Le problème n'est plus grec
La crise financière grecque n'est plus ni grecque ni financière. C'est une crise politique de l’Europe tout entière. Sa solution n'est plus financière. Elle est politique. Elle n'est plus à Athènes. Elle est à Bruxelles. L'enjeu est maintenant franco-allemand.
- Des manifestants avec un drapeau grec vus au travers d’un drapeau européen, le 5 juin 2011 sur la place Syntagma d’Athènes. REUTERS/Pascal Rossignol -
La Grèce ne pourra jamais rembourser ses dettes. Les multiples plans d’aide à la Grèce, s’ils sont parvenus jusqu’à maintenant à éviter le défaut, n’ont pas permis d’apurer le passif à long terme. L’on doit affronter une évidence, que l'on connaît depuis longtemps: aucune zone monétaire commune ne peut durer sans un pays dominant (comme la zone Franc) ou sans une forme de fédéralisme (comme aux États-Unis).
L’on ne peut sortir de la crise actuelle par une sortie de la Grèce de l'euro, qui mettrait à mal en quelques jours, à nouveau, le système bancaire européen, et augmenterait la dette publique des autres pays européens. Enfin, l’on ne peut demander à la Grèce un miracle, qui serait de régler en quelques mois trente ans de laxisme politique.
L’on peut encore longtemps épiloguer sur ce qu'il aurait fallu faire pour ne pas en arriver là.
Pour la Grèce, d’abord. Ne pas laisser la Grèce entrer dans l'Union économique et monétaire avec des chiffres faux. Ne pas laisser croître au-delà du raisonnable une dette bien trop importante par rapport aux fondamentaux économiques du pays. Forcer les Grecs à mettre en place des institutions fiscales et économiques efficaces.
Pour l’Europe, ensuite. En plus de dix ans de monnaie unique, l’on aurait pu mettre en place un ministre des Finances de l'Union pour contrôler efficacement la politique économique de chaque pays membre.
L’Europe aurait pu mettre à contribution, bien plus qu’elle ne l’a fait, les grandes banques européennes, dont tout indique –y compris le niveau des rémunérations qui sont présentement versées à leurs traders et dirigeants– qu’elles ont les moyens de faire face.
Enfin, parce que l’on sort d’une crise par l’innovation et la croissance, l’Europe aurait pu mettre en place un programme de soutien massif aux investissements de croissance de l’industrie européenne: lancer de nouveaux Airbus du rail, des télécommunications, de la voiture électrique ou de la génomique. Prendre des décisions européennes de nouveau courageuses.
Pour tout cela, il est trop tard. Si l’on laisse la Grèce faire faillite, c'est l'euro qui disparaîtra. C'est le principe même de l'Union européenne qui sera en cause. Le chômage augmentera encore, y compris en Allemagne qui bénéficie à ce jour d’un euro sous-évalué par rapport à son économie.
Si l’on laisse la Grèce faire faillite, une crise économique et politique pire que celle de 2008 nous attend.
Il faut donc changer de perspective. Ne plus penser au problème grec, mais au problème de l'Union européenne. Les solutions existent, il est urgent d’avoir le courage politique de les mettre en oeuvre:
- 1. Mettre en place un ministre des Finances européen;
- 2. Lancer un «plan Brady européen» qui
consisterait à émettre des bons du trésor européens permettant:
a. un financement sur vingt ans des problèmes de dette de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande.
b. un Grand Emprunt européen pour les investissements d'avenir de l’Union.
- 3. Ces dettes seraient remboursées par la levée d’un impôt européen, une TVA européenne complémentaire d'assise large et de taux modeste (1%).
Il est urgent pour l’Europe de trouver une solution de sortie par le haut, permettant de sortir réellement de la crise et non de la repousser, telle la mise en place d’un «plan Brady européen» concerté, et de parvenir à relancer l’innovation par la mise en œuvre d’un grand emprunt européen.
L’Europe, à ce jour, est la plus grande économie mondiale, devant les États-Unis et la Chine. Nous avons les moyens économiques; l’Europe doit redevenir politique.
Jacques Attali
Mis à jour le 16/06/2011 à 14h27














































Par conséquent ce sont aux banques (françaises et allemandes en particulier) d'assumer leur incurie.
Les faillites? Tant mieux! Destruction créatrice! Mais où est donc le problème?
Un systeme ne peut fonctionner si les fonds des crediteurs ne peuvent etre pretes qu'a des debiteurs insolvables.
La solution ne peut venir que du traitement des causes de la maladie (pas de lui permettre de prosperer un peu plus longtemps) et bien que les mensonges Grecs soient specifiques, les trous que la France est en train de creuser sont tout aussi preoccupants (deficit du mois dernier 7 milliards d'euros soit plus de 100€ de dettes supplementaires par Francais ou 500€ par mois et par menage! Deficits de l'etat abysmaux, Mensonges (qui les denoncent?) des Partenariats Public Prive...).
Nous avons 2 "globalisations": * La globalisation mondiale qui est le driver principal de l'augmentation exponentielle des inegalites et ou la correction des desequilibres par l'adaptation des taux de change ne marche que peniblement avec des problemes de detournement (manipulation des taux) et de dynamique (corrections trop lentes ou trop rapides) * La "globalisation Europeenne" ou la correction par taux de change (adaptation du niveau de vie...) n'est pas possible et ou une solution identifiee pourrait etre des impots variables (TVA, IR, ISF) commensures au deficit ou a l'excedent qui permettraient d'adapter la demande et l'investissement mais, bien sur, se heurte aux interets particuliers er ne sera donc jamais mise en oeuvre
L'histoire a montre que l'humanite est incapable de gerer ces difficultes et que la correction est apportee par une crise majeure d'autant plus grave qu'elle se fait attendre: aux globalisations succedent invariablement les guerres et les barrieres douanieres (je prefere les secondes)
On peut legitimement se demander si la priorite ne devrait pas etre donnee a se preparer a gerer la crise (voire a la provoquer) plutot qu'a emettre des voeux pieux dont on sait qu'ils ne seront pas exauces et se retrouver nu quand la nouvelle crise frappera.
Le probleme de base est que les inegalites excessives tuent la croissance et que les dettes toujours croissantes ne seront jamais remboursees.
L'exemple British: On se gausse facilement des Britanniques en ce moment (qui rira bien...), je note plus de 80000 emplois crees le mois dernier (consequence de la devaluation competitive), je note la separation des activites banques de details banques d'"investissement" (baisse du risque), je note l'augmentation des impots, meme pour les plus riches (tranche a 50% sans deduction et meme sur les revenus du capital) par un gouvernement conservateur (qui montre un certain courage face aux lobbies et a son electorat dans ses DECISIONS, pas dans ses paroles)... En France, on a de grands discours mais surtout des mesures economiques desastreuses car ideologiques et inadaptees a la situation economique actuelle (et seulement adaptees a une campagne electorale au detriment de tous les Francais).
La gestion economique, c'est s'assurer de generer de bonnes resources de capital et de travail et bien les utiliser. En France, on a de moins en moins l'un et l'autre et on entend la presse a la botte nous dire qu'il n'y a pas de politique economique alternative possible... La politique economique de la France est celle des neo conservateurs Americains...elle a fait ses preuves helas...
Pour la Grece, il faut prendre la perte et sauvegarder nos maigres resources. Pour les autres pays menaces, il convient de mettre en oeuvre des plans de convergence (fiscalite variable, homogeneisee...) et de gerer au mieux la situation actuelle. Pour les banques, il convient qu'elles prennent leur potion au travers de restructurations de dettes, que les activites de details, de financement d'entreprises soient segreguees des activites d'"investissement". La transition sera penible?...Il convient de payer pour les erreurs passees et de prevenir les erreurs futures, pas de permettre encore un petit verre avant la gueule de bois!...
De plus, créer un impôt européen signifierait que chaque citoyen de l'union européenne devrait payer pour des erreurs commises par des pays comme la Grèce depuis quelques années... L'heure n'est plus à la solidarité ... L'heure est au pragmatisme ! Les grecs ont joué ... Ils ont perdu ! Le fait de restructurer la dette grecque leur permettrait d'entreprendre des réformes ... afin de relancer leur économie ... Cela pourrait leur être bénéfique si ils mènent ces réformes à bien!
il manque , une politique de change le droit de monetiser un seuil de 50% minimum des dettes afin d`alleger le fardeau public
une harmonisation totale des taxes, salaires et parametres sociaux
le federalisme sans ces vecteurs ne marchera pas
resoudre les problemes que par les liquidites ne suffit pas
il faut doter l`europe d`une vraie banque centrale qui oeuvrerait pour la croissance et non uniquement l`inflation
seules les recettes permettent de resoudre tous les problemes de budget
Concernant votre premier point, la mise ne place d'un ministere des finances Europeens, je suis parfaitement d'accord avec vous...
Concernant votre plan Brady Europeen, je suis parfaitement d'accord avec vous sur le point a mais moins sur le point b. En effet, faire un grand plan Europeen me parait bien compliqué à mettre en place...
Enfin votre plan de financement basé sur une TVA est très interessant. On paie des impots pour la commune, le departement, la region, l'Etat pourquoi pas l'Europe à condition que le public soit bien informé des mesures prises...
Je tiens quand meme à rappeler que la construction de l'Europe et le passage à la monnaie unique ne s'est pas fait dans l'ordre... Au lieu de construire des bases solides avec des organisations bien precises entre les etats et l'union, on a fait un gros machin incomprensible de tout le monde !!!
J'aimerai avoir votre optimisme malheureusement je n'y crois pas beaucoup !!!!
De toute façon ce monde est en train de périr, je ne vois pas pourquoi on se battrait pour lui. Ca fait des années et des années qu'on a dépassé le point de retour en arrière.
Un autre problème est lié à nos cultures. Plus on va vers le sud, plus les pays et leurs habitants sont corrompus. C'est aussi simple que ça. Je ne crois pas que les Portugais, les Espagnoles et Italiens et les Grecs soient un jour capables de respecter les lois de la même manière que les Norvégiens ou les Allemands. Ça fait 500 ans que c'est comme ça, ça ne va pas s’arrêter instantanément. Dans ces pays, les élites traitent leurs concitoyens comme leurs serfs. Dans le cas de la Grèce et du Portugal, l'Europe est vue comme une vache à lait. Le projet politique, ils s'en tamponnent. Ce qu'ils attendent de l'Europe c'est de la subvention et des grands chantiers. Rappelons qu'ils n'y a encore pas très longtemps le fascisme était la norme dans ces pays. Raison de plus pour avoir un état fédéral fort....
Voici quelques questions adressées à M. ATTALI.
Vous écrivez : "L’on doit affronter une évidence, que l'on connaît depuis longtemps:"
Question : > Qui doit affronter ? Qui connaissait l'évidence ? Les deux "On" sont-ils les mêmes ?
Vous écrivez : "L’on ne peut sortir de la crise actuelle par une sortie de la Grèce de l'euro, qui mettrait à mal en quelques jours, à nouveau, le système bancaire européen, et augmenterait la dette publique des autres pays européens. "
Question : > Pourquoi est-ce qu'une sortie de la Grèce de l'euro mettrait à mal le système bancaire européen ? Est-ce que le sortie de l'euro équivaut forcément à ne pas rembourser la dette ou est-ce indépendant ?
Vous écrivez : "L’on peut encore longtemps épiloguer sur ce qu'il aurait fallu faire pour ne pas en arriver là."
Question : > Epiloguer ou chercher à comprendre ne permettrait-il pas d'analyser les causes en profondeur, pour ne pas répéter les mêmes erreurs ?
Vous écrivez : "Forcer les Grecs à mettre en place des institutions fiscales et économiques efficaces."
Question : > Forcer ? Les Grecs ne sont-ils pas en démocratie ?
Vous écrivez : "En plus de dix ans de monnaie unique, l’on aurait pu mettre en place un ministre des Finances de l'Union pour contrôler"
Question : > Contrôler ? Le ministre des Finances serait-il élu par les peuples européens ?
Vous écrivez : "Enfin, parce que l’on sort d’une crise par l’innovation et la croissance, l’Europe aurait pu mettre en place un programme de soutien massif aux investissements de croissance de l’industrie européenne: lancer de nouveaux Airbus du rail, des télécommunications, de la voiture électrique"
Question : > En êtes-vous absolument sûr ? Quand j'entends que des matières premières manquent déjà pour des micro-possesseurs de téléphone portable, et que des centrales nucléaires peuvent s'arrêter cet été en France pour cause de sécheresse, a-t-on encore les moyens de vouloir la "croissance" au prix de la consommation de nouvelles ressources ?
Vous écrivez : "Pour tout cela, il est trop tard. Si l’on laisse la Grèce faire faillite, c'est l'euro qui disparaîtra."
Question : > Dans cette Europe, est-ce l'euro le plus important ?
Vous écrivez : "L’Europe, à ce jour, est la plus grande économie mondiale, devant les États-Unis et la Chine. Nous avons les moyens économiques; l’Europe doit redevenir politique."
Question : > Pourquoi avez-vous parlé (il me semble) plus de mesures économiques que de politique dans les phrases précédentes ?
Merci pour votre attention
Sous cette hypothèse, on pourrait alors envisager de régler les problèmes de dettes des autres pays de l'union (moyennant ajustement de la taxe) et ainsi libérer à terme les états membres de leurs créances auprès des banques privées.
La décence la plus élementaire imposerait également de mettre à contribution ces mêmes banques au moyen d'une taxe Tobin, histoire de bien rappeler à ces dernières leurs responsabilités.
Enendons nous bien, je ne prèche pas le retour au communisme: Qu'un entrepreneur possède son entreprise, ses moyens de production, un joli hotel particulier, soit.
Par contre les crises financières spéculatives de la dette privée qui a forcé les états nation a intervenir pour éviter la panne du système monétaire a exposé un fait clair : L'argent est un bien d'intérêt général dont la gestion doit faire l'objet d'un nouveau contrat social.
C'est à la puissance publique d'être la banque, des entreprises comme des particuliers. Ainsi, par une politique sectorielle de taux d'intérêts, elle peut encourager l'innovation, décourager les pratiques obsolètes, et se financer grâce aux intérets plutot que d'avoir a en payer.
Que la puissance publique choisisse de gérer le capital financier directement (cf projet PS de banque publique d'investissement) ou de garder des banques comme "délégataires de service public" , c'est une question de mise en oeuvre.
Le fait est là, le système monétaire et financier international doit être mis au service des humains, et plus l'inverse.
Emprunter pour rembourser ses dettes, c'est boire de l'alcool pour se guerir d'une gueule de bois... ca ne marche pas.
Qu'il faille un ministre europeen des finances, d'accord. Qu'il faille des bons du tresor europeens pour refinancer la dette, d'accord. Qu'il faille en profiter pour faire un grand emprunt, non, non et non. C'est d'une absurde stupidite. L'endettement excessif a tue la classe moyenne aux Etats-Unis et est en train de couler le pays tout entier. Pourquoi diable devrions nous suivre ce model?
La seule solution qui vaille, c'est d'arreter de vivre au dessus de ses moyens (plus de budget en deficit) et de rembourser ses dettes. C'est juste du bon sens, celui la meme qui semble echappe a la majorite des economistes.