De l'envie de vertu en politique
Le choc DSK sera-t-il aussi un électrochoc? Nous fera-t-il prendre conscience qu’il faut aussi choisir nos élus sur des critères de vertu, sans sombrer dans le puritanisme et sans renier notre tradition de respect de la vie privée des personnages publics?
- Minerve chassant les Vices du jardin des Vertus / Andrea Mantegna via Wikimédia Commons -
Georges Tron, Dominique Strauss-Kahn: ces deux affaires sonneront-elles le glas de cette arrogance qui semble aller avec le pouvoir en France?
Rien n’est moins sûr: le constat avait déjà été fait à maintes reprises. Néanmoins, il y a eu quelques progrès. On ne voit plus, comme dans les années 1980, les largesses insensées que s’octroyait, pour lui-même, le maire socialiste d’Angoulême Jean-Michel Boucheron…
Il est plus compliqué de nos jours de se livrer à la distribution de prébendes, emplois bidons et vrais appartements de luxe à prix sociaux comme le pratiquait Jacques Chirac pour ses amis et les enfants de ses amis. Justement Georges Tron était de ceux-là, logé pendant des années à loyer modéré par la ville de Paris.
Tout comme il serait impossible d’octroyer en douce un appartement de la République pour la deuxième famille du Président de la République.
Condamnés, réélus
Mais si une certaine rigueur et une relative transparence sont apparues ces dernières années, les électeurs français restent quand même d’une magnanimité singulière. Jean-Michel Boucheron a fait deux mandats, Jacques Chirac est devenu président.
Le plus spectaculaire de tous est sûrement Patrick Balkany, condamné notamment pour avoir fait travailler le personnel de sa mairie à son service… Revenu de Saint-Martin, le paradis des truands, il a reconquis Levallois grâce à ses électeurs enthousiastes et amnésiques. Nicolas Sarkozy n’a quand même pas osé nommer son meilleur copain ministre mais il le trimbale souvent avec lui dans ses voyages, notamment en Afrique.
Rapprocher ces affaires avec celles qui entachent Dominique Strauss-Kahn et Georges Tron peut paraître osé. Le lien se trouve dans le «tout est permis», dans ce sentiment de puissance et d’impunité, dans cette idée selon laquelle, une fois élu ou nommé, on est chez soi.
L’étonnement de Michèle Alliot-Marie devant le fait que l’on puisse lui reprocher ses vacances tunisiennes payées par un cacique du pouvoir, le «circulez, il n’y a rien à voir» opposé à la révélation selon laquelle Gérard Longuet aussi, en 2006, s’est fait offrir un séjour par le clan Ben Ali, montre que nous avons un rapport assez ambigu avec la vertu républicaine…
Nous sommes tous un peu comme Molière qui faisait dire à Mercure «J’aime mieux un vice commode / Qu’une fatigante vertu»… Il y a un sentiment contradictoire, un mélange d’exaspération et de bienveillance envers les malins, ceux qui se débrouillent, les futés.
Dès que certains réclament un peu de transparence, un peu de... vertu (osons le mot sans nous prendre pour Aristote), on y oppose le risque de la dictature de la transparence ou du puritanisme anglo-saxon.
Et si...
Pourtant la vertu en politique est un thème de campagne souvent utilisé. En 2002, Lionel Jospin promettait de «présider autrement». Un slogan dans la bouche d’un homme réputé pour son intégrité et sa rigueur toute protestante. Jospin n’a pas passé le deuxième tour et Nicolas Sarkozy doit certainement plus son élection au «travailler plus pour gagner plus» qu’à sa promesse de «République irréprochable».
Alors est-ce que le choc DSK sera aussi un électrochoc? Nous fera-t-il prendre conscience qu’il faut aussi choisir nos élus sur des critères de vertu, sans sombrer dans le puritanisme et sans renier notre tradition de respect de la vie privée des personnages publics?
Ça serait pas mal, simplement pour que le haut du panier politique soit un peu plus à l’image de la multitude d’élus français qui sillonnent leur commune, leur canton, pour administrer en dehors des caméras leur territoire sans compter leurs heures.
Thomas Legrand
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Mis à jour le 02/06/2011 à 9h53
















































Dans leur immense majorité, ils sont parfaits, entièrement dévoués....
Seuls quelques moutons noirs viennent ternir le tableau, alors pas d'amalgames, ne faisons pas le jeu du ...
Si seulement, 7 500 000 chômeurs, précaires et smicards n'assistaient pas à ce spectacle obscène...
Arrogance ? Jusqu'à ce que leur ficelle casse.
Pire qu'ahuris, ils sont inconscients, irresponsables....
Seigneur, pardonnez leur, Ils ne savent pas ce qu'ils font...
Dan92
Heureusement, il nous reste encore un an avant les présidentielles, alors pourquoi ne pas s'occuper un peu l'esprit en attendant... Mais dans mon cas, et j'espère que ce sera pareil pour une majorité de français, le moment venu, mon bulletin de vote ira non pas pour un "premier prix de vertu" mais pour un(e) candidat(e) qui nous apporte un réel changement et des solutions dans notre société et notre vie quotidienne !
Depuis quelque temps, je contiens l’envie de faire une simple requête sur « l’affaire DSK ».
Mais deux remarques liminaires sont nécessaires.
La première est que personne aujourd’hui ne sait exactement ce qui s’est passé dans la chambre 2806, à part les protagonistes bien entendu. Je m’abstiens donc définitivement de commentaires sur le fond ne lisant que conjectures et fantasmes divers dans les réactions publiées. Il est, pour le moment, un accusé présumé innocent, l’accusation devant faire la preuve de sa culpabilité.
La seconde est que votre éditorial n’est sans doute pas le plus flagrant sur le sujet, précisant même le caractère « osé » des liens, mais il faut bien que cela tombe sur quelqu’un, vous voudrez bien m’en excuser.
J’en viens donc à cette requête.
Je veux bien entendre qu’à l’occasion de cette procédure américaine on parle du sexisme existant dans la société Française, que l’on revienne sur les incivilités, le copinage et les arrangements financiers dégradant l’image de la politique et du pouvoir en général,
Je veux bien entendre que, suite à cette procédure, on imagine qu’un retour à une certaine « vertu » soit prescrit tout en proscrivant ces sentiments d’impunité menant immanquablement au « vice » pris dans un sens particulièrement généralisé.
Mais, il ne s’agit pas ici des affres d’une vie dissolue, d’une morale défaillante ou d’un quelconque dérapage, n’en déplaise à quelque journaliste trouvant qu’on en fait trop sur la teneur de leurs qualificatifs « malheureux ».
Je voudrais quand même rappeler que les faits dont est accusé Monsieur Dominique Strauss Khan sont constitutifs d’un CRIME.
Alors, je dois avouer que je commence à avoir beaucoup de mal à entendre les amalgames sous-entendus et les « intellectualisations sociétales » en tout genre dont nous sommes abreuvés depuis le début de cette procédure.
Ma requête est simple : pourrions-nous comparer ce qui est comparable ou est-ce trop demander ?
Bien cordialement.