L'effondrement du dossier DSK n'est pas une défaite de la justice
Dans un dossier qui se dirigeait vers un affrontement parole contre parole, les autorités ont réussi à évaluer la crédibilité de la plaignante.
- Dominique Strauss-Kahn et son avocat Benjamin Brafman au tribunal de New York, le 1er juillet 2011. REUTERS/POOL New. -
Les accusations d'agression sexuelle contre Dominique Strauss-Kahn sont en train de s'effondrer. Peu importe ce que vous pensez généralement du viol, des procureurs exagérément agressifs ou du comportement de Strauss-Kahn envers les femmes, il faut s’en réjouir. Car ce n'est pas une défaite pour les femmes ni pour le système judiciaire, mais une victoire du pouvoir de corroboration.
Les autorités new-yorkaises ont arrêté Strauss-Kahn le 14 mai en partie parce qu'elles croyaient son accusatrice, une femme de chambre de l'hôtel où les faits étaient censés avoir eu lieu. Elle avait immédiatement signalé l'incident. Son compte-rendu était détaillé et, selon les mots des procureurs, «convaincant». Elle semblait sincèrement pieuse et occupait son poste depuis plusieurs années.
Mais elle avait aussi des preuves à l'appui de ses dires. Les responsables de la sécurité de l'hôtel ont trouvé des traces de sperme sur un mur et sur le sol de la suite. Les procureurs ont déclaré au juge que «l'examen médical de la victime par un expert était cohérent avec sa version des faits». Selon les médias, l'analyse ADN a conclu que le sperme sur la chemise de la jeune femme était celui de Strauss-Kahn. Un enquêteur a aussi déclaré l'existence de contusions vaginales.
Mais ces contusions ne suffisent pas à prouver le viol et le sperme prouve seulement l'existence d'un rapport sexuel, ce que les avocats de Strauss-Kahn n'ont jamais nié. Le dossier semblait donc devoir se réduire à un affrontement parole contre parole. Effrayant car, en l’absence de preuves concordantes, le risque d'une terrible injustice est élevé: un coupable peut s'en sortir après avoir commis un viol ou un innocent être condamné.
Demande d'asile et déclarations d'impôt
Ce cauchemar nous est épargné par la recherche sérieuse des preuves disponibles permettant d'évaluer la crédibilité de l'accusatrice. Les autorités ont trouvé des tests pour vérifier la véracité de ses dires, et elle les a ratés.
Le premier d'entre eux, selon une lettre du bureau du procureur datée du 30 juin, portait sur la demande d'asile déposée par la jeune femme auprès des services de l'immigration et des naturalisations en 2004. Elle y affirmait avoir été persécutée, molestée et incarcérée dans son pays natal, la Guinée. Après l'arrestation de Strauss-Kahn, les enquêteurs l'ont interrogée sur sa vie en Guinée et son récit ne collait pas avec ce qu'elle avait affirmé dans sa demande. D'après le courrier, elle a reconnu que ce qu'elle avait raconté dans celle-ci était faux.
Le second test portait sur ses déclarations d'impôt, qui montraient que, pendant deux ans, elle avait optimisé ses déductions en comptabilisant à charge l'enfant d'une amie. Venait ensuite la déclaration de revenus qu'elle avait présentée pour obtenir un logement social, et qui ne collait pas non plus. Selon la lettre, elle a désormais «admis avoir manipulé ses revenus» dans ce but.
«Ce type est très riche, je sais ce que je fais»
On pourrait toujours dire que ces incohérences sont compréhensibles, mineures ou sans rapport avec le dossier si, comme l’affirme le New York Times, la jeune femme n’avait pas téléphoné à son petit ami le lendemain du jour où elle a accusé Strauss-Kahn. Comme ledit petit ami était emprisonné pour possession d’environ 190 kilos de marijuana, l'appel a été évidemment enregistré.
Mais les autorités n'en ont été informées que quelques jours plus tard, quand elles ont appris, grâce à un autre appel enregistré, que la compagne de l'homme était la jeune femme au centre de l'affaire Strauss-Kahn. La conversation avait eu lieu dans un dialecte guinéen et le bureau du procureur a donc dû faire traduire l'enregistrement. Selon la transcription, remise mercredi, la jeune femme aurait affirmé, d'après un enquêteur: «Ne t'inquiète pas, ce type est très riche, je sais ce que je fais.»
Toujours selon le New York Times, les enquêteurs ont aussi trouvé des relevés bancaires «montrant des dépôts de plusieurs milliers de dollars» sur des comptes à son nom en Arizona, en Géorgie, à New York et en Pennsylvanie. Ces versements ont été effectués en plusieurs fois, en liquide, pour une somme totale d'environ 100.000 dollars (environ 69.000 euros), et l'un d'entre eux venait de son petit ami.
Ils évoquent l'hypothèse d'un possible trafic de drogue, et contredisent en tout cas certainement les affirmations répétées de la jeune femme selon lesquelles son emploi de femme de ménage était sa seule source de revenus. D'après le quotidien, les enquêteurs l’ont rencontrée avec son avocat mardi dernier et «lui ont présenté les relevés bancaires. Silencieuse, elle s'est tournée vers Me Thompson, semblant le supplier de lui indiquer comment répondre. Il paraissait stupéfait». Un agent a expliqué que la nouvelle avait laissé l'avocat «sans voix».
En ce qui concerne son récit «convaincant» de l'incident avec Strauss-Kahn, la lettre du bureau du procureur indique que la description du viol en réunion dont elle dit avoir été victime en Guinée l'était tout autant. Au cours de deux interrogatoires avec les assistants du procureur, elle avait, selon le courrier, «pleuré et s'était totalement décomposée» en décrivant cet événement en détail. Mais plus tard, «elle a admis que ce viol en réunion n'avait jamais eu lieu» et qu'elle en avait «inventé les détails».
Mensonges au sujet d'un autre viol
La jeune femme déclare désormais qu'elle ne voulait pas contredire l'histoire qu'elle avait racontée en ces termes dans sa demande d'asile. Elle dit avoir vraiment été violée, même si ce n'est pas dans les circonstances initialement évoquées. Mais nous parlons donc maintenant d'une plaignante dans une affaire de viol qui admet avoir menti à propos d'un autre viol, apparemment avec la même conviction et la même crédibilité qu'elle a montrés au début de cette affaire.
La lettre du 30 juin explique également qu'elle a modifié sa version de l'incident avec Strauss-Kahn. Au départ, elle avait dit aux enquêteurs et au grand jury qu'après l'agression, elle s'était ruée dans le couloir et avait attendu l'arrivée de son supérieur. Désormais, selon la lettre, elle a «admis que c'était faux et qu'après l'incident dans la suite 2806, elle avait procédé au nettoyage d'une chambre voisine puis était retournée dans la suite et avait commencé à la nettoyer, avant de signaler l'incident à son supérieur». Malheureusement pour elle, les enquêteurs ont trouvé un moyen de tester sa nouvelle version: la clé magnétique lui permettant d'entrer dans les chambres. Vendredi, ils ont obtenu des fichiers montrant qu'elle n'était pas allée dans l'autre chambre avant d'avoir fini celle de Strauss-Kahn.
Il y a aussi le problème des téléphones. La jeune femme a dit aux enquêteurs qu'elle n'en avait qu'un, mais le New York Times affirme qu'ils ont trouvé des documents indiquant qu'elle «dépensait des centaines de dollars par mois en factures téléphoniques auprès de cinq opérateurs». La lettre du 30 juin se contente de dire qu'elle «a menti sur plusieurs autres points concernant son parcours, ses origines, les évènements actuels et ses relations personnelles».
Le système a fonctionné
Tout cela ne fait pas disparaître le sperme ou les contusions. Le bureau du procureur affirme qu'il existe toujours des preuves suggérant que la relation sexuelle a été imposée. Peut-être. Mais envoyer quelqu'un en prison sur la base des preuves rendues publiques serait une parodie de justice. Vendredi, je pensais toujours Strauss-Kahn coupable. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Et c'était avant que le New York Post publie des allégations venues du camp de la défense affirmant, de manière suggestive, que l'accusatrice recevait «des pourboires exceptionnels». Cela, aussi, peut sans doute être vérifié.
Certains commencent déjà à s'inquiéter tout haut du fait que, si l'affaire explose en vol, cela détruira la crédibilité des victimes de viol ou des personnes immigrées, pendant que les coupables puissants s'en tireront. Cette conclusion est inappropriée. La façon dont se dénouent les poursuites contre Strauss-Kahn est une victoire pour la justice car les enquêteurs ont trouvé des moyens de tester la crédibilité de l'accusatrice. D'autres réussiront ces tests, elle a échoué.
Ce que l'effondrement de ce dossier prouve, c'est qu'il est possible de distinguer les vraies accusations de viol des fausses —et que le gouvernement, après avoir mis en jeu sa réputation sur la crédibilité d'une plaignante, l'a efficacement évaluée et a révélé ses mensonges. Le système a fonctionné.
Rien de ceci n'aurait été possible sans toutes les niveaux de surveillance électronique et d'enregistrement qui envahissent nos vies —clés magnétiques, factures téléphoniques détaillées, déclarations d'impôt, demandes de logements sociaux, relevés de comptes. Nous nous plaignons souvent que ces dispositifs et ces bases de données empiètent sur notre liberté. Aujourd'hui, ils l'ont rendue à un homme. Et nous ont donné à tous l'espoir que, même quand il y a seulement deux personnes dans une pièce, nous puissions savoir laquelle dit la vérité.
William Saletan
Traduit par Jean-Marie Pottier
Mis à jour le 03/07/2011 à 14h40

















































J'ai alors rempli mon devoir d'internaute et j'ai relié une (ou plusieurs ?) fois cette information sur ce site...
G de V., pour ceux qui ne le connaîtraient pas, est l'auteur à succès de la série des romans d'espionnage "S.A.S", qui existe depuis des décennies, et il est supposé avoir des contacts dans les services secrets...
Il y avait donc des gens qui savaient depuis le début : ma question : pourquoi les médias n'en ont pas plus parlé ? Manque de preuve ? Il y avait pourtant peu de chances que les avocats de Mme Diallo déposent des plaintes pour diffamation en France...
"Souvenez vous de la bonne hôtesse Qui remue du cul sans fair' bouger les fesses Et d'la p'tite bonne qui remue tout Sens devant derrière et sens dessus dessous (bis)"
Vous voyez, nous sommes bien dans la bonne tradition française. Très cordialement.
Mais on a affaire dans les histoires de viol, à la parole de chacun qui s'oppose. la valeur de la parole est donc essentielle. Peut-être dit-elle vrai, mais si elle est menteuse sur tous les chapitres de sa vie passée et présente, sur la descriptions des faits déposition faite sous serment, comment la croire ? Que vaut sa parole ? Peut-être y a-t-il eu agression -on n'en sait rien, la seule chose avérée est une relation sexuelle : consentie ou non , c'est là l'enjeu et le but de l'enquête- peut-être dit-elle vrai, sur ce point, mais si on s'est aperçu qu'elle est une menteuse, qu'elle ment systématiquement sur tout et qu'elle a monté des mises en scène propre à tromper la police et le procureur, -elle est capable de continuer son ménage puis de jouer ensuite la comédie de la femme traumatisée- qu'elle donc une manipulatrice en quête d'argent, au passé contraire à sa mise en scène de mère courage et admirable de dignité, qui peut la croire encore ?
Vous connaissez la fable de La Fontaine du berger qui criait au loup ? Le jour où le loup était bel et bien là, il n'y eut plus personne pour le croire.
Dans une affaire de viol en général c'est la parole de chacun qui compte, avec pour enjeu la prison si le viol est avéré. La crédibilité de la parole et la sincérité sont essentielles pour ne pas accuser à tort ni punir un innocent. Et dans une affaire de viol de ce type où la femme fait chuter un homme de très très haut, et porte contre lui des accusations qui peuvent lui valoir 74 ans de prison, il faut absolument établir la vérité de ses dires. Dans tous les cas la parole de chacun est essentielle car en l'absence de témoins et... de cadavre, on ne sait qui est la victime : la femme violée, si elle a subi ce qu'elle dit, ou l'homme en face qui risque sa vie tout simplement sur la base des accusations de la femme. Et si elle ment ?
La sacralisation de la parole de la victime mène aux pires errances. Voyez Outreau et d'autres cas qui s'appellent des erreurs judiciaires.
Si la plaignante ment, elle n'est plus crédible, elle perd tout, même si elle a été violée. C'est ce que récolte le menteur. Il n'est plus cru, même lorsqu'il dit vrai.
En l'occurrence l'article a raison de souligner que l'enquête qui a établi de N. Diallo mentait, est une victoire pour la justice. Le procureur ne s'est pas entêté dans l'impasse de ses "preuves" qu'il croyait confortées par la parole d'une potentielle victime qui s'est révélée être d'abord menteuse et manipulatrice. Mentir à la justice est un délit sévèrement puni car cela revient à faire accuser un innocent.
N. Diallo a accumulé trop de fautes.
Sources also told The Post Strauss-Kahn's probers uncovered evidence that she was part of a pyramid scheme that targeted immigrants from her native Guinea. "We have people who have been victimized, who have claimed she ripped them off. Nice working people from her neighborhood," a source said. The stunning new info surfaced yesterday as the accuser was unmasked as a pathological liar and scam artist by prosecutors whose rape case has unraveled.
Cette histoire est probablement loin d'être terminée et nous aurons certainement encore d'autres surprises et révélations... Ne cherchons pas trop pour qui cela pourrait représenter une défaite, et voyons y plutôt une "Victoire de la Raison" !
Il est évidement que le crime et l'injustice doivent, sous toutes leurs formes, être combattus sans relâche, mais un principe démocratique fondamental est que les délinquants doivent rester impunis, tant que l'on a pas réuni contre eux des preuves juridiques incontestables !!!
C'est très dur, et un certain nombre d'entre vous ne l'admettront probablement pas, mais ne pas respecter cette règle, c'est tout simplement le lynchage et la barbarie...Même si cela n'a pas été tout à fait le cas pour DSK jusqu'à présent, il va falloir aussi désormais offrir cette protection à Mme Diallo.
Vous faites désormais officiellement partie du groupe @touslescomplotistes.
Toutes mes félicitations!
Que DSK aime les call-girls ou se rende dans des clubs échangistes tout de cuir vêtu m'importe peu, si sa femme est d'accord c'est tant mieux pour eux ;)
Par contre que DSK introduise son sexe dans la bouche de sa boniche je trouve que ça fait un peu désordre venant de la part d'un directeur du FMI et de surcroit d'un futur présidentiable...