DSK peut s'en sortir, même si sa victime dit vrai
Aux Etats-Unis, le processus judiciaire fait qu'il n'est pas facile de faire aboutir des accusations de viol.
- Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair, le 1er juillet 2011, à la sortie du tribunal à New York. REUTERS/Lucas Jackson -
Il semble que l'article jailli dans la nuit de jeudi à vendredi des colonnes du New York Times soit correct: que l'accusation contre Dominique Strauss-Kahn soit sur le point de s'effondrer. L'ancien directeur général du FMI a été libéré sur parole, vendredi, tout en restant pour l'instant accusé d'avoir violé la femme de chambre d'un hôtel Sofitel dans lequel il séjournait lors de son passage à New York, le 14 mai. Comme l'expliquait le quotidien,«les enquêteurs ont découvert des failles importantes dans la crédibilité de la femme de ménage», partiellement détaillées dans un courrier envoyé par le bureau du procureur au défenseur de DSK.
Cela dit, la femme maintient qu'elle a été agressée, et rien dans le New York Times ni dans le courrier du district attorney n'indique qu'elle ait menti sur ce qui s'est passé entre Strauss-Kahn et elle, excepté sur le fait qu'elle a reconnu auprès des enquêteurs ne pas s'être cachée immédiatement après les faits présumés, mais avoir nettoyé une autre chambre avant d'alerter ses supérieurs... Et il reste toujours les éléments ADN qui prouveraient de manière irréfutable que quelque-chose s'est passé entre eux deux.
Le problème est apparemment que 1) selon le New York Times, la femme a «des liens possibles avec des personnes impliquées dans des activités criminelles, incluant du trafic de drogue et du blanchiment d'argent» ; 2) toujours selon le quotidien, elle s'est entretenue avec une connaissance emprisonnée sur les «possibles avantages de poursuivre les accusations portées contre lui» et 3) qu'il existe certaines incohérences entre sa demande d'asile et ce qu'elle en a dit aux enquêteurs, qui ont été détaillées vendredi après-midi devant le tribunal.
Se demander comment tirer parti d'un viol
En l'état actuel des choses 1) avoir des liens avec «des personnes impliquées dans des activités criminelles» ne suffit pas automatiquement à faire de vous un criminel; 2) est-il vraiment si grave, quand on a été violée par un homme riche et puissant, de se demander tout haut comment en tirer parti? Le viol bouleverse votre vie, vous vous sentez meurtrie et vous avez peur de vous retrouver seule. Ce n'est peut-être pas la décision la plus intelligente à prendre, non. Mais ce n'est pas comme si on l'avait enregistrée deux jours AVANT les événements en train de parler à quelqu'un de son idée de faire chanter un homme innocent en l'accusant de viol. Quant aux incohérences entre sa demande d'asile et ce qu'elle à dit aux policiers qu'ils trouveraient dans ce dossier, elles sont un peu troublantes, mais elles ne changent pas ce qui s'est déroulé dans cette chambre d'hôtel.
Il serait agréable de penser que les Etats-Unis sont un pays où même ceux qui ont eu des démêlés avec la justice ont le droit aux même protections que les citoyens modèles. Ce n'est pas parce que vous avez quelques PV de stationnement en retard que des voleurs peuvent se ruer sur votre portefeuille, ce n'est pas parce que votre adolescence est parsemée de vols à l'étalage que vous pouvez vous faire renverser par une voiture, ou passer à tabac dans la rue.
Mais le processus judiciaire fait qu'il n'est pas facile de mener à bien des accusations de viol. Avec Emily Bazelon, j'avais écrit un article pour Slate, en 2009, sur les fausses accusations de viol, quand une étudiante d'Hofstra (New York) avait fait les gros titres pour s'être rétractée après avoir accusé cinq hommes de l'avoir violée dans une salle de bains. Ce que nous avions appris, c'est que quel que soit le véritable pourcentage des fausses accusations (des données qui sont bizarrement difficiles à chiffrer), les dommages qu'elles causent sont sans commune mesure avec leur réalité.
Des jurys très durs avec les accusatrices
Une de nos sources nous avait dit que, avant toute chose, les policiers se méfient extrêmement des accusatrices, soit parce qu'ils ont déjà été échaudés par de fausses accusations, soit parce qu'ils ont entendu des histoires similaires chez certains de leurs collègues. Ce n'est visiblement pas ce qui s'est passé dans l'affaire Strauss-Kahn –la police a réagi rapidement et avec sérieux. Mais même si une femme arrive à porter plainte, et que ses accusations débouchent sur un procès, elle devra affronter un autre obstacle. Les jurys sont, eux aussi, très durs avec les accusatrices. Steve Cullen, un avocat militaire qui a travaillé très souvent au service du ministère public, nous avait expliqué:
«Souvent, dans les cas d'agressions sexuelles, il n'y a aucun débat sur les rapports sexuels, mais il s'agit toujours de prouver l'absence de consentement –et cela ne peut se faire que par un témoignage de la victime crédible et convaincant. Souvent, ce témoignage doit se dépêtrer de circonstances qui sont loin d'être idéales –elle avait bu, des gens l'ont vu flirter avec l'agresseur, etc.»
Non, dans le cas présent, la victime ne buvait pas et ne flirtait pas. Mais des questions sur son intégrité pourraient avoir le même effet sur un jury. Si elle a pu mentir lors de sa demande d'asile, pour quelque raison que ce soit, alors elle a pu mentir sur son agression. En tant que tel, quel procureur ira risquer sa carrière ou sa réputation pour une affaire qu'un jury ne prendra probablement même pas au sérieux? C'est une triste réalité. Selon un vieil adage, «il vaut mieux laisser libres dix coupables que de condamner un seul innocent». Peut-être, mais voir une accusation s'effondrer avant même le procès a quelque chose de frustrant.
Et bon courage à la prochaine femme qui essayera d'accuser un homme puissant de viol.
Rachael Larimore
Traduit par Peggy Sastre
Mis à jour le 02/07/2011 à 1h39

















































" c'est que quel que soit le véritable pourcentage des fausses accusations... les dommages qu'elles causent sont sans commune mesure avec leur réalité"
"Selon un vieil adage, «il vaut mieux laisser libres dix coupables que de condamner un seul innocent». Peut-être, mais voir une accusation s'effondrer avant même le procès a quelque chose de frustrant"
Il est vrai que nous, les hommes, aimons plaisanter ou critiquer les femmes, mais je crois qu'il serait vraiment bien difficile de trouver chez l'immense majorité d'entre nous, une haine aussi féroce et meurtrière envers le "sexe opposé"
Dans le cas qui nous occupe, il n'y a qu'un seul témoin, Mme Diallo, et visiblement sa crédibilité est fortement mise à mal et devient sujette à caution. N'en déplaise à l'avocat, M. Thomson, qui a l'air de surtout regretter le gros pourcentage qu'il aurait pu tirer des dommages et intérêts ainsi que la publicité pour son cabinet d'avocat... Tout cela sent mauvais.
L'hypothèse d'un "véritable viol avec violence" m'a toujours paru assez absurde: mis à part la discussion sur la "fellation forçée", DSK n'avait pas d'arme, une porte de chambre d'hotel ne se "verrouille pas de l'intérieur", il y a tout au plus un crochet pour en limiter l'ouverture! Et cette jeune femme, qui exerce un métier demandant pas mal de force physique, aurait facilement pu échapper à ce petit homme âgé et obèse, si elle l'avait vraiment voulu...
Par contre, il semble y avoir de nombreux témoignages assez concordants de femmes ayant eu des relations sexuelles avec cet...individu, pour dire qu'il est un amant "anormalement" brutal... Alors, était-ce une relation consentie (rémunérée ?) et a-t-elle, en fait, décidé de porter plainte parce qu'elle s'est sentie "maltraitée" ? Traitée comme un objet? Et si DSK lui avait demandé, à la fin, son n° de portable, cela aurait-il tout changé ?
Ou bien, y a-t-il eu complot ? J'ai lu quelque part que la rencontre avec Mme Merkel avait pour but la création d'une nouvelle monnaie de réserve internationale, à la demande des pays émergeants. (Brésil, Russie, Inde et Chine) Projet qui pouvait déplaire, notamment aux...américains ! Mais un service secret d'Etat aurait choisi une victime "insoupçonnable" !
Autre commentaire intéressant, lu sur un autre site : du fait de son travail régulier, cette dame avait la possibilité d'avoir un compte bancaire et servait peut-être tout simplement de "petite banque privée" pour d'autres migrants en situation plus précaire ou illégale (dont un s'est fait prendre avec 180 kg de cannabis...) Son compte lui permettait aussi de souscrire des abonnements téléphonique et elle était aussi une sorte de "fournisseur d'accès" de portables... Pas vraiment de quoi fouetter un chat ?
En plus, on savait depuis longtemps qu'elle avait menti pour obtenir le statut de "réfugié politique", alors qu'elle était une migrante économique, venant rejoindre sa soeur aux USA. Il y aussi la fausse déclaration d'un enfant supplémentaire... Bon, on se débrouille comme on peut, mais tout de même, cette nouvelle arrivante avait rapidement intégré les failles du système et n'hésitait pas à faire feu de tout bois...
Finalement, ce que je trouve de plus anormal dans cette histoire, c'est qu'on ait mis DSK en prison, alors qu'il y avait bien des preuves d'une relation sexuelle, mais à l'évidence, que sur la question : "consentie ou non", cela restera, à moins d'éléments encore inconnus, probablement pour toujours "parole contre parole"...
Et, personnellement, ce qui me choque surtout , c'est que l'on cède au chantage de "minorités agissantes" qui nous expliquent que les membres de leur groupe (les femmes, africaines, pauvres ?) seraient plus crédibles qu'un autre (les vieux hommes, blancs et riches...)
Contrairement à "l'auteure" de cet article, je reste convaincu que "tous les êtres humains naissent libres et égaux.."
Je suis tout de même interloqué par la dernière phrase de cet article "Et bon courage à la prochaine femme qui essayera d'accuser un homme puissant de viol." qui ne me semble pas du tout coller avec le reste.
Il me semble en effet que les choses se seraient passées de la même manière avec n'importe qui. Tout du moins si vous avez des arguments qui indiquent que dsk a bénéficié d'un traitement de faveur, il ne s'agit pas du propos de votre article et c'est dommage peut être de terminer ce bon texte aussi démagogiquement.
Car, si vous avez plus de 15 ans et avez porté une mini-jupe un jour, ne serait-ce qu’une fois, n’allez surtout pas porter plainte pour viol !
Un peu comme dans l’Etranger de Camus : Meursault sera condamné à la guillotine non pas pour le meurtre d’un homme qui le menaçait de son couteau mais pour n'avoir pas pleuré à la mort de sa mère... tête en l'air qu'il était.
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Quant à la garde rapprochée de DSK qui souhaite son retour dans les meilleurs délais afin qu'il puisse se présenter aux primaires du PS - les Moscovici, Hollande, Le Guen et tous les journalistes de télés avec eux...
Qui dénoncera le fait que des leaders d'opinion prennent vraiment leur Pays, qui encore le nôtre, à savoir la France, pour une trainée, et la fonction de Président de la République… celle de souteneur ?
Des journalistes et une garde rapprochée qui n’en sont déjà plus à se demander comment ce qui s'est avéré être le sperme de DSK, s'est retrouvé sur les vêtements d'une femme de chambre (fait établi – tout comme d’autres faits eux aussi établis scientifiquement, sévices corporels inclus) mais bien plutôt... et sans sourciller le moins du monde, si cette victime (1) a cherché ou non à tirer profit d'une situation imposée par un homme que les médias veulent pour Président ; un homme qui ne trouve rien de mieux, à l'occasion de ses déplacements, que d'imposer des fellations à des femmes de chambre qu'il voudrait consentantes malgré elles car… il n’est pas nécessaire de faire preuve d’une imagination très développer pour penser qu’elles n’attendent que ça, même et surtout, celles qui ne demandent qu’une chose : qu’on les laisse faire leur travail de femme de chambre... et certainement pas un travail de domestique corvéable à merci, corps et biens.
Mais alors...Jusqu’où le PS et les journalistes de télés vont-ils descendre et nous avec eux pour peu que l'on soit tentés de les y rejoindre ?
Oui ! Nous qui ne sommes pas encore descendus au plus bas de l'échelle d'une considération morale ou bien, d'une décence commune à tous les gens de bonne volonté ; gens de bien aussi qui n'ont pas renoncé au respect de soi, et qui se tiennent éloignés d'une intériorisation cynique ou servile d'un environnement politique et social délétère où tout est possible puisque tout est permis ; environnement qui n’épargne plus personne : hier un Badinter ; aujourd'hui 2 juillet 2011, un Jean Daniel qui demande déjà à la justice américaine de s’excuser auprès d’un DSK maintenant victime.
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1 – Chez une victime, on n'aime rien tant que son traumatisme qui la tétanise ; aussi, une victime qui ne perd pas le Nord n’est déjà plus tout à fait une victime mais bien… plus prosaïquement : une calculatrice bientôt détestable.
merci!