Un Français peut-il revendiquer la couronne britannique?
La reine Elisabeth II a plus de 85 ans. De nombreuses fois, des princes de «sang français» ont accédé au trône britannique.
- La Reine Elisabeth II quitte le Parlement à Londres après la cérémonie d'ouverture du Parlement, le 6 novembre 2007. REUTERS/Toby Melville -
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La reine Elisabeth II a dépassé les 85 ans —on fêtait son anniversaire le 21 avril— et William, l’aîné de ses petits-fils, se marie avec Kate Middleton le 29 avril 2011. Qui montera sur le trône après elle?
Les enquêtes d'opinion montrent que les Britanniques préfèrent William à son père Charles pour prétendre à la succession.
Un sondage effectué en 2010 par le Daily Mail révélait alors qu'une majorité des Britanniques pensaient que le Prince Charles devrait laisser son trône à William.
Pour répondre au «désir» des Britanniques, il faudrait que le Prince Charles de Galles renonce lui-même au trône, comme l’a fait avant lui Edouard, son grand-oncle, qui a laissé le trône à son frère George VI, (le père d’Elisabeth II et grand-père de Charles).
La France, qui a longtemps eu des visées sur le trône anglais (le roi Edouard III d’Angleterre, fils d’Isabelle de France est arrivé à la tête du trône d’Angleterre en 1327 –et réciproquement– lors de la guerre de Cent ans, Henri V d’Angleterre obtient la couronne française pour son fils, Henri VI au traité de Troyes en 1420) pourrait-elle, et dans quelles conditions, s’immiscer dans l’ordre de succession établi? Et existe-t-il une possibilité pour que la couronne d’Angleterre revienne à un «Français»?
Comment devient-on roi/reine en Angleterre?
En
1701, le parlement anglais promulgue l’acte d’établissement qui s’additionne à
la déclaration des droits
et qui définit les modalités de succession.
Tous
les descendants de Charles Ier étant morts ou catholiques, on prend une descendante
de sa sœur Elisabeth d’Angleterre: Sophie de Hanovre.
Ce sont désormais ses descendants qui se succèdent à la tête du royaume. Son
fils George 1er monte sur le trône puis son fils George II (puis III, IV… pour
finalement arriver à Elisabeth II, la reine actuelle).
Entre parenthèses, les dates de règne. La croix représente une coupure dans la monarchie avec l'instauration de la République (Olivier et Richard Cromwell)
L’après-Elisabeth II: la liste de succession
Pour succéder à Elisabeth II, une liste de succession a été créée en fonction de la proximité des descendants, en partant des enfants de Sophie de Hanovre. Plusieurs milliers de personnes y figurent et elle est d’autant plus grande que des rangs de successions sont occupés parfois par une famille entière (il y a donc des listes dans la liste).
Les premiers sur la liste sont bien sûr des britanniques. Mais il y a ensuite des norvégiens (la famille du roi de Norvège Harald V est à la 68ème place, c’est la famille étrangère la mieux placée sur la liste), des roumains, des yougoslaves et des français notamment.Côté français, les mieux placés sont les Bourbons-Orléans d’Espagne, à la 214e place. La famille de Charles Napoléon occupe la 1.030e place. C’est un politicien de 61ans, à la tête de la maison Bonaparte depuis 1997 dont l'arrière-arrière-grand-oncle était l’empereur Napoléon Ier. La famille d’Henri, Comte de Paris (que la plupart des royalistes français veulent remettre sur le trône si la monarchie française est restaurée) pointe à la 2.031e place. Pour succéder à Elisabeth II, il faudrait donc que les quelques milliers de personnes qui se situent au-dessus meurent ou refusent le trône.
Le deuxième problème avec les Français, c’est qu’ils sont bien souvent catholiques. L’acte d’établissement de 1701 exclut de la succession tout prince papiste (catholique) pour protéger l'anglicanisme. A priori, tout est fait donc pour exclure de la liste des prétendants les princes français, généralement catholiques. Jean d’Orléans (le fils d’Henri, Comte de Paris) que nous avons interrogé, se définit par cette religion. «Je pense en prince chrétien, j’agis en prince français», peut-on lire sur la page d’accueil de son site internet. Nous lui avons donc soumis l’idée de se convertir, pour la France, au protestantisme, mais l’idée n’a pas semblé lui plaire.
De plus, la succession se fait dans l’ordre où les membres de la famille royale sont nés, avec d’abord les fils du souverain ou, s’il n’a pas de fils, ses filles. Car, à la différence de la France, la loi salique n’a jamais existé en Angleterre (elle avait en France été institutionnalisée pour empêcher Edouard III d’Angleterre d’accéder au trône français), il y a donc eu plusieurs filles qui ont régné.
Les Anglais ont toujours respecté le principe de primogéniture mâle (les garçons sont prioritaires) mais le roi peut décider de son successeur si le Parlement le reconnaît (lorsqu’il ne l’a pas fait, des crises ont bien souvent éclaté: c’est ce qui fut notamment à l’origine de la «Guerre des deux roses»).
La loi de succession est cependant contestée depuis de nombreuses années car elle est considérée comme «discriminatoire». Des Britanniques souhaiteraient qu’elle soit modifiée pour permettre à la fille aînée de devenir reine (même si celle-ci a ensuite des frères).
Bref, difficile dans ces conditions, d’installer un Capétien sur le trône des descendants de Louis XVI.
Autre méthode, qui a nourri nos relations avec notre voisin: faire la guerre
Si la succession est compliquée, une autre solution serait de faire à nouveau la guerre à Grande-Bretagne. Nous nous sommes donc adressés à deux mouvements royalistes, Alliance Royale et Action française, généalogie et arguments en poche, pour tenter de provoquer une nouvelle Guerre de Cent ans.
Les deux mouvements sont d’accord sur un point: un retour à la tête de la monarchie britannique serait «dans la droite ligne de ce qui a toujours été fait», selon Patrick de Villenoisy, porte-parole d’Alliance Royale. «Le Royaume-Uni est en réalité un agrandissement de la Normandie qui est longtemps resté une vassalité du royaume de France», plaisante Olivier Perceval, le secrétaire général d’Action Française.
Mais aucun des deux mouvements n’a de sérieuse vision expansionniste sur le Royaume-Uni. Et quand bien même ils auraient cette idée en tête, ils ne s’accorderaient pas sur qui serait appelé à régner.
Autre méthode: l’amour
Si une loi permettant à la fille aînée de devenir reine entre en vigueur, nos espérances reprennent vie. Cette décision peut paraître anodine, mais en réalité elle est tout à fait intéressante. L’aîné(e) de Kate et William pourrait alors se marier à un(e) Français(e) et nous aurions un prince (ou une princesse) consort à la tête du Royaume-Uni.
Nous avons donc proposé à Jean d’Orléans (fils d’Henri, Comte de Paris) d’encourager son fils Gaston (né en 2009) à se marier avec le premier enfant de Kate et William s’il s’agit d’une fille. Si Kate et William ont un garçon, il faudrait attendre que Jean d’Orléans ait une fille.
De toute façon, Jean nous a expliqué que les mariages arrangés n’existaient plus et qu’il était pour lui «impensable» que son fils aîné devienne prince d’un autre pays: qui alors deviendrait roi de France? Cependant, le fils cadet, si il y en a un, fera bien ce qu’il voudra…
Mais cela commence bien mal, car Jean d’Orléans nous a indiqué ne pas avoir été invité au mariage de Kate et William le 29 avril.
Par ailleurs, si un Français(e) devient prince (ou princesse) il ne sera que «consort» ce qui signifie que les pouvoirs sont aux mains de l’héritier royal qu’il (elle) a épousé.
Il faut donc attendre que ce couple ait des enfants. Celui qui deviendra roi (ou reine) aura alors la double nationalité: la couronne d’Angleterre peut donc revenir à «un(e) Français(e)» dans quelques années.
Fanny Arlandis
L’explication remercie Philippe Delorme, journaliste et historien spécialiste des familles royales. Jean-Philippe Genet, historien médiéviste français, spécialiste de l’Angleterre. Gilles Vergnon, professeur agrégé d’histoire, maitre de conférences en Histoire contemporaine à Sciences Po Lyon. Charles-François Mathis, professeur agrégé à l’université Paris Sorbonne, Paris IV, spécialiste de l’Histoire de l’Angleterre. Olivier Perceval, secrétaire général d’Action française et Patrick de Villenoisy porte-parole d’Alliance royale.
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Mis à jour le 28/04/2011 à 17h19


















































D'autant que Louis XVI n'a aucun descendant vivant à ce jour...!! Si vos contributeurs ont besoin d'explication je me tiens à leur disposition...
Pour parfaire cet article, vous auriez pu également mentionner les ascendants Français de Catherine Middleton, ainsi que ses parentés avec William établies au 15ème degré...
Ah si Léon Zitrone était de ce monde il aurait excellé en la matière...Ce n'est pas Stéphane Bern qui sera capable de reprendre le flambeau, mais il ne fait pas partie de vos contributeurs...
Cordialement
Encore peu entendus, nous voulons abolir cette monarchie britannique devenue folklorique, à la Monaco. Si une partie de nos compatriotes et la totalité des médias, dont les médias français, se délectent devant ce festival de mièvrerie qui est la cérémonie d'aujourd'hui, nous NON!
Bien sûr, comme tout le monde, nous aimons les contes de fées. Ils plaisent aux enfants et aux esprits enfantins mais ça devait rester là. Tout opium est dangéreux.
S'il est vrai que les Britanniques aujourd'hui ont des problèmes bien plus urgents que l'abolition de leur monarchie, il n'empêche pas que cette institution ralentit les changements de société qui s'imposent.
Car la monarchie, même sous sa forme 'showbiz, freine la mobilité sociale et de là le progrès.
Ce n'est pas un hasard que le jeune Premier Ministre Cameron sort de la 'prestigieuse' école privé Eton. La quasi totalité des dirigeants britanniques – parlementaires, chefs d'industrie, financiers et mêmes religieux – ont été éduqués dans les mal nommés 'public schools' – ces écoles privés et couteuses, nids de privilège et de snobisme, dont le principal atout est de fournir la référence et l'accent qui va avec, nécessaires pour réussir un entretien d'embauche ou d'entrée à l'université.
Même les socialistes, suivant l'exemple de Tony Blair, envoient leurs enfants aux 'public schools'!
Une classe dirigeante vouée à une monarchie a peu de chances de fournir aux Britanniques les évolutions qui s'imposent.
Comment voir d'un œil réaliste, par exemple, la participation du pays au développement de l'Europe, dont la Grande Bretagne a autant besoin que ses partenaires, quand on vous rappelle sans cesse notre insularité et la fidélité à une monarchie qui date d'une époque totalement révolue?
Comment assurer un meilleur partage des territoires quand bien plus que la moitié appartient à la famille royale et à son entourage de ducs et de lords?
Comment participer à la défense de l'Europe quand les militaires de tous les rangs jurent obéissance au seul monarque britannique?
Comment respecter les sentiments religieux (sans parler de ceux de nous autres athées et agnostiques) quand la seule religion reconnue par le monarque est l'Église d'Angleterre?
La liste de ces anachronismes est longue.
Je sais que les problèmes de la Grande Bretagne existent aussi dans des républiques européennes, dont a France. Mais les Français peuvent décider autrement dans les urnes s'ils le souhaitent. Les Britanniques non.
Le mariage d'aujourd'hui ne fait qu'enfoncer ce clou. Dommage pour un pays qui a tranché la tête de son roi plusieurs siècles avant que la France décide de le faire!
Je remercierai et féliciterai quant à moi l'auteur de cet article, intéressant, divertissant, et surtout offrant, par les voies de l'imagination et du charme féerique, la possibilité d'oublier tracas et ennuis du quotidien, le temps d'une lecture... N'est-ce pas le but de tout article portant sur un sujet autre que l'actualité.... ?
En réalité, ce système que d'aucuns défendent bec et ongles car abusés par des notions d'histoire très approximatives qu'une Education nationale déficiente leur a inculquées, est totalement vérolé : la Ve République et maintenant la VIe, dernière carotte en date agitée sous le nez des plus naïfs pour leur donner à penser qu'il y a encore une quelconque raison d'espérer en ce régime politique, sont des leurres portant en leur sein les germes de leur incapacité à assurer le bien-être du peuple, car favorisant, jusqu'au sommet de l'Etat, le clientélisme, et érigeant la démagogie en seul mode de gestion du pays. La République est de toute façon condamnée.
En creux vous nous suggérez que seule la monarchie permet d'éviter ces dérives qui nous auraient donc été épargnées jusqu'à l'exécution de Louis XVI. Bien sûr !! La naissance primant systématiquement sur la compétence, la corruption généralisée des élites, récipiendaires héréditaires de charges achetées, la main mise sur les richesses par l'aristocratie, une cour léchant le cul du roi jusqu'à la nausée ... Ce n'est pas du clientélisme.
Les bras m'en tombent ... Je ne regrette pas qu'on ait rangé la guillotine mais je mesure que malgré les excès de la révolution française, il y a encore des têtes ... à claquer plutôt qu'à couper (Cool, les modérateurs, c'est de l'humour ... ;-)
Les monarchies européennes contemporaines évitent-elles les dérives de la mauvaise gouvernance ? Non évidemment puisqu'elles ont toutes des régimes parlementaires qui n'ont laissé aux familles royales qu'un pouvoir symbolique. Quoique ... Il y a encore une Chambre des Lords en Angleterre et M. John Bull ne peut pas y accéder. Un couteux symbole qui dit clairement qu'on naît sujet ou maître et qu'on n'a pas le choix ... Faudra-t-il que les anglais coupent la tête de William et de Kate pour avoir le droit de choisir leur système politique ? Quelle horreur ! Ils sont tellement touchants, beaux, heureux, propres sur eux, bien élevés, simples ... Comment ne pas avoir une larme à l'oeil devant un tel étalage de classe. So british !!
On peut objectivement se poser la question clé : comment sort-on d'une monarchie ? Par référendum ? La bonne blague ! Eh oui ... Seule la république permet aux tenants de la monarchie de restaurer un roi. Il semble que le chemin électoral qui mène au trône de France soit encore long et vous avez identifié le coupable : l'Éducation Nationale, bien entendu.
Peut être que l'Angleterre accorde l'asile politique aux royalistes français ... N'hésitez pas à vous exiler si vous vous sentez trop mal en France. Pour ma part, je suis heureux que Peter Wright nous fasse part de son rejet de ce système fondamentalement et philosophiquement discriminatoire et je lui souhaite la bienvenue dans notre république imparfaite.
Monsieur Philippe Delorme est pourtant journaliste à Point de Vue,franchement son erreur est inexcusable vu les connaissances qu'ils devraient avoir.