Le risque de violence politique
L'angoisse liée à la crise se mue en indignation voire en rage quand l'opinion constate l'aggravation des inégalités et des injustices sociales.
- Manifestants affrontant la police à Strasbourg durant le sommet de l'OTAN Vincent Kessler / Reuters -
Près de 300 personnes se réclamant d'un collectif anti-emprisonnement ont investi, samedi 10 octobre, le centre de Poitiers et se sont livré à une série de dégradations et d'actes de vandalisme. Dix huit personnes, dont des militants «ultra-gauche» ont été interpellées par la police à l'issue des incidents qui ont été particulièrement violents. Les manifestants ont brisé une vingtaine de vitrines, des abri-bus, des cabines téléphoniques et tagué des messages haineux et anarchistes sur des monuments religieux comme le Baptistère Saint-Jean, l'un des plus anciens monuments chrétiens de France. Nous republions à cette occasion un article de Marc Lazar sur le risque de violence politique aujourd'hui.
Les violentes manifestations de Londres, lors de la réunion du G20, et de Strasbourg durant le sommet de l'OTAN à la fin du mois de mars marquent-elles une radicalisation de la protestation et le retour à des pratiques qui semblaient tomber en désuétude depuis la fin des années 1970 ?
Il existe deux grands types d'action. D'une part, celle des groupes organisés, le plus souvent anarchistes, qui depuis près de dix ans se saisissent de tous les prétextes, notamment les sommets des Grands de ce monde, pour affronter les forces de l'ordre. Ce fut le cas notamment à Seattle en 1999 ou encore à Göteborg et Gênes en 2001. Ils luttent ainsi contre la « mondialisation » et le capitalisme. Cette violence divise profondément le mouvement antimondialisation, toute une partie de celui-ci la refusant. Mais ses adeptes la justifient désormais par la gravité de la crise économique. Ce faisant, ils tentent d'instrumentaliser le lourd climat social qui s'est instauré en Europe.
Celui-ci est à l'origine d'un second ensemble d'actions. La récession signifie des licenciements massifs, la hausse du chômage, le blocage de salaires, la dégradation du pouvoir d'achat. L'angoisse se mue en indignation voire en rage quand l'opinion constate l'aggravation des inégalités et découvre les indemnités considérables que certains grands patrons obtiennent alors que leurs entreprises reçoivent des subsides étatiques et que les plans de licenciement se multiplient. D'où des manifestations dures, les menaces de recours à la violence voire son expression et les séquestrations de managers.
Pareille situation soulève au moins trois grands questionnements.
-Peut-on dans un futur immédiat ou proche assister à une convergence entre les luttes sociales radicalisées - qui partent de la défense d'intérêts catégoriels précis et légitimes (défendre son emploi, obtenir une aide sociale, exiger une augmentation de salaire etc.)- et les minorités violentes? Rien n'est à exclure. Il faut néanmoins introduire une nette distinction entre, d'un côté, les salariés du privé et, de l'autre, ceux du public et la jeunesse scolarisée. Les premiers pourraient instrumentaliser l'ultra gauche pour obtenir satisfaction sur leurs revendications catégorielles bien précises et légitimes (défendre son emploi, obtenir une aide sociale, exiger une augmentation de salaire etc...) sans pour autant se reconnaître dans les buts poursuivis par celle-ci. En revanche, les seconds, qui inclinent déjà à la rébellion, partagent de nombreux fondements de l'idéologie radicale voire révolutionnaire des activistes et pourraient s'en rapprocher encore davantage.
-Comment expliquer ensuite le cas de la France qui se singularise depuis les grandes grèves de 1995. En Europe, c'est le pays actuellement le plus touché par les grèves des salariés et un mouvement d'enseignants, de chercheurs et d'étudiants. En dépit de la condamnation des séquestrations à répétition d'entrepreneurs ou de cadres dirigeants par les autorités, les Français expriment leur soutien à ces actions illégales.
Il y a là la conjonction des traits typiques de la culture politique nationale - la passion de l'égalité chère à Tocqueville, la propension à la radicalité, le refus du compromis, la tentation de la confrontation directe avec l'Etat, l'explosion récurrente du mécontentement durant les crises sociales du fait de la faiblesse des syndicats - et de faits plus conjoncturels - l'ascension de l'extrême gauche, les ambivalences du gouvernement et du chef de l'Etat qui condamnent les séquestrations d'employeurs mais n'ont cessé de fustiger le comportement «immoral» de certains grands patrons, les ambiguïtés du PS qui cherche à couvrir tout l'espace sur sa gauche en chevauchant toutes les contestations venues du «bas»-.
-Enfin, plus profondément quelle signification donner à toute cette effervescence ? Elle atteste les effets contradictoires que provoquent les peurs et le désespoir. Celles-ci alimentent la recherche de protection du côté des Etats, ce qui suppose de s'en remettre à eux et de leur déléguer tout pouvoir. Mais elles attisent aussi des attitudes extrêmes fortement contrastées: le repli et la crispation identitaire, locale, régionale, nationale, et donc la xénophobie et le racisme comme on commence à l'enregistrer un peu partout en Europe ; ou, à l'opposé, la contestation tous azimuts et l'exacerbation de la conflictualité.
En ces temps de grandes incertitudes, le destin de nos pays dépendra des réponses que donnent et donneront les institutions, les dirigeants et les principaux partis de gouvernement. Si par malheur, ils s'avèrent incapables d'en fournir, cela aiguisera les risques de déstabilisation de nos sociétés et de nos démocraties.
Marc Lazar
Image de Une: Manifestants affrontant la police à Strasbourg durant le sommet de l'OTAN Vincent Kessler / Reuters
Mis à jour le 11/10/2009 à 13h06








































Quand on lit votre texte, M le professeur, on a l'impression d'une France au bord de la guerre civile.
Si nous sommes le pays le plus touché par les grèves c'est peut-être aussi parce que beaucoup peuvent se permettre de faire la grève à bon compte.
J'ai entendu dire que les enseignants-chercheurs sont payés malgré leurs 10 semaines de grève !
Il serait peut-être temps de rappeler que ni les grèves, ni les défilés dans les rues, ni encore moins, les séquestrations de patrons, ne sont la marque fondamentale d'une démocratie.
La démocratie s'exprime dans les urnes où le vote fait apparaître une majorité et une opposition qui doivent débattre au sein de l'Assemblée législative des problèmes du pays.
C'est un défaut français très dangereux, surtout en période d'instabilité économique, que de se retourner frontalement contre un président ou une majorité à peine ils sont élus.
les descendants de moïse sont ceux qui se sont d'aprés l'histoire libérés du joug de pharaon, l'empire romain a connu son déclin par le faste de ses responsables et leur inconséquence,
la révolution française a abolit les privilèges, en mai 68 la population ouvrière et étudiante s'est révoltée face à une société schlérosée et passéïste représentée par ses dirigeants
aujourd'hui la révolte est plus difficle a engager car elle s'affronte à une crise économique mondiale, l'argument est d'ailleurs souvent invoqué par la droite pour dire que la crise est la cause de tout les désordres.
mais à quoi renvoit cette crise ? la marchandisation excessive et les profits dont bénéficient les responsables de la mondialisation économique qui favorisent la compétitivité entre l'ensemble des acteurs pour permettre de maintenir globalement une marge de bénéfice qui ne se répercute pas sur la situation de l'économie et permet malgré tout de desservir des parachutes dorés et autres stock options à l'intention d'une certaine oligarchie mondialisée qui défend ses intérêts et ceux du capital.
l'équilibre ne se fait pas entre l'investissement de chacuns à l'instar des pays en voie de développement et notamment du travailleur chinois, et la redistribution collective de l'ensemble de la fabrication de ces richesses. La logique marchande fonctionne sur des cycles de consommation dépendance obsolescence des biens et surévaluation des services, devenant en somme un tonneau des danaïdes, une logique tautoligque sans fond ou l'unique volonté et de conituer de s'enrichir en vendant sans cesse des voitures nouvelles, des écrans plats, des ordinateurs, que tout cela se démode ou ne fonctionne plus selon les critères encours et oblige de remettre des jetons dans la machine pour continuer de fabriquer des ordinateurs, des voitures, des téléphones etc ... grace au travail d'une partie voire de l'ensemble de la population et cette conception du progrès s'alimente dans une fuite en avant perpétuelle et autorégulée sans qu'il n'y ait le sentiment ou le constat réel d'une amélioration du contexte social, au contraire les déséquilibres se creusent et les chiffres du chomage progressent,
la raison de notre progrès n'entretient que la logique du profit et non du bien être commun. l'ensemble du débat politique se situe sur le rapport entre capacité d'accepter de faire des concessions pour préserver un progrès technologique relativement incontournable et notre désir d'en percevoir une amélioration globale pour notre cadre de vie, l'affrontement politique se définira selon cette recherche d'équilibre.
Résumons (essayons !) :
D'abord agiter l'épouvantail de la contestation alternative violente ;
- organisée (mais hétérogène), elle titille la peur du complot,
- mondialisée (vieux spectre de l'Internationale communiste ?),
- mise en avant, elle éclipse commodément l'argumentation (dérangeante ?)
des mouvements alternatifs eux-mêmes.
Un enchaînement de causalité assez acrobatique
conduit à la seconde source "analysée" de "violence politique"
Cette seconde source, somme toute, celle de l'opposition "classique"
est toute concentrée dans sa propension à déraper radicalement.
S'il ne s'agit pas là de balayer le phénomène contestataire
en le réduisant à sa possibilité de dérapage radical !
Une deuxième injection d'amalgame entre les deux plans de contestation
dont il n'est pas prouvé qu'ils sont à considérer pareillement,
même sous l'angle de leurs possibles débordements,
est administrée sous la forme de l'hypothèse de leur convergence.
Hypothèse peu développée ; qu'importe, puisqu'il s'agit maintenant
de cliver les deux menaces (afin de les réduire séparément ?) :
- les serviteurs du privé, utiles donc récupérables, bien que contaminés par
- le poids mort économique et la branche sociale pourrie de la fonction publique.
Exagération ? Que nenni ! Il n'est qu'à examiner le cas extrême et désolant
de la France, historiquement révolutionnaire, n'est-ce pas, qui sombre déjà
et encore dans son vieux travers ! (L'ironie de ton est-elle ici perceptible ?)
Incomplète, sans doute aussi, est la déconstruction de la devise républicaine
en n'attaquant - pour cette fois ? - que le pilier "Egalité" (porteur de la Justice,
dont les instruments, il est vrai, sont bien mis à mal) !
De l'analyse énumérative et fine qui suit, tout le paysage socio-politique
défile dans un coup de panoramique hâtif sur le rôle de l'actuelle majorité
de gouvernement dans la conduite du dialogue entre les partenaires sociaux
mais appuyé - semble-t-il, car il conclut dessus - sur la stigmatisation
de toute voix s'élevant contre un ordre établi
héritier de son propre désastre.
S'il y a ensuite reprise de l'interrogation angoissée exprimée dans le titre
et sur le sens de ce qu'elle craint, un seul pas vers un tant soit peu d'éclairage
a-t-il été accompli à travers cet(te) article, analyse, opinion, manifeste, critique,
ou quel genre encore, spécifique au pluriblog ?
Mais, au fait, pourquoi s'en prendre ainsi à ce titre ?
Au-delà de la présentation un rien partisane et plutôt ramasse-tout
du constat d'existence de foyers de violence comme réponse la plus visible
à d'insoutenables situations personnelles et collectives, voici une lecture
qui laisse en appétit d'explication, de pistes de compréhension
pour ne jouer que sur le registre de la peur.
Et la violence (ici) n'est pas politique ; s'il est de l'honneur de la politique
d'être l'alternative à la violence, la violence signe l'échec de la politique.
Précisément.
Le propos apparaît comme trouble. Il semble s'appuyer sur des faits, introduire quelques considérations psycho-historiques pour terminer par « Si par malheur, ils s'avèrent incapables d'en fournir, cela aiguisera les risques de déstabilisation de nos sociétés et de nos démocraties. » (« fournir » des réponses à ce qui est provoqué par la peur et le désespoir). Quelles sociétés, quelles démocraties? Au fait quel est le Sens de ce pluriel.
Des éléments d'actualité et un édifice bien ambigu. D'abord le titre « L'angoisse liée à la crise se mue en indignation voire en rage quand l'opinion constate l'aggravation des inégalités et des injustices sociales. »
On nous raconte que l'opinion "constaterait", depuis la crise, l'aggravation des inégalités et des injustices sociale. Mystification. L'opinion n'est formée que par les médias qui retransmettent les analyses souvent mal intentionnées. Le seul "constat" c'est de ce dont ils sont bombardés tous les jours. L'immense majorité n'a rien constaté quant à la crise financière et ne peux en avoir d'expérience ni conçu de peur, angoisse ou désespoir. Ceux qui sont malgré tout dans ce cas - le cas notamment des licenciements supplémentaires intervenus depuis septembre - ne sont pas dans une situation différente des licenciés beaucoup plus nombreux qui chaque année interviennent dans les statistiques du chomage. Près de deux millions de chômeurs auparavant, 10% de plus ce n'est pas changer d'échelle ni de nature du problème pour ceux qui en sont victimes.
Autrement dit l'angoisse, l'indignation et la rage ne sont pas du tout mécaniquement liés à la crise mais aux entreprises de déstabilisations que l'article, un de plus, veut « expliquer » sinon comprendre comme lorsque l'on veut excuser sinon susciter ». Ce sont les fasifications de l'analyse qui sont révélatrices. Ici les prémisses sont fausses et les conclusions préétablies aussi. Le mélange du plan national et international, l'alibi de la crise (mondiale) pour un mouvement (franco-français) antérieur à la crise ne clarifient pas le raisonnement. Mais en est-il besoin puisque prémisses et conclusions sont préétablies.
Identifions quelques facteurs clé de la situation
1 - Une mutation de civilisation sur le plan mondial caractéristisée par la montée en puissance des autonomies personnelles et communautaires (à l'encontre des modèles conformistes, normatifs et rationalisés) et facilitée par l'explosion d'expérimentations de masse sur internet.
2 - Une crise financière révélatrice et accélératrice de la mutation qui renvoie à la considération des valeurs humaines communautaires (bien commun) plus qu'aux calculs « individualistes » liés à la croyance dans des systèmes supposés naturels.
3 - Un modèle français dominateur : le jacobinisme et sa croyance dans les systèmes rationnels (technocratie), un Etat dominateur de la nation, une fonction publique au service de l'Etat et pas de la nation, une charge financière pour la nation supérieure à toute autre, un temple idéologique : l'éducation nationale qui refuse le service (éducatif) du à la nation, un temple philosophique « scientifique » avec les institutions de l'université et de la recherche, un ensemble d'institutions et d'entreprises d'Etat, tenant en tutelle les collectivités locales et la nation malgré les lois de décentralisation qui sont tous les jours contournées dans le cadre de l'opération de « reconquête » entreprise par les hauts fonctionnaires depuis le début.
4 - Les défaillances de ce modèle sont de plus en plus flagrantes (il n'est pas le seul agissant en France et dans la république mais le seul dominateur). Sa logique vient en contradiction avec le « mouvement du monde ». Par exemple il est fondé sur le maintien en état de subordination, de minorité, tant des fonctionnaires de base que des salariés des entreprises privées. Le contraire de l'autonomisation ou empowerment. C'est son modèle humain : une élite détentrice des pouvoirs de la Raison (d'Etat) une masse d'individus mineurs, irresponsables, obéissants et vérouillés par des syndicats d'un modèle unique au monde (8% de syndiqués et un pouvoir extravagant).
5 - Outre les dynamiques de civilisation auxquelles ce modèle français résiste (voir les retards français dans de multiples domaines) le Président de la République a entrepris de réaliser ce que tous ses prédecesseurs n'ont pas osé entreprendre : la reprise de pouvoir du politique c'est-à-dire de la démocratie sur l'Etat et son administration.
Voilà la clé, voilà la source de la guerre qui est faite en France à la démocratie représentée par le pouvoir élu. Voilà le Sens de la violence : vaincre le pouvoir politique et la démocratie donc la nation, sans qu'apparaisse le véritable conflit.
Pour cela il faut rester dans l'ombre mais après l'émergence de la crise, les revendications sont les mêmes qu'avant. Non à l'autonomie des universités, non à la réforme de la recherche, non à la réforme de l'éducation nationale, non à tout ce qui met en question le pouvoir administratif. Savez-vous que l'application des lois pourra être contrôlée par le parlement ce qui n'existait pas avant, que le parlement pourra proposer des lois ce qui n'était pas avant. Les lois ont toujours été dans les mains des administrations qui les rédigent et sutout leurs décrets et leurs circulaires d'application. Les parlementaires pour l'essentiel étaient dépossédés de tout pouvoir, les gouvenants aussi.
Alors pour dissimuler l'enjeu national vital il faut mettre en avant :
Le parti qui est détenu par les fonctionnaires et notamment les enseignants et universitaires (lequel?).
Les syndicats étatistes dont la doctrine du rapport de force se nourrit de toutes les opportunités pour maintenir ou sauver une emprise sur les salariés bien menacée.
Les partis étatistes trotskystes ou simplement marxistes qui ont du grain anticapitaliste à moudre grâce aux révélations de la crise.
Les instances à la suffisance déstabilisée par la reconquête du politique et de la nation et tous les corporatismes issus d'un mode de manipulation de la société consitant à mettre en scène le rapport antagoniste : intérêts particuliers, intérêt général (intérêt de l'Etat et ses clercs).
S'y collent aussi ceux qui sont déstabilisés par le mouvement du monde, à tout hasard : les intermédiaires, les médias.
Il faut y rajouter pour mémoire le mouvement écologiste mais son ambiguité vis-à-vis de l'Etat national et plus délicate à manier.
Alors il faut dire que la plupart des protagonistes n'ont aucune conscience de cela (mineurs). Certains sont dans de tous autres modèles, plus créatifs, plus autonomes, plus engagés dans le service des hommes, concernés par le bien commun. J'en connais. Mais trop sont formatés dans le ronron de l'Etat protecteur ignorant que cette protection ils l'ont payé de leur aliénation confortable.
Il y a une coalition en France pour tout casser plutôt que de perdre ce modèle de pouvoir et de confort. L'ennemi public numéro un pour eux c'est Nicolas Sarkozy le président de la République élu par la nation. La guerre c'est à la nation qu'elle est faite et la violence est toujours le refus de la démocratie pour des raisons totalitaires, comme dans toutes les républiques populaires d'ailleurs.
Votre commentaire mérite de figurer en lieu et place de l'article qu'il commente.
Au-delà du devoir d'ingérence, il y a le devoir d'exemple. Pour montrer que la Fraternité n'est pas une idée creuse, mais un formidable moyen de rêgler concrétement de trés nombreux problèmes, de forunir un cadre à une société vivable pour tous, sans imposer l'uniformité; quelqu'un, quelque part, doit commencer.
Plus peut-être qu'aucun autre pays, la France est désignée pour le faire, parceque, plus qu'aucun autre, elle a organisé son Histoire autour de chacune des grandes utopies. Au point de les inscrire dans sa devise.
Fille ainée de l'Eglise et terre de multiples confréries, n'oubliant jamais son rêve d'Eternité, elle fut au XIX ème siècle l'un des laboratoires des Libertés. Au XX ème siècle, avec la Prusse puis la Grande-Bretagne, elle a inventé l'égalité des droits ( à l'éducation, au travail, au temps libre ), puis l'égalité devant les risques ( la vieillesse, la maladie, le chômage ). Et, enfin, l'égalité entre ceux qui croient en l'Eternité et ceux qui n'y croient pas.
Aujourd'hui, la politique française oscille encore, comme celle de toutes les démocraties, entre Liberté et Egalité. Elle est incapable de vouloir vraiment ni l'une ni l'autre.
Trop sédentaire pour promouvoir le nomadisme, la france est incapable d'assumer pleinement toutes les formes futures de la Liberté. Et la droite française, qui devrait en porter le projet, n'à même pas commencé à l'élaborer. Sans doute ne le fera-t-elle jamais, trop occupée qu'elle est à se dépêtrer des mythes qui la structurent pour oser penser l'avenir.
Trop individualiste pour vouloir tout ce que peut promettre la social-démocratie, en particulier en matière d'uniformité des niveaux de vie et de simplicité des modes de vies, la France n'ira pas non plus aussi loin que les pays scandinaves dans la direction de l'Egalité.
Aussi entre l'un et l'autre, un compromis durable s'installe peu à peu, quel que soit le camp au pouvoir. Et les hommes politiques ne feront bientôt plus que l'entretenir, d'alternance en cohabitation. Le pays sera alors en pilotage automatique, effectuant tout les cinq ans un ravalement de ce compromis à l'occasion duquel la démocratie reculerait chaque fois davantage devant le marché, réduisant bientôt l'Etat à n'être plus que le spectateur résigné d'une mondialisation inexorable.
Jacques Attali - Fraternité, 1999
Donc selon vous, les salariés du public se rapprochent de l'idéologie radicale voire révolutionnaire... Des salariers payés par l'état contre l'état... Des fonctionnaires anarchistes, en voilà un bel oxymore !
Les revendications du Public et du Privé n'ont jamais été aussi proches : défendre son emploi, obtenir une aide sociale, exiger une augmentation de salaire etc...
Le titre et le dernier paragraphe de votre article sont assez justes, cependant c’est de « la colère » qui s’exprime plutôt que de « la rage », mais les amalgames que vous faites tout au long votre article et le mélange des genres n’aurait-il comme but que de semer la confusion et remplir les lignes de votre « chronique » ?
Dans votre article, vous définissez deux typologies d’actions :
1er type d’action : la violence et l’affrontement des forces de l’ordre par des groupes organisés, les anarchistes.
2ème type d’action « des manifestations dures, les menaces de recours à la violence voire son expression et les séquestrations de managers » par des salariés.
Les premiers, utilisent la violence comme le moyen d’action pour faire valoir leur idéologie du refus de toute contrainte, de toute autorité, de l’ordre établit.
Les seconds, utilisent d’autres moyens d’actions qui n’ont rien à voir avec les premiers, et qui ne sont ni idéologiques ni de même nature, les actions des conflits sociaux résultent d’un constat, d’un état de fait, d’un déséquilibre dans le rapport dominant/dominé, ou le dominant égoïste s’adjuge tous les droits, quitte à écraser le dominé (il n’a plus de valeur). Dire qu’ils trouvent leur origine dans l’action anarchiste est un raccourci dangereux et inexacte, vous faites un amalgame dont l’intention me semble t’il est plus que douteuse.
J’aimerais savoir ce que vous entendez par « des manifestations dures », car je n’ai pas vu beaucoup de violence dans les manifestations de salariés ! Même si elles sont l’expression d’une colère grandissante, elles se sont déroulées dans le calme ! Pour vous, sont-elles dures, parce qu’il y a beaucoup de monde ? En quoi les trouvez-vous dures ?
C’est l’oublie de l’historique des mouvements sociaux, qui vous amène à vous demander pourquoi la France se singularise par les grèves ? La lutte des classes s’est toujours faite sur un rapport de force et non par le consensus entre le patronat et les ouvriers. Cette manière de faire est liée à l’organisation et à la structure du travail basé sur des rapports de subordination (performance individuelle), plutôt que sur des rapports d’équité (performance collective) de l’entreprise. Les SCOP, souvent performantes, sont un bon exemple de structure et d’organisation du travail, de rapport d’équité, de décisions collectives, et de redistribution des richesses produites, même si d’autres entreprises peuvent elles aussi valoriser le facteur humain. De même qu’il est utile de rappeler qu’un grand nombre de PME/PMI ne reflètent absolument pas l’attitude des patrons d’entreprises cotés, mais qu’elles partissent de l’image renvoyée à l’ensemble de la population dans un contexte de crise économique.
En tout cas, si retenir (plutôt que séquestrer) un patron est de par la loi illégale, il a pour but d’ouvrir un dialogue antérieurement inexistant. C’est le manque de dialogue, la dichotomie entre l’action (le but), les objectifs de l’entreprise avec les moyens qui sont mis en place pour y arriver. La place de l’homme dans l’entreprise, de la valeur que cette dernière lui accorde (reconnaissance/valorisation) qui conduit à ces actions.
Qui refuse le dialogue, qui refuse le compromis ?
Le politique a une responsabilité dans son attitude ambivalente et le pourrissement (par l’absence de solutions et la non réponse à des revendications) des situations conduisant au désespoir et à la colère. La faible représentativité syndicale est aussi un facteur aggravant dans les possibilités d’établir un dialogue avec les salariés en désespérance. Si leur légitimité représentative était amenée à être remise en cause, la convergence et la radicalisation des mouvements sociaux pourraient alors se faire et conduire dans le contexte actuel à des actions violentes, généralisées et difficilement maîtrisables.
Je ne sais pas si vous faites ces amalgames de façon partisane, intentionnelle et manipulatoire, vous prêtez des intentions qui n'ont pas lieu d'être, mais pour ça, il faudrait sortir un petit peu dehors le dimanche, de temps en temps. Les hommes et femmes n’en n’ont rien à faire (pour rester poli) des extrémistes idéologiques de tous poils, des « anarchistes » et autres « ultra gauche » ou « ultra droite » (que vous avez oublié ?).
Toute cette « effervescence » signifie qu’il faut remettre de « l’Humain » dans le processus travail, redonner de la fierté, de la considération, des salaires décents, valoriser les compétences, ne pas voir que la rentabilité, en oubliant que le travail n’est pas uniquement du aux robots. Que les rythmes de vie et de travail peuvent être différents, qu’il implique aussi des hommes, des femmes et des familles à qui il faut redonner des perspectives d’avenir..., pour eux, leur famille, leurs enfants !
Ce qui conditionne leur existence conditionne la stabilité de nos sociétés et de nos démocraties !
Les élus feraient bien de s’en souvenir ! Le pouvoir qui leur a été confié n’est pas un chèque en blanc pour assouvir leur soif de pouvoir (personnel), eux aussi peuvent être amener à rendre des comptes au peuple…Reste à savoir de qu’elle manière le peuple peut l’envisager, si rien ne change (promettre ne suffit plus) dans ce contexte et dans leurs comportements !