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Haro sur les femmes «incubatrices»!

La «grossesse pour autrui» n'est-elle rien d'autre qu'un nouvel esclavage?

Le Conseil d'Etat a rendu publique, mercredi, ses recommandations concernant la bioéthique. Elle prône l'autorisation des recherches sur les cellules souches embryonnaires, la levée sous conditions de l'anonymat du don de gamètes mais préconise de ne pas légaliser la gestation pour autrui (GPA, mères porteuses) et de ne pas étendre l'assistance médicale à la procréation (AMP) aux mères célibataires et aux homosexuelles.

Concernant la question des mères porteuses, la philosophe Sylviane Agacinski a pris une position forte dans le débat. Position décryptée par Kléber Ducé le 20 avril. Nous le republions.

***

Qui a dit que la colère était mauvaise conseillère? Voici, né d'un violent mouvement d'humeur, un petit bijou d'une centaine de pages, pédagogique autant que polémique. C'est aussi un précieux outil démocratique fort opportunément disponible au moment où s'ouvrent en France les premiers Etats généraux de bioéthique, ce préalable citoyen à la révision de la loi du même nom. Signé de Silviane Agacinski, cet opuscule vient d'arriver dans les librairies. En prendre connaissance c'est, sous une plume tenue par une femme située à gauche de l'échiquier politique, découvrir la pertinence d'un ample réquisitoire contre cette nouvelle forme de marchandisation du corps humain qu'est, selon l'auteur, la pratique des mères porteuses. Une initiative d'autant plus originale que nombre de voix féministes - émanant officiellement du même univers de gauche -  plaident ouvertement et avec virulence en faveur de la dépénalisation de cette pratique. Certains vont même, au nom de la liberté de disposer de son corps et de sa fonction de reproduction, jusqu'à oser un parallèle avec l'interruption volontaire de grossesse.

Philosophe, professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Sylviane Agacinski greffe son propos sur la dernière initiative d'un groupe de sénateurs français présidé par Michèle André, Alain Milon et Henri de Richemont. L'émotion n'est pas absente de l'ouvrage. «Faut-il le dire j'éprouve un certain dégoût à devoir argumenter pourquoi il est indigne de demander à une femme de mettre son ventre à la disposition d'autrui, écrit-elle dans son avant-propos. Chacun devrait le voir de lui-même, le comprendre du lui-même». Mais, dégoût ou pas, on ne peut manquer d'être frappé par la rigueur de l'argumentation, la puissance du réquisitoire, la hauteur de vue et une forme de courage d'un auteur montant en première ligne dans ce combat des idées.

C'est que le propos de Sylviane Agacinski dépasse de beaucoup, et fort heureusement, la seule question des mères porteuses. Il embrasse d'un nouveau regard le développement contemporain des pratiques d'assistance médicale à la procréation. Et l'auteur resitue le tout dans le contexte international, hautement inquiétant, d'une marchandisation de l'humain doublée de l'émiettement des corps. «Obsédés par les crimes anciens, nous sommes incapables de voir ce qui pourtant s'étale sous nos yeux : la barbarie soft, bienveillante, doucereuse des abus biotechnologiques et de l'aliénation du corps humain, après la réduction des animaux au statut de produits fabriqués par l'élevage industriel, écrit l'auteur. Aujourd'hui, à travers sa Constitution et ses lois, le droit français interdit toute atteinte à la dignité de la personne. Il garantit le respect de l'être humain et de son corps, en proscrivant toute marchandisation des organes où de ses produits. Mais demain?»

Demain, précisément, pourrait être radicalement différent dès lors que le législateur aurait entrouverte la porte à des contrats définissant les termes d'une  location utérine suivie - il est essentiel de le rappeler - d'un accouchement et d'un abandon du nouveau-né. Peut-être faut-il recadrer la problématique et de faire l'économie des oppositions politiques et des polémiques plus ou moins personnalisées. L'une des questions essentielles concernant la révision de la loi de bioéthique est bien celle de savoir si l'on va ou non remettre en cause l'une des dispositions fondatrices du droit français; celle qui veut que depuis qu'elles existent les différentes techniques de l'assistance médicale à la procréation ne peuvent bénéficier qu'à des couples stables composés d'un homme et d'une femme en âge de procréer et souffrant de difficultés à concevoir.

Evolution sémantique

Cette clef de voûte juridique est depuis quelques années déjà vivement contestée par ceux qui estiment que le législateur n'a pas à intervenir dans ces sphères de l'intime. De quel droit, demandent-ils, interdire, par exemple, aux femmes célibataires et aux couples homosexuels de bénéficier de ces thérapeutiques ?  Et c'est bien cette contestation qui a pour effet indirect de soulever, une nouvelle fois, la question de la dépénalisation d'une pratique longtemps dénommée  comme étant celle des «mères porteuses» avant de devenir celle de la «gestation pour autrui» (GPA).

Sylviane Agacinski se penche précisément avec acuité sur l'évolution des termes et des expressions. On est ainsi passé des «mères porteuses», aux «mères de substitution», puis à la «maternité de substitution», à la «maternité pour autrui» avant d'atteindre la GPA. En moins de vingt ans, cette évolution sémantique n'a semble-t-il eu d'autre fonction que de gommer progressivement le fait qu'en l'occurrence une femme acceptait d'être enseinte et d'accoucher à la place d'une autre. «Les mots sont ici le symptôme d'un malaise : il y a beaucoup de choses à cacher, écrit Sylviane Agacinski. (...) L'idée d'utiliser un être vivant pour sa capacité «gestationnelle» n'avait d'ailleurs concerné jusqu'ici que les animaux d'élevage.» Ainsi ce serait parce que le «porteuse» de «mère porteuse» renvoyait directement à «couveuse» ou «pondeuse» que l'on en est venu à cette GPA qui n'évoque plus qu'une simple fonction où l'altruisme efface toute dimension financière.

La France n'est pas isolée dans la prohibition

Le législateur français autorisera-t-il demain une femme à porter un embryon conçu - pour tout ou partie - avec les cellules sexuelles d'un couple tiers tout en acceptant la programmation d'abandonner l'enfant dans l'heure qui suivra sa naissance? Inquiets de leur propre audace, certains parlementaires favorables à cette disposition envisagent de laisser à la mère une période de trois jours durant laquelle elle pourrait décider de garder «son» enfant...

Pour l'heure, la loi française interdit une telle pratique : ceux qui s'entremettraient dans des conventions de GPA encourent des peines d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende. Les partisans de la dépénalisation laissent entendre que la position française est en passe de devenir une exception. Faux, leur répond en substance Sylviane Agacinski qui rappelle qu'à l'échelon planétaire l'exception est bel et bien la tolérance encadrée vis à vis d'une telle pratique: au Royaume-Uni, en Grèce, en Belgique en Israël ou dans quelques Etats américains. L'Espagne, l'Italie, l'Allemagne la Suisse ou la Chine ont adopté une prohibition stricte.

Il n'en reste pas moins vrai - et cet ouvrage en apporte le témoignage - que dans l'espace démocratique français aucun consensus ne semble pouvoir se dégager sur un sujet qui soulève des menaces aussi lourdes que celles de l'instrumentalisation des corps humains et de leur commercialisation. L'affaire est d'autant plus grave que l'on sait que toute forme de remise en cause du concept d'indisponibilité du corps humain conduit immanquablement à l'émergence de nouvelles formes d'esclavage ; un esclavage d'autant plus pervers qu'il prospère ici dans des espaces démocratiques sous la double bénédiction de la thérapeutique et de la «solidarité féminine».

Une nouvelle aliénation

Pour l'heure, les oppositions entre partisans et opposants de la dépénalisation de la GPA sont irréductibles. Dans leur riche ouvrage consacré aux «nouvelles libertés» issues de l'assistance médicale à la procréation, Monique Canto-Sperber et René Frydman en témoignent à leur façon, chacun signant un texte séparé à propos de la GPA. La philosophe et le gynécologue-obstétricien (qui n'a jamais caché ses convictions socialistes) ne peuvent ici se rejoindre. La dissociation entre le désir d'enfant et la gestation est-elle acceptable?  Non, répond en substance le chef de service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, qui expose les raisons de son opposition au concept même de maternité de substitution, cet «abandon volontaire orchestré dès le départ», cette utilisation du corps au profit d'autrui qui ne constitue également rien d'autre, à ses yeux, qu'une «aliénation». Pour Monique Canto-Sperber, ancienne vice-présidente du Comité national d'éthique la gestation pour autrui ne serait qu'une nouvelle dissociation s'inscrivant après celle entre la procréation et la sexualité.

A gauche, les voix de Sylviane Agacinski et de René Frydman  apparaîtront d'autant plus dissonnantes et criticables qu'elles entrent pleinement en résonance avec les conclusions, sur ce thème, des évêques du groupe de travail sur la bioéthique. Pour Agacinski, la question peut au fond être formulée de manière aussi simple que provocatrice : la femme peut-elle être réduite à son utérus et son utérus gravide à un simple four à pain ? Celles qui connaissent les souffrances et les joies de l'enfantement peuvent-elles, sans danger pour elles et notre espèce, être autorisées à devenir de simples incubatrices ?

Il y a 77 ans Aldous Huxley fondait son monstrueux «Brave New World» sur l'instrumentalisation de la gestation humaine via des incubateurs artificiels dont rien ne permet de penser qu'ils ne verront jamais le jour. Sylviane Agacisnki et René Frydman n'y font pas référence. Mais rien n'interdit de penser que l'acceptation de la grossesse pour autrui, c'est à dire de la grossesse devenue étrangère sera l'étape qui nous rapprochera de la grossesse artificielle, c'est à dire devenue inhumaine.

Kléber Ducé

Image de une: CC Flickr/Guildo

 

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Comments

Femmes et maternité

Tout comme vous, je soutiens le combat de Sylviane Agacinski . D'autant que notre Histoire est parsemée de tristes souvenirs concernant la dévalorisation des femmes qui traverse nos sociétés et la volonté de ces mêmes sociétés, d'en exploiter, malgrè tout, la maternité , et ce , d'Aristote, qui ne voyait la femme que comme le réceptacle du pneuma de l'homme qui seul transmet la vie humaine, aux tristement célèbres politiques natalistes de la seconde Guerre Mondiale. Tota mulier in utero ? Non, bien sûr.

contradiction

Cet article est pour le moins discutable, même si c'est bien là son but.
Que Mme Agacinski, en tant que femme et en tant qu'être humain, ressente un profond dégoût à l'idée de voir se vendre le corps de la femme, je ne peux que comprendre, et je ne peux qu'approuver. Non parce qu'une femme ne devrait pas avoir le droit de vendre son corps si tel était son souhait, mais parce qu'en réalité, vendre son corps est dans une grande majorité des cas tout sauf un souhait, car le corps de chacun est ce qui lui reste lorsqu'il n'a plus rien d'autre, et qu'évidemment les plus pauvres et les plus démunies des femmes seront les premières à souffrir d'une nouvelle forme de vente.
Mais ce que cet article se garde bien de mettre en lumière, c'est l'esprit dans lequel l'acte de "grossesse pour autrui" est accompli. Tout accord, toute transaction financière y est rigoureusement interdite. Il n'est pas question de transformer des femmes en machines à pondre, mais d'accorder l'opportunité à celles qui le souhaitent de porter l'enfant d'une proche qui ne le peut pas, pour une soeur, pour une cousine, pour une amie...stérile. Je vous rappelle à tout hasard qu'en France les centres médicaux pluridisciplinaires qui effectueraient ces implantations d'embryons sont publics, qu'ils n'ont aucun intérêt financier, et qu'ils sont particulièrement chatouilleux sur l'éthique.
Et à la question "le désir d'enfant peut-il être dissocié de la gestation ?", la réponse est oui, déjà oui et depuis des centaines d'années : c'est par exemple l'adoption. Entre une femme qui porte un enfant et qui la mort dans l'âme décide d'y renoncer à la naissance au profit d'un couple qu'elle ne connaît pas et ne connaîtra jamais, et celle qui a décidé de porter un enfant pour des proches qui ne le peuvent pas, la deuxième situation me paraît nettement moins porteuse de souffrance.
Je vous accorde qu'il faut un état d'esprit particulier pour porter l'enfant d'autres, mais quand on voit ces films, quand on lit ces livres, quand on entend parler de l'histoire de Mme Untel, stérile, qui demande à son mari de lui faire un enfant avec sa soeur ou sa cousine, c'est tout aussi dérangeant, et s'y ajoute en plus le problème de l'adultère qui peut empoisonner le couple et le détruire avec cet enfant tellement (trop ? ) désiré.
En tant que philosophe, Mme Agacinski a la démarche de chercher le mieux (ou de craindre le pire ). En tant que simple humain, je me veux partisan du bien.

Ignorance crasse et manipulation !

« Sylviane Agacinski se penche précisément avec acuité sur l'évolution des termes et des expressions. On est ainsi passé des «mères porteuses», aux «mères de substitution», puis à la «maternité de substitution», à la «maternité pour autrui» avant d'atteindre la GPA. En moins de vingt ans, cette évolution sémantique n'a semble-t-il eu d'autre fonction que de gommer progressivement le fait qu'en l'occurrence une femme acceptait d'être enceinte et d'accoucher à la place d'une autre. «Les mots sont ici le symptôme d'un malaise : il y a beaucoup de choses à cacher, écrit Sylviane Agacinski. »

Permettez-moi de m'esclaffer ! Un peu de rappel sémantique et historique. C’est la loi de 1994 qui introduit les termes de procréation pour autrui (la femme qui porte l’enfant d’autrui passe par une insémination de sperme, elle transmet donc aussi son patrimoine génétique) et la gestation pour autrui (la femme porte un embryon issu des gamètes des parents d’intention. Il n’y a donc pas de lien génétique entre cette femme et l’enfant). Ce sont donc deux situations bien différentes en matière de psychologie comme de physiologie. Ensuite, le Sénat en 2008 a étudié ces deux catégories d’arrangements reproductifs dans un rapport sous le titre de « Maternité pour autrui ». Le malaise que S. Agacinski est qu’elle ne s’est jamais penché sur ces questions et qu’elle reprend le terme utilisé lors des polémiques de la fin des années 80 : les mères porteuses. Acuité ? Vous voulez rire ! Ignorance crasse et manipulation, voilà la réalité. Par ailleurs, quelle différence dans le discours avec Mme Boutin ?

Ensuite, il me semble que les propos outranciers de Mme Agacinski sont un jugement des actes des couples infertiles truffé d'insultes les plus débiles. Comment peut-elle faire croire que des grandes démocraties comme l'Angleterre, les USA, le Canada, l'Australie qui ont passé des législations pour autoriser et encadrer la GPA seraient des pays où l'esclavage serait autorisé ??? Mais Mme Agacinski ne s'embête pas à rencontrer la réalité des personnes (couples infertiles, gestatrices, et surtout enfants nés par GPA) car Madame sait tout et s'appuie sur de grands penseurs. Regardons-y de plus près :

Elle cite Marx qui avait prédit l'avènement d'une société où les pauvres produiraient les enfants pour les couples riches. Comme les techniques d'assistance médicale à la procréation n'existaient pas même en rêve à l'époque du grand Karl, alors, de quoi parlait-il ? Ne serait-ce pas plutôt de l'adoption que certains parent de toutes les vertus au point de nier la liberté pour un individu de choisir la façon dont il entend bâtir sa famille ? Mme Agacinski va-t-elle vouloir aussi interdire l'adoption au nom de ses grandes convictions toutes personnelles ?

Il faut remarquer chez S. Agacinski une grande capacité à travestir et instrumentaliser la réalité. Dans un face à face avec le Pr Debré recueilli par le Figaro (: //www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2007/11/09/01006-20071109ARTFIG0…), elle se recommande de Maurice Godelier dans son livre Métamorphose de la parenté pour prétendre que les enfants d'une mère porteuse ont peur d'être vendu à leur tour. Bêtise ou mauvaise foi ? Maurice Godelier est un des premiers signataires de l'appel pour la légalisation de la GPA lancé par l'association CLARA dont il fait partie au sein du Comité d'experts. Et son livre nous dit une tout autre musique que les fariboles de Mme Agacinski. Il faut dire que cette philosophe de la faribole apocalyptique n'en est pas à son coup d'essai. Au lendemain de la branlée bien regrettable subie par son mari Lionel Jospin, elle nous avait pondu un livre pour expliquer à ces idiots de Français qu'ils avaient mal voté. Et rebelote avec les militants socialistes après le vote interne à la candidature aux présidentielles qui avait vu gagner haut la main S. Royal (vidéo saisissante au http://www.lepost.fr/article/2008/10/12/1286633_chronique-de-la-haine-ex...).

Au fait, à part faire la promotion de son bouquin, quelle peut-être la motivation de cette philosophe de la gauche réactionnaire ? Car on peut légitimement s'interroger sur ce qui la motive à jouer obsessionnellement les talibans de la procréation ? Un problème personnel qui renvoie à l'image de la mère ? Le fait qu'elle ait choisi de laisser en route son enfant pour vaquer à une nouvelle union avec L. Jospin ? C'est vrai, j'oubliais, dans la philosophie selon Mme Agacinski, on ne s'encombre pas de la réalité.

GPA, adoption et manque de logique ou de réflexion

Le désir d'enfant est compréhensible. Avoir un enfant …. et j'imagine, je suppose –vouloir le rendre heureux en l'étant soi-même à travers lui.

En supposant qu'il soit vrai qu'il y ait, de part le monde, des enfants à adopter, pourquoi ne pas favoriser ces adoptions plutôt que toutes ces tractations plus ou moins mercantiles, plus ou moins altruistes, plus ou moins légitimes, plus ou moins douloureuses voire sordides.

De plus, mais c'est vraiment accessoire, ici et là, quelques voies nous prédisent que – un jour, lointain, très lointain – nous serons trop nombreux sur terre et qu'on aura du mal à nourrir tout le monde. Ah ces oiseaux de mauvais augure !

Comme chacun le sait, aujourd'hui, le monde entier mange à sa faim.
Pourtant, je ne comprends pas pourquoi avec ces mères porteuses, pardon, GPA, on veut alors rajouter des enfants donc des bouches à nourrir un jour – des tous neufs et tous nouveaux – alors qu'il y a déjà des – tous vieux de deuxième main – en stock à adopter ?

Il y a même des mauvaises langues qui prétendent qu'on a du mal à écouler le stock des adoptables, tellement il y en aurait. Mais ce sont des rumeurs, certainement.

Au fait, je ne comprends pas non plus, face à ce désir fondamental d'enfant, quelle différence il y aurait entre adopter un enfant qu'on n'a pas porté et qu'on va rendre heureux quand même et " récupérer " son propre enfant porté par une autre, mais qu'on va rendre – (plus ?) - heureux quand même ?

Mais, dîtes, là, juste entre nous, combien ça rapporte toute cette mise en place de ces GPA et tout ce qui tourne autour, en amont et en aval ? Et à qui ça rapporte au fait ?

Non, franchement, peut-on sans scrupule empêcher et priver des " médecins, généticiens, chercheurs, et tout ce qui tourne autour. " de s'enrichir – pardon – de gagner leur vie - sur le dos de ces personnes en désir d'enfants, sur la douleur de ces personnes en souffrance ?
Parce que les mômes à adopter, ne souffrent pas, eux, n'est-ce pas.
Et puis, non, vraiment, si on commençait à caser tous les enfants à adopter, que vont devenir tous ceux qui vivent et gravitent autour des enfants non adoptés, non adoptables, etc.

Ah, la générosité humaine et la grandeur d'âmes de certains de ceux qui grâce aux mères porteuses ou par le biais des enfants à adopter y font finalement leur bon beurre !

Soliste

@Soliste, je vous aime!

Soliste, je vous aime !
Pardon, j'aime ce que vous écrivez ci-dessus, si plein de bon sens (n'en déplaise à Roger Le senS) et d'intelligence. J'aurais aimé pouvoir l'écrire moi-même. Merci.

cordialement,

Quand un certain féminisme se fait complice du sexisme

C'est assez amusant de mettre ensemble S. Agacinski, féministe marxiste, et le rapport du Conseil d'état, pur jus de subjectivité machiste. Analysons un peu :

Même si la volonté de prise en compte de l’intérêt de l’enfant né par gestation pour autrui est une avancée positive par rapport aux lois de bioéthique qui étaient muettes sur le sujet, il reste que la solution proposée, la délégation de l’autorité parentale, ne résout en rien le problème. Comment un enfant peut-il se construire avec une filiation complète reconnue dès qu’il sort des frontières nationales, mais qui lui serait refusée en France et remplacée par une absence de mère et la seule mention d’une « tutrice » à laquelle serait concédée, par la volonté reposant sur le seul père, une délégation de l’autorité parentale ? Donc la femme à la merci du pouvoir discrétionnaire d'un homme? Ceci bafoue l’égalité des sexes, car si la gestation pour autrui devait priver l’enfant de filiation, on ne comprend pas la raison qui pousserait à reconnaître le père, qui est pourtant tout autant partie prenante dans cette forme d’Assistance Médicale à la Procréation, et à priver la mère de cette même filiation ? N’est-ce pas là une résurgence dangereuse d’une définition purement biologique de la parenté que la culture française refuse depuis des siècles avec indignation à juste titre ? N’est-ce pas là un déni du droit à fonder une famille et à être égaux dans le mariage, droits consacrés par notre constitution et par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (article 16) ? N’est-ce pas imposer implicitement à une autre femme, celle qui a porté l’enfant, une « filiation » non dite qu’elle n’a jamais désirée, en totale négation de ses droits ? Une fois de plus, ce serait des hommes qui feraient et déferaient les mères ?
Alors que ses parents ont désiré cet enfant et assumé les responsabilités parentales de manière ininterrompue depuis sa conception, - ce qui au passage infirme la thèse de l’abandon d’enfant-, la loi française devrait priver cet enfant de la seule mère qu’il a et peut avoir ? N’est-ce pas là le véritable abandon d’enfant, imposé par la loi ? Comment peut-on considérer un seul instant que l’intérêt de l’enfant n’est pas d’être élevé par ses parents, qui sont responsables de sa naissance, ni d’être reconnu en tant que tel ?
D’autre part, quel en serait l’intérêt pour la société française ? Au final, il s’agit d’une mesure dont la principale victime est l’enfant, mais aussi sa mère, à laquelle on ferait payer une seconde fois son infertilité.

Bien sûr, ces remarques élémentaires n'ont pas effleuré un seule instant Mme Agacinski. On ne peut pas tout faire : dénigrer des personnes et des démocraties, et se confronter à la réalité.

De quoi s'agit-il?

Une seule question en réflexion: s'agit-il de donner une famille à un enfant?

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