France

Où frappera le prochain séisme en France?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 09.07.2011 à 10 h 02

La France connaît environ 1.500 séismes de faible intensité chaque année. Mais un tremblement de terre plus important n'est pas à exclure.

Dans un centre d'hébergement à Caracas en 2010, REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Dans un centre d'hébergement à Caracas en 2010, REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

UN SÉISME DE MAGNITUDE 5,3 sur l’échelle de Richter s’est produit en mer Méditerranée, au large de la Corse, jeudi 7 juillet. Cet événement qui n’a fait aucun dégât, vient nous rappeler que, si la France métropolitaine ne comporte aucune zone fortement sismique, il s’y produit environ 1.500 séismes par an, dont une dizaine d’une magnitude supérieure à 3,5, niveau à partir duquel les populations commencent à ressentir le tremblement de terre. Quelles sont les régions les plus exposées au risque sismique en France? 

Alors qu’un nouveau zonage sismique de la France a été publié par les autorités en mai 2011, voici les cinq sites les plus susceptibles d’être le théâtre d’un tremblement de terre important en France métropolitaine (en Outre-mer, les Antilles et dans une moindre mesure la Nouvelle-Calédonie sont des zones à forte sismicité).

Les Pyrénées

Ligne de faille: nord-pyrénéenne

Dernier séisme important: 2006

C’est dans les Pyrénées que l’on retrouve la zone sismique la plus active de France métropolitaine, avec 600 séismes par an de magnitude et d’intensité modérées, dont une vingtaine sont ressentis par la population. C’est la faille nord-Pyrénéenne, résultat du passage de la microplaque ibérique sous la plaque eurasienne il y a 40 millions d’années environ. 

En 2006, le séisme d’Argelès-Gazost dans les Hautes-Pyrénées, d’une magnitude de 4,9, et le plus fort de la région en 25 ans, et a été ressenti jusqu’à Barcelone et Toulouse. Il n’a occasionné que de légers dégâts dans les environs de Lourdes (chutes de cheminées et brèves coupures d’électricité) du fait de la profondeur du foyer (9km) et de la zone très peu peuplée de l’épicentre. Le plus fort séisme historique de la région aurait eu lieu en 1660 et aurait fait plusieurs milliers de morts, avec une magnitude proche de 6.5. Un nouveau séisme de cette ampleur n’est pas à exclure, surtout dans l’ouest de Pyrénées.

Les Alpes

Ligne de faille: entre les plaques africaine et eurasienne

Dernier séisme important: 2005

En moyenne, les séismes d’une magnitude avoisinant 5 se produit tous les dix ans dans la région. La sismicité de la zone vient de la formation des Alpes et de la collision des plaques tectoniques africaine et eurasienne: depuis 80 millions d’années, la plaque africaine avance vers le Nord (à une vitesse de 0,5 à 1 centimètre par an actuellement), tandis que la plaque eurasienne résiste à cette poussée. 

Le séisme de Vallorcine en Haute-Savoie, à la frontière franco-suisse, en 2005 est le dernier séisme en date dans cette zone. Il a atteint une magnitude de 4,9 et a été ressenti à plus de 100 km de l’épicentre mais n’a entraîné aucun dégât significatif, à part de légères fissures sur quelques bâtiments et des chutes d’objets et de pierres. Le séisme d’Epagny-Annecy en 1996 de magnitude 5,2 n’a fait aucun blessé grave mais a entraîné des dégâts matériels importants (principalement des cheminées et des tuiles tombées sur des voitures et sur la chaussée), l’épicentre se situant à quelques kilomètres seulement du centre d’Annecy.

Provence-Alpes-Côte-d’Azur

Ligne de faille: entre les plaques africaine et eurasienne

Dernier séisme important: 2011 (le séisme du 7 juillet a été ressenti sur toute la Côte d’Azur)

C’est la zone la plus proche du séisme qui a été ressenti en Corse et sur la Côte d’Azur jeudi. La région Paca, bien que située à 800 km de la rencontre des plaques eurasienne et africaine, est aussi soumise aux effets de la collision entre les deux. La région a été le théâtre du séisme récent le plus destructeur en France métropolitaine: le tremblement de Terre de 1909, qui a fait 46 morts et causé des destructions importantes en Provence dans les villages de Rognes, Lambesc, Saint-Cannat ou encore Salon-de-Provence. C’est le séisme le plus fort ressenti en France métropolitaine au cours du dernier siècle, avec une magnitude estimée à 6.

Vosges-Fossé Rhénan

Ligne de faille: plusieurs failles actives

Dernier séisme important: 2003

La sismicité dans cette zone est régulière mais modérée. On relève plusieurs séismes de magnitude 3 par an en Alsace et un séisme d’une magnitude pouvant atteindre 5 tous les cinq ans environ, qui peuvent être perçus et faire des dégâts minimes. Un séisme d’une magnitude de 6 voire 7, comme en Haïti, n’est pas à exclure dans cette zone. La présence de la centrale nucléaire de Fessenheim sre une des failles actives de cette zone est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles beaucoup réclament sa fermeture.

Le séisme le plus marquant dans cette zone reste celui de Remiremont, dans les Vosges, en 1682. Plus récemment, le séisme de Rambervilliers de magnitude 5,4 en 2003 a été ressenti jusqu’à 650km de l'épicentre, à Lyon et Paris en France, mais également en Allemagne, en Suisse et en Belgique. Les dégâts ont encore une fois été minimes, avec principalement des bâtiments anciens fissurés. 

Massif Armoricain

Ligne de faille: cisaillement sud-armoricain

Dernier séisme important: 2002

Le massif armoricain est également une zone d’activité sismique faible mais relativement constante. La Bretagne connaît plusieurs dizaines de séismes par an, mais n’a été touchée qu’une dizaine de fois environ par des secousses d’une magnitude supérieure à 4 depuis les années 60, principalement au sud, dans le Morbihan.

Le dernier séisme important en date, celui d’Hennebont en 2002, a atteint une magnitude de 5,4 et a été ressenti dans toute la Bretagne, mais sans grands dégâts. La forte présence de roches granitiques (par opposition au calcaire) dans le sol de la région permet en fait d’amortir l’effet de résonance des ondes de surface, et crée un effet tampon qui réduit les destructions en surface.

Grégoire Fleurot

Merci à Christophe Sira, ingénieur d'études au Bureau central sismologique français (BCSF). Si vous avez ressenti un séisme, vous pouvez participer à enrichir la base de donnée de BCSF en témoignant en ligne ici.

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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