Kundera, l'affaire du rire et de l'oubli
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Depuis le 1er janvier 2009 et jusqu'au 30 juin, la présidence de l'Union européenne est assurée par la République tchèque. Elle succède à la France et précède la Suède. A cette occasion, Slate.fr publie les Chroniques Praguoises diffusées sur Arte.fr, sur la vie politique et culturelle en République Tchèque.
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Juste au moment de la publication le 26 mars de son nouvel ouvrage Une rencontre en France, Milan Kundera a reçu l'honneur d'entrer dans les livres d'histoire en République tchèque: pendant le semestre d'été 2008-2009, des étudiants en journalisme à Prague et à Brno se pencheront sur son cas. Malheureusement, l'auteur de L'insoutenable légèreté de l'être ne sera pas cité comme grande référence littéraire ou courageux dissident politique. Les livres universitaires utilisés dans les séminaires le prendront comme exemple pour expliquer l'ambivalente relation entre les intellectuels et le régime communiste entre 1948 et 1989.
En octobre dernier, un article publié par le prestigieux hebdomadaire praguois de centre droit Respekt fait le tour du monde littéraire: selon les archives des services secrets de la Tchécoslovaquie communiste, Milan Kundera aurait dénoncé dans sa jeunesse un camarade d'études, Miroslav Dvořáček. L'information est vérifiée et difficilement réfutable, mais le fait qu'elle soit publiée dans un hebdomadaire tenu par d'anciens dissidents personnellement hostiles à Kundera, comme l'actuel ministre des Affaires étrangères Karl von Schwarzenberg, la rend quelque peu suspecte. Dès le lendemain, les médias tchèques décident néanmoins d'en faire un vrai polar:
«Selon le protocole, tout est arrivé le 14 mars 1950 : l'agent Dvořáček a été emprisonné par la police communiste, après que celle-ci eut reçu des informations sur ce militant par l'étudiant Milan Kundera. M. Dvořáček a été condamné à la peine capitale, finalement transformée en vingt-deux ans de prison, dont il a dû purger quatorze. On ne peut pas spéculer sur les raisons pour lesquelles Milan Kundera a dénoncé son collègue, une des théories est que lui-même avait peur des autorités... Mais on ne peut pas savoir, puisque Dvořáček est mort et Kundera ne communique plus avec les journalistes tchèques depuis bien des années. Lorsqu'il rentre de temps à autre en République tchèque, il vient incognito, car il ne veut pas être reconnu.»
Depuis son départ en exil en 1975, la relation entre Milan Kundera et sa terre natale a été plus que conflictuelle. Les étudiants en journalisme qui étudieront «le cas Kundera dans les médias tchèques» s'intéresseront justement au rapport que la République tchèque entretient avec son passé récent et certains de ses protagonistes les plus connus. Ainsi, le rôle de grandes célébrités comme le cinéaste Miloš Forman ou le chanteur Karel Gott s'apparente, par leur manque de transparence, à celui de Kundera.
Mais, au cours des vingt années passées depuis la chute du régime communiste, les Tchèques ont préféré le rire à l'investigation, avec des centaines de blagues à l'humour grinçant qui circulent depuis... Indépendamment du fait que l'écrivain soit responsable ou pas de l'emprisonnement de l'étudiant dissident Miroslav Dvořáček, les vagues qu'a suscitées l'affaire Kundera pourront donc apporter des éclaircissement sur cette époque souvent tue dans les cours d'histoire en République tchèque. Au grand dam de ceux qui, en Occident, aiment l'œuvre de Kundera et ont fait de lui une icône.
Alexander Knetig
Mis à jour le 17/04/2009 à 15h56













































"L'information est vérifiée et difficilement réfutable".
Voila comment un journaliste vient franchir la ligne rouge en s'autoproclamant juge...
Comment pouvez-vous écrire sérieusement cette affirmation, alors qu'il n'y a pas de décision de justice, d'enquête, ni la moindre REELLE preuve de ce que le journal Respekt a "dévoilé".
Tout le monde sait que les documents sortis par ce journal (douteux) ne peuvent tenir, au regard du contexte du pays, de l'époque, etc.
Aucun documents de cette période n'est asse fiable pour constituer une preuve, encore moins lorsqu'elle concerne une personne comme Kundera que beaucoup aimeraient salir.
Au lieu d'enquêter réellement sur cette affaire (qui pourrait être vraie!), les journalistes ont tous repris cette info non vérifiée. Pourtant le contexte de la publication de cette info est étrange (la personne rerouve par hasard ce document perdu alors qu'il cherchait au même moment à prouver qu'une personne de sa famille accusée pour cette histoire n'y était pour rien... sic).
Je suis surpris de retrouver un tel article sur slate...
"Au grand dam de ceux qui, en Occident, aiment l'œuvre de Kundera et ont fait de lui une icône". re-sic.