Une démocratie au régime
- Nicolas Sarkozy lors de son discours à Saint-Quentin Philippe Wojazer / Reuters -
Dans quelle grande nation civilisée le Chef de l'Executif pourrait-il s'exprimer à la télévision sans que son temps ne soit décompté par l'instance indépendante chargée du respect du pluralisme, afin de permettre une réponse de l'opposition dans les grands médias audiovisuels?
Dans quelle démocratie la carte électorale organisant le scrutin législatif -celui qui conditionne l'alternance- pourrait-elle être redessinée par un simple Secrétaire d'Etat jusque-là connu comme chargé des élections du parti majoritaire, et sous le dérisoire contrôle d'une commission présidée par une personnalité désignée à sa discrétion par le Président de la République?
Dans quel Parlement moderne un vote malencontreusement défavorable à la majorité sur un texte controversé touchant aux libertés individuelles pourrait-il être considéré comme non valide pour cause de coup fourré de l'opposition, et les députés du parti présidentiel menacés d'une sanction financière pour cause de fuite devant l'obstacle?
Dans quel système politique un Président pourrait annoncer, tout de go, le retour de son pays dans une grande alliance militaire avant que le Parlement ne l'ait autorisé à s'engager là-dessus ? Dans quelles institutions fondées sur l'équilibre des pouvoirs un Chef de l'Etat pourrait-il décider à sa guise de la suppression des juges d'instruction, sans dénier en référer au Garde des Sceaux et sans prendre la peine de consulter le Conseil Supérieur de la Magistrature qui est pourtant placé sous son autorité?
Dans quelle économie développée le plus proche conseiller du «prince» pourrait-il être désigné à la tête d'une banque privée résultant de la fusion de deux établissements et dont il a lui-même fixé le périmètre, la valeur des actifs et l'apport de l'Etat ? Et tout cela sans que la Commission de déontologie, justement compétente pour ce type de confusion d'intérêts, n'ait eu à en connaître.
Dans quelle République ordinaire un Chef de l'Etat désigne-t-il lui-même le président de la radio publique, les responsables de la télévision nationale et peut-être même les présentateurs des journaux, sans avoir à craindre les foudres d'une instance de régulation dont il a fait nommer tous les membres et qui a, depuis belle lurette, déposé les armes au pied de son trône?
Dans quelle curieuse contrée un Président pourrait-il choisir, pour une grande interview télévisée, non seulement les grands médias partenaires, mais également les journalistes eux-mêmes chargés de l'entretien? Et, en plus, inscrire cette pratique dans une tradition!
Dans quel Etat membre de l'Union européenne un dirigeant pourrait-il se rendre au G20, participer au Sommet de l'Otan à Strasbourg et prendre place au Conseil européen sans avoir reçu, au préalable, les représentants de l'opposition pour connaître leurs avis sur la meilleure manière de lutter contre la plus grave crise économique des 60 dernières années?
Dans quel pays de tradition démocratique un homme seul, même investi par le suffrage, pourrait-il détenir autant de pouvoirs : celui d'être à la fois Chef de l'Etat, du gouvernement, du parti majoritaire, et même d'un Conseil général par l'intermédiaire de son propre fils, et revendiquer le privilège de se substituer à ses ministres sur chaque sujet délicat, de se moquer publiquement de ses amis, de complimenter ses favoris, de les disgracier au premier faux pas, de les mettre en concurrence pour des places offertes aux plus serviles, de condamner ensuite cette avidité dont il a fait un jeu?
Ce pays n'est pas la France de l'Ancien Régime, c'est la France d'aujourd'hui, celle de la démocratie à bas régime, comme on disait jadis du «Bas Empire», celle d'un régime à faible teneur démocratique... Celle de Nicolas Sarkozy après deux ans de règne.
François Hollande
Mis à jour le 17/04/2009 à 11h32









































c'est bien entendu dans votre role Monsieur Hollande, que de critiquer Nicolas Sarkozy, de juger que la gauche ferait différemment, mieux ? plus démocratique si elle était en fonction, mais pour cela il aurait fallut gagner les élections
de critiquer les défauts d l'autre est une chose, mais n'aide pas pour autant à démontrer que l'on est soi-même meilleur, ou plus efficace
de critiquer le discours de Dakar, et de remttre au devant de la scène le racisme, de venir s'excuser pour réouvrir une souffrance en feignant de la fermer, ne résoud pas la question du racisme et ne constitue en rien une politique.
et puis Nicolas Sarkozy est une cible facile, puisque sa politique est ostensiblement celle de la défense des intérêts de la droite, pour contrer ce projet il ne peut y avoir que l'idée d'un projet de gauche qui soit valide, et concrêt, et malheureusement ce projet de gauche ne semble se construire que dans l'ombre de Nicolas Sarkozy, ne serait-il pas plus productif d'inventer un monde, une politique qui n'ait pas à souffrir de la logique que souhaite imposer la droite en défendant tout simplement l'affirmation en des principes et des valeurs différentes ?
Une partie de ces dérives ne sont-elles pas expliquées par l'absence totale de propositions crédibles de la part de l'opposition, et notamment du PS ?
Un ex-leader de l'opposition se réveille après avoir dirigé le parti socialiste pendant 11 ans, sans avoir pu proposer quoi que soit ?
Encore une fois Mr Hollande, vous avez la mémoire courte ! Et une fois n'est pas coutume, je vais la faire un peu longue, mais cela vaut le coup, ce n'est pas tous les jours que l'on a la possibilité de rafraichir la mémoire d'une éminence de la République.
- Le temps de parole du chef de l'Etat comptabilisé ? Et puis quoi encore ! Je ne crois pas que celui de Mitterand le fut. Le chef de l'Etat est le représentant de tous les français, il a des comptes à rendre, des infos à nous donner, une ligne à tracer; il se doit de nous expliquer régulièrement les tenants et les aboutissants de sa politique et de sa mise oeuvre. Et si son temps de parole venait à être dépassé, devrions-nous le mettre à l'amende? le réduire au silence le temps de rétablir l'équilibre ? Vous seriez le premier à crier au manque d'information, à souligner la vacance de la parole pésidentielle... Non, le temps de parole du président n'a pas à être comptabilisé, justement, parce qu'il est le président d'une démocratie et qu'il a des comptes à rendre.
- La carte électorale modifiée: Tous les pouvoirs en place l'ont assaisonnée à leur sauce la carte électorale; de De Gaulle à Sarko en passant par VGE, Mitterand, Chirac,Jospin et Vaillant. Ce n'est pas nouveau. Cela fait partie du jeu et visiblement cela n'a pas empéchée la démocratie et la France de vivre depuis 50 ans. Que cela ne vous plaise pas puisque vous n'êtes pas (plus) aux affaires pour un petit moment, soit.
- Que la loi Hadopi repasse, encore heureux ! je n'y suis pas favorable pourtant, mais quelle légitimité accorder à un rejet de projet de loi retoqué par 25 députés de l'opposition et soutenue par 11 de la majorité. Son rejet doit être votée par un quorum représentatif de députés et non par à peine 6% de notre représentation. Et une sanction financière pour les absents de la classe, mais tout à fait d'accord. Nos braves députés, dont vous faites partie, sont grassement rémunérés, qu'ils soient sanctionnés, là où cela fait mal, au portefeuille, losqu'ils ne font pas le boulot pour lequel ils ont été élus, pour lequel, ils sont payés. Oui, sanctions, tout à fait d'accord.
- Retour dans l'Otan ? mémoire courte à nouveau. C'était inscrit dans le programme électoral de Nicolas, il a été élu par 53% des français (qui ont donc implicitement validé ce retour), il applique donc son programme. Si, ce n'est pas de la démocratie et une promesse tenue (pour une fois), dites moi ce que c'est.
- La nomination de Mr Perol ? cela ne me choque pas. L'état français a sauvé de justesse les 2 banques en question. Que le chef de l'Etat, démocratiquement élu, place à la tête du nouvel ensemble, un homme de confiance à la probité exemplaire, en quoi est-ce choquant?
- la radio publique est financée par l'Etat, là encore quoi de choquant à ce que son patron soit nommé par l'Etat? Et en matière de déontologie en ce domaine, souvenez-vous des "ajustements politiques" de De Gaulle et de Mitterand à l'ORTF et à TDF. Mémoire courte... Les journalistes des interviews présidentielles validés par l'interviewé lui-même, cela a toujours été le cas! n'essayez pas de nous faire avaler des couleuvres indigestes Mr Hollande!
- Coup bas l'histoire du fils Sarko! ne fûtes-vous pas à une époque député de Corrèze, patron d'un PS déconfit, président d'un conseil général, mais aussi député des 2 Sèvres et président de région grâce à votre compagnonage avec Ségolène ? Ce cumul de pouvoirs vous manque-t-il ? Nous n'avons pas la mémoire aussi courte, nous !
- Complimenter ses favoris et disgracier ? l'expert en la matière n'était-il pas François Mitterand? Les familles De grossouvre, Beregovoy, Michel Rocard et bien d'autres s'en souviennent, elles !
Non, Mr Hollande, je tiens à vous rassurer, la France est bien une démocratie, imparfaite, certes, mais bien vivante. La preuve, même avec une mémoire défaillante, vous avez le droit de vous exprimer librement !
Pas cordialement,
Dans une institution où la Gauche est plus que majoritaire, l'Education nationale, voyez ce qui se passe :
les enseignants-chercheurs, en grève payée depuis plus de 10 semaines, dont certains ont annoncé qu'ils voulaient que leur grève fasse la jonction avec les mouvements prévus pour le 1er mai, ces enseignants, dont les enfants sont bien à l'abri à l'école Polytechnique, à Normale Sup ou aux Mines, ont abandonné les enfants des ouvriers et employés qui sont en train de perdre leur emploi.
Leurs étudiants ont perdu une année. Beaucoup ne retourneront pas à l'Université, soit par manque de moyens, soit parce qu'ils auront perdu confiance dans l'institution.
Mais de tout ceci vous ne dites mot !
Pourtant c'est aussi cela la France de l'Ancien Régime, la France des privilèges et des avantages acquis sans souci aucun de l'intérêt général.
Cette liste de critique, si elle est parfaitement recevable, est complètement déphasée, déconnectée de la réalité de la situation économique et sociale du pays, et des échéances électorales prochaines.
Nous sommes au beau milieu d'une crise économique considérable, et vous nous parlez de libertés menacées... Il aurait été plus judicieux de pointer l'incohérence de la politique de notre Président qui, il y a 2 ans, a voulu faire emprunter à la France le chemin de l'Angleterre et de l'Espagne (pays gouvernés par des socialistes depuis 10 ans, soit dit en passant), c'est à dire le chemin du libéralisme, dont Mr. Chirac, que vous critiquiez tout autant, nous a protégé.
De plus, vous nous énumérez une liste de critiques de notre Président, ce à 2 mois d'élections européennes au combien importantes. Ne serait-il pas plus judicieux de nous dire en quoi le programme du PS pour l'Europe est différent de celui de Mr. Sarkozy ? Ne serait-il pas plus intelligent d'expliquer aux français comment Mr. Sarkozy est pour la politique ultra libérale de la commission européenne qui nous dépouille de nos services publiques au profit du marché ?
Parce qu'au fond, le portrait que vous nous faites, c'est celui qu'on aurait pu faire de Louis XIV, de Napoléon, de De Gaulle ou de Mittérand, bref le portrait classique d'un gouvernant de la France, qu'il soit Monarche, Empereur ou Président.
Si gagner une élection,
et pas seulement présidentielle,
et sans préjuger de la couleur politique,
ne valait pas trop souvent et dans trop d'esprits
une sorte de droit de propriété sur la chose publique,
il appartiendrait aux heureux élus et relèverait de leur honneur
de prévenir eux-mêmes et par leurs actes l'éclosion
d'une liste (non exhaustive !) de questions
très dérangeantes et très légitimes
comme celles du camarade.
Contester le procureur
ne dispense pas
de répondre
à l'interrogation
qui devrait être celle
de chacun(e) prétendant
à la dignité de citoyen(ne).
N'y a-t-il qu'impunité
à entraver la conduite
des affaires publiques
dans l'intérêt commun
et à en confisquer
les fruits au profit
de quelques-uns ?
Quelle en est
alors la résultante ?
Vers quoi mène
l'accroissement
des tensions ?
Au tremblement
qui a nom...
Je lis souvent vos commentaires avec intérêt, mais là, je vous vois charger tous azimuts sur les enseignants-chercheurs. Je comprends mal cette hargne. On peut certes n'être pas d'accord avec leurs idées, mais d'ici à dire qu'ils sont tous des grévistes payés "dont les enfants sont bien à l'abri à l'école Polytechnique, à Normale Sup ou aux Mines", c'est pousser un peu fort le bouchon.
Comme tout fonctionnaire, les enseignants-chercheurs ont des retenues sur salaire quand ils font grève, mais encore faut-il qu'ils soient comptabilisés comme grévistes et apparemment, c'est là que le bât blesse, par mauvaise volonté, tolérance ou problème d'organisation des présidents d'université.
De même, je ne pense pas qu'ils abandonnent "les enfants des ouvriers et employés qui sont en train de perdre leur emploi." Je crois qu'ils défendent au contraire une idée de l'éducation nationale et publique de plus en plus saccagée et en risque d'être totalement privatisée.
Mais le débat n'est pas là. Je faisais simplement part de mon étonnement et souhaitais réagir sur des propos qui me semblent un peu hâtifs.
Pour en revenir à l'article, M. Hollande, j'aurais bien des reproches à vous faire, mais même si la cible est facile, il n'est pas mauvais de rappeler parfois certaines évidences comme vous le faites.
Non, Chloé, il n'y avait aucune hargne contre les enseignants-chercheurs en général, dans mon commentaire.
Mais les statistiques montrant que les élèves des grandes écoles se recrutent surtout chez les enfants d'enseignants et de cadres supérieurs, ce qui vous a choqué c'est le raccourci que je me suis permis pour dire que, parmi les étudiants des enseignants-chercheurs grévistes, il y a les enfants des employés et des ouvriers qui ont perdu leur travail ou vont le perdre dans un proche avenir.
Vous semblez redouter la privatisation de l'Education nationale. mais quel investisseur privé irait mettre son argent dans une telle pétaudière ?
Et voilà qu'on nous apprend que certaines universités se sont mises à vendre des diplômes !
Il est dans le rôle de l'Etat de vouloir réformer cette Education nationale "de plus en plus saccagée". Cela aurait dû être entrepris depuis longtemps. Souvenez-vous de Claude Allègre !
C'est, paraît-il, la liberté des enseignants de s'y opposer, mais on ne peut pas nous empêcher de constater les dégâts.
Très cordialement.
Votre discours entre parfaitement dans le bruit de fond de la "politique-spectacle" de notre époque... et s'il y avait quelque chose à critiquer au fonctionnement de notre démocratie, ce serait bien ça.
- Vous dénoncez le décompte du temps de parole présidentiel, l'assimilant à celui du candidat politique. Moi, j'aimerais au contraire entendre plus souvent la parole des pouvoirs publics, mais une vraie parole de responsable des affaires publiques, pas celle de politiciens titillant leurs opposants. Les gouvernements n'arrêtent pas de remarquer que "le message est mal passé et qu'ils auraient dû faire preuve d'un peu plus de pédagogie", après une tentative de passage en force (je parle bien sûr des gouvernements volontaires qui osent risquer des politiques impopulaires, pas des "tortues" qui rentrent la tête lorsque ça va trop mal). Mais bon sang, si seulement on avait une émission TV mensuelle sur l'avancée des travaux présidentiels, sur les raisons qui les rendent nécessaires et sur les difficultés rencontrées, suivie par le point de vue de l'opposition sur CHAQUE texte avec le projet qu'elle préconiserait, elle, on aurait réellement la possibilité de voter en notre âme et conscience (même le site web du premier ministre reste flou et généraliste). Au lieu de ça, pouvoir et opposition n'arrêtent pas de nous servir leur soupe à la grimace totalement improductive.
- Et s'il y avait un danger au discours présidentiel unique, c'est justement dans le fait de ne pouvoir se concentrer sur chaque travaux de la République. A vous, donc, de déconstruire sa tentative de tout mêler en un râgout indigeste et illisible, d'une façon plus intelligente que la simple et puérile stigmatisation sur la personnalité de cet homme : planifiez de grandes campagnes de réflexion sur les sujets à venir et organisez vous-même le débat en court-circuitant totalement la parole présidentielle. Ne suivez pas son planning, mais précédez-le dans les médias. Vous le pousserez ainsi à tenir un discours "d'opposition" (par rapport au débat ambiant) au moment où les textes de loi entreront dans l'hémicycle. Mais attention : vos projets devront être cohérents et raisonnables !
- Bref, arrêtez de courir après Sarkozy en l'agonisant d'injures. Prenez le taureau par les cornes et composez votre propre gouvernement alternatif dont chaque "ministre" proposerait à la Nation des lois intelligentes et réfléchies AVANT que le gouvernement tente quoi que ce soit dans ces domaines.
Ah ! Evidemment, il est plus facile d'attendre la faute médiatique de l'adversaire pour lui tirer dans les pattes...
et la mémoire.
À l'aune de la crise actuelle vous devriez relire (ou lire) attentivement le programme du PS - celui issu du Bureau National, pas celui de Ségolène - et surtout relire le discours de François Hollande pour le lancement de la campagne présidentielle de 2007.
L'un et l'autre ont été moqués par la "médi(a)sentsia" qui sévit actuellement, l'un et l'autre sans que leur origine soit citée est devenu l'alpha et l'oméga du commentaire politique actuel.
Où est le programme de l'UMP ? du FN ? du NPA ? du PC ? du MoDem ?...............
M. Hollande vise bien mais il se trompe de cible. Le probleme n'est pas Sarkozy, qui serait bien bete de ne pas profiter des pouvoirs qui sont les siens, mais bel et bien la constitution francaise, totalement desequilibree au benefice du president et au detriment du parlement. Le probleme date de 1958, tout de meme.
Tous les presidents de la 5eme republique ont profite de leur pouvoir. Les ecoutes telephoniques de Mitterrand en sont un bon exemple.
Le temps décompté.
La question qui se pose (c’est valable quelque soit le président), c’est de se savoir si l’intervention télévisée relève de l’information ou de la propagande partisane. C’est différent lorsqu’il s’exprime au nom de la France et quand il s’exprime au nom de son parti politique ou qu’il donne dans un discours de « campagne électorale ». C’est sur cette base que devrait se faire le décompte ou pas, du temps de parole de l’exécutif.
La carte électorale.
Si les règles édictées par le Conseil constitutionnel sur la base de critères démographiques encadrés sont respectées, il n’y a pas lieu de crier au loup. Le redécoupage de la carte électorale est obligatoire tous les deux recensements de la population.
La vraie question serait de savoir pourquoi ce redécoupage n’a pas eu lieu avant par les gouvernements précédents ?
Et pourquoi les députés, toutes tendances confondues, ne se sont pas démenés pour que cette obligation soit appliquée avant ?
D’autre part, il serait bon, lorsque vous (F.Hollande) dénoncez la légitimité de celui qui va pratiquer le redécoupage, vous précisiez qui devrait être légitimement en charge de le faire (et quelles sont les règles exactes ?).
En cas de vote négatif au parlement.
Oui, la question se pose en effet, si un texte est rejeté, il ne devrait pas être possible de le représenter en ne changeant que trois mots sans en changer la forme et le fond.
Quand a la légitimité sur le rejet du projet HADOPI, contrairement à ce que disent certains dans leurs commentaires. Il n’est légalement pas contestable, puisqu’il n’existe pas de règles fixant le minimum de député présents pour l’adoption ou le rejet d’un texte, seul la majorité compte. Si le même résultat avait été obtenu avec trois députés présent cela n’aurait pas été plus contestable légalement.
En revanche ce qui est contestable c’est l’image de la représentation politique quelque soit sa couleur, bénéficiant de privilèges et donnant des leçons au peuple lors d’élections pour qu’il aille voter, qui se fourvoie plus dans des considérations d’intérêts personnels, que dans des considérations d’intérêts publics.
Retour à l’OTAN.
A minima (à défaut de référendum), il me semble que l’assemblée nationale, considéré théoriquement comme le lieu du débat démocratique aurait du être consultée, à moins de considérer cet engagement (cette soumission ?) de la France comme peu important.
Dans ce cas pourquoi réintégrer le commandement de l’alliance (soumis à conditions par N.S), qui va nous coûter financièrement plus chère, et dont le bénéfice de voir la constitution d’une Europe de la défense (c’était LA condition inconditionnelle) réduit à peanuts ?
Contrairement à ce que dit corto74, le fait d’être élu avec 53% de suffrages, n’est pas l’absolution divine, et ne dispense pas d’avoir un débat démocratique au parlement, ni de se passer du parlement !
Ou alors autant le supprimer, c’est là une vision très soviétique du rôle du parlement! (mdr)
Je n’ais pas vu que le retour dans le commandement intégré de l’alliance, était inscrit dans son programme ?(www.sarkozy.fr/download/?lang=fr&mode=programme&filename=monprojet.pdf -)
La suppression des juges d'instruction.
C’est inquiétant ! Pour au moins deux raisons.
C’est un recul de l’indépendance de la justice vis-à-vis des justiciables. Le risque est grand de voir des pressions ou l’intervention directe de l’exécutif dans certains dossiers sensibles.
C’est aussi que cela fait la part belle à l’accusation, au détriment de la défense.
Le président de la république, président de la radio publique
Certains doivent bondir de plaisir : Vive les médias d’état, plusieurs voix pour une seule voie !
C’est une partie de la démocratie qui s’en va !
Oups ! Vous, vous n’y avez encore jamais pensé ? Mais pourtant, nombreux sont ceux (présidents) qui si sont adonner, de manière plus ou moins subtile !
La nomination d’une tête à la tête d'une banque privée
Les connivences, la déontologie, la morale, tout cela n’est que du façadisme politique.
Voilà une attitude des plus paradoxales pour notre viscéral libéral président ! Qu’il nomme/mette en place un de ses proches à la tête d’un organisme public est compréhensible, mais que se soit à la tête d’une entreprise privée devient idéologiquement contradictoire !
Peut être espère t’il obtenir à la fin de son mandat des prêts personnels à des taux défiants toute concurrence … Qui sait ?
G20
Même si le sujet est important, il cela reste du ressort le président, et de son gouvernement ! Il lui n’appartient qu’à lui, de prendre ou non « l’avis » des représentants de l’opposition ou des autres représentations politiques, ce n’est en aucun cas une obligation.
Mr Hollande, ex secrétaire général du PS en déconfiture
Vous y allez un peut fort avec votre bâton de pèlerin, mais en même temps.., dans un autre article de votre copain d’école J.F Copé, lui se passe de la brosse à reluire sur les chaussures… Alors.., les discours d’énarques sont toujours formatés de la même façon…
Je ne comprends pas certaines critiques aigres. Pour une fois que Mr Hollande fait du rentre dedans, je dis Bravo. Le sens de ce texte est pourtant limpide : le PS au pouvoir n'aurait jamais agit de la sorte. Des propositions? Il y en a des tonnes, simplement, personne ne les envisagent, puisque mr Sarkozy tient toutes les manettes encore 3 ans, avec une maîtrise médiatique de plus en plus prenante. On comprends pourquoi il s'entend si bien avec notre cher camarade Berclusconi. Méfiez-vous de trop dénigrer ce PS qui est pourtant la seule issue contre un deuxème mandat de Sarkozy.
Votre argumentaire a été abondamment démonté par les commentateurs et j'approuve parmi d'autres le commentaire de corto74 et celui de Jean Girel. Malgré les critiques (les vôtres aussi) du catalogue récent du PS sur les libertés menacées vous en ajoutez une couche. Quel travail pour démontrer que nous sommes soumis à un véritable dictateur psychopathe avec cette histoire (storytelling) que jour après jour, semaine après semaine on s'efforce de nous raconter. La multiplication des images, des suggestions, des interprétations convergentes, des scènes exploitées. La coïncidence des attaques (ex: les dires supposés de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de journalistes, ceux relatifs aux chefs d'Etat du G20) pourrait faire penser à un complot. Si on ne peut douter que des officines spécialisées travaillent sur le sujet il s'agit plus certainement, d'un pathos partagé. Le raisonnement dans ce type de cas alimente le pathos et ne peut convaincre que les convaincus en aggravant le niveau d'angoisse sous jacent.
Il y a trois analyses que je voulais proposer à la réflexion de François Hollande. Elle sont publiées en commentaire sur son blog :
http://www.francoishollande.fr/2009/04/16/chronique-sur-slatefr-democratie-au-regime/
A suivre
Le commentaire publié sur le blog de François Hollande vient d'y être supprimé. Je le réédite ici.
" Il y a trois analyses que j’aimerais proposer à la réflexion de François Hollande.
La version socio-pathologique
Il semble bien que le diagnostic qui nous est suggéré ne découle pas des arguments qui nous sont livrés ici puisque l’accusation de Nicolas Sarkozy est bien antérieure à sa prise de fonction. Elle date certainement de l’annonce de sa candidature. Le président alors en exercice faisait l’objet d’un bombardement semblable (dont on voit le bilan dans l’esprit des français avec les trois quarts qui lui manifestent leur sympathie). En fait c’est la fonction de Président de la République qui insupporte ceux qui en ont été privés, surtout depuis 2002.
Le psychodrame organisé entre les deux tours (la République en danger par la présence de Le Pen) n’avait pour autre but que de brouiller le message des français à un PS sûr de son bilan. Notamment les classes les plus pauvres ne l’avaient pas particulièrement apprécié. La violence de la remise en question a été terrible, suscitant le dépit de Jospin et le refus de la penser en retour. La hargne contre Chirac n’a cessé alors de se nourrir du refus de l’existence d’une présidence qui est toujours assimilée à la résurgence d’un pouvoir royal ou impérial. Considéré comme tout puissant on en dénonce l’impuissance tout en multipliant les revendications. Nicolas Sarkozy hérite de cette posture. L’échec de Royal, redouté/désiré, a renforcé le pathos qui trouvera toujours, dans n’importe quel président, à exploiter le défaut de ses qualités. Le refus de l’autorité et de son institution symbolique, voilà le problème…
La version idéologique et philosophique.
Vous ne cessez de suggérer que le PS doit faire des propositions constructives et vous ne cessez de produire des catalogues de plaintes à l’égard du pouvoir et de toutes ses figures mises dans le même sac. En fait vous fondez toute votre identité, toute votre proposition d’identification pour les électeurs sur la dénonciation du mal, à tel point que vos propositions ne dépassent jamais la défense contre ce mal désigné, personnifié.
Vous soutenez ainsi l’idée implicite que seul le mal est substanciel et que le bien n’en est que la correction ou même seulement l’état de lutte permanent.
Nul projet, nul désir et horizon désirable, nul progrès de civilisation humaine, rien de ce qui motive et enthousisame les hommes dans leur travail, leurs engagements, leurs amitiés, leurs richesses, leurs potentiels, leurs enfants même. Vous connaissez certainement la thèse de St Augustin qui suggère que seul le bien de l’homme est substanciel, le mal étant ce qui prive ou détourne du bien. Par exemple on ne concevra pas la vie humaine comme une survie mais comme la participation à un devenir humain individuel et collectif. Un moment de mutation avec ses crises qui ouvrent des possibilités nouvelles est particulièrement propice à cela, à choisir cette voie du progrès humain contre la régression défensive, le refus de grandir.
Or vous ne proposez rien de constructif obsédés par votre philosophie du mal et votre idéologie de lutte contre le mal dont l’issue serait un paradis régressif (style civilisation des loisirs ou pire). Rien de bien à proposer, rien que de l’inquiétude à nourrir, rien que de la dénonciation comme posture politique. Il faut que le moral des français soit bien accroché pour ne pas sombrer dans cette violence que vous appelez implicitement comme modèle de l’action.
La version démocratique
Voilà un enjeu de notre temps : réinventer la démocratie à une époque où la conscience de soi des hommes a évolué où la capacité d’initiative est au seuil d’une explosion des possibles grâce à Internet notamment et où le désir de prendre part aux responsabilités communes, aux enjeux et aux projets communautaires monte en puissance. Bien peu dans la classe politique ont mis en chantier cette question, ont essayé de refonder la démocratie pour articuler : l’électif du référent symbolique (le président par exemple), le représentatif des groupes et situations collectives que nos parlements traduisent très mal, le participatif aux affaires locales des acteurs sur leur terrain propre. La question est complexifiée par le problème de l’articulation nécessaire des situations de proximité, des différentes communautés territoriales, de la nation, de l’Europe et des multiples rassemblements jusqu’aux communautés mondiales qu’Internet nous fait vivre.
Quand allez-vous vous mettre au travail? Comme cela vous pourriez critiquer l’existant de façon constructive plutôt que de l’enfermer dans le règne de vos vieux démons. Vous pourriez servir le bien commun des français en aiguillonnant dans ce Sens le pouvoir en place au lieu de nous enfermer tous dans votre régression dépressive.
Op-position et pro-position sont elles compatibles? Oui si la position « pro » précède la critique et non l’inverse comme c’est le cas avec l’identité négative où vous vous positionnez.
Commentaire par Roger Nifle — 19 avril 2009 @ 7:06 "