Les plus belles conneries de Berlusconi
[INFOGRAPHIES] De 2000 à 2011, Silvio Berlusconi a proféré 54 bêtises mémorables. Un petit panel de ses prouesses.
- President Luiz Inácio Lula da Silva met President of the Council of Ministers Silvio Berlusconi at the Windsor Hotel Tōya Resort and Spa in Tōyako Town, Abuta District, Hokkaidō on July 9, 2008, Ricardo Stuckert/PR, wikimedia. -
«J’ai découvert ce qu’est le point G des femmes... c’est la dernière lettre de shopping»,
déclarait le 3 novembre 2007 Silvio Berlusconi, lors d’une foire à
Vérone. La blague sexiste n’est ni la première, ni la dernière boutade
de l'ex-président du conseil italien, qui a fait le bonheur de la presse internationale à chaque meeting. Si sa démission du poste de président du Conseil samedi 12 novembre a été fêtée dans les rues de Rome, ses gaffes manqueront aux journalistes et amateurs de vidéos cocasses du monde entier. Rendons
hommage aux inimitables Berlusconneries en chiffres et en graphiques.
En
sondant notre mémoire et la presse, nous avons recensé 54 bêtises mémorables (pour un panorama complet, voir la carte en fin d'article). Voici un petit panel de ses prouesses, qui se répartissent en 8 catégories.

Typologie des Berlusconneries
L'ex-président du Conseil italien semble avoir un penchant pour les blagues sexistes, qui représentent 24% des berlusconneries, à égalité avec les gaffes en tous genres. Les Italiennes sont les premières visées: elles sont tellement belles, qu’empêcher les viols en Italie serait une mission impossible «même dans un Etat policier». «Il faudrait trop de soldats. Il y a tellement de belles filles italiennes que cela ne sera jamais possible!» Mais les étrangères ne sont pas épargnées: en voulant rendre hommage à Margaret Thatcher, Berlusconi déploie un argumentaire des plus chevaleresques:
«Elle est une belle chatte.»
Silvio Berlusconi semble ensuite chérir les attaques et autres insultes contre ses adversaires politiques, qui représentent 19% des boutades présidentielles.
En ce qui concerne les insultes contre ses adversaires on trouve, en première ligne, les juges italiens, auxquels Silvio Berlusconi s'en est pris régulièrement. Ils sont ainsi tour à tour des «métastases de la démocratie», «une association de malfaiteurs au sein de la magistrature qui cherche à renverser les résultats électoraux», et forment un «parti des juges de gauche».
La gauche
Le deuxième bouc émissaire du Cavaliere est, bien évidemment, la gauche, qui a fait l’objet de commentaires peu élogieux. Berlusconi déclare ainsi «avoir trop d'estime pour l'intelligence des Italiens pour penser qu'ils sont suffisamment couillons pour voter contre leurs propres intérêts (sous-entendu à gauche)».
Sans parler des communistes, bête noire qu'il a régulièrement fustigé. Sous la forme de maximes lapidaires: «L'anticommunisme est avant tout un devoir moral», ou en revisitant l’histoire chinoise:
«Lisez Le livre noir du communisme et vous découvrirez que dans la Chine de Mao, ils ne mangeaient pas les enfants, mais les faisaient bouillir pour fertiliser les champs.»
Les boutades et gaffes du Cavaliere ne passent pas que par les mots. Faut-il rappeler cette rencontre des ministres européens à Càceres, en Espagne, où Berlusconi fait les cornes à son homologue espagnol? Ou cette conférence de presse avec Vladimir Poutine, où le chef du gouvernement italien mime une mitraillette après qu’une journaliste pose à son homologue russe une question dérangeante? Ou alors ce sommet de l’Otan, où Berlusconi a eu le malheur de snober la chancelière allemande Angela Merkel?...
Les étrangers
Enfin, on trouve les clichés sur les étrangers (comme la fameuse remarque sur un Obama «jeune, beau et même bronzé»), les marques d'un ego surdimensionné («Je suis le Jésus-Christ de la politique, une victime, patient, je supporte tout, je me sacrifie pour tout le monde»), les remarques homophobes («il vaut mieux avoir la passion des belles femmes qu'être gay») et les blasphèmes (il termine une blague par un juron).
Mais parfois, les sorties de Berlusconi visent tellement de cibles à la fois qu’il est difficile de les classer...
Devant des jeunes diplômés de l’université de la Sapienza, Silvio Berlusconi raconte une blague «coquine», la plus «chaste» de son répertoire, prévient-il avant de se lancer:
«Un Italien apprend à un Allemand comment séduire une belle femme. “Prends une coupe de champagne et verse-lui… là où on ne peut pas dire… devant, puis tu lui suces par en dessous.” “Très bien, magnifique, répond l’Allemand (que Berlusconi imite avec un accent à couper au couteau). C’est possible de le faire avec de la bière?”»
Face au silence embarrassé du public, le président du conseil italien s’excuse: il a dû «nettoyer» la blague, bienséance oblige, «avant elle était beaucoup plus drôle».
Où, et quand, Silvio Berlusconi a-t-il déclamé ses mémorables perles?

C’est souvent lorsque ses propos sont le plus susceptible d’être
relayés que l'ex-président du conseil italien se lance dans les
déclarations les plus farfelues. Ainsi, la plupart des farces
berlusconiennes ont été dites face à la presse (dans 31% des cas), ou à l’étranger (dans 20% des cas). C’est ensuite devant les membres de son parti, les
syndicats et corps de métier, devant des étudiants (6%), et en campagne pour les élections (9% des cas) que Silvio
Berlusconi semble le plus à l’aise.
Quant
aux dates de prédilection du Cavaliere, il semblait particulièrement en
forme en 2006, mais surtout en 2009. Si 2010 était aussi une bonne année, Berlusconi a semble-t-il décidé de finir sa carrière en beauté avec déjà 10 perles en 2011. Reste à savoir si ses blagues et autres bourdes feront encore le tour du monde maintenant qu'il n'est plus aux commandes de son pays.
Retrouvez l'ensemble des Berlusconneries sur cette carte. Cliquez sur les points pour découvrir les déclarations du Cavaliere.
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Margherita Nasi et Grégoire Fleurot
Infographies: Margherita Nasi, Grégoire Fleurot, Fred Hasselot et pour la carte Clément Larrivé (adaptation du projet HistoNet)
Mise à jour du 15 novembre 2011: les statistiques ont été actualisées pour prendre en compte l'année 2011 jusqu'à la démission de Silvio Berlusconi. Le texte a également été adapté en fonciton.
Mis à jour le 15/11/2011 à 15h36
















































La cuisine italienne est assez largement appréciée dans le monde entier,et ce peuple a encore bien d'autres talents...le "british sense of humor" a la réputation d'être, lui aussi, parfois un peu hermétique !
Il serait intéressant de connaître les résultats de sondages pour mesurer le pourcentage d'italiens et d'italiennes que Mr Berlusconi fait rire. Et comme l'on sait que les gens sont parfois un peu gênés de répondre, une première indication : par des votes émis dans le secret des isoloirs, cet homme a été plusieurs fois élu et réélu tout à fait démocratiquement !
L'homme en lui même ne m'intéresse pas, il est simplement pitoyable. Je cherche plutôt à comprendre les italiens : une caractéristique incontestable de ce pays est que l'Église catholique y exerce une influence plus forte que chez ses voisins européens. Les excès de nos amis transalpins s'expliquerait ils par la fureur et les frustrations engendrées par les théories et principes moraux rétrogrades de cette "secte qui avait réussit" et qui arrive à se maintenir un peu plus en Italie qu'ailleurs...?
Par ailleurs j'aimerais bien qu'on m'explique en quoi cette phrase serait antisémite : «Mussolini n'a jamais tué personne! Tout au plus, il se contentait d'envoyer des opposants en vacances...». Tous les opposants de Mussolini n'étaient pas Juifs que je sache.
Mais je lui trouve 2 grandes vertus: - Il n'endette pas les italiens (budget équilibré avant les intérêts de la dette, contractée par les précédents gouvernements). - Il oblige la gauche à moraliser sur les moeurs, ce qui me fait toujours bien rire (surtout de la part de partisans de DSK)
Personnellement, sans être insensible au ridicule de Burlesconi, je trouve qu'avoir imposé la RTT en croyant créer ainsi des emplois est infiniment plus stupide, ridicule et c... que toutes les co...ies queBurlesconi a jamais dites.
L'emploi et les 35 heures: http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2011/01/06/la-france-des-35-heures-championne-des-creations-demplois/
Plus ridicule (et surtout plus coûteux que Berlusconi) ne serait-ce pas plutôt la défiscalisation des heures supplémentaires, http://www.lefigaro.fr/entreprise/2010/10/18/05011-20101018ARTFIG00635-heures-sup-gagner-plus-en-travaillant-autant.php ou la baisse de la TVA dans la restauration en pleine crise de la dette?
Réglé très importante en économie : le rationnement de l'offre, en plus d'appauvrir la population, ne crée par d'emplois (quoiqu'en dise cet article partisan de l'Immonde. Mais je reconnais que pour un journal subventionné, on ne peut pas en espérer mieux)
"Plus ridicule (et surtout plus coûteux que Berlusconi) ne serait-ce pas plutôt la défiscalisation des heures supplémentaires [...] ou la baisse de la TVA dans la restauration en pleine crise de la dette?"
Autre règle très importante : Même si le biais cognitif consistant à confondre baisse de recette et hausse des dépenses est courant de nos jours, il n'en reste pas moins un biais cognitif, insinué par les politocards et les médias (peut-être pour habituer le moutontribuable à la spoliation fiscale qui s'annonce, c'est que ça coute cher le champagne et les petits fours)
Cordialement, Grégoire Fleurot - Slate.fr