, mais la procédure est ingérable par un particulier!
Alors, taxe sur les CD, les disques durs, bientôt redevance TV sur les ordinateurs...
Je propose pour rester dans cette logique une taxe sur les saladiers pour mieux rémunérer les maraîchers, une taxe sur les assiettes pour soutenir les fabricants de soupe, une taxe sur la vinaigrette faite maison pour soutenir les fabricants d'huile ou que sais-je encore...
En s'y mettant tous, on va arriver à redresser l'économie...
Alors, Madame la Ministre de la Culture,Monsieur Copé (vous avez vu, j'ai mis des majuscules...), il est normal que vous ne soyez pas au courant de la réalité, mais au lieu de n'écouter que les lobis des majors, mettez donc une équipe compétente pour regarder sérieusement l'aberration de cette lois qui plus est, sera inapplicable!!!!
Non! la culture musicale ne mourra pas tuée par Internet, au contraire!!! Et c'est vrai pour toutes les musiques!!!
Si il y a une crise du disque, il faut regarder ce qui nous est proposé....
Édition de "compilation" amorties depuis belle lurette, prix excessif des CD, mais aussi des télé-chargements légaux!!!
Dans ce dernier cas, il n'y a pas de frais d'impression, de support (en tout cas minimes), de pressage, etc....
Il y aurait tant à dire!!!
Concernant les fote dorto grafe, soié zinduljean... je su pose que vou zete et rudi, alors, vou deux vri yé pansé que sa évolu... atra vert lé zajes...
Bravo encore à cette jeune fille de 17 ans!
Tous les vieux cons ne le sont pas tous... enfin j'espère...! ;-)
Avant de vous quitter, je vous suggère de penser à signer la pétition pour poursuivre les pirates de Petit papa Noël, c'est un manque à gagner énorme pour Tino Rossi, ses auteurs et les interprètes...
Et pour satisfaire ma curiosité maladive, qui peut m'expliquer, avant que je ne meure, comment sont calculés les chiffres du piratage? sans doute pas par les RG, vu comment ils comptent les manifestants...!
PPCMOI
C'est vrai qu'en y réfléchissant la mise en place d'une licence globale aurait probablement été un des meilleurs compromis possibles parce que juste.
Ensuite, n'en déplaise à certains ainsi qu'à la propangande officielle, " pirater " une chanson par exemple, ce n'est pas du vol.
Prenons un exemple.
Une personne qui s'appropie un CD dans un magasin sans le payer commet un vol parce qu'un exemplaire a disparu du magasin. Tandis qu'une personne qui télécharge illégalement une chanson ne commet pas un vol parce que la personne à qui " appartient " cette chanson l'a toujours en sa possession car ladite chanson est simplement copiée non " coupée " pourrait-on dire . Par contre, effectivement, cette copie représente un potentiel - et j'insiste sur le terme potentiel - manque à gagner.
Ce qui est sensiblement différent. Mais à notre époque où triomphe ce capitalisme déclinant et décadent, tout manque à gagner est considéré au mieux comme une perte, au pire comme un vol. Mais qualifier un manque à gagner de vol est véritablement de la malhonnêteté intellectuelle ou le signe d'une incompétence et d'une ignorance notoire voire les deux, or c'est précisément ce que fait honteusement le gouvernement français.
Du reste, rappelez-vous bien que les consommateurs français payent déjà des taxes non négligeables sur les supports vierges pour compenser le manque à gagner.
Et puis, vous êtes au courant des disques dur externes de 0,5 ; 1 ; 1,5 voire 2 To qui sont vendus aux consommateurs ? Croyez-vous vraiment que si les gens achetaient toute la musique ou tous les films qu'ils écoutent et regardent, ils se payeraient des engins pareils ?
À titre d'exemple, en prenant une chanson type d'une taille de 4 Mo vendue à disons 1 euro, ils faudraient débourser 125 000 euros en chansons pour remplir un disque dur de 500 Go. Si vous faites le calcul avec les films, vous obtiendrez probablement un chiffre plus bas mais qui ne change rien à cette logique.
Si nous payerions toute la musique et tous les films que nous téléchargons, nous n'achèterions plus jamais de disques durs externes, ce qui engendrerait la disparition de ce secteur.
Et vous avez vu que les dernières années en France ont vu la fréquentation des cinémas, des concerts et festivals divers exploser comme jamais ou presque ? Peut-on vraiment dire en ce cas que l'industrie cinématographique ou musicale est en crise ? Il serait peut-être temps de réfléchir un peu plus à ce que vous racontent les lobbies ainsi que le gouvernement - qui est à leur service - et surtout d'exercer votre esprit critique si tenté que vous en soyez doté...
Ensuite, le cinéma, la musique etc., l'art en somme ont-ils vraiment besoin d'une industrie pour soi-disant " soutenir " la créativité artistique ? Il n'existait pas d'industrie musicale au XVIIIe siècle en Europe que je sache, ça n'a pourtant pas empêché la créativité artistique ! Même si elle était, il est vrai, l'apanage d'une certaine élite.
De même, il y a 2000 ans en Grèce, la culture aussi était présente. Pourtant point d'industrie. Tout cela fait partie de vérités historiques incontestables mais les gens n'ont que trop tendance à oublier ou méconnaître ces faits, englués qu'ils sont dans leur époque et ses débats tout-à-fait vains et stériles.
Cette nécessité de la présence d'une industrie culturelle tout comme celui du travail salarié par exemple font partie de ces mythes tenaces du capitalisme.
Enfin, je note une chose : le capitalisme a triomphé il y a 1 à 2 siècles car il promeuvait la créativité, le dynamisme, l'esprit d'initiative. Or, aujourd'hui, l'industrie culturelle se repose sur ses acquis, se complaît dans l'immobilisme ; elle se comporte, en somme, de plus en plus et depuis déjà un moment comme une véritable aristocratie qui n'innove plus et se place en rentier.
C'est pourquoi sa fin est proche car ce qui n'évolue finit par être renversé par l'Histoire ou l'évolution au choix, les exemples du passé ne manquent pas pour étayer ces dires.
Donc c'est bel et bien une révolution culturelle (et peut-être pas uniquement...) comme l'affirme Plume. Mais fatalement, à chaque révolution, il y a ceux qui affirment que ça va signer la fin du Monde ou quasiment ; en attendant, nous sommes toujours là et la Terre tourne toujours !
De plus, je soupçonne la plupart des détracteurs du p2p de n'y avoir jamais mis les pieds tout comme le gouvernement. C'est comme de dire : " Je ne veux pas goûter de thon et encore moins en manger parce que je sais que je n'aimerais pas ça ! ", ce qui est idiot ! La moindre des choses, c'est de tester avant de se prononcer, me semble-t-il...
Certes, je crois qu'il faudra se résigner à ce que la musique à terme ne rapporte plus grand chose aux artistes dans leur majorité.
Qu'importe !
Qui a dit que la musique et a fortiori l'art devait rapporter ?
Le capitalisme ?
Ainsi affranchis du pouvoir pervertissant de l'argent, la musique puis l'art dans son ensemble vont enfin pouvoir se libérer de la dictature du marché ! Au plus grand bénéfice des musicophiles en tous genres !
Car à moins de couper complètement l'Internet (ce qui serait économiquement et sociétalement suicidaire), la Révolution a déjà commencé et elle se poursuivra qu'on la dénonce ou qu'on l'encense !
L'Histoire suit son chemin !