Chômage des jeunes Européens: étudier plus pour gagner moins?
En Espagne, au Portugal et en Grèce, la révolte gronde. En France, en Grande-Bretagne et en Allemagne, la contagion ne gagne pas. Et pourtant, les causes sont les mêmes: la jeunesse —et la jeunesse diplômée— est condamnée à la précarité.
- Manifestation du 12 mars au Portugal/Reuters/Jose Manuel Ribeiro -
Dans un rapport publié en août 2010, l’Organisation internationale du travail constatait le plus haut niveau de chômage mondial des jeunes jamais enregistré et évoquait un risque de «génération perdue [...] de jeunes gens [sans] espoir de pouvoir travailler pour gagner décemment leur vie.» La révolte des jeunes Espagnols qui manifestent contre précarité et austérité dans leur pays depuis le 15 mai est le symbole de cette «génération perdue».
Au-delà du web —sur Twitter, le hashtag #spanishrevolution a fait des émules: #italianrevolution, #frenchrevolution #europeanrevolution, etc— la «grippe espagnole» ne s'est pas encore véritablement propagée en l’Europe. Les symptômes sont pourtant semblables dans beaucoup de pays du vieux continent. Tour d’Europe de l'emploi –et absence d’emploi– des jeunes.
Espagne: génération «mileurista»

Manifestants devant le ministère du Travail, Madrid Reuters/Andrea Comas
Statistiques de l’OCDE au premier trimestre 2011:
- chômage des 15-24 ans: 44% des jeunes actifs
- chômage total: 20,5%
- moyenne européenne pour le chômage jeune: 20,6%
Le nombre de jeunes Espagnols sans emploi a explosé avec la crise: il était élevé, mais en-dessous de la barre des 20% en 2007 [PDF].
La crise économique n’est pourtant qu’un déclencheur du mouvement social espagnol, affirme Carlos Gomez Bahillo, professeur de sociologie à l’université de sciences économiques de Saragosse. Le vrai problème est lié au marché du travail en général: les jeunes qui ont «fait l’effort d’obtenir un diplôme ne trouvent pas d’emploi, ou pas d’emploi au niveau de leurs qualifications»; quand ils trouvent un travail, il n’est souvent que temporaire: 58% des jeunes actifs espagnols sont en CDD ou en intérim selon l’OCDE. «Il s’agit souvent de contrats à la semaine ou journaliers», précise Amparo Serrano Pascual, professeur de sociologie à l’université Complutense de Madrid. Le salaire des jeunes travailleurs est même à l’origine d’un néologisme en espagnol: «mileurista»: diplôme ou non, leur salaire ne dépasse que difficilement les 1.000 euros.
Résultat: faute de sécurité financière, plus de la moitié des espagnols entre 18 et 34 ans vivent encore chez leurs parents. Certes, les enfants partent très tard du foyer familial, tradition oblige, mais aujourd’hui ils n’ont simplement pas le choix de faire autrement. Certains y emménagent même avec leur conjoint(e), explique Carlos Gomez Bahillo. Face à un marché du travail sclérosé, l’absence de réponse adaptée du gouvernement de centre-gauche de Zapatero donne une impression de vacuité du projet politique.
Le mouvement 15M reflète ce sentiment de désillusion, mais le succès des manifestations est lié au large soutien qu’ont obtenu les premiers occupants des «plazas», constitué de toutes les couches de la population. Ces manifestations ont pourtant été initiées par la jeunesse sur les réseaux sociaux: elles sont la marque d’une «transformation du rapport des jeunes à la politique: moins exprimé dans les urnes [...] mais susceptible de se mobiliser pour des causes ponctuelles», souligne Bruno Cautrès chercheur au Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (Cevipof).
Mis à jour le 27/06/2011 à 14h26
















































redondance, mais pour que cela soit enfin clair une fois pour toutes:
Messieurs et mesdames les journalistes, arrêtez donc de scinder en deux hypothétiques groupes "démocratie réelle maintenant" et "les indignés": cela démontre que vous écrivez des articles sur vos chers "indignés" sans avoir pris la peine de suivre l'actualité depuis le début, et refusez la dimension politique d'un mouvement qui finalement est décrit par vos soins comme un mouvement de crevards.