Jeunes: le pessimisme des Français contre l'enthousiasme des Américains
Le côté «you can do it!!!» des Américains est souvent caricaturé, mais la machine à casser les destins française mérite tout autant d'être critiquée.
- Une étudiante de NYU fête son diplôme à New York, le 10 mai 2007. REUTERS/Shannon Stapleton -
Les jeunes Français sont «pessimistes», «mal partis» et mal aimés dans leur pays. Les articles et les études à ce sujet ont défilé dans la presse cet hiver. Comment expliquer cette déprime de la jeunesse? Le chômage et la précarité sont des facteurs essentiels bien sûr, mais il y a également un aspect culturel de ce malaise qui devient évident quand on se confronte à une autre approche.
Lorsque après vingt-cinq ans en France, on part vivre aux Etats-Unis, la différence entre les attitudes envers les jeunes dans les deux sociétés saute aux yeux. On caricature beaucoup l’esprit positif et hyper enthousiaste («you can do it!») des Américains, mais les conséquences de la critique à la française méritent aussi d’être examinées.
Les jeunes Français se sous-estiment, disent facilement «je suis nul», et ne sont pas toujours encouragés dans leurs ambitions. De son côté, la culture américaine crée des jeunes ambitieux, parfois jusqu'à l’arrogance, qui surestiment souvent leurs capacités, et sont à l’aise pour parler en public.
L'Amérique du «moi»
Dans les années 1970, l'Amérique est passée par ce que l'écrivain Tom Wolfe a appelé «la décennie du moi», où chacun était sommé de se «trouver», de «s'exprimer», de «réaliser son potentiel». C'est aussi à ce moment que plusieurs études psychologiques dans les écoles ont montré que les attentes positives des enseignants avaient un effet favorable sur les jeunes (alors que l’anticipation de l’échec pouvait contribuer à le provoquer).
En bref, lorsqu’un parent ou un enseignant est très encourageant, l'enfant a tendance à être plus confiant. Cette idée a inspiré la pédagogie américaine, et a été poussée un peu trop loin nous le verrons, alors qu'en France son influence est restée bien plus limitée. Au pays de Descartes, il semble que le doute et la critique soient vus comme les seuls moyens d'atteindre l'excellence.
La divergence commence tôt. Des études de 2006 montrent que les Français de dix ans interrogés sous-estimaient leur capacités en lecture par rapport à la réalité. Ils étaient bien moins «nuls» que ce qu’ils pensaient. A l’inverse, les Américains de 13 ans, selon une étude citée dans le livre de 2009 The Narcissism Epidemic (L'Epidemie de narcissisme) surestiment leurs capacités en mathématiques, et trois lycéens sur quatre se disent «satisfaits d'eux mêmes».
De plus, les jeunes Américains sont très tôt encouragés à avoir des responsabilités et un rôle actif dans la communauté: magazines de lycée, prise de parole en public, levées de fonds pour des projets extrascolaires, volontariat, petits boulots, discussions personnelles avec les professeurs, etc. L'effet de ces initiatives est de réduire la distance hiérarchique entre jeunes et adultes, ainsi que de favoriser le sentiment qu'il est possible d'avoir un impact concret sur les choses.
Pas de Zuckerberg français
A 11 ans, le petit Damon Weaver a interviewé le président Obama à la Maison Blanche pour le journal télévisé de son collège, et en 2008 le rédacteur des discours d’Obama avait 27 ans. «A 30 ans, êtes-vous trop vieux pour créer une entreprise?» demandait récemment le site Gawker. La question était suivie d’une liste des grands succès de la Silicon Valley: Facebook fondé par un jeune de 19 ans, 20 ans pour Microsoft, 21 pour Apple, 25 pour Google, et 26 pour Yahoo et Skype. Pour les investisseurs américains, il n’est jamais trop tôt pour traquer un petit génie sur son campus, et le manque d'expérience est même vu comme un atout en matière de créativité.
Il y a aussi, il est vrai, une petite coterie d'entrepreneurs français de moins de 30 ans, notamment dans les start-up comme Deezer et Leetchi. Il n'en demeure pas moins que l'idolâtrie du diplôme n'encourage ni les parcours atypiques, ni la prise de risque. Il y a quelques mois, le magazine L'Etudiant tentait de comprendre «ce qui empêche aujourd’hui d’avoir un Zuckerberg français». Les étudiants interrogés, souvent issus d’écoles de commerce, évoquaient le formatage des classes préparatoires, et le peu d’encouragement à se lancer dans des projets extrascolaires. Avant d’imposer ses idées, le jeune attend d’être initié.
La machine à casser des destins française
Le manque de flexibilité des parcours et le sentiment qu'il faut passer par des cases obligées n'encouragent pas l'état d'esprit du tout est possible. Dans le livre Les jeunes Français ont-ils raison d’avoir peur?, le sociologue Olivier Galland, explique que l'obsession du diplôme crée un sentiment d'impuissance, l’impression que tout est déterminé à 18 ans si vous êtes entrés (ou pas) dans telle ou telle grande école. Il cite une enquête de la Fondation pour l'Innovation Politique selon laquelle «les Français sont les moins nombreux des pays occidentaux à penser qu'ils ont une liberté et un contrôle sur leur avenir». Et les adultes ne les encouragent pas toujours à voir les choses autrement...
Dans son récent livre Lunch in Paris, l’expatriée américaine Elizabeth Bard raconte l'anecdote suivante. Quand il avait 16 ans, son mari français a été voir sa conseillère d’orientation, et lui a annoncé qu’il voulait être soit chercheur scientifique, soit réalisateur de film. «Ah non, tu n’y arriveras jamais», avait rétorqué la dame. Scandale! Pour Bard, ce type de réponse est inconcevable. «Est-ce que je veux vraiment élever mes enfants dans un pays où la première réponse à toutes les questions semble toujours être non?» se demande-t-elle. S’agit-il de réalisme justifié, ou d’incapacité à encourager les ambitions de la jeunesse?
«La société française fonctionne comme une gigantesque machine à casser des destins», écrit Olivier Galland dans le livre cité plus haut. De manière un peu inhabituelle, il n’accuse pas un projet politique particulier, qu’il soit de droite ou de gauche. Pour lui, la situation est avant tout «le résultat d’une réalité systémique et culturelle» qui n'évolue pas avec l'alternance politique.
Ambition contre révolte
Il semble que ce qui remplace l’ambition dans les esprits français, c’est l’idéalisation de la révolte. Suite à un article dans le Nouvel Observateur sur les statistiques du pessimisme précoce, des jeunes bloggueuses appelaient les jeunes à réagir, notamment en hackant des sites du gouvernment ou en luttant contre les panneaux publicitaires.
Qu’est-ce qui est plus épanouissant, protester contre des projets, ou mener à bien des projets personnels? Les deux ne sont certes pas incompatibles, mais la première voie semble survalorisée en France. Dans la conversation médiatique, on entend parfois ce type de commentaire: «Regardez, les jeunes ont une opinion, ils sont actifs et engagés, la preuve, ils manifestent!» En découle l’impression que c’est la seule façon pour eux d’exister.
Face à la réticence à encourager l’ambition, l’écueil américain est l’enthousiasme sans rigueur. L'aisance avec laquelle certains jeunes Américains pratiquent l’auto-promotion constante peut être pénible. De nombreux observateurs pensent que leur société est allée trop loin dans l’encouragement positif, notamment à l’egard de la génération née après 1980.
Plusieurs livres récents vont dans ce sens, particulièrement The Narcissim Epidemic, écrit par deux chercheurs en psychologie, et Battle Hymn of the Tiger Mother (L’hymne guerrier d’une mère tigre), un best seller dans lequel une maman d’origine chinoise vante les mérites de l’éducation à la dure, sans patience pour le renforcement de l'estime de soi prêchée par ses voisines.
Les deux livres évoquent avec horreur une société qui a encouragé la confiance en soi jusqu'à l’absurde. Des enfants en maternelle à qui l’on fait chanter tous les matins «je suis unique, je suis spécial», des ouvrages aux titres évocateurs tels le Guide pour les filles qui veulent apprendre à s’aimer: Un livre pour tomber amoureuse de la personne la plus importante…vous! Certains parents n’osent plus contredire leurs enfants de peur de «saper leur confiance en soi», et certains vont jusqu’à créer des matchs de sport sans vainqueur ni perdant, car il ne faudrait pas que les enfants «soient malheureux d’avoir perdu».
Un soupçon d’autocritique serait donc bienvenu au pays de l’enthousiasme débridé, tout comme une bonne dose de «you can do it!» ne ferait pas de mal en France, où être très enthousiaste, c'est souvent risquer d'être pris pour un idiot naïf. N'ayez pas peur d'avoir l'air un peu exalté ou immodeste, vous aussi, vous pouvez positiver comme les petits Américains… yes you can!
Claire Levenson
Mis à jour le 20/04/2011 à 8h36
















































Je travail aussi dans le web, néanmoins, un secteur où je pense qu'il vaut mieux avoir une attitude "yes I can" que "j'aime pas ce qu'il/elle fait donc je vais le/la démonter". Il faut avoir confiance en soi pour lancer un projet dans un milieu qui change chaque minute et être prêt à réadapter. Un bon exemple récent (FRANCAIS) que je dirais est Cyril Paglino de Wizee. Même pas 25 ans, il a déjà lancé sa boîte et su profiter de son réseau pour créer un projet qui ne connaît même pas de parallèle aux Etats-Unis.
Mes parents m'ont toujours encouragé de faire ce que je voulais faire, et du coup j'ai grandit avec l'esprit que je m'en fiche de ce qu'on me dit (plus ou moins). Si j'ai en tête que je vais faire quelque chose, je vais le faire. A fond. Pour l'instant j'ai l'impression que c'est plutôt apprécié..
En tout cas merci pour cet article, ça tombe au bon moment!
La JOC vient de publier une enquête en partenariat avec l'institut CSA où plus de 6000 jeunes ont été interrogés.
Elle révèle notamment un enthousiasme et un optimisme important des jeunes pour leur avenir (beaucoup moins pour l'avenir de la France)
Vous trouverez tous les résultats de cette enquête sur: http://joc.asso.fr/actualite/enquete-joc-csa-les-resultats-complets-de-l-enquete-440.html
Après 8 ans en Amérique du Nord (Canada/USA) et beaucoup de discussions autour du sujet, c'est aussi la lecture que j'en ai. Ma conjointe canadienne est _hallucinée_ par le rapport aux diplomes dans le milieu pro en France, par rapport aux réalisations notamment. Le bouquin de Galland semble intéressant, merci de la référence.
Comme tu l'écris, et comme @MichelleChmielewski le note, il y a des entrepreneurs jeunes et innovants en France ... Que l'on fait beaucoup mousser parce qu'ils sont peu nombreux. Le défi vient du nombre ... Statistiquement plus il y a d'essais et plus il y aura de réussites .... Mais aussi d'échecs ... ET TANT MIEUX ! La relation à l'échec pro est aussi quelque chose à travailler en France à mon avis ... Mais cela va avec la prise de risque que tu évoques ...
Bref, encore merci pour l'article et au plaisir de lire le prochain.
Je rejoins les commentaires soumis par Michelle et Beijaflor sur la question culturelle. Etant moi-même entrepreneur (née d'un beau mélange de cultures), et grande utilisatrice de la ligne PAR-NYC, il est vrai que les différences d'éducation sont énormes voir même antinomiques.
A mon échelle je l'observe souvent auprès les jeunes diplômés rentrant en fonction dans les entreprises. L'attitude est considérablement différente et exagérée de part et d'autres. Toutefois, le reproche qui pourrait être fait aux 'éducateurs et parents' Français c'est de ne pas avoir essayé d'évoluer et de casser les frontières d'une culture très élitiste voir carrément peu flexible à laquelle eux mêmes furent soumis.
Aux Etats Unis, malgré les remontrances sur un "trash system" difficilement rattrapable comme évoqué par bon nombre d'auteurs américains, leur atout majeur est de toujours tenter de repousser les limites ou tout du moins d'évoluer : il n'y a qu'à remonter plus loin dans le temps pour dire que les pionniers des Etats Unis étaient tous là pour retrousser leurs manches quelques soient leurs origines ou leurs éducations.
En France, nous observons ce retard partout et notamment sur les médias sociaux, qui sont une parfaite représentation du monde réel et de l'adoption des outils de demain : Gregory Pouy l'a d'ailleurs bien souligné dans sa note http://gregorypouy.blogs.com/marketing/2011/04/la-france-et-les-m%C3%A9dias-sociaux-un-probl%C3%A8me-culturel-.html
Il va peut être falloir commencer par s'écouter les uns les autres et accepter la notion du partage sans forcément vouloir toujours tout faire seul, et cela commence - c'est vrai - par arrêter de monter en compétition les élèves dans les classes et d'accepter les qualités et les défauts des uns des autres.
Pour les Etats Unis, certaines écoles comme Harvard ou Yale évoquent désormais des cours sur l'échec...En France il va falloir attendre encore quelques décennies le temps que les jeunes entrepreneurs Français se cassent les dents sur les méfaits d'une administration "rigido-juridico-culturelle". Comment peut-on réellement avancer si à chaque étape nous devons consacrer notre énergie pour résister et subir au lieu de consacrer cette même énergie à développer. Même si lorsque je lis les chiffres toujours plus mirobolants et limites irréels des carcans américains, je me dis qu'il y aura encore de nombreux Justin Bieber et des Marc Zuckerberg...
Admirable article d'autre part. Bravo!
Je pense à ce livre de Peter Gumbel que je viens de terminer, "on achève bien les écoliers". L'auteur passe en revue les structures de l'enseignement en France. Il pointe du doigt le pessimisme des élèves et la peur de l'échec scolaire; ainsi que les méthodes ancestrales d'éducation, où beaucoup de profs sont, ou trop rigides, ou complètement laxistes.
Claire, je trouve votre article, tres pertinent et bien ecrit. Cela me parle! :-)
Au quotidien j'essaies egalement de suivre la voie du milieu: un peu d'esprit critique a la francaise et de l'optimisme a l'americaine. La route est longue...-)
En tout cas merci pour cette interessante perspective.
PS: desole Moliere pour le manque d'accents, clavier americain oblige!
Musicalement,
Eric John Kaiser "French Troubadour" http://www.ericjohnkaiser.com
Et il bien vrai que notre chère France, n'a pas su pousser les jeunes (diplômés ou non), à se lancer. Je crois que la vision de l'échec en est pour beaucoup la cause. Sans stigmatiser, il nous aura fallu attendre la récente Fail Conf de Techcrunch FR pour appréhender le sujet en France, alors que l'échec fait parti du processus de réussite outre-atlantique.
Nous pourrions aussi citer Milun Tesovic comme très jeune entrepreneur successful. Fondateur de metrolyrics.com à 16 ans, Milun (encore étudiant à ce jour) est à la tete du 3ème plus gros site de musique au monde avec pas moins de 45 Millions de visiteurs uniques par mois et aucune levée de fonds !
Merci de nous avoir cité, petite précision, leetchi.com s'écrit leetchi et non leetchee :)
Céline
Enfin bon... Je finirai par une question: Que fera t on quand tous les jeunes diplomés entrepreneurs partirons à l'étranger? qui payera l'assistanat des uns?
Va falloir changer de mentalité, celle ci nous tue...
Quand vous sous-titrez "La machine à casser des destins française" les mots ne sont pas exagérés, je voudrais apporter mon petit témoignage en ce sens.
A l'age de 25 ans j'ai (enfin) trouvé le métier qui me plaisais, j'ai entrepris une formation dans ce métier avec un relative enthousiasme. Je précise que mon parcours était un peu atypique comparé aux personnes qui travaillent dans ce secteur. Déjà au cours de ma formation et plus encore par la suite lorsque j'ai travaillé en tant que salarié je me suis rendu compte que le mot d'ordre était : "Dans 10 ans tu auras ton mot à dire, mais pour l'instant tais-toi et adoptes notre manière de penser et de faire". Aucune initiative ou pensée autonome n'était encouragé et pire encore elles étaient élément de mise à l'écart. Après 3 années de travail et bien que ce métier me plaise plus que tout autre, j'ai abandonné. J'ai préféré privilégier ma santé psychique et mes valeurs personnelles plutôt que d'adopter des mentalités qui n'était pas en accord avec ce que je suis.
La claque fut grande tant je pensais ces mentalités disparues depuis quelques siècles. J'en garde un goût profond d'amertume, et une bien piètre confiance en la société française.
Merci pour votre article.
Les étudiants en informatique pourront vous répondre : on en parle tous les jours dans les couloirs. Aucune liberté, cours rigides (et pas toujours à jour), et surtout les normes nationales imposant un volume horaire de cours et de notions à acquérir qui tendent à créer des ingénieurs "formatés".
Mais d'un autre côté, Zuckerberg a sérieusement mis de côté ses cours au début de Facebook...
Désolé de refroidir un peu votre enthousiasme... La situation de la jeunesse française est épouvantable, et si les USA peuvent les faire rêver, même ceux qui n'ont aucun moyen d'y aller, il faudrait peut-être leur laisser ce petit rayon de bonheur...
Il y a certes quelques "Golden Boys", mais on dit aussi qu'il y a plus de jeunes Afro-Américains dans les prisons d'outre-atlantique que dans les universités ! Quant au "Yes, we can" de Mr Obama, il est pour l'instant complètement en panne...Il faut lui souhaiter une meilleure majorité parlementaire et un deuxième mandat nettement plus "successful" !
Désolé de refroidir un peu votre enthousiasme... La situation de la jeunesse française est épouvantable, et si les USA peuvent les faire rêver, même ceux qui n'ont aucun moyen d'y aller, il faudrait peut-être leur laisser ce petit rayon de bonheur...
Il y a certes quelques "Golden Boys", mais on dit aussi qu'il y a plus de jeunes Afro-Américains dans les prisons d'outre-atlantique que dans les universités ! Quant au "Yes, we can" de MrObama, il est pour l'instant complètement en panne...Il faut lui souhaiter une meilleure majorité parlementaire et un deuxième mandat nettement plus "successful" !
Pour ma part je pense que les jeunes Français actuels croulent sous la génération de leurs parents, celle des soixante-huitards, qui ne ratent jamais une occasion de rappeler comment ils se sont opposés à l'Etat et fait de grandes choses. La suite logique du raisonnement ci-dessus est que les jeunes d'aujourd'hui ne seront jamais à la hauteur de leurs illustres ainés. Pour motiver les jeunes, il y a quand même mieux! Par ailleurs, cette même génération qui se flatte des avancées qu'elle a pu obtenir, omet sciemment de mentionner le fait qu'aujourd'hui qu'elle s'est considérablement embourgeoisée, qu'elle vit confortablement... parfois au détriment des jeunes, poussés vers la précarité!
C'est l'attitude de tous les adultes en France qui doit changer. Malheureusement j'ai pu observer ce phénomène dans d'autres pays aussi... on a l'impression que dans ces pays, rabaisser les jeunes et les enfants et leur rappeler constamment qu'ils ne seront pas à la hauteur est un sport national! Attitude qui, il me semble, existe très peu aux Etats-Unis.
"Les étudiants interrogés, souvent issus d’écoles de commerce, évoquaient le formatage des classes préparatoires, et le peu d’encouragement à se lancer dans des projets extrascolaires." Tiens, je me souviens du patron d'une grande boîte qui fabriquait des vêtements. Il n'avait aucun diplôme, il avait tout appris sur le tas. Il disait que souvent ceux qui étaient issus des écoles de commerce réussissaient moins bien. Pourquoi ? Parce qu'on leur apprenait les risques du métier et que ça rendait trop prudent. Lui-même affirmait d'ailleurs qui s'il avait su dans quoi il se lançait, il n'aurait jamais fait ça. Pourtant il a réussi, il a donc eu raison de foncer. Il faut croire qu'il vaut mieux parfois être irréaliste. Et si jamais ça rate, ben tant pis quand on tombe on se relève. Après tout l'expérience est le meilleur professeur.
La perspective du bouquin de Roudault est celle des expatriés français des années 2000. Il ne s'agit plus des nantis qui étaient complètement pris en charge par leur entreprise et qui vivaient à l'étranger avec cette condescendance colonialiste. Il s'agit de gens souvent jeunes représentant un spectre beaucoup plus large de la population, qui partent pour trouver à l'étranger ce qu'ils ne trouvent pas en France. Un exemple particulièrement intéressant est celui des français issus de l'immigration qui partent à l'étranger pour y être considérés comme d'authentique français, ce qu'ils n'éprouvent jamais en France, tant la déconsidération qu'ils subissent est grande.
Un autre ouvrage intéressant pour alimenter ce sujet est "On achève bien les écoliers" de Peter Gumbel, livre déjà cité dans les commentaires.
Enfin un autre livre qui jette une lumière crue sur les problèmes créés par une éducation qui privilégie la confiance des écoliers américains est "Generation Me" de la sociologue Américaine Jean Twenge.
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