Sports

Le Top 5 des plus belles résurrections sportives

Yannick Cochennec, mis à jour le 24.04.2011 à 9 h 17

Niki Lauda, Monica Seles, Lance Armstrong et Alberto Contador, Manchester United ou encore Richard Williams: certains sportifs ont vraiment frôlé la mort et sont revenus au sommet de leur art.

La Résurrection du Christ (1612) / Rubens

La Résurrection du Christ (1612) / Rubens

Dans le langage sportif, il est souvent question de vie ou de mort et de résurrection. C’est même Pâques tous les jours ou presque! Le vocabulaire de la Bible se glisse dans tous les commentaires. Dans les titres des journaux, il est ainsi courant de passer du paradis à l’enfer (et vice-versa). De vivre tantôt un miracle tantôt un calvaire. D’être crucifié à la dernière minute. D’avoir croisé un sauveur, un messie (sans e ces temps-ci) ou d’avoir pu compter sur un Dieu vivant, comme Zinedine Zidane, qui nous permit de fêter Noël en plein mois de juillet 1998.

Les héros vivent et meurent, mais sont éternels. A Pâques ou à la Trinité, l’espoir fait vivre et vibrer le supporter…

Les résurrections des sportifs sont légion, il est vrai. Qu’ils sortent de leur retraite pour reprendre le chemin des stades afin de s’offrir un peu de gloire supplémentaire comme Zinedine Zidane en 2005 ou Michael Jordan en 1995.

Qu’ils reviennent d’une longue blessure pour (re)conquérir le sommet de leur discipline à l’image de Ronaldo, héros de la Coupe du monde 2002 après avoir été opéré deux fois au genou, de David Douillet, champion olympique à Sydney malgré un accident de moto ou de Thomas Muster, champion de tennis autrichien vainqueur de Roland-Garros et n°1 mondial six ans après une très sérieuse blessure à la jambe alors qu’il avait été renversé par une voiture.

Ou qu’ils effectuent une sensationnelle remontée au tableau de score comme l’équipe de football de Newcastle auteure, en février dernier, d’un match nul 4-4 contre celle d’Arsenal qui s’était pourtant envolée 4-0, ou le joueur de golf britannique Nick Faldo, vainqueur du Masters en 1996 alors qu’il comptait six coups de retard sur l’Australien Greg Norman au départ de la dernière journée.

Sans oublier, bien sûr, Liverpool, largué 3-0 à la mi-temps par le Milan AC lors de la finale de Ligue des Champions en 2005 et consacrée au bout du suspense, ou Henri Cochet, vainqueur béni des Dieux du tournoi de Wimbledon en 1927 avoir été mené deux sets à rien et 5-1 par Bill Tilden en demi-finale et s’être à nouveau retrouvé distancé deux sets à rien en finale par Jean Borotra qui aura même la bagatelle de six balles de match!

Evidemment, plus rares sont les destins des sportifs revenus carrément de la mort, ou l’ayant frôlé, pour finalement ressusciter au sommet de leur discipline. De vrais chemins de croix personnels jusqu’à la gloire que nous retraçons ici dans un Top 5 de Pâques avec lequel il est possible de ne pas être d’accord et même de le faire savoir sans pour autant clouer l’auteur au pilori (pas sur la croix) dans les commentaires.

Yannick Cochennec


LE TOP 5

5. Richard Williams

4. Monica Seles

3. Lance Armstrong et Alberto Contador

2. Manchester United

1. Niki Lauda

5. Richard Williams

Richard Norris Williams / domaine public

Vous trouverez le nom de cet inconnu au palmarès des Internationaux des Etats-Unis de tennis (appelés aujourd’hui US Open) qu’il enlève en 1914 et 1916 et de la coupe Davis qu’il gagne en 1925 et 1926. Il est aussi champion olympique de double en 1924.

Quelques années plus tôt, en avril 1912, Richard Williams s’est pourtant retrouvé dans de sales draps, ou plutôt dans les eaux glacées de l’Atlantique, en tant que passager du… Titanic dans lequel il avait embarqué en compagnie de son père qui disparut, lui, dans le naufrage.

Par miracle, Richard Williams, après un séjour de plusieurs heures dans la mer, a été récupéré par le RMS Carpathia dont le médecin de bord a voulu l’amputer sur le champ en raison de l’état de ses jambes littéralement atrophiées et mutilées par le froid. Mais parce qu’il voulait continuer à jouer au tennis, Williams a repoussé cette offre sinistre.

Et moins de trois ans plus tard, il triomphait aux Internationaux des Etats-Unis, se faisant, en quelque sorte, une place au chaud dans l’histoire du sport et du cinéma puisqu’il est aussi l’un des personnages du film Titanic de James Cameron.


LE TOP 5

5. Richard Williams

4. Monica Seles

3. Lance Armstrong et Alberto Contador

2. Manchester United

1. Niki Lauda

4. Monica Seles

A l'US Open en 1998 / REUTERS

C’est un fait sans précédent et qui, heureusement, n’a pas été suivi d’un autre acte aussi ignoble. Le 30 avril 1993, un sportif, une sportive en l’occurrence, est poignardé(e) en plein match! Véritable tentative de meurtre perpétrée lors du tournoi de tennis de Hambourg.

Alors qu’elle dispute son quart de finale contre la Bulgare Magdalena Maleeva, Monica Seles, n°1 mondiale toute puissante à l’époque (elle a 19 ans et a déjà remporté huit tournois du Grand Chelem), s’assoit sur sa chaise lors d’un changement de côté quand, soudain, surgit derrière elle un homme venu du public et qui lui plante un coup de couteau dans le dos.

Seles crie, se lève, titube et tombe sur le court alors que le sang coule sous sa chemise. Son agresseur est maîtrisé et vite identifié. Il s’appelle Günther Parche, se déclare fan de Steffi Graf et avoue avoir agi pour mettre la rivale de sa championne hors d’état de nuire. Celle qui est alors yougoslave a échappé de peu à la mort car la lame s’est presque avérée fatale, à deux centimètres près.

Après avoir sombré dans une profonde dépression, Monica Seles renoue avec la compétition en août 1995 et s’impose à Toronto lors de son tournoi de rentrée. En janvier 1996, elle gagne l’Open d’Australie, son 9e titre du Grand Chelem qui sera le dernier.


LE TOP 5

5. Richard Williams

4. Monica Seles

3. Lance Armstrong et Alberto Contador

2. Manchester United

1. Niki Lauda

3. Lance Armstrong et Alberto Contador

Alberto Contador et Lance Armstrong, Tour de France 2009. REUTERS/Charles Platiau

Ce n’est pas un champion très populaire en France, mais qu’importe le flacon (d’urine) pourvu qu’on ait l’ivresse de cet incroyable destin.

Le 2 octobre 1996, à l’âge de 25 ans, Lance Armstrong apprend qu’il est atteint d’un cancer d’un testicule dans le cabinet d’un urologue d’Austin, au Texas.

Le lendemain, l’ablation du testicule infecté est effectuée au terme de deux heures d’opération, mais la maladie s’est répandue partout, dans l’abdomen, les poumons, les reins jusqu'à ces marques sur les avant-bras et à ces taches détectées aux rayons X, des lésions cancéreuses s’étant attaquées son cerveau. Il a une chance sur deux de s’en sortir.

Il revient à la compétition en février 1998. On connaît la suite, marquée par sept victoires consécutives au Tour de France.  

«Un drôle de miracle», sourient les non croyants en regardant ce Dieu en jaune et qui ne croient pas plus en la sincérité de la résurrection d’Alberto Contador, victime, le 11 mai 2004, sur le Tour des Asturies, d’un œdème au cerveau. Pris de convulsions en cours d’étape, l’Espagnol s’effondre sur la route avant de sombrer dans le coma durant son transfert à l’hôpital. Il reprend sa carrière huit mois plus tard par une victoire sur le Tour Down Under, en Australie, début 2005. Il règne désormais sur le Tour de France.


LE TOP 5

5. Richard Williams

4. Monica Seles

3. Lance Armstrong et Alberto Contador

2. Manchester United

1. Niki Lauda

2. Manchester United

L'horloge commémorant le crash de Munich. REUTERS/Phil Noble

Dans quelques semaines, Manchester United pourrait bien signer un doublé Champions League-Premier League qui n’étonnera personne tant ce club est devenu un mythe vivant… après avoir connu la mort qui l’a hanté pendant tellement longtemps après l’apocalyptique 6 février 1958.

Ce 6 février 1958, l’avion du club mancunien, de retour d’un quart de finale de coupe d’Europe disputé à Belgrade contre l’Etoile Rouge, fait escale à l’aéroport de Munich sous une tempête de neige. Deux fois, l’appareil essaie de décoller, deux fois il échoue jusqu’à cette troisième tentative qui le voit rater son envol et terminer sa course folle dans une maison en bout de piste.

Les cadavres des joueurs Roger Byrne, Geoffrey Bent, Eddie Colman, Mark Jones, Dave Pegg, Tommy Taylor et Liam Whelan sont retrouvés dans les débris alors que Duncan Edwards, autre immense espoir du football britannique, succombera à ses blessures quelques jours plus tard. Quinze autres personnes les ont accompagnés dans la mort dont huit journalistes.

Parmi les survivants, Bobby Charlton, qui gagnera la Coupe du monde avec l’Angleterre en 1966, et Matt Busby, le manager de Manchester United dont la statue trône aujourd’hui au-dessus de l’une des entrées d’Old Trafford, l’antre d’United.

Grièvement blessé dans l’accident, Busby reçoit deux fois l’extrême-onction dans les jours suivants, mais réchappe à la mort. Il n’a alors plus qu’une obsession: permettre à Manchester United d’aller conquérir au plus vite cette coupe d’Europe pour honorer le souvenir des victimes.

C’est chose faite le 29 mai 1968. Manchester United, qui dispute la première finale de coupe d’Europe des clubs champions pour un club anglais, s’impose à Wembley face au Benfica Lisbonne avec en son sein deux des rescapés du crash, Bobby Charlton et Billy Foulkes, et donc Matt Busby qui mourra en 1994 en ayant donc eu trente-six ans de sursis.


LE TOP 5

5. Richard Williams

4. Monica Seles

3. Lance Armstrong et Alberto Contador

2. Manchester United

1. Niki Lauda

1. Niki Lauda

Niki Lauda en 2002. REUTERS/Leonhard Foeger

Le champion automobile de Formule 1 doit se demander encore ce qu’il fait sur cette terre. Pour quelqu’un qui a reçu… l’extrême-onction, il se porte même plutôt bien!

Le 1er août 1976, alors qu’il court le Grand Prix d’Allemagne sur le circuit du Nürburgring, l’Autrichien, champion du monde en titre, perd le contrôle de sa Ferrari lancée à plus de 200km/h et qui part percuter le rail de sécurité avant de s’enflammer au milieu de la piste et d’être percutée violemment par un autre bolide lancé à ses trousses.

Très grièvement brûlé, notamment au visage, Niki Lauda est donc visité par un prêtre dans sa chambre d’hôpital pour l’aider, en quelque sorte, à dire au revoir à la vie.

Trente-neuf jours plus tard, défiguré, l’Autrichien est pourtant au départ du Grand Prix d’Italie à Monza où il finit 4e. Cette année-là, il manque même, de justesse, le titre de champion du monde remporté en 1976 par le Britannique James Hunt. En réalité, il abandonne carrément sa couronne à son adversaire lors du dernier Grand Prix, au Japon. Tétanisé par la peur à cause des trombes d’eau qui tombent sur le circuit nippon, il préfère renoncer au bout d’un tour.

Mais il redeviendra champion du monde en 1977 alors que Ferrari l’a gentiment rétrogradé (la charité n’est jamais bien ordonnée en Formule 1) comme deuxième pilote derrière l’Argentin Carlos Reutemann.

La résurrection devient une habitude pour lui puisque après avoir pris sa retraite en 1979, il décide de réintégrer les paddocks en 1982. Et en 1984, il s’offre un troisième titre mondial aux dépens d’Alain Prost pour un misérable demi-point qui tient… du miracle –encore un!   

Yannick Cochennec


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2. Manchester United

1. Niki Lauda

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