Monde

11 prises d'otages qui ont marqué les esprits

Agnès Bun, mis à jour le 30.06.2011 à 9 h 29

[LE BUSINESS DES OTAGES 3/3] Du kidnapping du bébé Lindbergh à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier.

Des membres du cmité de soutien à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, le 13 mai 2011 à Paris. REUTERS/Charles Platiau

Des membres du cmité de soutien à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, le 13 mai 2011 à Paris. REUTERS/Charles Platiau

La dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs régions du monde entraîne une multiplication des prises d'otages. La France est particulièrement concernée par ce phénomène: il y aurait neuf otages français dans le monde, selon l’association Otages du Monde (l'association en comptait 11 avant la libération d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, le 29 juin 2011).

Parmi eux, les quatre ressortissants enlevés à Arlit au Niger en septembre 2010, et les trois travailleurs humanitaires détenus au Yémen depuis le 28 mai 2011.

Le monde a connu d'autres périodes sombres, notamment dans les années 1970 et 1980, avec de nombreuses prises d'otages à la fois violentes et très médiatisées. Retour sur les prises d'otages les plus marquantes de ces 100 dernières années:

Le kidnapping du bébé Lindbergh

World Telegram staff photographer, via Wikimedia Commons

[1er mars 1932] Célèbre dans le monde entier pour avoir été le premier à franchir l’Atlantique sans escale, l’aviateur Charles Lindbergh a connu la gloire, mais aussi un drame familial. Cinq ans après sa traversée réussie, son premier enfant, à peine âgé de 20 mois, est enlevé. Il est retrouvé mort quelques mois plus tard, malgré le paiement d’une rançon de 50.000 dollars. Ici, Charles Lindbergh est photographié à la sortie de son audition par le grand jury du tribunal Bronx. 


La prise d'otages des JO de Munich

 


MUNICH 72 - DOC HQ 1/3 par THE-GRAND-WAZOO

[5 septembre 1972] Lors des Jeux olympiques de Munich, huit membres de l’organisation palestinienne Septembre Noir s’introduisent dans les appartements des athlètes israéliens et les prennent en otage. Les terroristes exigent la libération de prisonniers politiques. La prise d’otage s’achève le lendemain de manière sanglante: onze athlètes israéliens, cinq terroristes et un policier allemand sont tués.


La prise d'otages de Stockholm

Journal télévisé du 29 août 1973, INA

[23 août 1973] Un prisonnier en cavale, Jan Erik Olsson, braque une banque en plein coeur de Stockholm. Pour échapper à la police, il prend en otage employés et clients. Il finit par se rendre aux autorités suédoises au bout de cinq jours. À la surprise générale, les personnes séquestrées prennent fait et cause pour leur ravisseur au cours de son procès. Le «syndrome de Stockholm» est né.

 Difficile de trouver meilleure illustration de ce syndrome dit de Stockholm que la trajectoire de Patricia Hearst. À 19 ans, cette petite-fille d’un milliardaire américain est enlevée par un groupe révolutionnaire d’extrême-gauche, l'Armée de libération symbionaise. Rebondissement inattendu: l’héritière se rallie à ses ravisseurs, se retourne contre sa famille et devient braqueuse de banques! Des photographies la montrent même posant mitraillette au poing. Capturée en 1975, elle est condamnée à sept ans de prison. Elle est libérée au bout de deux ans de détention et mène désormais une vie plus rangée.

San Mateo County Jail, California (USA), via Wikimedia Commons


L'affaire Claustre

 

Journal télévisé du 1er février 1977, INA

[21 avril 1974] Au nord du Tchad, des rebelles toubous enlèvent trois Européens, dont l’archéologue Françoise Claustre. Ses trois ans de captivité sont ponctuées de multiples péripéties. Dépêché sur place par les autorités françaises, le commandant Galopin est exécuté par les ravisseurs. L’époux de la captive, Pierre Claustre, parti à sa recherche, est séquestré à son tour. Le couple est finalement libéré le 31 janvier 1977.


Aldo Moro

Photo prise par un membre des Brigades Rouges, via Wikimedia Commons 

[16 mars 1978] Le président du Conseil italien, Aldo Moro, est enlevé par des membres des Brigades Rouges, un groupe terroriste d’extrême-gauche. Ses ravisseurs réclament la libération de leurs compagnons incarcérés, mais les dirigeants italiens refusent de se plier à leurs demandes. Après 55 jours de détention, Aldo Moro est assassiné, son corps retrouvé dans le coffre d’une voiture. « Si vous n’intervenez pas, une page terrifiante de l’histoire italienne sera écrite. Mon sang retomberait sur vous, sur le parti, sur le pays… », avait écrit le dirigeant de 62 ans, dans des lettres poignantes adressées au gouvernement.


La «crise iranienne des otages»

MAJ Dennis A. Guyitt, via Wikimedia Commons

[4 novembre 1979] 444 jours: c’est la durée de la «crise iranienne des otages», qui a durablement bouleversé la société américaine. Des jeunes militants islamistes prennent d’assaut l’ambassade des États-Unis à Téhéran, furieux de l’asile offert au Shah d’Iran par le gouvernement de Jimmy Carter. Une cinquantaine de ressortissants américains sont pris en otage: la plupart ne sont libérés qu’un an plus tard, peu de temps après l’élection de Ronald Reagan à la présidence.


Les otages au Liban

[1985-1988] Durant cette période, la France est confrontée à l’enlèvement de nombreux de ses ressortissants au Liban, notamment des diplomates et journalistes sont capturés au Liban. Parmi eux figurent le journaliste Jean-Paul Kauffmann, détenu durant trois années, du 22 mai 1985 au 4 mai 1988.


L'école de Beslan

Beslan School Number 1, via Wikimedia Commons

[3 sept 2004] Plus de 1.100 personnes, dont de nombreux enfants, sont retenus en otage dans une école de Beslan, en Russie, par un commando tchétchène. Au bout de trois jours de séquestration, les forces de sécurité russes interviennent de manière musclée. L’affrontement avec les terroristes est particulièrement meurtrier: on dénombre plus de 330 morts, dont 186 enfants.


Florence Aubenas


 
Les portraits de Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi, place de la Concorde, à Paris, le 10 mai 2005. REUTERS/Charles Platiau

[5 janvier 2005] Au cours d'un reportage à Bagdad pour le journal Libération, la journaliste Florence Aubenas et son fixeur Hussein Hanoun al-Saadi sont enlevés. Ils seront libérés cinq mois plus tard, le 12 juin 2005. Cet enlèvement est survenu deux semaines après la libération de deux autres journalistes français pris en otage en Irak, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, après 124 jours de détention.


Ingrid Betancourt

Une conférence de presse en 2008. REUTERS/Victor Ruiz Caballero

[23 février 2002] En campagne électorale dans le sud de la Colombie, une zone contrôlée par les FARC, la candidate écologiste à l'élection présidentielle Ingrid Betancourt et son assistante Clara Rojas sont enlevées par la rébellion. Une quarantaine d'autres personnalités colombiennes sont alors retenues à les FARC. La Franco-Colombienne a été libérée le 2 juillet 2008 au cours d'une opération des forces armées mettant fin à 2.321 jours de captivité dans la jungle. Clara Rojas avait été relâchée en janvier de la même année. 


 

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier

Reuters

Les journalistes de France 3 Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, ainsi que leurs trois accompagnateurs, ont été enlevés le 29 décembre 2009 sur une route du nord-est de Kaboul en Afghanistan. Il ont été libérés le 29 juin 2011 après 18 mois de détention.

Agnès Bun avec Sébastien Jaime

(article mis à jour le 29 juin 2011)


 
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