Le programme économique du FN par ceux qui l'ont «inspiré»
Pour appuyer son programme économique, Marine Le Pen se réclame des travaux d’économistes reconnus. La plupart critiquent durement son projet.
- Fonderie d'or en suisse, en 2008. REUTERS/Arnd Wiegmann -
Le 8 avril, Marine Le Pen présentait les grandes lignes de son programme économique pour 2012. «Il ne sera plus justifié de le qualifier de “fantaisiste”, “simpliste”, “ringard”, ou de je ne sais quel adjectif péjoratif», a-t-elle assuré, confirmant son intention d’élargir «l’expertise» du parti à d’autres thèmes que l’immigration et la sécurité.
Mesure principale de ce projet: la sortie de l’euro, le retour au franc national et la mise en place d’un protectionnisme économique. Pour appuyer son propos, la présidente du FN ne manque jamais de se prévaloir des travaux d’économistes reconnus, dont l’analyse de la situation rejoindrait la sienne. Mais est-ce vraiment le cas? Slate.fr a contacté la plupart de ces experts. Résultat: si le diagnostic de certains d’entre eux recoupe effectivement celui du Front national, pratiquement aucun n’adhère aux solutions proposées par le parti.
Christian Saint-Etienne: «Un suicide économique»
Professeur d’économie au Conservatoire national des Arts et Métiers, membre du Conseil d’analyse économique, Christian Saint-Etienne est irrité de voir son nom associé au FN. «Je me fous de ce parti», déclare-t-il avant d’accepter l’entretien:
«Sortir de l'euro serait suicidaire, prétendre le contraire est d'une stupidité sans nom. Notre dette, libellée en euro, exploserait. Un pays fort, comme l'Allemagne, peut se le permettre. Pas la France, avec ses 4 points de déficits extérieurs, ses 4 millions de chômeurs, son modèle basé sur la consommation et les loisirs quand celui de l'Allemagne se fonde sur l'industrie et les exportations. Certes, en l'état, l'euro n'est pas viable. On n'a pas fait les bons choix au départ. Aux Etats-Unis, les différences entre États sont compensées par l'Etat fédéral. Une fédéralisation de la zone euro, à 9 ou 10, serait ma solution préférée. Mais ce n'est évidemment pas l'analyse de Madame Le Pen.
Il serait tout aussi stupide de sortir de la loi de 1973: cela impliquerait de l'annuler elle, mais aussi le traité de Maastricht. Sortir de l'euro et de l'Europe, c'est aller vers une “albanisation” de la France. Quant à racheter la dette par émission de monnaie, comme le propose le FN, c'est préparer l'hyper-inflation et la banqueroute. Marine Le Pen se rend-elle compte du niveau de nullité de son programme?»
Jean-Luc Gréau: «Je ne veux pas d’une sortie de la zone euro»
Entre cet ancien expert au Medef, qui se place lui-même «au centre de la droite», et Marine Le Pen, pas grand-chose de commun a priori. D’autant qu’il explique n’avoir «jamais pris position publiquement pour la sortie de l’euro»:
«Je n’ai eu aucun contact avec Marine Le Pen, et, que je sache, elle n’a pas cherché à en avoir avec moi. Sur le fond, un éclatement de la zone euro serait un désastre économique. Ces pays verraient leur dette publique massacrée. Les plus forts, comme l’Allemagne, verraient se fermer leurs débouchés dans le reste de la zone. Je plaide plutôt pour une dévaluation de l’euro. Ensuite, si le FN dit que, économiquement, l’Europe est une passoire, nous sommes d’accord. Il faut des protections commerciales. Mais il n’est pas pertinent de s’en tenir à une protection aux frontières nationales. Il faudrait s’y mettre à 3 ou 4 pays européens.
Globalement, son discours me paraît tout de même un peu moins incongru que celui de son père. Il garde quand même un côté patchwork, avec des éléments de gauche, comme la sacralisation de la protection sociale, mais aussi l’accord par branche sur le temps de travail, qui était une position du Medef!»
Philippe Simmonot: «Je ne suis pas souverainiste»
A la différence de ses pairs, Philippe Simmonot a été directement approché par Marine Le Pen. «Je lui ai donné une consultation sur l’étalon-or», déclare ce docteur en sciences économiques à Paris X, refusant d’en dire plus sur le contenu de la rencontre. Le programme économique du FN fait effectivement référence au retour à un étalon métallique. Mais pour le reste, pas grand-chose de commun entre la pensée de l’économiste et celle de la présidente du FN:
«Je ne suis pas souverainiste, je suis même à l’opposé: pour moi, la monnaie n’est pas un attribut régalien. Je suis pour une sortie de l’euro, mais pas pour un retour au franc, à la souveraineté monétaire, à l’inflation. Ce serait une régression complète. Il faut une monnaie authentique, acceptable par tout le monde. Et la seule monnaie universelle, c’est l’or, ou l’argent pour les dépenses moins importantes.
Je dis que si l’euro n’est pas tenable, c’est à cause des disparités entre les pays qui le partagent, pas parce qu’il provoquerait de l’inflation. Je ne me retrouve pas non plus dans le volet protectionniste du programme du FN, puisque je suis libre-échangiste. Ce sont les problèmes de monnaie qui vicient la mondialisation.»
Jacques Sapir: «Un sentiment de grand amateurisme»
Nous n’avons pas réussi à joindre directement Jacques Sapir. Cet économiste réputé proche du Front de Gauche s’est toutefois longuement exprimé sur le programme économique du FN chez Marianne2.fr. Selon lui, «rien de scandaleux» dans une feuille de route qui donne néanmoins «un sentiment de grand amateurisme» et ne «constitue pas une véritable alternative».
Plus que le fond du projet, c’est surtout son séquençage que critique l’économiste. Il se dit également sceptique sur la perspective d’une «sortie groupée» de l’euro: «La seule hypothèse crédible est celle d’actions unilatérales de certains pays (Grèce, Portugal, France…) faisant éclater à terme l’euro.» En outre, contrairement à certains de ses pairs, il qualifie de «folie furieuse» la référence à un étalon métallique, qui «renvoie au siècle siècle dernier».
Des critiques auxquelles le parti de Marine Le Pen a d’ailleurs réagi: «Des membres du FN m'ont rappelé pour me dire qu'ils étaient d'accord avec moi et allaient prendre en compte mes critiques», raconte l’économiste à Challenges.fr, pour qui «ça pose un problème. Si ce parti cherche désormais des positions cohérentes, et si Marine Le Pen continue à ne pas être condamnable moralement, il va falloir revoir toute la stratégie à son égard. On ne pourra plus l'exclure du débat politique».
Norman Palma: «Nous allons revenir aux monnaies et aux frontières nationales»
Ce docteur en économie, maître de conférence à La Sorbonne, n’a pas été approché par le Front national, mais ne s’émeut pas que le parti fasse référence à ses travaux. «On va vers la fin de l’euro et du système dollar, affirme-t-il. L’euro va mourir de ses contradictions internes»:
«Nous sommes à la veille de cet effondrement généralisé qui entraînera un retour aux monnaies et aux frontières nationales, qu’on le veuille ou non. Je ne pense pas que cela entraînera une explosion de la dette: comme celle-ci est libellée en euro, elle disparaîtra avec lui. C’est ce qui s’est produit en Amérique Latine avec l’effondrement du dollar au début des années 2000. Grâce à cela, par exemple, le Brésil qui avait une dette énorme s’est retrouvé avec un excédent considérable.»
Une analyse qui recoupe globalement celle du Front national.
Alain Cotta: «Simpliste»
Nous n’avons pas réussi à joindre ce professeur d’économie à HEC. Interrogé par le Parisien, il ne désavoue pas complètement le programme du FN, mais estime que celui-ci présente le problème de façon «simpliste».
Dominique Albertini
Retrouvez ceux qui feront 2012 sur Wikipol.
Mis à jour le 15/04/2011 à 17h28


















































A noter aussi qu'une baisse du franc augmenterait d'autant le prix des matières premières.
En plus de la dette les partisans de la sortie de l'euro oublient toujours que du temps du franc la France avait des taux de 8% contre 4% pour l'Allemagne. Ce qui n'avait pas empêché le franc de voir sa valeur divisée par 3 entre 1970 et 1999 sortir de l'euro c'est relancé al compétitivité avec l'Allemagne alors qu'il faudrait plutot rivaliser avec l'extra zone euro ...
En fait, imaginer que le système économique et financier mondial va continuer cahin-caha son petit bonhomme de chemin, pour attendre patiemment cet événement essentiel qu'est l'élection présidentielle française, c'est faire preuve d'un optimisme qui relève de la "méthode Coué" ! Mesdames, messieurs, écoutez-moi ! Dans les douze mois qui viennent, cet insupportable échafaudage uniquement conçu pour l'asservissement des peuples, se sera effondré, aura coulé, ou, dans un magnifique feu d'artifice, aura explosé en vol! Choisissez l'image qui flatte le plus votre imagination...
Et si l'on prend l'image de l'immeuble en flamme, ou du navire en route vers le fond, la mesure de sauvegarde la plus classique consiste à fermer des portes et des cloisons étanches, pour limiter la propagation du désastre. Quelle que soit la couleur du parti au pouvoir, ce sera sa première réaction de bon sens et de survie!
P.s. Je vais enregistrer ce message, qui pourrait me permettre de dire un jour : je vous l'avais bien dit! En attendant, ne jetez pas trop la pierre au porteur de la mauvaise nouvelle !
Pour mélanger les metaphores, vous êtes un aveugle dans un royaume de borgnes et qui ne cesse pas de crier au loup!
Essayez pour une fois un minimum d'optimisme et un zeste de vision. C'est comme ça que les grandes idées se matérialisent. Et l'Europe est une très grande idée.
Vos petits enfants vous en remercieront.
Si les institutions européennes étaient porteuses d'un projet juste, généreux et démocratique, cela se saurait et ces idées se répandraient sur toute l'Europe comme "une trainée de poudre". On disait à l'époque : "Le bonheur est une idée neuve en Europe" ! Malheureusement, une grande majorité d'européens ressent au contraire l'actuelle commission européenne comme une force de coercition destructrice (agriculture,industrie) au service d'une oligarchie de l'argent.
Les citoyens européens sont ils myopes, borgnes ou aveugles ? Tant que les eurocrates de Bruxelles n'auront pas "comblé leur déficit d'image", nous continuerons de demander à nos institutions nationales de nous protéger de leurs "exactions" !
Personnellement, j'attribuerais mon "Prix Danton" à mr Dominique de Villepin ! Et je ne suis pas sûr que DSK soit la réincarnation de Necker !
Je sais que l'Euro a des problèmes. Ce sont les problèmes des pays qui l'utilisent, l'Allemagne exclus, et non pas de la monnaie elle-même. Sur-endettement, sous production.
Ceux qui n'ont pas l'Euro comme la Grande Bretagne ont les mêmes problèmes même pires, quoique dise Le Pen fille qui manifestement n'est pas l'économiste du siècle.
Ma position est celle de Christian Saint-Etienne « Une fédéralisation de la zone euro, à 9 ou 10, serait ma solution préférée. Mais ce n'est évidemment pas l'analyse de Madame Le Pen.”
Le dollar US est devenu fort quand il a été fédéralisé (plus tard qu'on imagine), accompagné par une énorme progression d'activité industrielle. L'union, toujours, fait la force.
Je partage aussi l'avis que des mesures de protectionnisme sont nécessaires mais au niveau européen. Il n'est pas normale que les européens chôment pendant qu'on importe des produits que nous parfaitement capables de produire nous-mêmes.
Le déclin du chômage verrait le déclin du FN. Et le recul du romantisme souverainiste. Avec un peu de bon sens on y arrivera.
Dans Boursorama, ce monsieur écrit le 4 Mars 2011:
"Je propose trois scénarios possibles. Le premier serait celui d’un sursaut politique qui passerait par une « fédéralisation » partielle de la zone euro afin qu’elle devienne enfin une zone monétaire optimale (ZMO). Cela impliquerait un gouvernement économique doté d’un budget fédéral et qui mettrait fin à la concurrence fiscale et sociale au sein de cette zone. Ce scénario est très peu probable. Il a peut-être 1% de chance de se réaliser."
Le 9 Mars à l'assemblée nationale, il tient un discours totalement différent, mais le 11 Mars, dans le journal Le Soir de Bruxelles :
"Le troisième est le plus souhaitable, c’est celui de la fédéralisation surprise de la zone euro. On la dote d’un gouvernement et d’un budget. Mais la probabilité d’une fédéralisation surprise est, aujourd’hui, presque de zéro. Les hommes politiques aujourd’hui à la tête des grands pays européens sont tétanisés par rapport à l’ampleur des décisions qu’ils devraient prendre."
Mr St Etienne n'accorde donc que zéro à un % de chances de voir sa brillante hypothèse (à mon avis tout à fait surréaliste) se réaliser, et il a bien raison : l'Europe est constituée d'États démocratiques et un pareil coup de force est parfaitement inimaginable !
Certes on dit que "plus c'est gros, mieux cela passe", mais ne croyez pas qu'on puisse répéter une fois de plus l'infâmie du Traité de Lisbonne ! Pour passer la volonté des peuples sous un rouleau compresseur, il faut plus qu'un weekend et aucun chef de gouvernement européen ne semble prêt à se mettre sous les ordres de Mr Van Rompuy !
Ce genre de révolution c'est vu en France dans la fameuse "Nuit du 4 Août", mais cela demande un consensus et un enthousiasme qui sont totalement absent de notre continent! De nombreuses élections ont, bien au contraire porté au pouvoir des partis nationalistes, et en France, non seulement le FN se porte comme chacun sait, mais aucun parti n'oserait inscrire l'utopie d'une "Grande Europe" dans son programme !
Une autre hypothèse développée par ce gourou de la finance est celle d'un "euro fort" à trois : Allemagne, Pays-Bas, Autriche. La France devenant le pays le plus vigoureux du groupe de l'"euro faible"...
Quand je vous disais que "cela va péter"!
Ne serait il pas temps de diversifier ou de convertir votre porte-feuille d'actions ?
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Les institutions de l'UE sont, telles que définies dans les traités, démocratiques : chaque institution en Europe, chaque décision est prise, comme dans n'importe quelle démocratie représentative, sous le mode indirect de la représentation populaire. Les Commissaires, "l'exécutif" européen, ne sont pas élus, à l'exception de son président ? Mais les ministres de nos gouvernements démocratiques, sont-ils élus ??? Le problème étant que cette démocratie européenne demeure encore virtuelle : à l'exception d'une élite, il n'existe pas vraiment d'espace public européen auquel chaque citoyen se sent appartenir. Tout au plus existe-il un vague sentiment de "oui c'est sûr, la France ne pourra s'en sortir seule". Qu'attendons-nous pour nous saisir de nos institutions ? Pour aller au delà des petites phrases creuses où la faute est mise "sur Bruxelles" alors même que ses décisions ne sont prises par nul autre que les représentants des européens ??
Cette Europe bancale gangrenée par le nationalisme n'a que trop duré. Que nous proposent Marine Le Pen et consort ? Un retour au Traité de Vienne ? Les nations toutes puissantes ? Mais faites, faites donc ! Enterrez définitivement notre continent !
- "10. La parité fixée est la suivante : 1 euro = 1 franc avec un taux de change fixe et ajustable (si euro monnaie commune), pour maintenir au mieux le pouvoir d’achat. Par conséquent : Le prix des biens de consommation ne changera pas pour éviter à nouveau un mouvement très inflationniste comme lors du passage du Franc à l’Euro. Ex: la baguette d’1 € passerait à 1 Franc et non à 6,57 F (en 10 ans, perte de 40 % de pouvoir d’achat !)". Ils vont êtres content les boulangers, avec une baguette à ... 15c d'€ ! Il gagne environ 6% sur une baguette, faite le calcul sur une baguette à 15c d'€ !!!
"- Cette dévaluation prévisible de l’ordre de 20 à 25 % du Franc aurait plus d’avantages que d’inconvénients. Elle augmenterait certes de 20% la dette extérieure, souscrite en Euros (à condition que l’Euro existe encore !), soit 67% de la dette.". Cela augmenterait de 20% la dette, une paille...
Finalement le mieux, regardez par vous mêmes leurs programmes sur leur site, je crois que c'est encore la meilleure façon de vous rendre compte par vous mêmes que avec "ça" au pouvoir, dans 10 ans, on est la Pologne ... mais de il y a 30 ans: 40% de chômage, une dette impossible à combler, des salaires divisés par trois ... etc etc etc... !!! Et qu'est ce qui à permis à la Pologne de se développer ? je vous le donnent en mille (Émile) : L'Europe et l'€ ! Ensuite les quelques girouettes qui maintenant font du pied au FN, en cherchant un peu vous vous rendrez compte que dans les années 80, ils approuvaient la gauche, dans les années 90 la droite, et maintenant le FN.
Et je vous rappellent également que le peuple à voté OUI à Maastricht, donc à l'€, de quel droit ils reviendraient sur un référendum populaire où nous avons dit oui ?
Je vous propose de comparer le capitalisme libéral à la Bête du Gévaudan qui parcourait impunément la campagne en dévorant tout ce qui lui plaisait sur son passage....
La plupart de nos hommes politiques n'ont pas assez de courage pour l'affronter en face et certains, comme Mr DSK, se sont même carrément mis à son service !
Après avoir échoué à s'imposer au G 20, Mr Sarkozy se contente désormais d'un rôle d'amuseur public qui cherche à nous faire oublier nos souffrances en nous détournant l'attention : après le débat sur l'Islam, ce sont maintenant les jurys populaires et, raclant vraiment les fonds de tiroir, on nous ressort même la prostitution !
A mon avis, nous n'avons sur le devant de la scène que seulement deux vrais "chasseurs" qui aient suffisamment de courage pour la viser sans trembler et coller une balle (en argent bien sûr) entre les deux yeux de la "bête". Marine Le Pen et JC Mélenchon !
Quelques autres ? Mme Eva Joly, Arnaud Montebourg, puis l'on descend rapidement vers les seconds rôles...Nicolas Hulot et la madone Ségolène...
Et pour changer de siècle, notre général Cambrone : Mr de Villepin a su dire "Merde" à Mr Bush et son Empire du Mal, il devrait être capable de mettre au pas les proxénètes de la Banque...s'il se sort du bourbier Clearstream ! .
Peut être, quand votre fascination avec la révolution française vous laisse le temps, auriez-vous le temps de nous éclaircir?
Chercher l'union volontaire des peuples et la paix entre les nations ne serait-il pas 'généreux'? Offrir la liberté des mouvements physiques et le droit au travail dans l'ensemble des pays ne serait-il pas 'juste'. Quant à la démocratie, la structure actuelle européenne est celle que les peuples européens via leurs gouvernements démocratiquement élus ont bien voulu lui accorder. Pas plus et pas moins.
J'accepte volontiers que ces structures sont imparfaites. Un mélange bancale d'une commission élue que très indirectement par les peuples, un Conseil de Ministres composé de représentants, élus ou non, de leurs gouvernements respectifs et un parlement européen sans grand pouvoir de sorte qu'aux élections européennes les citoyens européens lui accordent peu d'intérêt.
Mais ce sont les gouvernements nationaux, qui en ce faisant représentent probablement les sentiments de la majorité de leurs peuples (vous en êtes un bon exemple!), qui ont décidé ainsi.
Ce n'est ni 'généreux' ni très 'juste' par la suite de critiquer les structures obtenues. Au contraire, il y a toutes les raisons du monde pour s'engager dans le projet pour le faire aboutir.
Les Français, comme peut-être la majorité des Européens, ne sont pas prêts encore à accorder au projet les pleins pouvoirs, se cachant derrière de vagues critiques qui commencent toujours par « je suis en faveur de l'Union mais... »
En attendant ils demandent à un unijambiste de gagner le marathon.
Je vous remercie de vous intéresser à mon opinion et je vais essayer de vous répondre. Remarquons tout d'abord que je fais partie d'un courant qui semble très largement majoritaire, le commentaire ci dessous (Tanathocratie) étant un exemple de ce qu'expriment la plupart des gens qui prennent le temps d'écrire sur internet...
Je ne suis pas un "constitutionnaliste" et je ne ferai pas de proposition pour une nouvelle constitution européenne, mais j'observe la vie politique et je rappellerai trois évènements.
Je fais aussi partie d'une génération qui apprenait vraiment l'histoire à l'école... Si toutefois l'histoire de la "Pénitence de Canossa" qui date du 25 Janvier 1077 ne vous est pas familière, Wikipédia vous racontera cette anecdote historique.
Dans l'histoire plus récente, il est bien connu que le voyage de MM Chirac et Jospin à Lisbonne le 23 Mars 2000 fut une véritable "expédition de Canossa".
Cette réunion européenne créa l'"Agenda de Lisbonne" qui avait pour but de faire de l'Europe "la zone la plus compétitive au monde". Ceci impliquait des privatisations, dont celle d'EDF, auxquelles les deux représentants de la France étaient fermement opposés! On se lamente toujours sur le 21 Avril 2002, mais on oublie qu'il est largement expliqué par la réunion européenne du 23 Mars 2002 à Barcelone, où les même Chirac et Jospin capitulèrent à nouveau, se faisant notamment imposer une réforme des retraites...avec 201O comme date butoir !
Venons en maintenant à 2005 ! Je me souviens d'un de vos commentaires où vous parliez de "Nonistes" Je voudrais vous rappeler qu'à cette occasion, c'est la volonté populaire non pas d'un, mais de trois pays qui ont été bafouées : la France, les Pays-Bas et l'Irlande! Comment peut-on se considérer comme démocrate et se moquer de ce que les populations de trois nations, tout à fait éduquées, informées et adultes ont clairement exprimé dans des votes qui n'étaient entachés d'aucune fraude! Je ne ferai pas de long discours : les mots "Concurrence Libre et non Faussée" et le nom de Mr Bolkestein suffiront à une recherche internet qui vous rapportera des centaines de milliers de résultats sur ce sujet !
Enfin, comme vous l'avez sans doute remarqué je suis d'assez près l'actualité de la Belgique. Dans ce pays, on rapporte que les membres du gouvernement, traités comme de simples écoliers, sont actuellement obligés de rédiger une sorte de "devoir de vacances" où ils sont contraints d'exposer leurs projets d'avenir et des promesses de plan d'austérité et d'aggravation de la misère sociale de leur population.
Il semblerait que la "maitresse d'école" soit Mme Angela Merkel qui voudrait, alors que sa chute est proche, laisser une marque indélébile dans l'histoire du déclin de l'Europe.
On n'en parle moins en France, mais nul doute que notre gouvernement est lui aussi en train de préparer son "vous me copierez cent fois : je dois appauvrir la majorité de mes concitoyens pour augmenter le nombre des milliardaires dans la prochaine édition du magazine Forbes" !
Voilà, je n'espère bien entendu pas vous convaincre : ce serait dommage, car cela mettrait fin à nos discussions ! Mais si vous cherchez à comprendre pourquoi des centaines de millions d'européens sont en colère...
Inutile de répondre....
A Siddartha : Et pourtant, la France devient une petite nation faible et insignifiante. Elle n'a de poids qu'au sein de l'Europe. Démantelons l'Europe au lieu de l'améliorer, et nous finirons définitivement le jouet d'évènements mondiaux décidés ailleurs.
A Peter Wright : Je suis pratiquement toujours d'accord avec vos commentaires. ;)
Un peu d'histoire quand même SVP. Avant vous aviez droit à des dévaluations en série et des changement de gouvernements tous les mois.
De Gaulle, plutôt souverainiste, a quand même compris l'importance de l'Union et notamment la PAC. A un tel point qu'il ne voulait pas que la GB vienne gâcher la fête!
- Cotta, Pinsolle, Nikonoff, Schweikert et Sapir, j'en oublie surement, avec des nuances, veulent un €uro "monnaie commune" et non plus monnaie unique, cela implique que chaque pays qui le souhaite, en gros les PIIGS et peut-être l'Italie, retrouve une monnaie nationale. Pour moi le résultat est quasiment le même que le projet du FN comme on le verra plus loin.
- Greau veut un € faible ! Cette proposition utopique valide à contrario un retour au Franc, puisqu'un €uro faible est contraire aux intérêts allemands, néerlandais, autrichiens (que j'appellerai ANA) et autres, et qu'on a bien compris depuis longtemps qu'à la table de l'Europe, c'est "chacun sa gamelle".
- Saint Etienne: tantôt il veut deux €uros et donc condamne implicitement l'actuelle monnaie (Euro fort avec l'ANA et faible avec le Club Med) . Tantôt il plaide pour plus de fédéralisme, mais sans dire comment, et il explique clairement que l'évolution la plus probable ce sera des bidouillages qui dureront 2/3 ans. Ensuite, quelle issue ? Par contre pour sa réforme fiscale, il est nettement moins pertinent:
http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/03/30/une-proposition-de-reforme-fiscale/
- Todd, quant à lui est est clairement favorable à la sortie de l'€uro et au rétablissement des barrières douanières, autour de l'Europe sinon nationales. Mais il sous entend que le FN serait un parti indécent ! Il a du mal et doit faire un grand écart idéologique. On l' a vu à la télévision, dans l'émission de Taddeï, interpeller avec une violence hors de propos Mme Tassin et ses apéros "saucisson-pinard"... Mais sur le plan économique, il est parfaitement en accord avec le FN.
- A lire aussi l'avis de Chevènement sur le programme PS et l'€uro: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/04/10/97001-20110410FILWWW00057-2012projet-ps-chevenement-doute.php
Alors vers quoi semble se diriger Marine Le Pen ? Elle semble sous l'influence de deux courrants:
- ceux qui voudraient deux €uros, un fort (ANA) et un faible (PIGS, Club Med, que des appélations flatteuses) dans lequel des monnaies nationales pourraient fluctuer sous le contrôle des autres partenaires.
- Et d'autre part, sans plus d'inconvénients que la première formule de mon point de vue, sortir par le Franc de cet €uro in-réformable et redonner vie au Système Monétaire Européen avec ceux qui suivraient.
Ce qui revient quasiment au même, avec d'autres mots. La différence se fait au niveau du temps nécessaire pour mettre en œuvre l'une ou l'autre de ces solutions, la deuxième étant plus rapide puisque ne dépendant que de la volonté nationale.
Le problème de tous ces intellectuels, et pour des raisons qui leur appartiennent, c'est qu'ils ne sont pas sympathisants du FN, quand ils n'en sont pas des adversaires résolus, ils ne manquent pas de le dire et ça on l'a compris. Et donc ils sont un peu coincés entre leur analyses d'économistes et leur idéologie anti FN, que je trouve très bienveillante à l'égard de ce qu'on appelle "les partis de gouvernement". Elites eux mêmes, ils ne souhaitent pas s'engager dans une guerre de classe dans laquelle ils auraient certainement beaucoup à perdre.
De plus, si ces gens publient des livres, sortent des articles, font des interview, c’est bien qu’ils veulent propager leur idées. Devrait-on s’en défaire ?
En fait c’est Allais, notre seul prix Nobel d'économie, qui pose problème aux mondialistes de l’UMPS, et c’est pour cela qu'il faut discréditer la filiation entre les opinions d’Allais et le programme du Front National.
Une histoire que se racontent les polytechniciens: « Il y a ceux qui font l'X et les autres. Parmi ceux qui font l'X, il y a les majors et les autres. Et parmi les majors de l'X, il y a Maurice Allais et les autres.
Le célèbre économiste Paul Samuelson, consacré par le Nobel dès 1970, écrira que « si les premiers écrits de Maurice Allais avaient été en anglais, une génération entière de science économique aurait pris un cours différent ».
Les proches conseils de Marine Le Pen: Jean Richard Sulzer, professeur de gestion à Paris Dauphine ? Il est accompagné par Nicolas Pavillon, lui aussi de Paris Dauphine, Jean Roux, de la caisse des dépots et consignations, David Mascré (docteur en mathématiques, docteur en philosophie et en histoire des sciences, chargé de cours en mathématiques à l'université Paris V, professeur de géopolitique à l'école des Hautes Etudes Internationales (HEI), professeur à HEC. Spécialiste de géostratégie et d'analyse prospective, titulaire d'un diplome de 3 eme cycle en analyses des menaces criminelles contemporaines, j'en oublie ?). S’ajoutent aussi Christian Maréchal, ingénieur et membre de l’Académie d’Agriculture, le sociologue Laurent Ozon spécialiste des problèmes écologiques. Et d’autres soutiens qui, travaillant dans des administrations publiques, ont un devoir de réserve. Ils seraient une cinquantaine selon un article de "Mariane", énarques, polytechniciens, ingénieurs, ils sont tous dans la haute administration
Et puis quand on voit où les experts des partis de gouvernement UMPS nous on menés, j’ai vraiment plus du tout envie de rire en me disant qu’on pourrait les revoir aux manettes de la France.
Mais tous cela ne vaut que pour apprécier une séance de travail à laquelle était conviée la presse et qui a fait beaucoup écrire. Pour le projet de programme, le vrai, écrit, le voilà. Et si vous voulez, maintenant on peut rentrer dans le "dur".
http://www.frontnational.com/pdf/projet-eco-fn.pdf
- être fort ou être heureux ? et cela n'a rien à voir. Ou encore: -que vaut la démocratie par les temps qui courent, sans manquer de rappeler le référendum ?
Vous savez, le bon sens, qu' Allais appelle pragmatisme, porte souvent plus de fruits que la théorisation des choses, leur mise en mathématiques.
Revenons à la "Nation Forte": la France, 4 ème puissance économique mondiale, si on admet que le Japon abandonne le podium pour quelques temps, possédant la dissuasion nucléaire, d'un siège permanent au Conseil de sécurité, avait en plus, il fut un temps, une voix écoutée de par le monde. C'était sa gloire de temps en temps de s'imposer en tant qu'autorité morale. Mais n'est pas De Gaulle qui veut. Nous disposions d'un système de protection sociale et de répartition qui faisait des envieux, et pendant que d'autres s'insurgeaient contre la guerre du Vietnam, nous, nous faisions une révolution "contre la société de consommation" en 1968, et j'avais 20 ans !
De nombreux pays abritent des populations "heureuses" (avec toutes les précautions d'usage) et ne sont pas des grandes nations au sens où vous semblez l'entendre.
Il n'est plus temps de rêver, l'heure est au bilan. Quitte à reconstruire une vraie Europe qui saurait, pas ses nations, se regrouper autours d'intérêts et d'objectifs communs.
La mondialisation au pas cadencé des financiers internationaux et des multinationales, des Bilderberg, Trilatérale, CFR, Le Siècle, FMI, OCDE, Banque Mondiale, Commission de Bruxelles etc, j'en ai soupé et il est temps que les gens comprennent contre qui ils doivent lutter, quels sont les vrais ennemis, quels sont les fossoyeurs de leurs espoirs.
Sans reforme en profondeur de l'europe en general, et du fonctionnement de l'euro en particulier, le mieux serait effectivement de sortir de l'euro et d'avoir une monnaie refletant reellement l'etat de l'economie francaise, et controle par une banque centrale nationale. Sur le court terme, cela ferait effectivement mal, mais cela nous forcerait a nous reformer et mettrait notre pays sur de bons rails pour l'avenir. Dans le passe, les devaluations nous on fait tres mal, mais elles ont permis a la France de rebondir (dans ce pays, on ne sait pas se reformer en temps normaux, il nous faut des crises).
Pour ce qui est du commerce exterieur, il faudrait parrallelement applique le principe de reciprocite, surtout envers les pays avec lesquels notre deficit commercial est abyssal. Pourquoi est-ce qu'on force les entreprises francaises a s'associer a des entreprises chinoises pour commercer la bas? Pourquoi y a t'il autant de barrieres et contraintes pour nous, alors que les entreprises chinoises peuvent exporter vers notre marche quasiment sans restrictions? Pourquoi acceptons nous d'importer des produits fabriques sans aucune consideration pour la protection de l'environnement?
Au lieu de nous emm... avec la burqa ou le revenu citoyen, voila les questions qui devraient etre posees par nos gouvernants. Nous attendons les solutions a ces problemes fondamentaux. Meme si effectivement, le programme du FN ne tient pas la route, reconnaissons lui au moins le merite de poser les bonnes questions economiques...
Eh puis comme le dit un intervenant (ou il cite) .... quelque soit le gouvernement élu, l'euro va exploser ! C'est comme le nucléaire, on nous a d=toujours affirmé qu'il n'y avait aucun risque .... et puis, Fukushima est arrivé !!!!!
Moi, je pense que le plus apte à réellement nous informer, c'est Mohammed N'Diouf, le marabout du 18eme qui lit dans les cous de poulets sauce barbare !!!!!
Les commentateurs ci-dessus sont nettement partagés en deux camps : il y a ceux qui pensent que le "machin", c'est à dire les institutions européennes, seront capable d'imaginer la bonne stratégie face à la crise économique et financière actuelle.
De toute évidence non ! La lâcheté qui consiste à laisser l'Allemagne seule essayer de payer la rançon exorbitante et en perpétuelle augmentation exigée par la Mafia bancaire n'a aucune chance d'aboutir.
L'alternative de regrouper les troupes françaises en carré et d'avoir un chef de l'État qui dise "Merde" aux banques nous évoquent 1815 et sa "morne plaine", mais c'est, pour moi la seule possible...
En tout cas, dans l'affaire libyenne, ce sont bien la Grande-Bretagne et la France, cette fois-ci unis, qui ont apporté la réponse et pas Mme Ashton ! Avec l'imbroglio des arrêts de train à Vintimille, nous avons de perpétuelles confirmations de la justesse de vue de notre "statue du commandeur", Charles de Gaulle et son "Europe de Nations".
N'est ce pas lui, notre général qui, depuis Londres, a été une des plus belles incarnations de la Résistance à un ennemi aussi terrifiant que ne l'est aujourd'hui le "Capitalisme Libéral et Financier" ?
Qui sera le Winston Churchill aux côtés de Marine Le Pen ?
Je vous rappelle qu'en 1940 le même Churchill a proposé l'union entre la France et la Grande Bretagne.
La France a refusé. Some never learn!
Le problème est avec les réponses.
Celles-ci sont moins hystériques et xénophobes que les propos du FN qu'on a l'habitude d'entendre – même si ses rédacteurs n'ont pas pu résister à des appels populistes du genre « il faudra donc mener une politique très volontariste, voire coercitive, vis-à-vis des grandes surfaces pour les forcer à réduire leurs marges indécentes ».
(Notons en passant que Edouard LeClerc prétendait récemment sur France Inter que ses marges sont entre 1,1% et 1,4% ce qui doit être vérifiable. Pas de quoi sauver le pays.)
Le programme slalom entre des appels souverainistes, une bonne partie du programme de la gauche, des idées non abouties pour lesquelles « des précisions seront prochainement apportées. », et des affirmations de foi.
« Après une courte période de transition (après la sortie de l'Euro), la ré-industrialisation du territoire diffusera massivement du pouvoir d’achat dans les classes populaires et les régions aujourd’hui en déclin économique ».
« Nous ne nous isolerons pas : nous ne ferons au contraire que sortir de l’isolement... » dans lequel l'Euro nous aurait placé.
Toutefois « L’essentiel du commerce extérieur français est réalisé avec l’Union européenne ; » Allez comprendre!
Comme dit Fabius, le FN pose les bonnes questions, même si elles sont souvent accompagnées par un ensemble de bons sentiments avec lesquels personne ne serait en désaccord : - « un aménagement du territoire harmonieux et efficace. » ou « Les dépenses des collectivités territoriales seront plus étroitement surveillées, et le clientélisme combattu ».
Il reste néanmoins quelques questions fondamentales auxquelles aucune réponse n'est offerte :
1. Si la dévaluation (estimée à 25% par le FN à la sortie de l'Euro) est une si bonne remède, pourquoi ne pas la faire régulièrement?
2. Si le protectionnisme aux frontières nationales proposé par le FN est une si bonne idée pourquoi les autres états européens ne le feront-ils pas aussi?
3. S'ils le font, d'où viendrait le sursaut d'activité promis par le programme?
Le recul nationaliste et populiste, voire 'Tea party-iste', est inévitable dans une période de crise. Toute est la faute du gouvernement central (ici lire Bruxelles), et des immigrés. C'est simple, clair et quelque part sentimentale.
Avec leur programme, les intellectuels du FN essaient d'y apporter un manteau de respectabilité et de substance. Toutes leurs idées ne sont pas mauvaises et les autres partis feront bien d'apporter leurs réponses à eux – et d'une façon aussi structurée.
Mais mes questions de base ne trouvent pas de réponse : comment va-t-on devenir plus fort en devenant plus petit? Comment avec un recul à nos frontières respectives va-t-on faire face aux géants de cette planète?
Le fable de David et Goliath ne suffit pas comme réponse.
La seule chance de sauver l'Euro, c'est que les pays européens, isolément ou en groupe, se déclarent "en cessation de paiement" et refusent de rembourser leurs emprunts.