France

Sarkozy, la guigne du 14-Juillet

Mathias Destal, mis à jour le 20.07.2011 à 14 h 28

Depuis 2007, la célébration de la fête nationale rime avec polémiques ou événements mal venus pour le chef de l’Etat. Passage en revue.

Le 14 juillet 2010, à Paris. Reuters

Le 14 juillet 2010, à Paris. Reuters

2011

L’Afghanistan s’invite

Ce 14 juillet 2011 était placé sous le signe de la prudence. Le chef de l’Etat est entièrement à sa nouvelle image, plus contrôlée, plus sobre, sa prise de hauteur dans la perspective de 2012. Pas de garden-party donc, ni déclarations ou décisions hâtives avant la célébration. Le chef des armées est droit dans ses bottes. Son agenda était militaire. Comme s’il fallait rompre avec le signe indien des fêtes nationales précédentes.

Mais l’annonce, mercredi, de la mort de cinq soldats français piégés par une attaque suicide dans la province de Kapisa bouleverse le calendrier. La veille, Nicolas Sarkozy avait fait le voyage afghan, le 12 juillet, pour annoncer aux troupes françaises le calendrier du retour. La nouvelle de ces morts s’inscrit dans un contexte d’enlisement en Libye, le parlement venant de voter l’autorisation de continuer la guerre.

Plus légèrement, le président ne pourra même pas compter sur son épouse pour l’épauler. Carla Bruni n’assiste pas au traditionnel défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées. Enceinte, la première dame a été sommée par son médecin de rester au fort de Brégançon, la résidence d’été du couple présidentiel.

2010

Pas de garden-party

Le 14-Juillet de l’an dernier a fait l’objet d’un bouleversement dont le chef de l’Etat se serait bien passé: la suppression de la garden-party. En juin 2010, l'Elysée annonçait l’annulation de l’événement à la suite de la révélation par le député PS René Dosière des dépenses liées à la soirée de 2009. La fête avait coûté aux contribuables 732.826 euros pour 7.500 invités, soit près de 100 euros par invité alors même que la France s'enlisait dans une période de restrictions budgétaires et de vifs débats autour de l’allongement de la retraite à 62 ans.

2009

Que tu coûtes cher

L’année précédente, pas de dictateurs arabes (voir ci-dessous) sur les Champs-Elysées, mais un Johnny Hallyday en tête d’affiche du concert organisé au Champ-de-Mars. Et c’est Sarkozy lui-même qui choisit le rocker pour animer cette soirée. Un privilège qui sonne comme une maladresse, ou une provocation. Le coût du concert avait été estimé à 1 million d'euros, dont la moitié environ revenait au chanteur installé en Suisse depuis 2006 pour raison fiscale.

2008

Ben Ali, Moubarak, El-Assad: cherchez l’intrus

C’est le carton d’invitation envoyé au Tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, à l’Egyptien Hosni Moubarak et au Syrien Bachar-el-Assad qui fit grincer des dents tout ceux un tant soit peu attachées à la démocratie. Sur les trois, seul Bachar el-Assad, impérial lors du défilé cette année-là, s’accroche encore au pouvoir. 

Côté people, la presse retiendra surtout l’apparté entre Rachida Dati et Bernard Laporte, alors tous deux ministres.

2007

Un lapin à la presse

Quelques mois après son élection, le président de la «rupture tranquille» annonce qu’il veut en finir avec les habitudes de papa. Terminé la très solennelle interview présidentielle instaurée sous François Mitterrand. Place à une conférence de presse… qui n’aura pas lieu. Dans un entretien donné au Figaro, Sarkozy annonçait pourtant qu’il organiserait ce rendez-vous quelques jours avant la date fatidique du 14. Promesse non tenue.

2005

Ah ça ira!

Le seul 14-Juillet durant lequel Sarkozy est parvenu à tirer la couverture politique à lui s’est déroulé en 2005. Il n’était pas encore locataire de l’Elysée, mais son désir déjà avoué de prendre la place d’un Jacques Chirac en fin de règne lui donnait des idées. Alors que Chirac répondait aux questions de PPDA et Arlette Chabot et organisait la garden-party de l’Elysée, le ministre de l’Intérieur faisait savoir –dans une allusion à la Révolution française et au Louis XVI féru de serrurerie– qu’il n’avait pas «vocation à démonter tranquillement les serrures à Versailles pendant que la France gronde». Il enfonçait le pieu en s’adressant à la presse venue massivement à sa contre-garden party place Beauvau: «Vous préférez me voir ici plutôt que d’écouter le président !»

Mathias Destal

A regarder aussi: le portfolio des 14-Juillet de Sarkozy

Mathias Destal
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