Tubes d'acier et bouts de ficelle contre armée high-tech

Les conflits de ce début de XXIe siècle sont souvent qualifiés de guerres asymétriques, les adversaires n’ayant pas le même niveau d’équipement: Afghanistan, Irak, Libye... Pour combattre une armée high-tech, le combattant en position de faiblesse surprend par son inventivité.

Un rebelle libyen se fait transporter vers la ligne de front à Wadi al Hamra REUTERS/Andrew Winning

- Un rebelle libyen se fait transporter vers la ligne de front à Wadi al Hamra REUTERS/Andrew Winning -

C'est le dernier conflit en Irak qui a popularisé le terme «guerre asymétrique»; mais le concept est probablement aussi ancien que celui de la guerre. Il ne faut pas l'assimiler au mythe de David contre Goliath, qui correspond plutôt à la guerre dissymétrique (seul l’ordre de grandeur est pris en compte). Dans ce cas, il est possible qu’une grande armée bien équipée puisse être vaincue par une autre plus petite, mais tout aussi bien équipée, ce n’est là qu’une question de stratégie.  

Dans la guerre asymétrique, les adversaires n’ont rien à voir l’un avec l’autre, que ce soit en termes de capacités matérielles, logistiques ou humaines. Comme dans l’exemple de l’Irak qui opposait l’armée américaine avec ses drones, ses missiles à guidage laser, ses images satellitaires, et de l’autre, les insurgés parfois liés al-Qaida en Irak avec ses bombes artisanales et les exécutions d’otages diffusées sur Internet.  

Comme toutes les guérillas à travers le monde, il faut profiter de sa parfaite connaissance du terrain, miser sur l'effet de surprise, comme a pu le faire la résistance française sous l’occupation nazi, et viser les faiblesses de l’ennemi.   

Face aux armées hautement technologiques, l’arme la plus efficace reste la peur. Le but étant d’atteindre à la fois le moral des troupes et celui du pays dont elles sont issues. Après avoir vendu le concept de la guerre technologique «propre» avec la guerre du golfe de 1991, difficile aujourd’hui de faire accepter aux opinions publiques occidentales la mort de soldats dans des conflits redevenus «sales».

Pour susciter cette peur, quoi de mieux que de surprendre et de tuer par l'innovation? Tour d'horizon des inventions les plus marquantes des MacGyver de combat.

Un jouet d'enfant devient un robot tueur

En Libye, la guerre asymétrique se décline sur deux niveaux: entre les forces de l'Otan et l'armée de Kadhafi d'une part, entre les rebelles du Conseil national de transition et les forces de Kadhafi d'autre part. Les rebelles libyens, mal armés au début du conflit, ont organisé en quelques semaines une usine d’armement artisanal, comme on peut le constater dans cette vidéo d’Al Jazeera:

En assemblant un axe pivotant récupéré sur un char, une mitrailleuse 12,7 mm, un guidon de vélo, le tout monté à l’arrière d’un pick-up, ils obtiennent une pièce d’artillerie mobile, version artisanal du RPG-7. Un chauffeur poids-lourd bricoleur, devenu chef-ingénieur en armement, fabrique des lance-roquettes permettant de lancer des ogives non-explosées de récupération. Des étudiants et de jeunes ingénieurs ont même conçu leur propre robot mitrailleur, une version maison du Swords américain, à partir du châssis d’un jouet pour enfant télécommandé.

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Publié le 08/07/2011
Mis à jour le 08/07/2011 à 9h56
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