Qui sera le président du sacrifice?
Coupes des aides sociales et hausses des impôts et taxes: voilà ce qui attend les Français. Economiquement et moralement, ce serait mieux de le dire. Les Français seraient mis en face de la réalité et, en vérité, confortés dans leur intime intuition: ils savent déjà à quoi s'attendre.
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Déclarés (Aubry, Mélenchon, Le Pen...), potentiel (Borloo) ou évident (Sarkozy), ils sont déjà quatorze à briguer le poste suprême dans dix mois.
On admire le courage de ces inconscient(e)s. Car le plaisir, sûrement incommensurable, d'être salué tous les matins à son petit déjeuner par des gardes républicains en tenue n'empêchera pas la ou le futur(e) président(e) de ne pouvoir proposer autre chose à son peuple que du sang et des larmes.
Le rapport de la Cour des comptes intitulé «La situation et les perspectives des finances publiques», publié le 22 juin, ne laisse aucune ambiguïté:
«Le risque d'emballement de la dette est une menace majeure [...] un effort de 20 milliards par an est indispensable pendant cinq ans [...] des réformes ont commencé [...] l'ampleur des efforts nécessaires est cependant bien plus importante.»
Lundi dernier, à l'occasion d'un débat organisé par le think tank En temps réel, Jérôme Cahuzac, député socialiste et président de la commission des Finances de l'Assemblée, avouait:
«Avec autour de 30 % des voix au premier tour, je vois mal le candidat qui gagnera l'élection parvenir, seul, à réduire la dette de la France.»
Il ajoutait: «Il faudra un accord politique global.»
Le rapport [PDF] de Michel Pébereau sur la dette qui, le premier, avait mis en évidence le drame des chiffres, date de 2005. Depuis, le sujet est présent dans les discours des dirigeants politiques. Ségolène Royal comme Nicolas Sarkozy avaient placé la lutte contre les déficits au premier rang de leurs priorités en 2007. Mais ces déclarations comptaient toujours pour du beurre.
Elu, Nicolas Sarkozy va s'empresser de creuser lesdits déficits de 2 points de PIB, notamment par les cadeaux fiscaux de la loi Tepa (travail supplémentaire, bouclier fiscal). Le président plaidait encore en 2009 que «la politique de rigueur a toujours échoué».
Aujourd'hui, changement de route, la crise grecque est passée par là: Nicolas Sarkozy promet une stricte fermeté... Est-ce une conversion ou seulement une tactique pour mettre le doigt sur la légèreté des socialistes? Le PS conteste, se moque de la prodigalité du pouvoir depuis 2007 et assure que les 25 milliards d'euros de dépenses supplémentaires de son projet sont financées et au-delà, puisqu'en sus l'endettement du pays sera réduit.
Où allez-vous couper?
Ces promesses de vertu de part et d'autre seront crédibles quand chaque camp donnera le détail des économies qu'il s'apprête à réaliser. C'est-à-dire, pour être tout à fait clair, quand il dira quel sacrifice social il imposera aux Français. Telle est la vérité de cette élection présidentielle post-crise: les candidats continueront-ils à raconter des histoires, ou admettront-ils qu'il faut couper dans l'Etat providence, et diront-ils où?
L'équation budgétaire de la France est simple. Dans les dépenses, 55% viennent de transferts sociaux et 20% des rémunérations des fonctionnaires. Tout tient là: pour réduire le déficit, il faut immanquablement couper dans les retraites, les remboursements maladie, les allocations familiales, les allocations chômage, les minima sociaux. Il faut aussi trancher dans les effectifs de l'Etat et des institutions territoriales.
Il faudra aussi, immanquablement, hausser les impôts. Tous les pays étrangers qui ont retrouvé l'équilibre ont joué sur les deux pans du déficit: baisser les dépenses, monter les recettes.
Mais la France est particulière: les prélèvements obligatoires représentent déjà 44% du PIB, record mondial après la Scandinavie. Bien que ce soit difficile à démontrer et que dès lors la contestation soit possible, une forte intuition demeure que les relever encore va pénaliser la compétitivité du pays. Nicolas Sarkozy refuse de parler d'impôt d'ici à la fin de son mandat mais il n'a encore rien dit pour la suite. La gauche dit vouloir les hausser «provisoirement».
Coupes des aides sociales et hausses des impôts et taxes: voilà ce qui attend les Français. Economiquement et moralement, ce serait mieux de le dire. Les Français seraient mis en face de la réalité et, en vérité, confortés dans leur intime intuition: ils savent déjà à quoi s'attendre. C'est pourquoi, politiquement, le risque d'une stratégie de l'aveu du sang et des larmes est bien moindre que ne le disent les hommes politiques et leurs communicants. L'heure n'est plus à la démagogie, mais au réalisme sur l'état de la France. La crise grecque a eu du bon.
Eric Le Boucher
Chronique également parue dans Les Echos
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Mis à jour le 04/07/2011 à 13h19















































"Mais la France est particulière: les prélèvements obligatoires représentent déjà 44% du PIB, record mondial après la Scandinavie"
Oui, le faux argument eternel des privilegies du microcosme! En France (pour combien de temps?...), les prelevements obligatoires incluent la retraite, la secu, les allocations familiales, l'assurance chomage,... dans bien des pays, ceux ci ne sont pas des prelevements obligatoires mais sont pour la plus grande partie des "assurances" privees (alors ajoutez les couts de retraites et de couverture sante aux US et dites moi combien ca fait!) et beaucoup plus onereux (quant aux allocations familiales...circulez...). Par exemple, aux US, on est mal soigne et le secteur de la sante represente environ 15% du PNB... Pourquoi vous n'ajoutez pas ces 15% aux prelevements obligatoires afin de faire une comparaison sensee (ainsi que le cout des retraites privees)?
En Grande Bretagne, une partie des retraites vivent dans la misere et les autres ont cotise (fonds prives) ...mais en dehors des prelevements obligatoires. Par ailleurs, les depenses du NHS public sont tres tres inferieures a celles des pays equivalents (et la classe moyenne superieure prend des assurances privees non comptabilisees).
Cet argument (malhonnete?) des prelevements de 44% est utilise par la classe dirigeante et les elites afin de justifier encore plus de baisses d'impots pour les plus privilegies et le demantelement du systeme de protection sociale (lobby des assurances privees). La realite est que l'impot sur le revenu est tres inferieur en France a ce qu'il est en Grande Bretagne (tranches a 40% et 50% sans abattement a tres bas niveau des revenus salariaux ET du capital) et dans la plupart des pays de l'OCDE.
N'oubliez jamais que les prelevements obligatoires destines aux retraites sont une epargne forcee et sont donc vertueux! Il est criminel de vouloir les faire baisser. De meme, les allocations familiales sont un investissement dans l'avenir (comme d'ailleurs l'education). Les demanteler serait idiot et contreperformant par rapport a un systeme prive ou au non support de notre jeunesse.
L'alternative au demantelement du systeme social est d'etendre son financement aux revenus du capital et de transferer une part de son financement par l'imposition de la consommation (TVA sociale comme les Allemands) afin de renforcer la competitivite des activites en France des entreprises, de baisser le deficit de la balance des paiements (relancant la croissance et baissant les deficits) ainsi que par une remise a niveau des impots sur le revenu (travail ET capital) par rapport pays du Nord de l'Europe (Grande Bretagne, Allemagne, Scandinavie) pour ce qui est du budget proprement dit de l'Etat.
Ceci etant dit, vous avez raison, la situation Francaise est catastrophique (on souhaiterait qu'on parle plus des depenses >50% PNB que des recettes a 44%, surtout quand le deficit est si important) et nous avons besoin d'un president(e?) qui ait le courage de prendre les mesures qui s'imposent.
L'incombent actuel a montre sa politique: Suivre l'exemple de GW Bush et ruiner la France par ses innombrables "cadeaux" aux plus favorises (creusement maximum des deficits publics, creusement record du deficit de la balance des paiements (responsable du chomage...cercle vicieux...),... aventures militaires couteuses (sans parler du projet Balard! On aurait quand meme pu construire des logements et demenager le ministere en banlieue (paye par les profits du programme immobilier)...) et economies de bouts de chandelle sur le cout de l'education... . Fillon en est bien conscient, on se demande ce qu'il a fait pendant 5 ans?
La recette du redressement, c'est de remettre les Francais au travail (sans a priori ideologique mais par des mesures concretes) et d'ameliorer la competitivite en penalisant les beneficiaires de situations non competitives et protegees qui pesent sur le secteur soumis a la competition internationale. Ceci requiert effectivement un president(e) qui ait le sens du sacrifice et oeuvre a retrouver les grands equilibres. Ceci requiert aussi (osera t'on le dire?) soit des mesures de realignement de competitivite avec l'Allemagne (integration/coordination des politiques) ou la sortie de l'euro.
Et quid d'impots avec une part variable (TVA, IR, ISF,...) correlee au deficit de la balance des paiements de l'annee precedente et financant partiellement la protection sociale, la dette et l'investissement. Ceci serait un reel element de convergence au niveau Europeen (aides toi toi meme et les autres t'aideront). Ceci realignerait aussi l'interet de nos elites avec ceux du pays... sans parler de la motivation et des perspectives de jours meilleurs...
Mais il manque au moins un paramètre, ce qui rend cette équation tout simplement invalide : l'augmentation continue et de plus en plus vertigineuse des inégalités entre les riches et les pauvres !
La vraie question est : les français se laisseront-ils une fois de plus enfermer dans le dilemme UMP/PS, ou bien auront le courage, l'audace, un sursaut de lucidité, qui leur permettra de sortir de ce "sentier cent fois rebattu" qui les mène, comme de misérables animaux domestiqués, tout droit à l'abattoir !
Marine, Eva ou Jean-Luc, faites votre choix... Mais, en tout cas, des solutions alternatives existent !
Qui pourra, surtout, trouver le courage politique de tourner le dos au néoliberalisme ? Cette idéologie (déguisée en théorie économique) nous a conduit a la catastrophe, et maintenant quoi ? une fois au fond du trou, on sort des pioches et on continue a creuser ? Travailler plus, pour des salaires en baisse, pour rembourser les banques ?
La solution viendra d'un rééquilibrage entre revenu du capital et du travail (30h payées 35) , d'un meilleur partage de celui-ci. La solution viendra de la mise au pas des établissements bancaires et financiers.
La solution n'est pas dans le moins d'état. Face à la puissance des intérets capitalistes, l'individu est impuissant. Seule une approche solidaire et collective peut changer le rapport de force (ça fait un peu parxiste, hein ?).
Oui, ça n'est pas tres néoliberal.
Enfin, suppression de toutes les « niches fiscales » qui ne sont que la résultante d'une accumulation de petits ajustements pour la satisfaction de l'un ou de l'autre au bon vouloir des élus mais aggravant les inégalités entre les citoyens et remise en question de l'ensemble des subventions aux associations de type 1901 qui sont le plus souvent inutiles et détournent ainsi les fonds publics.
Ce programme ne peut pas être appliqué par un gouvernement dit de « droite » car il est pieds et poings liés par la finance et les lobbys qui gravitent dans les couloirs des ministères et du Parlement. Mais le serait-il par un gouvernement de gauche ?
Première raison, nos hommes politiques ne sont pas masochistes.
Alain Juppé n'avait-il pas déclaré en son temps que revenir sur les 35 heures revenait à se faire hara kiri ? et qu'en l'occurence il n'avait pas un tempérament suicidaire...
la deuxième raison encore moins sexy, tient aux conséquences socio économiques d'un changement de gouvernail trop brutal pour des pays comme le notre. La France n'est pas l'Allemagne ou le Japon, son économie est davantage tournée vers la consommation et la redistribution que vers le productivisme et l'exportation.(à l'exception peut-être des services qui nous sauvent). Dans ce contexte, une politique de rigueur pourrait s'avèrer pire que le mal en tout cas à court terme.
Et c'est ici que la deuxième raison croise la première.La notion de temps s'accélère sous l'effet conjugué de la mondialisation et l'information de plus en plus poreuse et disponible .En fait Nos hommes politiques comme nos dirigeants du Cac 40 vivent tous sous cette nouvelle dictature, et ce n'est pas une élection présidentielle qui va changer la donne. On peut s'en émouvoir mais c'est ainsi.Reste à développer un contre pouvoir, et là, celui qui trouvera sera le roi du pétrole.
SHINKA27