Xanadu, Hard... le bon coup du cul
Comment émoustiller les téléspectateurs français? Arte et Canal+ jouent sur le créneau du X, nouveau décor de deux séries.
- Xanadu. -
Parlons de cul. Parlons-en crûment, drôlement ou dramatiquement, mais parlons-en. Rompant avec soixante ans de tradition conservatrice, nos chères séries nationales, qui nous prenaient jusqu’à peu pour des saintes nitouches, pimentent de plus en plus leurs ébats.
Confiné derrière son écran grésillant depuis les années 1980, le porno est devenu un milieu fréquentable pour les cousins –très lointains– de Joséphine, l’ange gardien. Pendant que Victor Lanoux fait le tour des brocantes sur France 3, Canal+ et Arte se tirent la bourre pour savoir qui trouvera les meilleures rimes en X.
C’est la chaîne cryptée qui a tirée la première, en 2008. La Nouvelle Trilogie, sa case fiction «expérimentale», sort alors Hard, une comédie sentimentale dans le milieu du porno. On y parle, en rigolant, de «spoon», de «fist» et d’«éjac’», on y dédramatise un monde mille fois fantasmé mais jamais vraiment ausculté, et on y trouve habilement de quoi se marrer un bon coup. Une expérience concluante, qui débouchera bientôt sur une seconde saison plus longue –douze épisodes contre six pour la première– et donc, nous promet-on logiquement, plus satisfaisante.
Nouvelle libération sexuelle
Confidentielle, la Nouvelle Trilogie n’en aura pas moins fait des petits. Annoncée de longue date, Xanadu, le regard d’Arte sur le milieu du X, sera visible dès le 30 avril, sans l’abonnement nécessaire aux petits plaisirs sériels de Canal. Plus proche de Six Feet Under que de Friends, cette série produite par la très sérieuse maison Haut et Court (qui s’intéresse habituellement au cinéma) se penchera elle sur l’impact plus dramatique du milieu sur une famille de producteurs.
Pendant ce temps-là, Canal+ aura eu le temps de préparer et de diffuser deux séries sexuellement explicites, l’excellente Pigalle, la nuit, en bonne partie ancrée dans le monde des sex-shops et de la prostitution parisienne, et l’historique Maison Close, sur fond, comme son nom l’indique, de lupanar au XIXe siècle.
Gilles Galud, le producteur de Hard:
«On vit une sorte de nouvelle libération sexuelle. On peut parler de sex-toys, d’infidélité, on remet en cause le couple, etc. Le porno s’est glissé partout, jusque chez les créateurs de mode. C’est un vrai phénomène cul-turel.»
Exhibitionnisme cathodique
Le X n’est plus un tabou. «Même les femmes avouent volontiers regarder un petit film porno de temps en temps», explique Nathalie Blanc, qui joue Sarah, la fille de la famille de Xanadu.
Soit. Ça n’en
fait pas un sujet passionnant pour autant. Qu'y a-t-il de dramatiquement fort
dans un monde où le sexe est un outil de travail, où les mots sont remplacés
par des actes charnels hyperboliques? «C’est un matériau fantastique pour amener une histoire, explique
Séverine Bosschem, scénariste de la série d’Arte. Xanadu soulève des problématiques universelles: les rapports familiaux complexes, les
difficultés d’une industrie, la relation d’un créateur avec sa muse, etc.»
François Sauvagnargues, à
la tête du département fiction d’Arte, poursuit:
«Les gens racontent partout leur intimité, à la télé, sur internet, etc. On sur-analyse nos pratiques sexuelles… une série comme Xanadu a beaucoup à dire sur la question du corps, des interdits, etc.»
Et puis, insistent en cœur les créateurs de Xanadu et Hard:
«Le X, c’est un décor, un milieu, pas le centre de l’histoire.»
Le milieu, parfait milieu
Le vrai sujet de Xanadu, c’est en effet l’histoire d’une famille rongée par les conflits, plongée en pleine crise économique. Ce que raconte de son côté Hard, c’est la difficile reconversion d’une femme au foyer bourgeoise après la mort de son époux, qu’elle croyait créateur de sites Internet quand il produisait des films X. C’est aussi sa renaissance sentimentale, dans les bras d’un hardeur au grand cœur.
Le porno n’est en aucun cas le héros de ces séries. Il offre un arrière plan plus ou moins actif –selon les épisodes et les thématiques, décor dramatique ou comique selon qu’on ausculte sa nocivité ou son absurdité. «Le X n’est pas un milieu comique en soit, reconnaît Gilles Galud. Il le devient quand on y plonge quelqu’un qui n’a rien à y faire.» A priori glauque, le monde du porno peu ainsi devenir drôle, pour peu qu’on prenne ses coutumes étonnantes au second degré… et à condition d’éviter l’écueil du voyeurisme gratuit.
Racolage actif
La solution? Assumer pleinement son côté racoleur, pour mieux prendre à contrepied les craintes des décideurs. Cela fait sourire Gilles Galud:
«Bien sûr qu’il y a une part de racolage, on ne va pas faire quelque chose dans le milieu du X sans reconnaître que ça attirera les téléspectateurs. Après, il faut aller au-delà de ça. Quand on a proposé la série à nos supérieurs, ils ont eu la même crainte, que le cul ne soit qu’une excuse pour faire de l’audience, et qu’on tombe rapidement dans le graveleux.»
«On a rencontré une très forte suspicion quant à la nature du sujet, confirme Caroline Benjo, productrice de Xanadu chez Haut et Court. Les décideurs n’osent pas avouer que le côté sulfureux de l’histoire les dérange. Il y a une crainte des réactions du public…» Pour rassurer, il faut recadrer: Hard et Xanadu ne font pas du cul. Ils en parlent. Ils en montrent un peu, mais pas de quoi choquer le téléspectateur –averti, notamment grâce à la signalétique du CSA– d’Arte ou de Canal+.
Des limites floues
Justement, que montrer? «Le sexe doit être justifié émotionnellement, il doit faire avancer l’histoire», explique PodZ, réalisateur canadien de Xanadu (également derrière l’excellente Minuit, le soir). Mais encore?
Pas de sexes masculins en érection, pas de pénétrations, pas trop de fesses, pas de plans trop longs et trop clairs sur des positions trop suggestives.
Les limites sont assez floues. PodZ:
«J’ai choisi de filmer ces scènes sous un angle inhabituel, dans un climat de rêve, avec beaucoup de flous et de couleurs désaturées.»
François Sauvagnargues:
«La décision est avant tout artistique, mais il ne faut de toute façon rien montrer de dégradant ou de purement gratuit.»
Histoire de bien faire les choses, les deux séries sont allé chercher conseil auprès de vrais pros du X. Documentées, elles embauchent même volontiers des hardeurs, figurants peu frileux, transformés à l’occasion en comédiens à part entière, comme Phil Holliday, star hexagonale du porno depuis dix ans, qui incarne dans Xanadu Brendon… un hardeur. Une mise en abîme qui illustre parfaitement la position favorable du X ces temps-ci dans les séries traditionnelles –le «tradi», comme on dit dans le milieu.
Pierre Langlais
Mis à jour le 30/04/2011 à 21h23














































Intrigue est nulle au complet, vraiment pas une réussite dans sa réalisation, donc sans intérêt.
Quand à la vision esthétisée des scénaristes et réalisateurs, je tombe sur le cul. Ils semblent idéalisés un milieu sous prétexte que certains demeurés s'exposent à la télé ou que les journaux en parlent. Je leur propose de plutôt faire un reportage sur les dessous du X et ses dérives qui sont la réalité.
Récemment, une ex starlette faisait son itw dans le magazine des bobos parisien branchés à savoir "les inrockuptibles" qui se rapprochait des reportages fait sur la nouvelle traite des blanches de gamines désœuvrées de plus en plus jeunes qui croient autant au miracle du X qu'a celui de la télé réalité et finissent par se prostituer sous le doux nom d'Escort (ce qui sous entend qu'il n'y aurait plus de mac et qu'elles seraient libres de leurs choix).
Donc pour en revenir au titre de mon article, dans une société qui ne semble s'assouvir dans l'idéalisation des pratiques les plus extrêmes, je me demande qui sera le premier à proposer de réaliser un film ou un doc sur la zoophilie (la pédophilie étant la phase suivante qui sera suivi par les snuf moovies).
La descente dans la déchéance des bobos de la rive gauche idéalisant les horreurs du monde est vraiment triste.
Quelqu’un qui n'a pas de problème de cul mais n'a pas besoin de s'exposer telle une bête de foire pour être "in the mood".
Je me demandais justement pourquoi aucune série comique ne passe à la TV, hormis les séries-intermèdes tel caméra café, j'ai l'impression que l'essentiel des séries de soirées est consacrées aux policier et au médical et maintenant au sexe. Est-ce que je me trompe? Pourquoi?
Merci
A propos des évènements du début, je m'étais déjà posé la question, et Guillaume Apollinaire l'évoque aussi dans son roman "les Onze Mille Verges" : les stars masculines du X, comme Rocco, avec son membre de 23 cm de long, ne risque-t-il pas de littéralement assassiner sa partenaire qui ne repose que de 12cm pour le recevoir?
J'ai regardé un de ses films au ralenti et j'ai constaté que, par la voie naturelle, il se limite effectivement à la moitié de ses possibilités, à l'exception d'une actrice roumaine qui est devenue par la suite sa légitime épouse et la mère de ses enfants...
Quelques dernières remarques : la photo du haut, extraite de Xanadu, représente un mannequin anorexique !
Je me suis longtemps demandé ce que signifiait "gonzo", en fait ce sont les américains qui ont dérivé ce terme de "extravaganza"!
La société de production de "porno chic", avec père et fils, existe vraiment : c'est l'une des plus importantes sociétés françaises....
Ce qui est "fatigant", ce sont tous ces gens qui écrivent des commentaires sur le X, alors qu'ils font manifestement partie de la petite minorité (15% ?) de la population qui n'en a réellement jamais regardé... La principale différence entre la réalité et ce que montrent ces vidéos, c'est que dans ces fictions, tout le monde a envie en permanence de sexe et y prend à chaque fois du plaisir... On retrouve le même parti-pris dans les séries télévisées "normales", qu'elles représentent des milieux professionnels aussi divers que la police, des avocats, ou des médecins et infirmières à l'hôpital...
Ceci est sans doute destiné à nous consoler de la triste réalité, et il faut même remarquer que l'absence de désir ne touche plus seulement les femmes, mais de plus en plus, les hommes aussi....
Il ne nous reste donc plus que le plaisir solitaire, en regardant ces contes de fées qui nous rappellent le temps heureux où nous n'étions pas intoxiqués par les phtalates de nos boissons et aliments emballés de plastique....
je constate que vous avez désormais une vraie culture porno! Rassurez vous vous n'êtes pas au bout de vos surprises...
Je suis quelque peu curieux et j'aimerais bien savoir d'où vous tenez que "l'absence de désir ne touche plus seulement les femmes, mais de plus en plus, les hommes aussi...."?
Si vous avez un moment à me consacrer, votre démonstration m'intéresse.
Cordialement
http://fr.wikipedia.org/wiki/Asexualit%C3%A9
Personnellement, j'ai toujours considéré qu'une des opinions les plus pertinentes sur ce sujet est une phrase attribuée à la reine Victoria d'Angleterre : "Les femmes acceptent de faire l'amour pour pouvoir avoir des enfants, et les hommes acceptent les enfants pour pouvoir faire l'amour..."
Dans nos contrées, la natalité est en chute libre et le modèle "à la mode" est celui de la mère célibataire. Lorsque j'entends une jeune femme dire "il m'a quitté dès qu'il a su que j'étais enceinte", mon intuition et surtout ce que je sais d'elle, me font penser que, comme dans certaines espèces animales, elle s'est tout simplement débarrassée du géniteur aussitôt qu'il avait rempli son office.
La législation actuelle (et la façon dont elle est appliquée) sur les divorces et les recherches de paternité (ADN) vont pleinement dans le sens de ce nouveau "modèle de société".
Cela semble satisfaire une majorité des femmes, mais ni les hommes, ni les enfants qui sont élevés dans ces conditions...
Certains hommes ont essayé de protester, par exemple Eric Zemmour avec son petit livre, "Le premier Sexe", mais il a été couvert de quolibets. La sanction sera tout simplement la disparition prochaine de notre modèle de civilisation...
Il me paraît évident que cette évolution est en rapport avec l'extraordinaire pollution de notre environnement par des composés chimiques proche des œstrogènes : il y a toujours de la résistance, mais la vérité progresse petit à petit dans les médias....
J'avais vu une émission télé assez passionnante sur ce sujet, au Japon (FR3 "l'Empire des Sans")
Votre thèorie du complot du phtalate est très intéressante mais comme on ne trouve pas tout sur Wikipedia, qui n'est qu'un outil parmi tant d'autre, un petit lien pour démystifier les phtalates ;)
http://www.inrs.fr/htm/les_phtalates.html