Pour une candidature socialiste au cœur de la gauche
Si Martine Aubry n'y va pas, qui de plus légitime qu'un représentant de la Gauche socialiste pour porter les espoirs de toute la gauche à la présidentielle? Par Johann Cesa, membre du bureau national du MJS, et Julien Guérin co-fondateur de l'Offensive Socialiste.
- Benoît Hamon, en 2008. Il est l'un des représentants de la gauche du PS, avec notamment Henri Emmanuelli ou Marie-Noëlle Lienneman. REUTERS/Charles Platiau -
«La majorité politique des Français démocratiquement exprimée vient de s’identifier à sa majorité sociale.» Ainsi parlait François Mitterrand le 21 mai 1981.
Trente plus tard, cette phrase reste plus actuelle que jamais. Les salariés représentent près de 92% de la population active dans notre pays et la moitié d’entre eux gagne moins de 1.500 euros par mois. Voilà la base sociale naturelle de la gauche!
Nous devons marteler cette idée: la France est de gauche! La droite ne parvient à l’emporter qu’en instrumentalisant des discours pseudos-sociaux, en trompant des milliers de salariés sur le thème «travailler plus pour gagner plus» ou en détournant la colère populaire vers l’abstention et le vote FN.
Depuis 2002, et plus encore depuis 2007, la droite a poursuivi un objectif central: spolier le salariat pour servir les intérêts du CAC 40 et de la bande du Fouquet’s. Démantèlement des 35 heures et de la Sécu, fin de la retraite à 60 ans, stagnation salariale et hausse du chômage, cadeaux fiscaux aux riches et aux banques, stigmatisation des immigrés, destruction du code du travail, de l’école et de la santé publiques, atteinte répétée à la laïcité, fuite en avant vers une Europe du capital... Faire payer la crise du capitalisme au monde du travail et à la jeunesse a été leur but constant.
DSK et Hollande, candidats de la dette
Face à cette politique de classe, le mouvement social n’est pas resté inerte ces dernières années. De nombreuses entreprises ont connu des grèves victorieuses sur les salaires. La lutte héroïque des travailleurs des DOM-TOM en 2009, ainsi que la résistance acharnée contre les licenciements boursiers et les suppressions de postes dans la fonction publique ont montré l’étendue de la colère sociale qui existe contre cette politique. La poussée vers la grève générale en octobre 2010 lors du conflit sur les retraites a même été à deux doigts de tout emporter sur son passage. En difficulté dans la rue, la droite l’a aussi été dans les urnes où elle a été balayée lors des municipales de 2008, des régionales de 2010 et des récentes cantonales.
Malgré cette force accumulée, la gauche peine à offrir un cap à tous ceux qui veulent en finir au plus vite avec le sarkozysme. Une évidence s’impose: une course de vitesse est engagée entre le camp progressiste et le FN. Surfant sur la désespérance sociale et le manque d’un débouché politique de gauche à la hauteur de l’enjeu, l’extrême-droite joue son va-tout en retrouvant sa fonction première: retourner la dynamique sociale en faveur des possédants.
Dans ce climat de bipolarisation extrême, c'est le parti majoritaire de notre camp social, le PS, qui est en première ligne. Ou bien il sera le ferment de l'unité supérieure d'une gauche offensive ayant tiré les leçons du 21 avril 2002 et faisant front face aux délinquants de la finance de marché. Ou bien il se résignera à faire accepter aux salariés de ce pays –faute de mieux!– la politique des banquiers et des actionnaires. A ce titre, la désignation du candidat socialiste pour 2012 intéresse au plus haut point la totalité des forces de gauche.
DSK et Hollande sont par excellence les candidats de la dette. Ils ne débutent pas l'une des nombreuses interviews que leur octroie complaisamment la presse aux ordres sans rappeler que les marges de manœuvre seront étroites pour un gouvernement de gauche en raison du déficit, forcément «abyssal», des caisses publiques. Ils ne veulent pas voir que c'est précisément parce que Sarkozy les a siphonnées au profit du privé qu'elles sont désespérément vides! Ils n'ont même pas commencé à faire qu'ils expliquent déjà doctement... qu'ils ne pourront rien faire!
Puisqu'ils refusent de s'attaquer au capital pour doper les recettes, puisqu'ils refusent d'affronter les spéculateurs et autres détenteurs de «notre» dette souveraine, ces candidats se condamnent par avance à annoncer la baisse des dépenses publiques et des budgets sociaux. Autant le dire tout net, leur coupable aveuglement idéologique les contraint à prôner une austérité de «gauche» que l'on a bien du mal à distinguer de celle de Fillon-Lagarde...
Face aux candidats de la dette qui expriment à merveille la pression des spéculateurs et des agences de notation sur notre camp, où peuvent bien se cacher les partisans de la relance et du progrès social?
Aubry, candidate naturelle mais aux silences assourdissants
Il y aurait bien Montebourg qui se positionne à gauche, mais son orientation par trop institutionnelle l'empêche par avance de toucher de larges franges du salariat. Il ne reste donc que Martine Aubry qui, malgré ses hésitations, s'est prononcée pour le programme que formulent à tâtons les travailleurs dans leurs mobilisations: augmentation de salaires, retour à la retraite à 60 ans, baisse du temps de travail et réengagement de l'État dans les services publics.
Martine Aubry avait lancé l'idée d'une «maison commune de la gauche» dès son investiture à la tête du PS. En trois ans, elle a remis le Parti à l'endroit. Elle est, sans conteste, la candidate naturelle du Parti socialiste. Sauf qu'elle tarde à se déclarer et déroule alors le tapis rouge –ou rose– pâle à DSK. Ses silences sont assourdissants, ceux de la gauche du PS étourdissants.
La gauche socialiste, la vraie alternative
Comment le seul courant encore structuré du PS, représentant près d'un quart des militants socialistes, peut-il rester à ce point muet? La gauche du PS a toute sa légitimité dans ce débat. Elle dirige de nombreuses fédérations socialistes et elle fourmille de talents bien connus des Français: Hamon, Emmanuelli, Lienneman, Filoche... La gauche socialiste est également à même de rassembler l'ensemble de notre camp comme l'ont montré ses journées de rentrée de septembre 2010 qui ont vu défiler à la même tribune Besancenot (NPA), Pierre Laurent (PCF), ainsi qu'un représentants du PG, de la GU et des Verts. Si Aubry n'y va pas, il devient urgent et nécessaire pour la gauche du PS de présenter un candidat. Telle est sa responsabilité devant le peuple de gauche.
Ce candidat de la gauche du PS reprendra naturellement le corpus idéologique qui fait toute sa force: défense et approfondissement des 35 heures, retraite à 60 ans sans décote, smic à 1.600 euros tout de suite, pas de revenus supérieurs à 20 fois le smic! Avec des fondations aussi solides, une nouvelle union des gauches est possible.
Un candidat doté d'un tel programme sera à même d'appeler le reste des forces de gauche à se désister à son profit en échange d'une discussion programmatique commune et d'un accord de circonscriptions pour les législatives. Rien de beau, rien de grand ne s'est fait dans ce pays sans l'unité de toute la gauche. Un seul salariat, une seule gauche! Unie et porteuse d’un projet alternatif au libéralisme, la gauche peut tout!
Johann Cesa, membre du bureau national du MJS, et Julien Guérin co-fondateur de l'Offensive Socialiste
Retrouvez ceux qui feront 2012 sur Wikipol.
Mis à jour le 05/05/2011 à 12h21
















































Reste Benoît Hamon sans DSK....
Dan92
Ils voudraient croiree que les gens qui gagnent moins que la mediane sont a gauche, alors que toute la politique de la gauche consiste a demontrer a ces gens la qu'ils sont en fait de vrais debiles, parce que pourquoi aller travailler pour si peu quand la gauche pourrait vous donner bien plus d'argent, de la sante gratuite, etc ... sans meme devoir aller travailler ...
La realite c'est que sans croissance, la redistribution conduit a la ruine, avec un Etat plethorique comme l'aime le PS, chaque fois qu'un Euro change de poche il perd de la valeur parce qu'on a tout un tas de fonctionnaires qui touche leur commission sans ajouter aucune valeur.
La fin de la retraite a 60 ans ... C'est la realite de la demographie qui l'impose. Le PS devrait etre content, ses electeurs (les fonctionnaires de plus de 50 ans) ont ete epargnes ...
Les 35h ont ete creees par la delirante en chef M. Aubry parce que "la quantite de travail etant fixe donc il faut la partager". Heureusement que les dirigeants des pays en forte croissance demographique ne sont pas aussi ignares que les Elus Socialistes parce que leurs populations seraient deja toutes crevees de faim.
Les gars, il faudrait vous mettre au travail, on n'est plus en 1970, vos vieilles recettes peuvent plus marcher ... A si peut etre pour etre elus par les quelques imbeciles qui vous ecoutent et iront voter, mais pas pour re-creer une dynamique qui permette une vie meilleure aux millions de citoyens de ce pays.
Les mots que vous employez sont forts, presque violents, mais ils décrivent exactement la réalité...
Et pourtant, j'ai l'impression que vous "criez dans le désert" !
France Energies, oser un nouveau parti
www.France-energies-2012.fr
Votre cri du coeur est touchant... mais votre raisonnement se base, au mieux, sur des raccourcis approximatifs et fallacieux : .. DSK et Hollande = "droite de la gauche" = dette, baisse des dépenses publiques et des budgets sociaux etc... ???? DSK ne s'est pas encore prononcé et ce que propose Hollande jusqu'ici ne semble pas avoir grand rapport avec les qualités d'horrible suppot du capitalisme néolibéral que vous lui prêtez.
L'emphase de vos phrases et votre ton péremptoire ne rendra pas votre discours performatif...
En tout cas, ce n'est pas en jetant l'opprobe sur les tendances que vous considérez "centriste" ou "de droite" au sein du PS que vous servez la cause de l'unité.
à bonne entendeur...salut!
Mais une majorité parmi eux ne votent pas PS. Il doit avoir une raison pour cela. Nos jeunes dinosaures ne semblent pas l'avoir trouvée, trop occupés comme ils sont à agiter des bannières, le poigne levé, et à chanter l'Internationale.
Une gamelle de formules du passé – 35 heures et 'réengagement de l'État dans les services publics' etc..ça doit suffire pour tout remettre à flots. Revenons en attendant à l'essentiel – le PS et qui va être son chef!
La réalité est ailleurs. Le Français est râleur, il adore manifester, huer les riches, les spéculateurs (les autres, pas lui dans sa maisonnette qu'il a acheté à 100 et à qui on a dit qu'elle vaut aujourd'hui au moins 150...) et ceux qui ont une voiture plus grande que la sienne (surtout les Porsches dernièrement!).
Mais la plupart parmi eux sont confortables – du moins suffisamment pour ne pas voter à gauche et risquer, dit-on, de voir spolier ses petites richesses.
Je sais qu'il y a de vrais pauvres. Et je pense qu'on ne leur aide pas suffisamment. Mais la redistribution de richesse dans le pays est parmi les plus élevées au monde. Si l'on veut distribuer davantage il va falloir travailler plus, et mieux, sans forcément gagner plus. Qui a le courage de le dire?
Et ce n'est pas en redistribuant les millions obtenus par l'abolition du bouclier fiscale ou en pourchassant les Eric Woerthe de ce monde qui fera la différence – des sommes minuscules par rapport aux masses économiques en jeu. (mais quels superbes slogans!)
Faute de pouvoir proposer un programme crédible, le PS voit ses supporteurs naturels courir vers le FN qui a des formules plus alléchantes – renvoyer les immigrés, fermons les frontières, sortons de l'Euro et de l'UE (et au fait, ce que disait papa concernant le droit d'être riche n'est plus vrai – pour le moment).
Mais peu importe. Racolons un peu plus à gauche – Besancenot, Pierre Laurent (c'est qui celui-là?) avec leur 2-3% - et on fera un nouveau 1981. Mais pas ce méchant Mélenchon qui commet le pêché de dire mieux que nous les bêtises qu'on essaie de vous vendre.
Ce qui compte c'est le PS. Nos carrières de sous-adjoints de sous ministres en dépendent!
Vous nous avez fait l'honneur et l'amabilité de présenter votre projet politique à notre assemblée de Bisounours.
En résumé, il vous a été répondu que la France n'allait pas si mal que cela, et que de toutes façons, la cause de tous nos problèmes, ce sont les 35 heures.
J'espère (mais ce n'est pas sincèrement) que ces commentaires vraiment très avisés vous serons utiles à la poursuite de votre action pour le bien de la Nation. Vous savez désormais ce qu'il vous reste à faire...
C'est ca, l'avenir du PS? Le monde reel rigole...