Taxer les sodas pour en limiter la consommation
La taxe sur les sodas annoncée le 25 août 2011 par le gouvernement français est débattue depuis des années aux Etats-Unis. Le pour et le contre.
- empty crushed soda cans/ joelogon via Flickr CC License By -
François Fillon a annoncé mercredi 25 août 2011 l'entrée en vigueur à partir du premier janvier 2012 au nom de la lutte contre l'obésité d'une taxe sur les sodas qui devrait rapporter 120 millions d'euros à l'Etat. Cette idée n'est pas nouvelle et est débattue aux Etats-Unis depuis plusieurs années. Nous republions cet article de 2009 qui opposait les arguments des partisans et des adversaires de cette taxe soda.
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La «police de l'alimentation» vient de se lancer dans une nouvelle croisade: la taxe soda. Thomas Frieden, responsable des services de santé de la ville de New York, mène la charge. Après avoir traqué les acides gras trans dans les restaurants de la ville et les avoir contraints à afficher la teneur calorique de leurs plats, il avait aussi exhorté l'industrie agroalimentaire à réduire de façon drastique la quantité de sel de ses produits.
Le voilà maintenant en guerre contre les sodas. Plaidant sa cause dans le New England Journal of Medicine avec Kelly Brownell, directeur du centre Rudd sur la sécurité alimentaire et l'obésité (université de Yale), Frieden propose d'instaurer un droit d'accise d'un cent [de dollar] par once [environ 3 centilitres] sur les «boissons sucrées». Ce qui représenterait près de 50 cents par bouteille de 1,5 litre. Pourquoi autant? Parce que, contrairement à la dérisoire gabelle prélevée jusqu'à présent sur les produits de la mal-bouffe, cette taxe doit faire mal. Sa raison d'être est de décourager la consommation de soda, car le soda, comme la cigarette, nuit à la santé.
Convaincre les Américains de légiférer sur les boissons sucrées comme sur le tabac ne va pas être facile. Le soda n'est-il pas nourrissant, donc bienfaisant? Et puis, n'est-ce pas à chacun de choisir? Manier la taxe pour contrôler les habitudes alimentaires du peuple, n'est-ce pas empiéter sur les libertés individuelles?
Une démonstration méthodique
Frieden et Brownell rejettent méthodiquement ces objections. Dépassant amplement le cadre de la science, ils déroulent dans leur article un véritable plan d'attaque politique contre la mal-bouffe.
Étape n°1: nous convaincre que le soda n'est pas un aliment. Vous croyez la chose impossible? Et pourtant: Frieden l'a déjà fait avec les acides gras trans. Dans leur argumentaire, lui et Brownell ôtent aux sodas leur caractère intouchable sous prétexte que «la nourriture [serait] indispensable à la vie». Car, observent-ils crûment, «les boissons sucrées ne sont pas nécessaires à la survie».
Étape n°2: assimiler les sodas à des produits déjà réglementés car considérés comme nocifs. Les auteurs s'en remettent ici à une citation d'Adam Smith: «Le sucre, le rhum et le tabac, qui ne sont en rien des denrées de première nécessité, sont devenus des produits de consommation courante presque partout, et constituent de ce fait des supports tout à fait propices à la taxe.»
Le coût pour le système de santé
Étape n°3: nous persuader que la consommation de sodas nuit à la collectivité, et que la question transcende donc la liberté individuelle:
«Le coût des mauvais régimes alimentaires pour le système d'assurance santé, déjà élevé, est en augmentation : environ 79 milliards de dollars sont dépensés chaque année pour les seuls problèmes de surpoids et d'obésité, et près de la moitié de ces dépenses est supportée par les systèmes Medicare [assurance santé de l'État pour les personnes âgées] et Medicaid [assurance santé pour les personnes à faibles revenus], aux frais du contribuable. Les maladies liées à une mauvaise alimentation ont également un impact sur la société en termes de faible productivité au travail, d'augmentation de l'absentéisme, d'échec scolaire et de forme physique déficiente chez les jeunes soldats, entre autres effets néfastes.»
L'argument Medicare (Sécurité Sociale) est pour le moins spécieux dans la mesure où, comme le note mon confrère Daniel Engber, les personnes en surpoids meurent plus jeunes et épargnent donc des années de frais à ce programme de santé. Mais l'attaque la plus basse est celle contre les jeunes recrues. Car d'ici à prétendre que Coca-Cola fait peser une grave menace sur la sécurité des États-Unis...
Les enfants visés
Étape n°4: viser les enfants et, à travers eux, notre propension à vouloir les protéger. «Les boissons sucrées sont commercialisées de manière à séduire avant tout les enfants et les adolescents (...) et elles représentent aujourd'hui entre 10 et 15 % des calories qu'ils consomment», remarquent ainsi Frieden et Brownell. En réalité, les fabricants de sodas «exploitent le manque de maturité cognitive des plus jeunes, qui ne font pas encore la distinction entre un programme télévisuel et une publicité.» Et le maire de New York, Michael Bloomberg, d'enfoncer le clou: «Nous devons agir pour nos enfants.»
Étape n°5: flatter le portefeuille des politiques: «Il faut également considérer les revenus potentiels. (...) Une taxe d'accise d'un cent par once rapporterait environ 1,2 milliard de dollars au seul État de New York.»
Étape n°6: convaincre les électeurs que cette taxe serait introduite pour des raisons sanitaires, et non fiscales. Frieden et Brownell soulignent l'importance politique du message : «[Dans un] sondage réalisé auprès des New-Yorkais, 52 % se prononçaient pour la «taxe soda», proportion qui s'élevait à 72 % quand il était précisé que les recettes fiscales seraient consacrées à la prévention contre l'obésité.»
Il y a trois ans, je pensais que la volonté politique de réglementer la mal-bouffe s'essoufflerait vite. Mais c'était avant les assauts menés contre les acides gras trans, les teneurs caloriques et les ouvertures de nouveaux fast-foods. Il faut croire que ces victoires n'étaient que des mises en bouche. Le plat de résistance sera la modification des comportements au moyen de l'impôt. Cet article en était la recette.
William Saletan est correspondant de Slate.com et auteur de «Bearing Right: How Conservatives Won the Abortion War».
Article traduit par Chloé Leleu
Mis à jour le 26/08/2011 à 14h55











































A lire, un éditorial passionant sur le sujet de NICHOLAS D. KRISTOF (NYT) : http://www.nytimes.com/2008/12/18/opinion/18kristof.html
Taxer les sodas pour en limiter la consommation ; vaste programme. Après un bilan des apports caloriques excédentaires dus à l’ingestion de boissons sucrées aux USA, et après avoir constaté que le soda est moins coûteux que les fruits et légumes, Frieden T R et K D Brownwell reviennent sur l’idée d’une taxation des boissons sucrées déjà évoquée par ailleurs…..avec les taxes orientées vers le soin des victimes….les obèses. C’est un traitement de cheval à l’encontre de boissons aux caractéristiques « addictives » (ce n’est pas l’alcool, mais ça marche bien). Quand on a commencé à « sucrer » ses rejetons dès le plus jeune âge, il faut assumer la suite des évènements…et continuer la spirale consommatrice. La meilleure des chances pour les enfants, avoir la chance d’avoir des géniteurs responsables....qu'ils ne comptent pas sur les "sucreurs" de la société, même engeance que les "saleurs".
Ces propositions de taxe ont l’avantage de faire dans le politiquement correct en s'intéressant aux victimes potentielles. Ne jamais oublier que les taxes peuvent être dévoyées par les gouvernements vers d’autres services. Du moins en France. Les grands groupes de la boisson sucrée mondiaux ont infiltré tous les échelons de la société et « acheté » tous les cerveaux disponibles. Leurs « marketeurs », racketteurs de cerveaux, carburent pour élaborer des messages de plus en plus pervers navigant aux confins de l'escroquerie ou des poursuites. Ils ont même investi les écoles, du moins aux USA (je ne sais plus où ils en sont sur cet aspect?). Ils sponsorisent toutes les activités populaires à grands coups de casquettes et tee-shirts (la grande entreprise d'infantilisation du monde; base du capitalisme marchand). Ils sont aussi dans les congrès dits médicaux et arrosent quelques scientifiques stipendiés pour produire des méta-analyses sur mesure prouvant l’inocuité de leurs produits. Il y a du chemin à faire pour que les choses bougent.
Les preuves irréfutables de la malfaisance de ce « sucrage tous azimuts » sont difficiles à dégager ; en effet, le buveur sucré peut cumuler les problèmes. Il peut aussi être piètre mangeur (malbouffe) doublé d'un sédentaire convaincu. Le grabuge est cumulé . De ce fait, il y a une fâcheuse tendance des sociétés de la bouffe et de la boisson à passer la responsabilité à l’autre. Ne jamais perdre de vue que le contrôle pondéral est une affaire complexe associant les calories ingérées (boisson sucrées et tout le reste apporté par les « junk food » divers à base de sucre et de graisses) et la dépense énergétique…La génération de « patates de sofas » qui nous envahit se caractérise par un niveau d’inactivité physique spectaculaire….ne jamais oublier l’inactivité dans les facteurs de risque.
Tous mes périples US m’ont révélé, au fil des ans, une progression spectaculaire des obèses visibles…le Mexique, le Brésil, les pays du Sud de l’Europe, surtout, suivent de près. Je n’évoquerai pas ici ceux qui ne peuvent plus sortir de chez eux par manque de mobilité. Mais, soyons sérieux, vu la présence constante de ces boissons à tous les niveaux de notre environnement, il va falloir taxer fermement (comme au niveau des pinards ou des clopes) si l’on espère une inflexion des consommations. Pour certains, boire de la canette sucrée, c'est un problème de standing social. Attention aux effets pervers. Une belle intention, mais une mise en œuvre très problématique.
Une seule chose réellement révolutionnaire, trouver le publicitaire de génie (surtout pas Séguéla) capable de réhabiliter l’eau, en faisant des campagnes offensives contre les « sucreurs qui se sucrent »….et matraquer dès la maternité, à l’école, à la télé, dans les super-marchés. Qui va payer ? Autre impératif, agir le plus tôt possible, bien avant l’adolescence, pendant toute la période où se structurent les goûts. Cette période de crise pourrait aider a modifier certains comportements des consommateurs inutilement rackettés sur des produits chers et inutiles...l'eau avant tout.
Une étude récente de Rebecca Mucklebauer (Pediatrics, Avril 2009, e660-667) montre qu’il est possible de faire de la prévention active même dans les milieux défavorisés les plus exposés à l’obésité.
Hélas nos politiques ont d’autres chats à fouetter. Souvent sous le contrôle des manipulateurs d’opinions qui les aident, ils travaillent surtout sur le court-terme et son peu tenaces sur le long terme. Les industriels auront de la peine à réhabiliter l’eau après avoir fait la promotion des boissons à base d’eau aux vertus douteuses, surtout bâties pour appâter le gogo, pendant de nombreuses années. Un acte civique et positif qu’ils devraient relever comme challenge pour les années à venir….Allez Danone, encore un petit effort ! Pour Coca-Cola, je crois que c’est désespéré.
C'est franchement un mensonge total et une véritable insulte, bref c'est inadmissible!
Le tabac est mauvais pour la santé, alors on augmente le tabac, résultat, les gens fument toujours autant, mais payent seulement plus cher pour s'empoisonner!
La voiture pollue, alors on augmente le prix des carburants, sauf que la voiture c'est quelque chose d'indispensable à une bonne autonomie des personnes, donc finalement, on paye le carburant plus cher, mais on continue de rouler autant!!
Etc, etc... Il faut que ces gens arrêtent de nous prendre pour des imbéciles, augmenter le prix de quelque chose ne réduit en rien sa consommation, ça sert seulement à rapporter un peu plus d'argent dans les poches de l'état, c'est tout!
Parce qu'en ce qui concerne cette taxe supplémentaire, son seul résultat, 120 millions de plus dans les caisses de l'état et toujours autant d'obèses!
D'après ce qu'ils disent, les sodas rendraient les gens obèses maintenant!?! C'est de mieux en mieux! Alors, pourquoi je suis en pleine forme, pas un pet de graisse et pourtant, j'adore les sodas!?!
Bon en même temps, je pratique une activité physique, et je m'ennuie rarement dans la vie, j'ai toujours quelque chose à faire, ça a peut-être un rapport de cause à effet!
Cela dit, ça ne rapporte pas d'argent d'avoir une vie saine, au contraire, de nos jours, il faut victimiser les gens, leur dire qu'ils font tout mal et que l'état providence qui sait tout avant tout le monde, va miraculeusement les faire maigrir à coup de taxes...