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- Par Mathieu de Taillac
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Mathieu de Taillac est journaliste. Il travaille à la fois pour des médias français comme Radio France (correspondances pour France Info, France Inter, France Culture) et espagnols comme La Revista eMule (la première publication espagnole consacrée au P2P). Il tient un blog, blogal.info.
- DU MÊME AUTEUR
Mathieu de Taillac
Mathieu de Taillac est journaliste. Il travaille à la fois pour des médias français comme Radio France (correspondances pour France Info, France Inter, France Culture) et espagnols comme La Revista eMule (la première publication espagnole consacrée au P2P). Il tient un blog, blogal.info.
Stories from Mathieu de Taillac
Zapatero est-il un imbécile?
Si certains journaux ont compris l'hommage derrière l'injure, comment expliquer l'émotion des Espagnols après les déclarations de Sarkozy sur leur président du Gouvernement.
Si «Zapatero n'est pas très intelligent», alors Sarkozy est «un nain». C'est à ce niveau très ras du bac à sable qu'est parvenu en Espagne le débat autour du commentaire du président français sur le chef du gouvernement espagnol. Le radicalisme des réactions aux propos prêtés à Sarkozy par Libération - fussent-ils réels ou mal interprétés - a pu surprendre. D'autant plus que ce n'est pas la première fois que le chef de l'exécutif espagnol essuie des critiques frôlant l'insulte. «Mais qu'est-ce que tu veux, le nain». La réplique de cour d'école n'est pas issue du Parti socialiste (PSOE) de Zapatero, mais des rangs même de l'opposition de droite, de la bouche du député européen du Parti Populaire (PP) Luis Herrero. Pourtant, si aujourd'hui le PP s'insurge, il y a quelques années son président et candidat aux élections générales, Mariano Rajoy, qualifiait Zapatero de «monumental imbécile». La droite espagnole a longtemps mis en doute les capacités intellectuelles de Zapatero. Elle a utilisé sa ressemblance physique avec Mister Bean ou l' «optimisme anthropologique» dont se targue le chef de l'exécutif pour l'accuser de naïveté.
Mais voilà: si l'on peut permettre cette légèreté de ton aux hommes politiques espagnols, il est hors de question de laisser le président du Gouvernement se faire insulter par un dirigeant étranger. L'essentiel est de serrer les rangs face à l'affront. En 2007, Zapatero et le roi Juan Carlos reprochaient vigoureusement au président vénézuélien, Hugo Chávez, de traiter de fasciste l'ancien chef du Gouvernement José María Aznar. De la même manière, les Espagnols se montrent susceptibles lorsque l'on tance leur premier représentant.
Quant à la presse, elle a profité du mot de Sarkozy pour s'interroger elle aussi sur le cerveau du chef du gouvernement. Les journaux en ligne elplural.com (classé à gauche) et soitu.es font ainsi preuve d'une ironie dont on ignore si elle est volontaire. Ils rappellent à leurs lecteurs qu'il existe différents types d'intelligence, et que l'intelligence sociale et émotionnelle prime sur le quotient intellectuel, «qui n'a pas d'importance».
En revanche, rares sont ceux qui mentionnent le compliment qui accompagnait la critique. Comme le relève le dessinateur de presse Manel Fontdevila dans les colonnes du quotidien Público (reproduit en bas de cet article), proche du PSOE, les explications sur les succès électoraux de Zapatero face à la déroute du «très intelligent» Jospin paraissent, vues de Madrid, quelque peu alambiquées. Quant aux excuses de Ségolène Royal, elles n'obtiennent dans la presse que quelques commentaires amusés sur «son sens évident de l'opportunisme» (El Mundo).
Invasion napoléonienne
Je crois en fait que cette émotion se comprend mieux si l'on prend en compte l'image que les Espagnols ont d'eux-mêmes... et la représentation qu'ils se font des Français. Dans cette union sacrée face aux critiques extérieures, un autre facteur intervient: l'agresseur - réel ou fantasmé - est français. Or l'Espagne est loin d'avoir oublié l'invasion napoléonienne, dont les élèves espagnols connaissent bien mieux l'histoire que leurs homologues français, et la répression féroce du soulèvement populaire, immortalisée par Goya. Plus récemment, l'appui tardif de la France à l'entrée de Madrid dans la CEE ou à la lutte contre le terrorisme de l'ETA ont aiguisé les ressentiments. Il y est donc très mal vécu que les gabachos, le sobriquet dont on nous affuble outre Pyrénées, démontrent leur arrogance légendaire par quelques «cocoricos».
Qu'on ne s'égare pas cependant: l'Espagne n'est pas un pays francophobe; après quatre ans de travail auprès de confrères ibériques, je ne peux que témoigner de la chaleur de leur accueil. Et les plaisanteries habituelles sur les fraises espagnoles jetées à la frontière par les camionneurs français ne sont en général qu'une forme humoristique de faire connaissance...
Tout le monde veut être sur la photo
Néanmoins, les rapports avec le voisin du Nord sont souvent ambigus, pour ne pas dire schizophrènes. La plupart des Espagnols sont intimement convaincus que les «Gaulois», comme la presse continue de nous appeler, regardent la péninsule avec la condescendance d'un grand frère. Et que l'Espagne est pour les Français une espèce de sas entre l'Europe développée et le tiers-monde. Il est une citation que j'ai entendue à maintes reprises à Madrid : «L'Afrique commence aux Pyrénées». Tantôt attribuée à Alexandre Dumas, à Napoléon ou à Albert Camus - en tout cas à un franchute, elle symbolise la vision géographique déformée de beaucoup d'Espagnols. S'ils vont à Londres, Berlin ou Paris, ils disent partir «en Europe», comme s'ils n'y étaient pas déjà.
En fait, les réactions au commentaire sarkozien révèlent surtout une vraie ambivalence des sentiments espagnols vis-à-vis de la France. Le jour même de la publication de ses déclarations, le quotidien conservateur ABC relevait dans ses pages People la course au carton d'invitation que suscite la visite du couple présidentiel les 27 et 28 avril: «Tout le monde veut être sur la photo!». Une occasion en or pour que le chef de l'exécutif français explique à son homologue sa définition personnelle de l'intelligence.
Mathieu de Taillac
- «Écoute, “tu n'as pas l'air très intelligent”, ça veut dire “tu as l'air peu intelligent”, c'est pareil que ‘tu as l'air idiot” quoi ! Mais attention, si tu as l'air idiot, c'est que tu ne l'es pas! Tu as l'air idiot, donc tu es malin, tu comprends, non?
- Tu sais les gens... J'ai l'impression qu'ils sont idiots, tu trouves pas ?»
Courtoisie de Manel Fontdevila et du journal Público.
«Te quiero, yo tampoco», le titre de la une signifie «je t'aime moi non plus»
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Comments
Hypocrisie
Merci de ces informations contextualisées sur une situation provoquée par des "pros de la vérité".
Lu dans le nouvel observateur
"J'attends sur ce point les excuses de l'Elysée, qui a menti en nous accusant d'avoir dit des choses fausses - on a dit des choses vraies", déclare Laurent Joffrin sur France Info.
Le quotidien maintient ses informations. "Nous maintenons intégralement ce que nous avons écrit dès le premier jour. C'est-à-dire que Nicolas Sarkozy a, devant un certain nombre de députés, porté des jugements à l'emporte pièce sur un certain nombre des ses collègues", déclare Laurent Joffrin. "Et nous maintenons également qu'il a bien prononcé, sur Jose Luis Zapatero, les mots que nous lui avons mis dans la bouche. (…) Simplement, il y a eu un malentendu, puisque la presse espagnole les a pris au premier degré."
Dans sa défense Libération veut nous faire croire que la vérité ce sont les mots déconnectés de leur contexte indépendament du Sens (intention) de ceux qui les ont prononcés et du Sens que l'on peut leur donner en les plaçant dans d'autres contextes.
Le comble de l'hypocrisie de la part de ceux dont c'est le métier de mettre en scène les mots et les images. Ce qu'ils n'ont pas manqué de faire s'étonnant innocemment du « malentendu » de la presse espagnole.
Qui veulent ils, peuvent-ils tromper? Leurs lecteurs et tous ceux qui sont pris par le pathos qu'ils manipulent en toute conscience. Ségolène Royal exploite le filon.
« Ce n'est pas la vérité qui compte mais l'efficacité » Qui donc à dit cela qui est devenu règle d'or pour les cyniques de tous poils?
Au fait Monsieur Joffrin que s'est-il passé en termes de critique le 8 janvier 2008?
Roger Nifle Humanisme Méthodologique et Prospective humaine
http://journal.coherences.com
Affaire révélatrice
Libération a par son article partial et un tantinet malhonnête, permis de révéler plusieurs choses.
La première est l'absence concrète et efficace d'une opposition. Mme Aubry peine, pour ne pas dire rame, pour organiser son parti et l'opposition à Nicolas Sarkozy. Son travail depuis le mois de novembre, n'est pas couronné de beaucoup de succès puisque la contre proposition se borne à faire de l'anti-sarkozysme primaire et pavlovien. On s'attaque à la personne, à la famille mais pas à la politique puisqu'on n'a rien en rayon.
Elle a raté également la mise à l'écart de Mme Royal, qui n'a de cesse de faire des coups...bas et doubles : vers le président de la république, et vers son parti qu'elle ridiculise et le pousse au silence embarrassé.
L'article et sa polémique mettent en exergue le déclin de l'usage de la langue française. Dans ce cas, les médias espagnols sont réellement décevants. Ils oublient l'émigration massive vers la France des Espagnols il y a quelques années encore. Auraient-ils déjà oublié que dans leurs familles, nombre de parents vivent en France et par là, ils devraient mieux connaître les subtilités de la langue française.
Enfin, il y a l'attitude outrancière de Mme Royal qui par son action à ridiculiser la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, sa façon de faire, conduit à affaiblir ses actions, à le faire passer pour un idiot.
Comment peut-on agir de cette manière alors qu'on constate les manquements de Mme Royal : condamnation à payer après 12 ans de procédure ses attachées parlementaires, son absence aux obsèques de M. Monory, ses promesses sur son voyage au Tibet, sa méconnaissance des dossiers des entreprises en Poitou-Charentes, ses échecs...
Bref, la classe politique des quinquas en France n'est pas d'un bon niveau et l'image de la femme politique n'est pas grandie au regard du comportement de Mme Royal!
oups
La voix Royal
Cette dame, subjuguée par le parcours de Michelle Bachelet (Présidente du Chili (vit seule, mère de trois enfants nés de deux pères différents) est en train de faire imploser le PS dont elle torpille méthodiquement la lente et besogneuse stratégie de reconstruction.
Sentiment personnel
L'Espagne a le sentiment que nous la méprisons, la France n'a pas le temps de mépriser qui que se soit, sauf elle-même. C'est déjà un boulot à plein temps. Nous ressemblons de plus en plus au Philippe Séguin sado maso des Guignols de l'info.