Les fuites Wikileaks que vous aviez manquées
De la corruption la plus flagrante en Inde à la guerre de Chavez contre Domino’s pizza, ces quatre derniers mois recèlent quelques informations édifiantes, révélées par les «câbles» confidentiels du département d’État américain.
- Le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej, suivi de la reine Sikirit (au centre) et du prince héritier Maha Vajiralongkorn (à gauche). REUTERS/Damir Sagolj -
DEPUIS LES QUELQUES MOIS de 2011 saturés en infos sur Julian Assange, les médias américains ont délaissé le scandale déclenché par le site WikiLeaks au profit des révolutions arabes et d’autres affaires de mœurs. Mais depuis, WikiLeaks n’a cessé de diffuser des télégrammes diplomatiques —jusqu’ici, sur les plus de 250.000, moins de 16.000 ont été publiés.
Après avoir, dans un premier temps, noué des partenariats —aujourd’hui usés— avec le Guardian et le New York Times, le site WikiLeaks collabore désormais avec des journaux de pays tels que le Pérou, Haïti et l’Irlande, pour mettre au jour des documents confidentiels d’intérêt national. Voici notre sélection.
THAÏLANDE
Dimanche 3 juillet ont eu lieu des élections législatives thaïlandaises (largement) anticipées. Le gouvernement thaïlandais n'a pas dû apprécier l'évaluation très franche de la situation (l’agitation politique couplée à l’incertitude quant à l’état de santé d’un roi-vieillard) par le département d’État américain. En outre, les circonstances entourant la publication de ces câbles diplomatiques sont pour le moins controversées.
Ces câbles ont été consultés et analysés par Andrew MacGregor Marshall, un journaliste britannique basé à Bangkok qui travaille pour le compte de Reuters. L’agence a décidé de ne pas publier ses analyses, évoquant des motifs «de longueur, de sources, d’objectivité» et «de nature juridique».
Le journaliste explique que l’agence Reuters s’inquiète peut-être de la sécurité de ses collaborateurs basés en Thaïlande, où le fait d’insulter la famille royale est un délit passible d’une peine de prison. Si bien que MacGregor Marshall a démissionné, avant de quitter le pays. Et il continue de toute façon à écrire des articles sur ces câbles diplomatiques.
L’un d’entre eux suggère qu’il est «difficile de surestimer l’impact politique de l’incertitude liée à l’inévitable crise de la succession qui éclatera à la mort du roi Bhumibol» et que son successeur présumé, le prince héritier Vajiralongkorn, «n’inspire pas le respect et ne dégage pas le même charisme que son cher père». Un autre message souligne que le roi «souffre depuis longtemps de la maladie de Parkinson, de dépression et de douleurs lombaires chroniques».
Mais c’est loin d’être le clou. On y apprend que le prince héritier passe aujourd’hui le plus clair de son temps en Europe «avec sa principale maîtresse et son caniche adoré, Fufu» —le toutou ne porte rien moins que le nom d’un de ses généraux de corps aérien. Il va sans dire que Vajiralongkorn —prochain sur le trône— n’est pas très apprécié des Thaïlandais. Un autre document laisse entendre que les Thaïlandais ont du mal à accepter que l’épouse du prince héritier, la princesse Srirasmi, puisse devenir leur reine à cause d’une «vidéo salace de l’anniversaire du caniche blanc, Foufou, dans laquelle Srirasmi apparaît vêtue d’un simple string», très largement diffusée.
Joshua E. Keating
Traduit par Micha Cziffra
Mis à jour le 12/07/2011 à 13h07














































