Affaire DSK: le mystère de la suite 2806
Que s'est-il passé pour Dominique Strauss-Kahn à New York, samedi 14 mai, entre midi et 16h45? Etat des lieux des éléments disponibles du côté des autorités, de la défense et de la presse.
- La façade du Sofitel de Times Square. REUTERS/Allison Joyce. -
Que s’est-il passé pour Dominique Strauss-Kahn à New York, samedi 14 mai, entre midi et 16h45 (18 heures et 22h45 heure française)? Tentative de récit de ces cinq heures qui ont changé la face du FMI et de la présidentielle 2012, à partir du récit officiel des autorités, du criminal court complaint (l’acte d’accusation) du tribunal new-yorkais, publié [PDF] par ABC News, des témoignages recueillis par plusieurs médias et des éléments présentés par la défense, notamment lors de l’audience du 16 mai.
Samedi 14 mai, midi: l’agression présumée
Dominique Strauss-Kahn occupait la suite 2806 de l'hôtel Sofitel situé au 45, West 44th Street à New York, près de Times Square. Une suite composée d’une entrée, d’une salle de réunion, d’une chambre à coucher, d’une salle de bains et d’un salon. Son prix normal est de 3.000 dollars (2.116 euros) la nuit mais DSK l’a payée 525 dollars selon le FMI, et a réglé la somme lui-même (deux informations qu'un blogueur financier de l'agence Reuters, Felix Salmon, avait anticipées). Il occupait les lieux depuis le 13 mai pour un déplacement privé avant de partir pour Paris puis Berlin, où il devait rencontrer le 15 mai la chancelière allemande Angela Merkel, avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro le 16 mai à Bruxelles et le Forum économique de Bruxelles le 18 mai.
Selon la police new-yorkaise, dont le récit est relayé par le New York Times, samedi 14 mai, en début d’après-midi, une femme de chambre serait entrée dans la suite en criant «Housekeeping» («C’est pour le ménage»): n’entendant pas de bruit, elle serait allée vers la chambre, croyant que la suite était inoccupée, en laissant la porte ouverte, «comme le veut la politique de l’hôtel». Une fois dans la chambre, elle aurait vu Dominique Strauss-Kahn sortir nu de la salle de bains. Elle se serait excusée et aurait voulu sortir de la pièce, mais ce dernier l’aurait pourchassée, aurait verrouillé la porte puis l’aurait poussée dans la chambre avant de tenter d’abuser d’elle. Il l’aurait ensuite entrainée dans la salle de bains et l’aurait agressée sexuellement une seconde fois.
L'ordonnance du tribunal liste six chefs d'accusation, dont «rapport oral et anal contraint» et tentative de pénétration vaginale (cette dernière imputation constituant la définition pénale du viol aux Etats-Unis).
Employée depuis trois ans, la victime, une mère de famille du Bronx âgée de 32 ans (selon le Wall Street Journal, elle serait originaire de Guinée), aurait finalement réussi à s’échapper et aurait relaté les faits au personnel de l’hôtel. Toujours selon les autorités, les employés lui ont montré une photo de Dominique Strauss-Kahn, qu’elle a identifié, puis ont appelé le 911, les urgences policières. La jeune femme a alors été emmenée aux urgences du Roosevelt Hospital, où elle a été examinée pour des «blessures légères». Les employés, eux, auraient trouvé la chambre vide.
12h30: le départ de l’hôtel
Dans un premier temps, les autorités new-yorkaises et les médias affirmaient que ces événements avaient eu lieu vers 13 heures (c'était le cas de l'article qui a révélé l'affaire, publié par le New York Post le 15 mai à 0h33, heure française) et que la police était arrivée vers 13h30, mais le texte final de la plainte fait état de «vers midi», heure également avancée le 16 mai par plusieurs médias à partir d’éléments fournis par le NYPD: «Nous avions dit initialement que c'était aux alentours de 13 heures, en fait c'était plus proche de midi», a ainsi expliqué Paul Browne, son porte-parole.
La radio RMC a elle affirmé lundi que le directeur général du FMI aurait quitté l’hôtel à midi et serait allé déjeuner en ville avec sa fille Camille. Lors de l’audition, l’un de ses avocats, Me Brafman, a lui affirmé que DSK était parti parce qu’il «avait rendez-vous pour déjeuner» et que «la personne avec qui il a déjeuné en témoignera». Citant des sources policières, le Wall Street Journal affirme lui que DSK aurait quitté l’hôtel à 12h28, horaire confirmé à l'AFP par une source au sein du groupe français Accor, propriétaire du Sofitel, qui affirme que DSK a quitté l'hôtel entre 12h28 et 12h38.
Des témoignages contradictoires ont circulé sur le départ de Dominique Strauss-Kahn de l’hôtel. Le New York Times a ainsi cité celui de Mortem Meier, un directeur des ventes norvégien, qui affirme avoir voyagé plus tard dans la journée dans le taxi emprunté par DSK: le chauffeur lui aurait confié que le Français était «très très pressé», «voulait partir aussi vite que possible» et «paraissait bouleversé et stressé». Un Français témoignant auprès du site de 20 minutes l’a lui vu partir «très calmement»: il aurait «pris le temps de passer par l'accueil, serait revenu sur ses pas (ayant oublié quelque chose) et aurait discuté avec des clients avant de quitter les lieux calmement». Le Monde évoque lui une conversation téléphonique entre Anne Sinclair et son mari sur le chemin de l’aéroport, qui lui aurait fait part, sans plus de précisions, d’un «problème grave».
15h40-16h40: du coup de fil de l’aéroport à l'arrestation
Selon les autorités, DSK aurait appelé l’hôtel à 15h40 pour dire qu’il ne retrouvait plus un de ses téléphones portables. Les policiers auraient alors demandé à des employés de l’hôtel de lui dire qu’ils l’avaient et de lui demander où ils pouvaient le lui rapporter. Deux versions ont circulé sur cette histoire de téléphone portable: dans un premier temps, il a été dit que Dominique Strauss-Kahn en avait effectivement oublié un dans sa suite, mais le New York Daily News affirmait lui lundi, en citant des sources policières, qu’il l’avait seulement mal rangé et s’était trompé en croyant l’avoir oublié. Quelle que soit la version, lors de ce coup de fil, le dirigeant aurait en tout cas répondu qu’il était à l’aéroport JFK, sur le point de prendre le vol 23 d’Air France, dont l’arrivée était prévue à 6 heures dimanche à Paris.
Le quotidien britannique The Telegraph a affirmé que DSK, en tant que directeur général du FMI, «disposait d’un contrat spécial avec Air France lui permettant d’obtenir une place en première classe [ce 14 mai, il voyageait en réalité en classe affaires, ndlr] à la dernière minute», information qu’une porte-parole de la compagnie a refusé de commenter. Air France n'a pas davantage voulu répondre aux interrogations de La Tribune, qui a confirmé que DSK disposait bien d’une place réservée sur ce vol en classe affaires, sans savoir s’il «avait une réservation sur ce vol précis en bonne et due forme ou s'il avait procédé à un achat en toute dernière minute pour fuir les Etats-Unis». Me Brafman a lui assuré que le vol était réservé depuis longtemps: «Ce n'est pas quelqu'un qui s'apprêtait à monter dans un avion afin de fuir la scène d'un crime.»
C’est en tout cas dans cet Airbus A330 que Dominique Strauss-Kahn a été interpellé vers 16h45 par deux officiers de la Port Authority of New York and New Jersey, l’autorité responsable des transports de la région. Il aurait déclaré: «De quoi s'agit-il?»
Jean-Marie Pottier
Article actualisé le 18 mai à 10h30, avec la précision suivante: contrairement à ce qu'écrit le Telegraph, Dominique Strauss-Kahn voyageait bien en classe affaires et non en première classe.
Mis à jour le 18/05/2011 à 10h30




















































Suicide politique ou non, le PS doit reprendre ses esprits.
C'est à ce prix l'Union ?
Dan92
Je fréquente les hôtels Formule 1 et j'en apprécie le rapport qualité/prix . Mais il arrive que malgré le petit panneau "ne pas déranger", une femme de chambre entre sans frapper !
Je suis surpris que personne n'évoque cette possibilité
Romain
Pourquoi peut-on imaginer D.S.K fuir avec Air-France ?? N'avait-il pas r.d.v. avec Mme. Merkel le lendemain et à Bruxelles le surlendemain ??
Alors... La fuite, pure invention.
Action: On attend que DSK s'en aille. Comme il est très occupé c'est presque sur qu'il ne reviendra pas en arrière. On prend le temps qu'il faut et on piège la femme de chambre qui ne sait absolument pas se qui va lui arriver. Le scénario se déroule très bien; l'acteur est bon. Même qu'un téléphone portable a été soustrait habilement à DSK. On laisse le portable trainer dans la suite 2806 et le tour est joué. Il y a peut-être une vidéo qui va bientôt circuler sur la toile on devrait demander à tweeter s'il ne l'on pas déjà dans leur bibliothèque.
Arrestation: Il ne reste plus qu'à prévenir la police qui doit faire son boulot avant le départ de l'avion d'air france. Ce qu'ils ont fait.
En conclusion: c'est un très bon film. N'est-ce pas?
C'est pas un complot, c'est le destin.
==> DSK a oublié son portable dans la chambre en partant précipitamment. On découvre qu'il n'avait pas oublié de portable mais l'avait simplement mal rangé.
==>On découvre, vidéo à l'appui que son départ de l'hôtel n'était pas du tout précipité. Il prend son, revient en arrière, bavarde...
==> On découvre qu'il ne s'est pas enfui vers l'aéroport mais qu'il a déjeuné au restaurant avec sa fille.
==> On découvre qu'il n'a pas pris le premier avion en partance pour la France afin de s'enfuir mais que sa place d'avion était déjà bel et bien réservée.
Pendant 48h, un homme public internationalement connu, arrêté pour voie de fait grave, a donc été médiatiquement sali, traîné dans la boue grâce à toutes ces approximations. que l'éthique aurait voulu un minimum de discrétion et de vérification de tous ces faits avant de les répandre dans les médias. A l'avenir, les USA devraient vraiment mieux soigner leurs communications. Ce désordre puis lynchage médiatique va finir par ressembler à la fameuse com approximative de... ... Bush contre ses ennemis.
Malgré le délicat précédent de l'affaire Polanski, le rejet de la caution (de 1 million de dollars) par la juge a très certainement été influencé par cette succession de "contre-vérités" massivement médiatisées. Les droits de la défense ont clairement été altérés par cette communication "hors normes". Même si DSK a eu tort, a fauté, la justice américaine n'en sort pas grandie.
Sans le moins du monde me prononcer sur ce qu'on lui reproche officiellement, je dis qu'au minimum mr DSK est responsable et coupable, se sachant vulnérable aussi bien aux éléments extérieurs qu'à ses propre penchants et pulsions, d'avoir pris la décision et le risque de loger SEUL: un homme de son importance DOIT avoir des gardes du corps, une secrétaire, des assistants dormant dans le salon de sa suite : c'est aussi pour pouvoir s'assurer ces éléments indispensables qu'il est aussi bien payé !
Si ses accompagnateurs se sont mis en grève ou lui ont fait faux bond, qu'on nous le dise !
Je n'arrivais pas à me construire mentalement un scénario jusqu'à ce que j'entende ce lundi soir cette affirmation de Mr Gérard de Villiers, auteur de la série des romans "S.A.S.", sur FR3 ("Ce Soir ou Jamais") : en fait, ce n'était pas leur première rencontre ! Jusqu'à un certain point (restant à préciser) "ils se connaissaient"!
Les gens d'"un certain âge" se souviendront qu'autrefois, sauf emploi d'une arme, on admettait le principe q'"un homme seul ne peut violer une femme" ! Mais la "jurisprudence" a beaucoup évolué !
On voit dans les films, notamment américains, des années 1950, des acteurs tels que le cow-boy John Wayne se conduire avec les femmes d'une façon qui les mèneraient très probablement aujourd'hui, menottes au poignets, devant un juge...
Comme le dit très bien Eric Zemmour dans le "Premier Sexe", les temps ont changé...
Il y a cette vieille plaisanterie selon laquelle lorsqu'une femme dit "non", cela veut dire "peut-être", "peut-être" veut dire oui, et qu'"une vraie femme ne dit jamais oui". L'histoire continuait en disant qu'un vrai diplomate était tout l'inverse, puisqu'il ne disait jamais vraiment "non"...
Ce commentaire risque d'entrainer de violentes protestations, mais demandez aux gens d'un certain âge dans votre entourage : il y a quelques décennies, c'étaient une évidence qui faisait sourire...
Ceci dit, Mr DSK est justement un "diplomate", très au courant de l'évolution de notre société et encore plus de la société américaine, et il y a bien là, une "faute inexcusable" !