Sauver la Grèce -> sauver l’euro -> sauver l’Eurozone
Le plan que doivent décider ce jeudi les Européens doit calmer les marchés sans coûter trop cher aux contribuables et aux investisseurs financiers et arrêter la contagion aux autres pays. Une triple mission impossible?
- Darren Staples / Reuters -
Dure, dure, dure: la négociation sur le plan de sauvetage de la Grèce et ses implications entre les Européens va perdurer longtemps, jusqu’à la dernière minute jeudi 21 juillet. Trouveront-ils un accord satisfaisant qui calme les marchés sans coûter trop cher aux contribuables et aux investisseurs financiers? Sauront-il arrêter la contagion aux autres pays? Les dirigeants politiques de la zone euro doivent parvenir à cette quadrature du cercle.
Pour avoir tant tardé, depuis 18 mois, à sortir la Grèce de ses difficultés, les Européens ont considérablement renforcé le scepticisme des marchés. A force d’indécision, dont Angela Merkel porte une part lourde, la crise s’est propagée au Portugal, aujourd’hui à l’Italie, et forcément l’Espagne. Avec l’Irlande, affectée de son côté par l’impéritie de ses banquiers et de son gouvernement, la crise des dettes affecte un quart de l’Europe, c’est à dire l’Europe toute entière.
L’euro n’est pas menacé dans son existence. Mais sa crédibilité est en jeu, une partie de la zone monétaire pourrait faire défaut voire être conduite à une sortie et une part du système bancaire européen serait dans ce cas en péril (encore une fois l’exercice des stress test aura été une mascarade puisqu’on n’a pas pris en compte une restructuration grecque).
Problème politique, solution technique
On peut se rassurer et se dire que le dollar n’est pas en meilleure posture, tant l’Amérique a des déficits pires. Mais la première puissance mondiale apparaitra toujours plus solide qu’une composition bancale de 17 pays désunis politiquement et incapables de faire jouer la solidarité élémentaire. L’heure est donc grave, les marchés le savent, les hommes et femmes politiques aussi, on l’espère.
Comment sortir de la crise? Le problème est politique et simple à exposer: quelle solidarité existe-t-il entre les Européens? Mais la réponse est technique. Il faut imaginer des systèmes de sauvetage qui préservent les intérêts de tous, au mieux. Il faut aussi faire attention aux symboles: par exemple la solution française de rallonger les durées des emprunts grecs a été qualifié par l’agence Standard & Poors de «défaut partiel».
En clair, il s’agit d’une restructuration qui force, du coup, les banques à «déclasser» encore les emprunts grecs et donc dévalorise tous les bilans qui en comptent encore. C’est descendre d’un cran dans la crise. Il faut enfin et surtout bloquer la contagion de la Grèce aux autres pays surendettés.
D’une façon ou d’une autre, en évitant une déclassification de la Grèce (et des autres pays par effet domino), le deuxième plan grec prévoira, en premier, un allongement de la durée des prêts et une baisse des taux d’intérêt. Cela pourrait passer par l’implication du EFSF, le Fonds européen de stabilité, emprunteur public pan-européen, créé pour apporter des liquidités aux pays en crise en plus du FMI. Le EFSF pourrait racheter des dettes grecques et alléger ainsi le fardeau d’Athènes. La banque centrale européenne pourrait être aussi sollicitée, elle l’a déjà été.
Un pare-feu XXXL
Deuxième pilier de la négociation, selon Laurence Boone, économiste en chef européenne de Bank of America Merrill Lynch: le type et la hauteur de la participation des investisseurs privés (les banques pour faire court) au plan de sauvetage. Il pourrait s’agir d’une taxe sur les banques de 10 milliards d’euros par an. Une taxe évite de passer par le «défaut partiel» et la déclassification.
Autre pilier du temple grec: l’aide aux banques helléniques. Elles détiennent en effet quelques 65 milliards de dettes de leur propre pays, lesquelles sont dévalorisées de 50% voire 75%. Beaucoup sont menacées de faillite.
Ensuite, une fois réglé le cas grec, il faut traiter le problème de la contagion. La réunion de jeudi doit mettre en place un pare-feu assez haut et large pour être crédible. Là encore le EFSF pourrait être l’instrument. Mais riche potentiellement de 500 milliards d’euros, il faudrait sans doute le doter encore d’autant, voire de tripler ses capacités d’emprunts.
La dette de l’Italie se monte à 1.800 milliards d’euros, cela donne une idée des montants en jeu. Il faudra sans doute aussi que la BCE soit sur le pied de guerre pour défendre les autres pays en cas de doute. Il faudra enfin, nécessairement, prévoir que le soutien aux banques grecques soit élargi à d’autres, de nationalités variées.
Tout cela fait lourd: si un «instrument» rachète une dette et que celle ci est dévalorisée, il faut comprendre que le mécanisme en question ne retrouvera jamais ses sous. Le EFSF pourrait ainsi supporter une dette mais c’est in fine le contribuable européen qui la porte. Cela fait lourd aussi politiquement: ce plan de sauvetage devra-t-il être voté par les parlements et lesquels? Ces votes risquent-ils de mettre en péril tout l’édifice ?
Et on revient à la politique: ces sacrifices demandés aux peuples ne vont-ils pas les conduire à la révolte? Le salaire réel a reculé de 10% sur un an en Grèce, de 4% en Espagne, de plus de 2% au Portugal, de 1% en Italie, a calculé Patrick Artus, économiste en chef de Natixis. L'emploi a baissé de 5% en un an en Grèce, de 2% en Espagne. Il poursuit: «La croissance dans ces pays est violemment affectée par les programmes de rigueur budgétaire et par les hausses de taux d'intérêt des crédits aux ménages et aux entreprises.
La croissance sur un an est de -5% en Grèce, de 0% à peu près au Portugal et en Irlande, de moins de 1% en Espagne et en Italie». Patrick Artus pointe la déficience fondamentale de la zone euro: « permettre qu'aient la même monnaie des pays ayant des économies très différentes, en particulier certains ayant des économies industrielles et des excédents extérieurs, d'autres ayant des économies de services non exportables et des déficits extérieurs».
La réunion de jeudi s’inscrit dans l’urgence. Mais ensuite, pour crédibiliser vraiment la zone euro post-crise, l’euro 2.0, il faudra répondre à cette équation.
Eric Le Boucher
Mis à jour le 21/07/2011 à 9h55

















































Le bon sens devrait obliger a poser quelques simples questions:
- Qui detient la dette? Reponse: en majorite, les banques.
- d'ou vient tout l'argent qui permet aux banques de preter autant? Reponse: de nulle part(pour 90% du montant)! Les banques ont ce formidable pouvoir, legal, de creer de l'argent, a partir de rien. C'est ce qu'on appelle en anglais le "fractional reserve banking". Ce que ca veut dire, c'est que lorsque que quelqu'un depose 1 000 euros sur un compte bancaire, la banque est autorise a preter 10 000 euros. Grosso modo, elle est autorise a creer 9 000 euros en nouvelle monnaie. En resume, la banque n'est tenue d'avoir en reserve que 10% des sommes qu'elle prete. Certains appelleront ca de la contrefacon legale. Ce qu'il faut retenir , c'est que 90% de la monnaie cree l'est sous forme de dette.
- Que se passerait-il si tout le monde (individus, entreprises et gouvernements) decidaient de rembourser toutes leurs dettes en meme temps? Reponse: la quasi totalite de la masse monetaire disparaitrait! Seuls resteraient les pieces et les billets, qui ne representent que grosso modo 8% de la masse monetaire.
Concretement, qu'est ce que cela veut dire? Que l'economie serait totalement paralysee, qu'il n'y aurait plus de commerce faute de monnaie en circulation. La contraction de la masse monetaire est ce qui a provoque la depression en 1929.
Il est d'ailleurs amusant de noter qu'il serait mathematiquement impossible de rembourser toutes les dettes puisque les montant a rembourser (capital + interets) est superieur a la totalite de la masse monetaire en circulation (capital seulement).
- Pourquoi notre systeme est-il intenable sur le long terme? Reponse: dans une economie en perpetuelle croissance economique, la masse monetaire doit augmenter pour faciliter les echanges. Or le seul moyen d'augmenter cette masse monetaire est d'augmenter le niveau d'endettement! Dans le systeme actuel, rembourser les dettes n'a donc economiquement aucun sens. Or, que se passe t'il si les dettes ne sont pas remboursees? La charge de la dette augmente (les interets a payer), ce qui au bout d'un moment, devient intenable (Grece, Italie, etc...), ce qui force ces pays a reduire leur endettement, donc la masse monetaire, qui est contre-productif!
- Pourquoi notre systeme est totalement absurde? Reponse: Parce que les banques empruntent de l'argent aupres des banques centrales a taux tres attractif (1.25% pour la BCE) et pretent ce meme argent (multiplie par 10) a des taux bien superieurs (17,5% pour la grece a la mi-juin)!
Pour donner une idée tres simpliste de la profitabilite des banques, voici un petit calcul: La banque recoit 1000 euros en depot sur un compte d’epargne. Aujourd’hui, elle offrira gracieusement 2% de taux d’interet, par an, ce qui lui coutera 20 euros. La banque est donc autorisee a preter 10000 euros a d’autres clients. Disons, pour simplifier, qu’entre prêts immobiliers et prets a la consummation, elle prete a un taux de 5%. Son profit sera donc de 500 euros. Pour resumer, avant ses couts fixes (salaries, bonus, etc.), la banque aura un profit brut de 480 euros, soit une marge brute de 96%! Si vous vous posiez la question de “comment” les banquiers pouvaient se payer des salaires aussi eleves, vous avez votre reponse…
Que faudrait-il faire pour resoudre la crise une fois pour toute? Reponse: les solutions n’ont absolument rien de revolutionnaires et ont déjà fonctionnees par le passé: - Supprimer le “fractional reserve lending”: interdire aux banques de creer de la monnaie. Elles ne doivent preter que l’argent qu’elles ont en depot. Cela aurait un triple avantage: supprimer le droit des banques d’augmenter ou de reduire la masse monetaire, et donc de provoquer des bulles suivies de crises. Cela empecherait les crises bancaires a repetition comme on les vie en ce moment. Surtout, cela reduirait considerablement leur influence sur les gouvernements (plus de saignee des citoyens pour proteger les actionnaires des banques…). - Interdire au gouvernement d’emprunter. Si un gouvernement peut emmettre de la dette (bons du tresor), rien ne l’empeche de creer de la monnaie directement sans avoir la dette associee. Le pouvoir d’emmettre de la monnaie doit etre un pouvoir regalien, et doit etre exclusivement reserve aux representants du peuple. Voici une citation de Thomas Edison: “If our nation can issue a dollar bond, it can issue a dollar bill. The element that makes the bond good, makes the bill good also. The difference between the bond and the bill is the bond lets money brokers collect twice the amount of the bond and an additional 20%, whereas the currency pays nobody but those who contribute directly in some useful way. It is absurd to say that our country can issue $30 million in bonds and not $30 million in currency. Both are promises to pay, but one promise fattens the usurers and the other helps the people.”
Il est temps que les peuples reprennent le pouvoir qui a ete indumenta cede aux banques, a savoir celui de la creation de la monnaie. Les gouvernement n’ont pas besoin et ne devraient jamais s’endetter. L’objection classique est de dire: si on laisse les gouvernements creer de la monnaie, il vont faire tourner la planche a billet et creer de l’inflation, et donc reduire le pouvoir d’achat des ménages. C’est un risqué, il est vrai, mais en quoi cela serait plus grave que lorsque ce sont les banques qui creent de l’inflation (bulles immobilieres)? En tant que citoyen, nous avons la possibilite de ne pas reelire un gouvernement qui ne serait pas serieux avec sa politique monetaire. Aujourd’hui, les citoyens n’ont aucun controle sur les banques et le paient au prix fort, surtout les Grecs, Portuguais, Irlandais, Islandais, et bientot Italiens et Espagnols…
Pour terminer ce long commentaire, ci-dessous quelques citations a mediter: - "Let me issue and control a nation's money and I care not who writes the laws." Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), founder of the House of Rothschild. - "The few who understand the system will either be so interested in its profits or be so dependent upon its favours that there will be no opposition from that class, while on the other hand, the great body of people, mentally incapable of comprehending the tremendous advantage that capital derives from the system, will bear its burdens without complaint, and perhaps without even suspecting that the system is inimical to their interests." The Rothschild brothers of London writing to associates in New York, 1863. - "Banking was conceived in iniquity and was born in sin. The Bankers own the Earth. Take it away from them, but leave them the power to create deposits, and with the flick of a pen they will create enough deposits to buy it back again. However, take it away from them, and all the fortunes like mine will disappear, and they ought to disappear, for this world would be a happier and better world to live in. But if you wish to remain slaves of the Bankers and pay for the cost of your own slavery, let them continue to create deposits." Sir Josiah Stamp, President of the Bank of England in the 1920s, the second richest man in Britain. - "I believe that banking institutions are more dangerous to our liberties than standing armies." Thomas Jefferson, US President 1801-9. - "When a government is dependent upon bankers for money, they and not the leaders of the government control the situation, since the hand that gives is above the hand that takes. Money has no motherland; financiers are without patriotism and without decency; their sole object is gain." Napoleon Bonaparte. - "If the American people ever allow private banks to control issue of their currency, first by inflation, then by deflation, the banks and the corporations will grow up around them, will deprive the people of all property until their children wake up homeless on the continent their fathers conquered. The issuing power should be taken from the banks and restored to the people, to whom it properly belongs." Thomas Jefferson (1809). - "The government should create, issue and circulate all the currency and credits needed to satisfy the spending power of the government and the buying power of consumers. By adoption of these principles, the taxpayers will be saved immense sums of interest. Money will cease to be master and become the servant of humanity." Abraham Lincoln, US President 1861-5. Il crea une monnaie emise par son gouvernement, le fameux “green back” pour financer l’economie americaine (les britanniques y etaient opposes et certains historiens que le green back a ete la cause principale de la guerre civile americaine contre les britanniques). Il faut savoir que l’economie sous Lincoln etait florissante. Le president a ete assassin et les banques ont par la suite repris le controle de la creation de la monnaie.
Il est exact que la banque détient le pouvoir de création monétaire. Elle collecte des avoirs (un passif bilanciel, qui constitue ses ressources) qui sont d'ordinaire inférieurs à ses emplois (les crédits aucquels elle consent auprès de personnes morales ou physiques).
Cependant à la lecture du com de Makaya, on pourrait croire que cette création monétaire est de 9x. Les rapports annuels des banques cotées sont public et ce ratio est au centre de la politique de liquidité de ces établissements et est donc évidemment publié. Il est autour de 1,5 pour les établissements bancaires français.
Alors me dira-t-on, ces emplois et ces ressources ont-ils des profils de maturité différents? Trop facile, je collecte à court-terme, et je prête à long terme, les taux long-terme étant en économie en rythme "standard" plus élevés que les taux court-terme, je gagne le différentiel.
Sont aussi publiés pour répondre à cette très bonne question les rapports ALM (asset-liability management) de ces banques, une gestion destinée à éviter les impasses de liquidité que provoqueraient des décalages de maturité entre les emplois et les ressources, engendrant dès lors des impasses de taux couteuses, voire dangereuses.
J'ajoute que la récente réforme de Bâle III correspond indiscutablement à un renforcement de cette gouvernace de la liquidité des établissements. Coût additionnel de la liquidité qui a été intégré par le marché depuis le début de l'année en minant les cours des financières. Pour ceux qui souhaiteraient mieux comprendre comment une banque finance ses activités, le site du comité de Bâle est très bien, en plus des rapports précédemment cités.
Les banques ont été indignes de s'engager si aveuglément auprès d'un certain nombre d'Etats. C'est presque une responsabilité pour un créancier que de ramener son débiteur à la raison. Elles ne l'ont pas fait. Par gourmandise, par court-termisme, par facilité. Elles ont misé aussi sur le "too big to fail", pour elles-mêmes et pour pour leurs débiteurs, qui est une philosophie malsaine, conduisant des acteurs économiques à une impunité inacceptable.
Mais il ne faut pas dire n'importe quoi non plus.