Le petit dernier est-il mauvais pour la planète?
La poussée malthusienne d'un député vert se trompe de cible.
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Le député des Verts Yves Cochet a déclaré le 4 avril, lors d'un colloque de la revue de la décroissance Entropia qu'un enfant européen avait «un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York» en avion. Pour baisser la facture, assure-t-il, il faudrait faire voter une directive «grève du troisième ventre» qui inverserait l'échelle des prestations familiales.
Somme toute, vous pouvez faire un enfant, éventuellement un deuxième, après c'est trop, vous nuisez à la planète. En 2005 en France, 1,7 million de familles vivaient avec trois enfants ou plus, soit 19% de l’ensemble des familles ayant au moins un enfant. Au-delà du débat sur la décroissance, le système des retraites et du renouvellement des générations et d’une mesure qui toucherait encore plus durement les familles les plus défavorisées, j’ai trouvé un peu vache de faire porter la fin du monde sur les épaules du petit dernier. Après tout, pourquoi ne pas faire au contraire une grève du premier ventre?
Car c'est bien le premier enfant qui coûte le plus cher. Il est le plus gâté, pas que ce soit le préféré, mais enfin il est tout neuf, il faut les outils assortis: un berceau neuf, une poussette neuve, des biberons neufs, des vêtements neufs. Ces grenouillères qui durent deux mois, parce qu'ensuite le petit a déjà pris trois centimètres. Les livres (que d'arbres arrachés!): ceux qui ne comportent que des images, puis quelques lignes, puis de vrais textes.
Quand le premier arrive, c’est logique, on n'a rien, et on est surtout heureux d'acheter, de se regarder être parents en déambulant dans les magasins de jouets, dans les rayons enfants des grands magasins. Que de dépenses, de consommations néfastes pour la planète! Ajoutez à ça les grands-parents — le pire, c’est quand c’est le premier petit-enfant : version no limit.
Tandis que lorsque le troisième enfant paraît, on recycle tout. (Déjà le deuxième, je parle en connaissance de cause, on avait appris à faire de la récupération). Plus tellement de nouveautés - pour peu qu'il soit du même sexe que les deux premiers, le recyclage peut durer un moment: vêtements, chaussures, jusqu'à l'adolescence. On entre enfin dans le monde écolo.
Autre exemple : les photos. Quand un premier enfant arrive dans une famille, les parents s'extasient niaisement sur la beauté du bambin (même gros et moche). Ils le prennent en photos à chaque étape de la vie (voire de la journée: bébé dans le bain, bébé au parc, bébé et sa purée de carotte qui dégouline...). Quand les autres suivent, et à fortiori le troisième, on a compris à quoi ça ressemblait les exploits d'un enfant, on se lasse. Imaginez le nombre de pellicules et batteries d'appareils photos économisées!
«On investit beaucoup sur le premier enfant: on attend beaucoup de lui, explique Jean-Luc Aubert, psychologue spécialiste de l'enfance et de l'adolescence. Cela peut être un avantage ou un inconvénient. Mais quoi qu'il arrive, on fait beaucoup plus attention au développement de sa personnalité; on est plus investi». L'avantage — pour les aînés, et non pour la planète — c'est que dans la réalité, cette attention peut souvent se traduire par une consommation accrue.
D'ailleurs l'INSEE, qui calcule le coût d'un enfant (le coût d'un enfant se calcule en effet: recette) montre bien que le coût des enfants décroît avec l'augmentation de la progéniture. Un enfant coûtait alors 36.861 euros à ses parents, quand le second ne coûtait plus que 3.084 euros par an et le troisième seulement 1.689 euros.
Non seulement le troisième enfant est donc le plus économique, mais c'est aussi l'individu le mieux préparé à être «utile» pour la société. «Le troisième enfant a un avantage sur le plan scolaire et culturel par rapport à ses aînés, poursuit Jean-Luc Aubert. Le fait de voir les autres faire leurs devoirs, s'éduquer, fait que le troisième enfant baigne déjà dans un bain de scolarité. Quand il arrive à l'école, tout n'est pas abstrait: certaines choses deviennent plus faciles sur le plan scolaire. Il y a un effet tracteur, qui rend les choses plus aisées. Les enfants doués sont d'ailleurs souvent les troisièmes.»
Le benjamin, c'est aussi celui qui permet de souder la famille, explique Didier Breton, chercheur associé à l'INED (Institut National d'Etudes Démographiques). «Il y a d'avantage de ruptures dans les couples sans enfants, souligne-t-il. Plus un couple a d'enfants, plus la probabilité qu'il se sépare, qu'il divorce, est faible.» Souvent, d'autres couples se reforment. «Une jeune femme qui avait déjà deux enfants et se remet en couple avec un autre homme a de fortes chances de refaire un enfant, le couple veut reconstruire une famille ensemble». En revanche, si le couple ne se reforme pas, les conséquences économiques sont assez mauvaises. «Quand vous vivez sous le même toit, explique Christian de Boissieu, président du Conseil d'Analyse économique, 1+1 revient à moins de 2. Prenez le loyer par exemple. Une fois qu'un couple divorce, la somme des deux loyers qu'ils paient séparément est supérieure à ce qu'ils payaient lorsqu'ils étaient ensemble. C'est aussi valable pour ce qui est de la voiture, ou des produits alimentaires. Quand on met en commun des dépenses, on fait des économies: le coût par tête diminue. Sans compter les dépenses du divorce lui-même, qui implique de payer des avocats, parfois une longue procédure...» Le troisième enfant, en rendant le divorce le plus improbable, c'est donc aussi celui qui sauve de ces coûts...
Finalement Yves Cochet, avec sa grève du troisième ventre, ne voudrait rien de moins que faire perdre à la France ses bébés les plus écologiques, les plus économiques, les plus doués. Qui sait, l’homme ou la femme qui sauvera la planète sera peut-être un troisième…
Charlotte Pudlowski
crédit: Reuters, bébés dans des bassines pour les détendre, près de Harlem, Mars 2009.
Mis à jour le 19/04/2009 à 0h25







































Cette réponse ne me semble pas plus réfléchie que la question de base. Pourquoi donc aller si loin ?
- Au niveau mondial, certes, il faudrait limiter les naissances (on prévoie un maximum de 9 Milliards avant 2050 contre près de 7 Milliards, aujourd'hui). Mais pas par des lois contraignantes, comme en Chine jusqu'il y a peu, plutôt par une augmentation du niveau de vie global, comme la Chine d'aujourd'hui. Ce sont les pensions de retraite assurées qui limiteraient naturellement les naissances et non l'interdiction d'avoir plus de un ou deux enfants. Retraites dégressives selon le nombre d'enfants, par exemple (ce n'est qu'une supputation, j'oublie peut-être des éléments)...
- Au niveau français, par contre, voire européen, la pire des choses est un changement notable dans le ratio du peuplement : le renouvellement devrait être le plus régulier possible : pas de Baby Boom qui implique un Papy Boom et donc des retraites et dépenses de santé alourdies pour une génération entière ! Et pas de Baby Down non plus (comme en Allemagne) qui entraîne une basse de la masse laborieuse et donc des revenus d'une pays (sauf si immigration facilitée... avec d'autres problèmes).
Le "bébé écologique" est donc peut-être le bébé français (Cocoricooo !) qui assure un renouvellement parfaitement égal de la population (2 enfants par femme).
Cette théorie est choquante et profondément dangereuse.
En suivant un tel raisonnement, pourquoi ne pas directement massacrer des gens ou bien tuer les malades en phase terminal puisqu'ils constituent un gâchis CO2!
Par ailleurs, l'ensemble des sociologues annoncent une chute alarmante de la démographie en l'Europe. Autrement dit, il faut, au contraire, davantage d'enfants et maintenir notre politique familiale!
Il y a là l'illustration d'un mouvement écologique qui se radicalise. On s'approche des aspects de l'idéologie d'un régime autoritaire. J'espère qu'il ne s'agissait que de paroles en l'air. Dans le cas contraire, les partisans d'une telle mesure remettraient en cause les libertés fondamentales, fondement de notre société.
La "théorie" d'Yves Cochet est profondément anti-humaniste. En disant que le coût d'une troisième enfant correspond à 620 trajets Paris-New York (pas un de moins, pas un de plus), il drape son malthusianisme autoritaire d'un semblant d'approche scientifique fondée sur une tentative de calcul de l'emprunte écologique des individus. Yves Cochet s'est-il rendu compte que l'emprunte écologique d'un député est beaucoup plus importante que celle d'un simple citoyen électeur ? Diable, mais il faudrait supprimer de ce fait le parlement et tous ces allés et retour entre la capitale et la circonscription électorale...
L'humour de l'auteur est savoureux!
J'attends donc avec impatience vos prochains articles.
Cet article démontre avec brio et humour que le coût marginal de l'éducation d'un enfant diminue avec l'augmentation du nombre d'enfants : ceux qui ont déjà vu des familles nombreuses le savent pertinemment... La question ne se pose donc pas au niveau de l'enfance de l'individu.
Je suis surpris que ni Yves Cochet ni Charlotte Pudlowski n'évoquent l'emprunte écologique au niveau de la vie entière de l'individu. Car l'enfance (au sens large) ne représente finalement qu'un quart de la durée de vie, et pas forcément celui où l'individu consomme le plus...
Si je comprends bien, le troisième enfant est plus économique, plus écologique, mieux éduqué, plus équilibré et mieux armé pour affronter la vie que ses frères et sœurs ainés... (ce qui tombe bien pour moi, je suis le troisième - et dernier - de ma fratrie!)
Il existe donc une solution simple à ce problème crucial pour l'humanité, cet enjeu majeur pour l'avenir de l'Homme européen soulevé par Yves Cochet : il suffit de commencer directement par faire le troisième! Et dire que personne n'y avait encore pensé...
Cela dit, je trouve que ce (faux) débat est tout à fait artificiel (qui d'autre que M. Cochet y a réfléchi sérieusement?) et représente en même temps une négation parfaite et complète de la liberté individuelle : a-t-on déjà oublié que "je fais ce que veux, quand je veux, avec qui je veux de mon corps"? Ça ressemble à un conservatisme des années 60-70 inversé...
Puisque le coût de renvient d’un bébé diminue en augmentant le nombre produit au sein d’une même famille…Il faut donc passer à la production en chaîne !
A raison d’un bébé tous les ans sur une période de vingt ans, une seule famille est capable de produire vingt bébés. Mais si l’on passe à une production d’un bébé tous les neuf mois on augmente la production de 33%, soit vingt six bébés (je n'ai pas compté les 0,66 restants).
Moins de familles, mais plus de production !
Voila une solution qui permettrait surement à Yves Cochet de sauver la planète par l’optimisation du coût écologique de la production de bébés !
Déjà dit, par Jonathan Porrit, et déjà dénoncé...par moi ! (sur mon blog, voir billet du 1er février sur http://alterego.20minutes-blogs.fr/archive/2009/02/01/l-idee-pas-drole-pour-lutter-contre-le-rechauffement-climati.html ).
Bien entendu à l'époque je n'avais pas créé de "buzz" ; il faut croire que cela le méritait.
PS : Cochet aurait-il lu Porrit ?
Comme je l'ai évoqué plusieurs fois la logique antihumaniste "théorique et pratique" est ce qui anime le mouvement dirigé par des ONG mondiales et de multiples groupes d'intérêts et relayé aussi par des millions de supporters inconscients.
Ce que dit sans complexe Porrit cité par AlterEgo sur son blog vaut le détour :
"infléchir la courbe de la population au travers de la contraception et de l'avortement doit être au coeur des politiques pour combattre le réchauffement climatique"
Il faut comprendre que ce n'est pas nouveau, que c'est la logique de fond qui fait aussi expulser les pygmées de leur habitat sous prétexte de protection de la biodiversité.
Il y a un puissant courant qui nie toute spécificité de l'homme sinon de nuire à la Nature. Ce courant fait de l'homme un produit de nature contre nature. L'accusation de l'homme est le chemin de son déni. Savez-vous que des courants comme le transhumanisme nous dessinent un avenir sans hommes au-delà de l'humain qui ressemble fort à ces systèmes d'autant plus intelligents que l'homme en est exclu, du moins son humanité. Il y a péril en la demeure et les déclarations tranquilles de Yves Cochet ne sont que l'expression de la certitude d'avoir bientôt gagné la bataille contre l'homme. Schizophènes dites-vous? Oui, ceux qui les suivent étant eux-mêmes le sujet qu'ils dénient.
Pendant ce temps Greenpeace, ce club d'innocents naïfs, demande que le président d'EDF soit déplacé.