Affaire DSK: rappelons quelques grands principes
Pour éviter de passer d’un excès à l’autre et du déferlement accusatoire à une entière absolution, retenons que la présomption d’innocence, la présomption de victime, et la prise de conscience des violences faites aux femmes sont les leçons à retenir de l'affaire DSK.
- Audition du 19 mai. REUTERS/Richard Drew/Pool -
En attendant la décision du juge de New York qui statuera sur le nouvel état du dossier de DSK, il faut envisager la scène politico-médiatique française sous un nouveau jour. En commençant par éviter de passer d’un excès à l’autre et du déferlement accusatoire à une entière absolution.
Preuve est faite, une nouvelle fois, qu’en ces matières il faut toujours s’en tenir au respect des grands principes: présomption d’innocence encore et toujours, comme il y avait aussi présomption de victime. A ce stade donc, et selon les éléments donnés par le New York Times, en provenance du bureau du procureur de New York, l’accusation de viol aurait du mal à tenir devant un jury.
Cela change évidemment tout pour DSK qui pourrait recouvrer sa liberté. Et cela nous ramènerait à une image de ce dernier plus conforme aux comportements récemment révélés: un «sex addict» certes, donc susceptible de harceler —ce qui en soi pose un grave problème— mais probablement pas un homme de violence. Mais encore une fois, il faut attendre ce qui sera dit à la barre du tribunal de New York.
En attendant, nous sommes face à quelques confirmations.
- Les Etats-Unis sont un état de droit. Se trouve en
effet confirmé le fait que, dans le système américain, la défense peut se
battre à armes égales avec l’accusation; que le système fonctionne d’autant mieux
que celui qui est accusé a les moyens financiers de se défendre; mais aussi que
le procureur mène une enquête sérieuse et qu’il peut, contrairement à certains
de nos juges d’instruction, instruire à charge et à décharge. Dans ce système,
le prix médiatique est certes très élevé, mais il laisse toujours la
possibilité d’un «happy end» pour l'accusé. Pour celles et ceux qui veulent en
savoir plus, procurez-vous une excellente série, «The Good Wife», où l’héroïne
pourrait avoir les traits d’Anne Sinclair…
- On peut être riche et innocent. La presse s’était en effet engouffrée un peu vite dans une lutte des classes par procuration: un blanc riche venu du Nord contre une noire venue du Sud et pauvre. S’il y a, comme le suggère désormais l’enquête du procureur de New York, volonté d'en tirer un bénéfice financier de la part de l’accusatrice de DSK, il faudra constater une nouvelle fois que l’abus des clichés ne sert pas la presse.
- La validation dans le journalisme contemporain est aujourd’hui aussi nécessaire et importante que la révélation. Et la presse française en particulier devrait garder en mémoire les leçons de l’affaire Baudis. Les accusations portées par certains enquêteurs, et relayées par tous les journaux, faisaient à l’époque de Dominique Baudis, alors président du CSA, un monstre au-delà de tout ce qui était reproché à DSK. Il n’était rien resté de cette pseudo enquête. Dominique Baudis a pu être nommé au poste si prometteur de Défenseur des droits, né de la réforme constitutionnelle. C’est une réparation justifiée, mais ô combien tardive.
Bien sûr, la grande question posée par l’amorce de ce retournement spectaculaire est politique. DSK, qui faisait la course en tête en vue de l’élection présidentielle, a été sorti du paysage politique national en même temps que de son poste au FMI. Et le PS a enregistré des candidatures à la primaire dont l’une au moins, celle de Martine Aubry, est née de la défaillance de l’ancien ministre. Là encore, il est bien trop tôt pour tirer des plans sur la comète. Mais il me semble qu’un retour pur et simple de DSK sur la scène politique, dès lors qu’il serait libéré, paraît malgré tout impossible. En revanche, il est probable que DSK retrouve un droit de paroles, donc d’influence, sur ses anciens camarades, dont certains sont peut-être restés ses amis.
L’effet principal, pour le moment, affecte Nicolas Sarkozy et son camp. Ce dernier avait lancé un mot d’ordre: la gauche avait, disait-il, perdu la bataille de la morale. L’affaire Tron était venue rétablir un semblant d’équilibre, mais surtout les Français n’avaient pas du tout embrayé sur cette thématique. Toutes les tentatives faites par porte-paroles et quelques médias interposés pour tenter de faire porter à tous les socialistes l’opprobre jeté sur DSK, s’étaient heurtées au refus des Français d’y souscrire.
Ces derniers, à bon droit, séparaient en effet la responsabilité d’un homme (à laquelle d’ailleurs il croyait modérément, tant était présente la thèse du complot) et la responsabilité collective, qui n’avait lieu, à aucun moment, d’être engagée. Ainsi, les intentions de vote du premier tour, qui se portaient auparavant sur DSK, se sont presque instantanément transférées sur François Hollande et, dans une moindre mesure, au bénéfice de Martine Aubry.
Pour l’heure, les Français continuent de souhaiter l’alternance et une majorité d’entre eux préféreraient voir François Hollande affronter Nicolas Sarkozy.
Deux choses encore. Je continue de considérer que l’entourage politique de Dominique Strauss-Kahn a péché par imprudence ou par omission en ne dissuadant pas DSK de concourir. Car si l’accusation de viol disparaît, des problèmes demeurent qui seraient de nature sans doute à nourrir de nouvelles campagnes. Il serait donc imprudent, pour ce même entourage, d’inciter DSK à vouloir se remettre dans le jeu.
Il ne faudrait pas enfin que ce retournement fasse oublier l’essentiel. A savoir que l’affaire DSK a contribué à une prise de conscience que trop de facilités, trop d’inattentions font perdurer, en France, une sorte d’accoutumance à des comportements qui sont, vis-à-vis des femmes, des faits de harcèlement et donc de violence condamnables. Ce fil-là, d’une réalité dans les rapports homme/femme qui doit changer, ne doit pas être perdu.
Jean-Marie Colombani
Mis à jour le 01/07/2011 à 14h39













































A la charge de DSK : - il y a quand même eu relation sexuelle (tarifée ?) - il est partit précipitamment de la chambre.
Même si DSK est acquitté, des questions demeures : - N'était-ce qu'une simple relation sexuelle ou l'enjeu était-il plus important ? - Comment s'explique ce départ précipité de DSK ? Les deux questions étant très liées.
Le problème pour DSK est que son comportement n'a pas été clair, il y a bien eu relation sexuelle. Le souci c'est que s'il ne s'est pas expliqué clairement dès le début, c'est donc qu'il aurait des choses à cacher lui aussi. Quoi ?
A qui profite le crime ? Si l'on suppose le coup monté du "fiancé" criminel. La question est "pourquoi DSK" cela ne leur rapporterai même pas d'argents, puisqu'il n'y aucune procédure engagée au civil donc susceptible de permettre par la plaignante de percevoir des dommages et intérêts, important aux USA.
Si DSK n'a pas enfreint la loi, qu'il soit libéré. Mais les citoyens français comme américains méritent et veulent la vérité aussi tragique, banal, drôle peut-être, sombre, sordide ou révoltante soit-elle.
La Vérité, les faits.
Ps: Pouvez-vous dire à Madame Sabban de se taire?
Il ne faut pas non plus laver DSK trop vite entièrement. Il ressort de l'homme un comportement général vis à vis des femmes inacceptable.
Se faire faire des gâteries voire plus par une femme de chambre dans un hôtel ne me paraît pas digne de la fonction à laquelle DSK aspire. C'est même franchement minable. Ce n'est certes pas nouveau chez les hommes politiques. Mais nous devons pouvoir élire des hommes honnêtes et respectueux d'autrui et il me semble que le respect de la vie privée ne doit pas empêcher le citoyen de savoir pour qui il vote vraiment.
Il faut attendre d'en svoir plus, mais selon les témoignages déterrés ce qu'a parfois fait DSK relève de la tentative de viol et s'il se présente, cela influera sur mon vote.
En bref, je ne veut plus d'un candidat qui déjà quelques casseroles derrière lui(la MNEF par ex), trop c'est trop, même si la justice l'absout une fois encore.
Quand on est Président du FMI, un poste hautement sensible et convoité, quand on est le champion d'un grand parti politique français avec toutes ses chances d'être élu Président de la France, quand les élections s'approchent à grands pas, on n'essaie pas de séduire, voire avoir une relation sexuelle même consentie, avec sa femme de chambre. C'est tout.
Mr. Colombani est trop sophistiqué comme journaliste pour le dire donc je me permets de le dire à sa place.
Arrêtons ce soi-disant libéralisme de l'esprit qui veut que la vie sexuelle d'un politicien ne concerne pas les électeurs. C'est une hypocrisie pire que celle des Anglo-saxons qui secrètement, à la vue des Français, voient même leurs relations avec leurs femmes légitimes comme quelque chose de fondamentalement 'shocking'.
Trop de femmes (la majorité des électeurs dans la la plupart des démocraties) ont la conviction, justifiée ou non, que trop d'hommes se croient toujours dans les cavernes.
Trop de journalistes le savent. Trop de rédacteurs en chef (Mr. Colombani n'en est pas un) savent que ces histoires-là vendent du papier et l'exploitent.
C'est pourquoi, avant tout le reste, DSK aurait dû contrôler ses impulsions sexuelles – au moins jusqu'en 2012. Après, à condition de ne pas avoir été élu, il aurait pu redevenir comme nous autres!
Un homme de pouvoir a des devoirs.
Cela dit ,ce ne devrait pas être une affaire d'Etat. Mais si c'en est une, c'est que l"'Etat",ses représentants, souffrent d'un gros problème . L''éducation. Ce n'est pas gravissime, mais c'est ennuyeux.Et dangereux pour les femmes de chambre!!!
Permettez-moi, en effet, de trouver que vous vous laissez aller à une certaine imprécision quand vous écrivez : "que le système fonctionne d’autant mieux que celui qui est accusé a les moyens financiers de se défendre; mais aussi que le procureur mène une enquête sérieuse et qu’il peut, contrairement à certains de nos juges d’instruction, instruire à charge et à décharge."
je crois important de dire que le procureur, aux Etats-Unis, instruit bien le dossier uniquement à charge et aucunement à charge et à décharge comme le juge d'instruction français.
Ce qui importe dans cette affaire, c'est que ce même procureur a l'obligation absolue de transmettre immédiatement à la défense tout élément livré par l'enquête, qu'il lui soit favorable ou non. Dans le cas contraire, il y aurait déni viciant la procédure et s'il devait les cacher, il y aurait même outrage à la cour avec des sanctions pour le procureur indélicat.
Ici, les enquêteurs, aussi puissants soient-ils, de la défense n'y sont pour rien. L'enquête a révélé ces faits sur la plaignante et ils ont été immédiatement transmis à la défense. Cette dernière a aussitôt introduit une requête pour une modification du contrôle judiciaire de Monsieur Strauss Kahn, ce qui a été obtenu.
Bien évidemment, l'accusation a pris très vite la main sur l'aspect "rendu public", simple stratégie procédurale voulant éviter une trop importante utilisation par la défense.
Pour conclure, je dirais que le rapport avec Outreau, comme votre lien le suppose, me paraît très très lointain au regard de ce fonctionnement.
Je pense que votre propos était bien celui-ci, mais il me semblait que le préciser était utile, vous voudrez bien m'en excuser.
Cordialement
J'ai été surprise par votre éditorial de l'Express, qui reprend partiellement la teneur de celui de Slate.fr. Il accrédite l'idée que le défaut de crédibilité morale de la plaignante implique innocence sur le fond de l'accusé. Or la justice américaine fonctionne sur le "doute raisonnable" et les plaidoiries reposent sur la construction--et la démolition--des "personnages" impiqués, c'est-à-dire qu'on fait le procès d'un tempérament, d'un passé, d'une personalité intrinsèquement morale ou non, tout autant que l'instruction des faits eux-mêmes.
Il me semble qu'en l'état des connaissances divulguées à grand coup de fuites vers la presse (dont la classe politique se garde bien cette fois de s'offusquer si elle disculpe DSK), on n'en sait pas plus sur la nature des relations sexuelles qui, tout le monde l'accorde, ont eu lieu au Sofitel le 14 mai. Le fait que le juge ne puisse plus construire son accusation en raison des déficiences de personnalité de la plaignante ne nous dit malheureusement absolument rien de la véracité des faits incriminés. Voir notamment l'article du Monde (7 juillet) sur le témoignage de Susan Xerios, qui a la première accueilli et examiné Nafitassou Diallo à la Crime Victims Treatment Center.
DSK, désormais le para -tonnerre du président candidat...le premier ministre fusible, c'est dépassé....
Dan92
les femmes qui approchent cet homme si parfait, si intelligent, si brillant sont par un coup du sort toutes moches, garces, affabulatrices, manipulatrices . SI SI rappel :FMI, Sofitel, Garçonnière pratique Au bas mot : intéressées professionnellement,vénales ou nymphomanes et LUI - miracle de la communication du billet vert - LUI n'est,le pauvre chou, le chéri de sa banquière : qu'érotomane !.
Y a t-il un canard sauvage dans l'avion ?
Loin d'être coincée, je n'accepterai jamais que le cygne noir devienne blanc à chaque aube d'un jour nouveau.Qu'ils assument sa pathologie... si lui ne le peut étant le malade qui s'ignore.